La Révolution verte.

La révolution verte, parfois appelée troisième révolution agricole, est une politique de transformation des agricultures des pays en développement ou des pays les moins avancés, fondée principalement sur l’intensification et l’utilisation de variétés de céréales à hauts potentiels de rendements.

Cette politique combine trois éléments :

  • les variétés sélectionnées à haut rendement ;
  • les intrants, qui sont des engrais ou produits phytosanitaires ;
  • l’importance de l’irrigation.

Le terme « révolution verte » désigne le bond technologique qu’a connu l’agriculture au cours de la période 1960-1990, à la suite d’une volonté politique et industrielle, appuyée sur les progrès scientifiques et techniques réalisés dans le domaine de la chimie et des engins agricoles durant la première guerre mondiale et poursuivis durant l’entre-deux-guerres. Elle a aussi été rendue possible par la mise au point par les semenciers de nouvelles variétés à haut rendement (hybrides souvent), notamment de céréales (blé et riz), grâce à la sélection variétale. L’utilisation des engrais minéraux et des produits phytosanitaires, de la mécanisation et de l’irrigation ont aussi contribué à la révolution verte.

Elle a eu pour conséquence un accroissement spectaculaire de la productivité agricole, bien que les estimations de cette augmentation soient difficiles à établir. Elle est réputée avoir permis d’éviter des famines, avec pour résultat depuis les années 1960 une croissance démographique de la population mondiale sans précédent.

Elle est aussi la cause d’une pollution généralisée par les pesticides, d’une eutrophisation également généralisée, ainsi que d’une perte massive de biodiversité et d’agrobiodiversité, accompagnée de phénomènes de dégradation et d’érosion des sols, de salinisation voire de perte de nappes phréatiques. L’exode rural et l’apparition de gigantesques bidonvilles en sont aussi des conséquences.

Une suite, l’évolution vers une agriculture plus durable ou alternative, pourrait être trouvée dans l’agroécologie2, qui permet de combiner les savoirs et pratiques de l’écologie aux techniques agronomiques, dans le but de créer un système de production plus pérenne.

On peut dater le lancement de la « révolution verte » de 1943, avec la création de l’Office of Special Studies, né de la collaboration entre la fondation Rockefeller et l’administration présidentielle de Manuel Ávila Camacho au Mexique.

Le prédécesseur de Camacho, Lázaro Cárdenas, était un partisan de la réforme agraire, inscrite dans la Constitution mexicaine de 1917 mais délaissée par ses prédécesseurs jusqu’à son élection en 1934. Il noue, dès son entrée en fonction, une alliance politique avec la paysannerie mexicaine en soutenant la constitution de la « Confédération nationale paysanne » qui vient se placer dans l’orbite de son parti. Il parvient en six ans à redistribuer plus de 15 millions d’hectares de terres au profit d’environ 750 000 familles paysannes.

L’arrivée de Ávila Camacho marque cependant un net changement de cap. Celui-ci est surtout soucieux de rendre l’agriculture mexicaine capable de soutenir l’urbanisation et l’industrialisation croissantes du pays. Il va trouver dans ses voisins américains de solides soutiens dans cette nouvelle orientation. Le vice-président américain Henry Wallace, qui perçoit les ambitions de Camacho comme une chance pour l’économie et les intérêts militaires américains, joue un rôle majeur pour convaincre la fondation Rockefeller de travailler avec le nouveau gouvernement mexicain.

J. George Harrar, plus tard président de la fondation Rockefeller, prend la tête de la petite structure que constitue à l’origine l’Office of Special Studies. Il y réunit des généticiens et phytopathologistes américains (Norman Borlaug, Edwin Wellhausen, William Colwell) et mexicains dont les principaux axes de recherche concernent le développement de variétés de maïs et de blé à haut potentiel de rendement ; Borlaug recevra le prix Nobel en 1970 pour ses travaux sur la culture du blé.

Dans le même temps, le gouvernement mexicain investit fortement dans les infrastructures pour l’irrigation des plaines et plateaux semi-arides, et l’adoption de nouvelles semences de blé se répand, principalement parmi les gros agriculteurs du nord et du nord-est, où les exploitations sont historiquement les plus vastes et les risques climatiques les moins élevés. Pendant toute cette période, un organisme public, le Conusapo, continue de protéger l’agriculture mexicaine des variations du marché mondial.

L’augmentation de la production de blé figure parmi les effets les plus spectaculaires de la révolution verte au Mexique. Si elle était en augmentation constante depuis les années 1920, elle connaît un saut quantitatif important, dû à la fois à l’augmentation des rendements et à celle des surfaces cultivées. Le Mexique devient autosuffisant en blé en 1951 et commence l’exportation de cette céréale l’année suivante, alors que dans le même temps sa population augmente fortement.

Les succès relatifs de la « révolution verte » ne signifient pas pour autant la disparition de la malnutrition. Le coût des semences et des investissements en matériel, prohibitif pour un grand nombre de paysans, conduit à une intensification de l’exode rurala. L’industrialisation que connaît parallèlement le pays, fortement mécanisée et donc peu demandeuse en main-d’œuvre, ne peut absorber une population qui vient grossir les rangs des bidonvilles. C’est aussi à cette époque que s’accélère l’émigration en direction des États-Unis. Elle restera légalement admise jusqu’en 1964.

Source : Wikipédia.

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