La sole.

Sole est un nom vernaculaire générique qui désigne en français un grand nombre d’espèces de poissons, en général plats, vivant couchés sur des fonds sableux peu profonds, généralement bruns d’un côté, blanc crème de l’autre sauf exception. Le terme « sole » est ambigu parce que s’il désigne en premier lieu les espèces de la famille des soléidés, ce terme a également été utilisé pour former le nom d’autres espèces de poissons plats), voire pour former le nom d’espèces qui ne sont pas plates comme le pompaneau sole.

En France, sans aucune précision, il s’agit légalement de la sole commune (Solea solea), que l’on trouve dans les eaux côtières de toute l’Europe.


Ce terme est issu du latin solea pour désigner des espèces similaires mais aussi les sandales, peut-être en raison de la morphologie de ces poissons. Le mot sole, autrefois orthographié sol, vient du latin solea, popularisé par la suite en sola. Il est attesté en français depuis 1694. Les Dictionnaires de L’Académie française, dès la première édition de 1694, fondent leur définition sur la provenance : « poisson de mer » et surtout la forme de ces poissons « plat et de figure approchante de l’ovale ». Le Trésor de la Langue Française (1971-1994) précise cette définition de la provenance marine en ajoutant qu’il « vit dans les mers tempérées et chaudes sur les fonds sableux », détaille l’aspect extérieur « couvert d’écailles fines » et ajoute l’intérêt gustatif en indiquant que sa « chair est très appréciée ».

Sole, épreuve de luxe, Cameroun.

Au sein des langues latines, les termes dérivés de la racine commune ne désignent pas forcément les mêmes espèces, si les formes italienne Sogliola et portugaise solha désignent approximativement les mêmes espèces classées parmi les solidés, en espagnol par contre, solla désigne Pleuronectes platessa, alors que cette dernière espèce est appelée plie en France. En anglais, si le terme sole désigne la sole commune en Europe, ce terme désigne aussi d’autres espèces de poissons plats qui vivent en Amérique du Nord, dans les familles Achiridae et Cynoglossidae.

En tant que poisson plat passant presque toute sa vie au contact du sable ou du sédiment vaseux, la sole est particulièrement vulnérable aux polluants tels que métaux lourds (plomb, cadmium, mercure…), métalloïdes (arsenic), composés organométalliques, organochlorés (dioxines, PCB, lindane…), etc. qui peuvent s’accumuler dans le sédiment ou fuir à partir de munitions immergées. Le long du littoral des hauts-de-France (et plus au nord) dans les années 1970-1980 une grande quantité de poissons plats étaient retrouvés porteurs de tumeurs, de nécroses et/ou de nodules, presque toujours sur leur face ventrale.

Des études entreprises à partir de la fin des années 1970 ont montré que le phénomène était toujours plus marqué le long et à proximité du trait de côte (dans le fleuve marin côtier notamment) et particulièrement près de Calais (où l’usine Tioxide, qui produisant du dioxyde de titane bénéficiait d’une autorisation de rejet abondant en mer) et de Gravelines. Ces études ont conclu que ces pathologies pouvaient être attribuées à la pollution des sédiments de la Manche, pollution notamment apportés par l’estuaire de la Seine, et également marquée au niveau les estuaires picards ainsi qu’au droit des villes portuaires de cette région minière et industrialisée. L’estuaire de la Somme qui est une zone de nourricerie pour les soles et autres poissons plats a notamment servi durant des décennies au pétardage d’armes chimiques (munitions non explosées).

Outre-manche le même constat était fait sur le littoral anglais, surtout au débouché de l’estuaire de la Tamise, de même aux Pays-Bas entre  Rotterdam et Flessingue.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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