La sylviculture.

La sylviculture est l’activité et l’ensemble des méthodes et pratiques par lesquelles le « sylviculteur » agit sur le développement, la gestion et la mise en valeur d’une forêt ou d’un boisement pour en obtenir un bénéfice économique et/ou certains services profitables à la société (dans une approche de forêt dite multifonctionnelle).

La sylviculture est dite « durable » (gestion durable de la forêt), quand le sylviculteur s’assure que le capital forestier est acquis et optimisé, et qu’il peut être maintenu pour les générations futures, pour en retirer  durablement des bienfaits ou des produits comme le bois, sans en dégrader le capital. Ceci nécessite la prise en compte appropriée des facteurs écologiques et abiotiques, à savoir les qualités naturelles du site (stations forestières, écopotentialité…). Le concept actuel de « gestion durable des forêts »1 insiste non seulement sur la nécessité de ne pas surexploiter le milieu afin qu’il ne perde pas son potentiel, mais aussi sur l’importance de préserver, voire restaurer le cas échéant sa capacité de résilience écologique, face par exemple aux changements climatiques, aux risques de maladies des arbres, d’incendies, tempêtes, etc. Ces modes de gestion apportent une attention plus soutenue à l’environnement et à la biodiversité.

La sylviculture a évolué, passant de quelques types de coupes et traitements de régénération à une panoplie de traitements souvent plus mécanisés ayant des objectifs de composition et de structure des peuplements forestiers visant à répondre aux objectifs de l’aménagement forestier. En France, 26% de la récolte en forêt publique est constituée de bois dépérissants.

En français québécois, le terme de foresterie est plus souvent employé. Il englobe cependant l’ensemble des activités liées à la forêt. Le terme de sylviculture est alors réservé au sens plus restreint des seules règles et techniques de la gestion forestière.

Historiquement, la sylviculture a ses racines dans des pratiques souvent anciennes. Cependant, c’est à partir de la fin du XVIIIe siècle, notamment à l’initiative de praticiens allemands, que les méthodes sylvicoles ont été décrites et théorisées.

Concrètement, les forestiers interviennent sur les peuplements d’arbres de manière additive, en plantant ou en stimulant la régénération naturelle, et de manière soustractive, en récoltant le bois ou les autres produits, également en réduisant de manière sélective une partie de la végétation pour concentrer le développement des arbres et des divers végétaux qui sont maintenus.


La sylviculture a des racines probables dans la Préhistoire et la Chine, qui l’a développée tout en déboisant rapidement une grande partie du territoire dès 8 000 ans avant nos jours. La sylviculture était une science suffisamment reconnue pour qu’en 221 av. J.-C., lorsque l’empereur Qin Shi Huang ordonna de brûler tous les ouvrages indésirables, il fit trois exceptions pour les seuls livres traitant de médecine, d’agriculture et de sylviculture.

En Europe, la sylviculture (comme art et science) a également ses pères fondateurs : le premier Duhamel du Monceau (1700-1782) publie un ouvrage sur l’exploitation des bois, déjà très complet. Mais la sylviculture moderne naît en Prusse, grâce aux travaux de Georg Ludwig Hartig (1764-1837) et Heinrich Cotta (1763-1844). Ces deux scientifiques formeront des écoles de sylviculture en Prusse, attirant de nombreux étudiants étrangers (Russes, Suisses, Autrichiens, Espagnols). Parmi ces étudiants se trouvent des Français qui deviendront les futurs maîtres de l’École royale forestière de Nancy. Cotta fut le premier à employer le terme « sylviculture », notamment dans son ouvrage le plus célèbre Instruction à la sylviculture (1817). La sylviculture française s’enrichit ensuite des apports successifs de Bernard Lorentz (1774-1865) et d’Adolphe Parade (1802-1864).

Avant le XIXe siècle, la forêt française avait fortement régressé : du Moyen Âge jusqu’au milieu du XIXe siècle, on a assisté à une période de défrichage intensif visant à gagner des terres de culture, récolter plus de bois de chauffage, de boulange et de bois d’œuvre.

La Révolution française confisque les forêts, propriétés essentiellement royales, seigneuriales et du clergé et en fait des biens nationaux qu’elle revend progressivement aux bourgeois afin de rembourser les emprunts contractés par l’État. Sous la Restauration, la forêt redevient un enjeu économique, notamment pour les régions les plus défavorisées. Le code forestier de 1827, inspiré de celui créé par Colbert, a finalement bloqué la régression du couvert forestier. Dans le même temps, un renouveau forestier était favorisé par les alternatives fossiles tel que le charbon, le pétrole, le gaz naturel et éventuellement l’électricité nucléaire, sans oublier l’exploitation massive (surexploitation parfois) des forêts tropicales. Ces alternatives ont par ailleurs fortement contribué au développement économique des pays riches, qui a encouragé à une urbanisation centralisée (et donc un exode rural libérant des terres aux plantations ou à  l’enfrichement et à la forestation spontanée). Des primes d’État et détaxations ont également encouragé les sylviculteurs à étendre leurs surfaces boisées, alors que l’amélioration des rendements agricoles et la concentration de l’agriculture sur les sols les plus riches libéraient les terres les plus pauvres ou pentues, créant une augmentation de terrains pouvant être reboisés. Alors que les plantations de faible intérêt sur le plan de la biodiversité gagnaient du terrain, le bocage, l’agrosylviculture  traditionnelle et des arbres isolés et d’alignements reculaient ou disparaissaient rapidement, avec leur biodiversité… les remembrements et primes à l’arrachage des haies et fruitiers, etc. ont eu des impacts très importants en Europe, et notamment en France dans les années 1960 à 1980. Également à cette époque, on a reboisé certains territoires pour les remettre en valeur (Sologne, Limousin), pour combattre l’érosion (Cévennes) ou pour fixer les dunes (Landes).

Depuis 1850, le territoire boisé a presque doublé (de 9 millions d’hectares en 1850 à 15,5 millions en 2001) et depuis 1980 elle progresse de 70 000 ha/an. 80 millions d’arbres sont annuellement plantés en France (2,5 arbres par seconde).

En 2005, 51,5 millions de mètres cubes de bois sont produits en France.

En 2006, 75 % du volume de bois commercialisés dans les forêts domaniales était vendu « sur pied » par adjudication le plus souvent, avec 6 658 000 m3 de bois récoltés annuellement (résultats moyens 1995-2004 exprimés en volume « bois forts »).

En 2007, la forêt française (publique et privée) couvre à nouveau plus de 25 % du territoire national, au profit d’une sylviculture plus étendue (résineux et peupleraies notamment). Sa répartition et la composition de ses espèces ne sont pas liées qu’aux seules conditions édaphiques et climatiques. Un « Règlement national d’exploitation forestière » (RNEF) a été publié en complément des clauses générales des ventes de bois. Il contient les prescriptions relatives à l’exploitation forestière qui étaient antérieurement dispersées dans plusieurs documents (clauses générales des ventes de bois sur pied, clauses communes territoriales), et vise à ce que l’exploitation diminue son impact environnemental et sur la régénération de la forêt, respecte les biens et personnes, dans toutes les phases de la mobilisation des bois.

En 2008, 27 % du territoire est boisé. Un tiers est domanial ou communal et deux tiers sont privés.

En 2019, la forêt en France métropolitaine couvre 17, millions d’hectares, (168 000 km2 )2 soit 31 % du territoire. 138 espèces d’arbres sont présentes dans la forêt métropolitaine.

Un inventaire national des différentes essences présentes en France est réalisé à intervalles réguliers.

Traditionnellement, la sylviculture visait à fournir une récolte prévisible de produits de commodités (le bois)17. Dans le contexte actuel de la foresterie, la sylviculture vise également à attribuer d’autres valeurs non marchandes au milieu forestier telles que la stabilité des sols pour limiter les risques d’érosion, le maintien des populations indigènes d’organismes vivants et l’amélioration de leurs habitats, la production de la nourriture pour la faune, l’amélioration des qualités visuelles du paysage, la création des espaces récréatifs, etc. Cependant, certains facteurs peuvent affecter le potentiel sylvicole d’un peuplement et l’intensité d’aménagement.

La sylviculture ne peut se résumer à la seule culture des forêts, compte tenu de la complexité et de la longévité du domaine biologique – les arbres – sur lequel elle intervient. Véritable synthèse de nombreuses sciences dans lesquelles l’écologie tient une place importante, la discipline, qui repose également sur des bases économiques, peut se définir comme l’art d’appliquer des techniques fondées sur des bases scientifiques (biologiques) afin de contrôler le développement naturel des forêts et de guider leur évolution dans la direction voulue.

La sylviculture s’appuie sur l’observation et la connaissance des processus naturels pour les reproduire dans la gestion des forêts. L’intervention raisonnée de l’homme doit viser à corriger par petites touches successives l’évolution naturelle des peuplements qui serait contraire aux objectifs de la gestion. En phase avec l’évolution des besoins de la société, la sylviculture doit aussi être plurielle, c’est-à-dire adapter ses techniques, ses moyens et ses coûts en fonction des objectifs que le propriétaire fixe, dans un contexte donné, face à deux contraintes déterminantes : l’économie, qui pèse et pèsera de plus en plus lourdement sur la sylviculture ; l’écologie et les exigences sociales, qui doivent être nécessairement prises en compte.

Pour des raisons économiques, la sylviculture cherche à ajuster son offre de bois à la demande, ce qui est particulièrement difficile étant donné la lenteur relative de croissance des arbres et parce que la demande peut varier dans le temps. Par exemple, Colbert plantait pour la marine, mais quand les chênes sont arrivés à maturité, les navires étaient construits en acier. Plus tard, après la guerre, on a encouragé la culture des résineux pour la construction, mais ce marché n’a pas répondu aux espoirs des forestiers.

Un choc pétrolier peut faire grimper le prix du bois, qui peut chuter 10 ans après.

La croissance des importations de bois tropicaux a fait perdre leur  rentabilité à certains bois locaux.

Une tempête, des incendies et les modifications climatiques sont des aléas mal anticipés affectant la production.

Tous ces facteurs font qu’il est difficile d’assurer un volume constant à un certain prix année après année, autrement dit un revenu fixe. Pour tenter de contrer ces périodes de difficultés économiques, l’idéal est de trouver d’autres sources de profits que la matière ligneuse dans le peuplement, tel que les activités récréatives, les droits de chasses et la récolte de produits non-ligneux.

Source : Wikipédia.

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