La sittelle torchepot.

La Sittelle torchepot (Sitta europaea) est une espèce d’oiseaux de la famille des Sittidae. C’est une sittelle de taille moyenne, mesurant 14 cm de longueur. Comme les autres sittelles, c’est un oiseau trapu à la queue courte et au long bec. Les parties supérieures sont bleu-gris, les parties inférieures de couleurs très variables selon la géographie, et peuvent être blanc pur ou roux jaunâtre, avec ou sans zone pâle sur la joue. L’oiseau a également un trait oculaire noir, et présente un certain dimorphisme sexuel, le mâle ayant des couleurs plus prononcées que la femelle. C’est un oiseau bruyant, au répertoire varié, émettant divers types de chants, en vuih, vuih, vuih, vuih… et, en cas d’excitation ou d’alerte, de longues séries de cris sonores en tuit répétés rapidement. Comme les autres membres de son genre, c’est un oiseau très agile qui escalade les arbres avec facilité, descendant parfois le long des troncs d’arbres tête la première.

Ce passereau se nourrit principalement d’insectes, notamment de chenilles et de coléoptères qu’il trouve sur les troncs et les branches des arbres. En automne et en hiver, son régime est complété de fruits secs et de graines. L’espèce visite volontiers les mangeoires à oiseaux. Cette sittelle fait souvent des réserves de nourriture, en cachant, par exemple, des graines dans l’écorce des arbres. La Sittelle torchepot vit

Sittelle torchepot, carte maximum, Tchécoslovaquie.

en couples territoriaux en période de reproduction. Le couple fait son nid dans un trou d’arbre, souvent un ancien nid de pic, ou parfois dans une cavité naturelle. Si l’entrée est trop large, la femelle en maçonne l’entrée avec de la boue, pratique qui lui vaut son nom de « torchepot ». La ponte compte six à neuf œufs blancs, tachés de brun. La femelle couve seule durant deux semaines ou davantage, étant alors nourrie par le mâle. Après l’éclosion, les deux parents alimentent les jeunes, presque exclusivement d’insectes, et n’élèvent généralement qu’une couvée par an. En dehors de la saison de reproduction, c’est une espèce très sociable qui se joint volontiers à des volées mixtes d’alimentation. Son principal prédateur naturel est l’Épervier d’Europe (Accipiter nisus).

La Sittelle torchepot peuple toute l’Eurasie tempérée et quelques localités des montagnes marocaines. Ses habitats privilégiés sont les forêts mixtes ou de feuillus avec de grands et vieux arbres, notamment des chênes, mais on l’observe aussi communément dans les parcs et les grands jardins. Elle vit jusqu’à 1 500 mètres d’altitude en Europe et Asie tempérées. Si le Congrès ornithologique international reconnaît quinze sous-espèces, on en distingue parfois jusqu’à plus de vingt. Elles peuvent être classées en trois groupes ; les oiseaux de l’Ouest de l’aire de répartition ont les parties inférieures orange chamoisé avec la gorge blanche, ceux du Nord de l’Europe et jusqu’en Russie ont les parties inférieures blanches et ceux encore plus à l’est sont similaires aux ouest-européens, sans la gorge blanche. La Sittelle de Sibérie (S. arctica), est parfois reconnue comme espèce proche mais distincte, ou parfois considérée comme sous-espèce de S. europaea. La Sittelle torchepot jouit d’une aire de répartition extrêmement vaste et ses effectifs importants sont globalement stables ; l’Union internationale pour la conservation de la nature considère donc cet oiseau comme de « préoccupation mineure ».


La Sittelle torchepot est une sittelle de taille moyenne, le mâle adulte de la sous-espèce type S. e. europaea mesurant 14 cm de long pour une envergure de 22,5−27 cm, et un poids de 17−28 g. Les parties supérieures sont bleu-gris, la tête porte un trait oculaire noir. Chez la sous-espèce nominale, la gorge et les parties inférieures sont blanches mais sont, selon le sexe et la sous-espèce, plus ou moins claires et teintées de chamois. Les flancs et le bas-ventre sont rouge orangé, avec des taches blanches sur les sous-caudales. Le bec est robuste, gris foncé avec la base de la mandibule inférieure plus claire. L’iris est marron foncé, et les pattes et les doigts sont marron clair ou grisâtres. Les différentes sous-espèces a ventre blanc se distinguent souvent par des nuances de teinte des flancs et des parties inférieures. S. e. caesia, la plus répandue des sous-espèces occidentales, a les parties inférieures chamois orangé et une gorge et des joues blanches. Les autres sous-espèces de l’Ouest de l’Europe diffèrent par les tons précis de leurs parties inférieures, quand les formes du Sud-Est présentent un front et un sourcil blancs. S. e. sinensis et S. e. formosana, respectivement de Chine et de Taïwan, ont des parties inférieures entièrement chamoisées, sans la gorge blanche. En vol, l’apparence de l’oiseau est caractéristique, avec une tête pointue, des ailes arrondies et une queue courte et carrée. Le vol est rapide et généralement de courte durée, et la sittelle referme ses ailes entre deux battements.

La femelle est assez semblable au mâle, mais peut néanmoins s’en distinguer par ses parties inférieures un peu plus pâles, un trait oculaire tirant sur le marron et des flancs et un bas-ventre aux couleurs plus lavées. Chez la sous-espèce S. e. asiatica, certains mâles ont les parties inférieures chamoisées comme les femelles et leur sexe est difficile à identifier sur le terrain. Le jeune ressemble à la femelle, mais son plumage est plus terne et ses pattes plus pâles2. Il est possible de déterminer avec certitude qu’un jeune est femelle lorsqu’il est âgé de 12 jours par ses flancs plus pâles et plus chamoisés, ou, chez certaines sous-espèces à poitrine blanche, par l’aspect plus crémeux de ses parties supérieures. Les adultes connaissent une mue post-nuptiale complète qui s’effectue en près de 80 jours, entre fin mai et fin septembre. En Sibérie, cette mue est plus rapide et a lieu de juin à mi-septembre. Les juvéniles prêts à l’envol ont une mue de quelques-unes de leur couvertures alaires à l’âge de huit semaines.

La Sittelle torchepot se nourrit surtout d’insectes, notamment de chenilles et de coléoptères. En automne et en hiver, elle complète son régime alimentaire de fruits à coque et de graines, et notamment de noisettes et de faînes. Les parents nourrissent principalement leurs jeunes d’insectes et de peu de graines. L’oiseau trouve sa nourriture le long des troncs d’arbre et des branches, mais les petits rameaux sont aussi prospectés et la nourriture peut être trouvée au sol, notamment en dehors de la saison de reproduction. Comme toutes les sittelles, elle peut descendre des troncs la tête la première, ou y grimper. Certaines proies sont attrapées en vol, et la sittelle peut arracher des bouts d’écorce pour attraper des insectes, bien qu’elle ne puisse pas excaver dans le bois sain comme le ferait un pic. Les couples peuvent se mêler à des volées mixtes d’alimentation, si l’une passe près de leur territoire. La Sittelle torchepot vient aux mangeoires et se montre alors agressive, repoussant les autres espèces d’oiseaux. Elle peut aussi visiter les tables et consommer de la graisse, du beurre, du fromage ou du pain. On l’a même observée dans un abattoir emporter des abats. Elle coince les grosses noix et les gros insectes dans l’écorce pour les écraser à l’aide de son solide bec. Une observation publiée en 2018 rapporte l’utilisation par la Sittelle torchepot d’un outil, en l’occurrence un petit morceau de bois, pour soulever les écorces à la recherche de nourriture dans un parc au Royaume-Uni. Ce type de comportement n’avait alors été observé que chez certaines espèces de sittelles d’Amérique du Nord.

La Sittelle torchepot fait des réserves de nourriture tout au long de l’année mais surtout en automne. Elle coince des graines dans l’écorce des arbres, parfois dans des murs ou au sol, et les cache à l’aide de lichen, de mousse ou de morceaux d’écorces. Les populations de Sibérie cachent des graines de Pin nain de Sibérie (Pinus pumila), parfois assez pour durer toute une année2. La Sittelle torchepot peut aussi cacher du pain, ainsi que des chenilles ou d’autres larves après les avoir martelées du bec pour les immobiliser. Ces réserves sont une stratégie de long terme, et sont utilisées par temps froid, quand la nourriture se fait rare, jusqu’à trois mois après la cache. Les oiseaux utilisant des réserves ont une meilleure survie que les autres. On a observé que les oiseaux évitaient d’utiliser leurs cachettes dans des conditions relativement bénignes, préférant les réserver pour les périodes les plus rudes. Certaines de ses réserves n’ayant pas été consommées, il arrive que des tournesols ou des noisetiers se mettent à pousser sur des murs fendus ou sur l’écorce d’un arbre. Les productions de fruits par les frênes sont très variables d’une année sur l’autre, et là où cet arbre représente une importante source de nourriture, le taux de survie des adultes n’est pas affecté lors des mauvaises saisons, alors que le nombre de juvéniles chute en automne, ceux-ci mourant de faim ou d’épuisement à force de se déplacer. Des tendances similaires ont été observées là où le noisetier est l’espèce prédominante.

La Sittelle torchepot est monogame, et le couple occupe généralement son territoire à l’année. Celui-ci couvre deux à dix hectares en Europe, mais jusqu’à 30,2 ha en moyenne dans les forêts de conifères de Sibérie, habitat sub-optimal21. Le mâle chante pour défendre son territoire et pour attirer une partenaire. Les deux membres du couple exécutent une parade nuptiale, comptant un vol léger et tremblotant, et le mâle fait également des vols en cercle avec la queue étalée et la tête relevée, et nourrit la femelle1. Malgré l’appariement à vie, des recherches génétiques effectuées en Allemagne ont montré qu’au moins 10 % des jeunes sont issus d’autres mâles, généralement de territoires adjacents.

Le nid est placé dans le trou d’un arbre, généralement un ancien nid de pic, mais parfois d’origine naturelle. Le nid est situé entre deux et vingt mètres du sol. Parfois, la femelle élargit l’entrée d’un trou existant dans le bois pourri. Si au contraire l’entrée est trop large, elle est maçonnée avec de la boue, de l’argile ou parfois de la bouse pour la réduire, pratique qui vaut à l’oiseau son nom de « torchepot ». Les nids aux entrées plus étroites sont moins victimes des prédateurs et ont donc un plus grand succès reproducteur. Localement, une entrée étroite peut aussi éviter que des Étourneaux sansonnets (Sturnus vulgaris) s’approprient le nid. L’intérieur du nid est grand, avec une épaisse couche d’écorce de pins et divers copeaux de bois, parfois d’autres débris secs de végétaux en son fond, dans lesquels les adultes enfoncent les œufs ou les petits oisillons quand ils quittent le nid afin de limiter leur prédation. La femelle réalise l’essentiel de la construction, et maçonne souvent l’intérieur aussi. Cette tâche lui prend jusqu’à quatre semaines, et le nid est souvent réutilisé d’une année sur l’autre.

La femelle pond les œufs entre avril et juillet. La ponte compte généralement six à neuf œufs, bien qu’il puisse y en avoir jusqu’à treize. Ils mesurent en moyenne 19,5 × 14,4 mm pour S. e. caesia et pèsent 2,3 g dont 6 % de coquille. Ils sont blancs et tachetés de brun. La couvaison dure entre 13 et 18 jours, et est réalisée par la femelle seule, nourrie par le mâle. Les oisillons sont nidicoles et sont nourris par les deux parents. Ils sont prêts à l’envol à l’âge de 20-26 jours mais continuent à être alimentés par les adultes jusqu’à leur indépendance pendant huit à quatorze jours de plus. Il y a généralement une seule ponte par an, exceptionnellement deux. La Sittelle torchepot est plus réticente à utiliser les nichoirs artificiels que les autres oiseaux nichant dans des cavités. Quand elle le fait, le nombre d’œufs et de jeunes à l’envol est plus élevé dans les grands nichoirs, alors qu’il ne sont pas liés à la taille de la cavité dans les emplacements de nidification naturels. La sédentarité de cette espèce implique que les jeunes ne peuvent établir leur propre territoire qu’en trouvant un territoire inoccupé ou en remplaçant un adulte mort. En Europe, les jeunes se déplacent toujours vers un nouveau territoire, alors qu’en Sibérie, où les territoires sont beaucoup plus vastes, la plupart vivent dans le territoire d’adultes. Le taux de survie annuel (la proportion d’individus passant l’année) est de 42-47 % en Suède, 51-59 % en Belgique et 67 % en Sibérie. L’espérance de vie de cette sittelle est de deux ans mais le record pour un oiseau sauvage est de 12 ans et 11 mois, au Royaume-Uni, et un individu suisse a vécu 10 ans et 6 mois.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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