La pollution marine.

La pollution marine consiste en la présence de déchets dans les océans, ou bien résulte du rejet dans l’environnement par les activités humaines de quantités excessives de produits physiques ou chimiques toxiques, ou de déchets abandonnés par l’homme sur les sols, qui viennent polluer les fleuves et se retrouvent finalement dans les mers.

Cette pollution arrive dans le milieu marin via le ruissellement et les cours d’eau, ou est apportée par les vents et les pluies, ou provient de produits et objets volontairement ou accidentellement rejetés à la mer. La pollution entraîne la disparition de certaines espèces.

Concernant uniquement la pollution marine issue des déversements de déchets en plastique, d’après National Geographic, en 2019, il y aurait plus de 5,25 trillions de débris en plastique dans les océans du globe, dont 269 000 tonnes flottant en surface. La Chine, l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam rejettent plus de déchets plastiques dans la mer que tous les autres pays du monde réunis. Les fleuves Yangtze, Indus, Jaune, Hai, Nil, Ganges, Perle, Amur, Niger ainsi que Le Mékong sont à l’origine de 95% des plastiques qui envahissent les océans.


La majeure partie de la pollution marine est issue des pollutions urbaines, industrielles et agricoles.

Pollution marine, carte maximum, Bonn, 15/07/1982.

La pollution urbaine vient des agglomérations côtières ou fluviales qui n’ont pas de systèmes de collecte et de retraitement des déchets et des eaux usées efficaces. Les coûts liés à ce genre d’installation nécessitent un certain niveau de richesse ce qui implique que seuls les pays avancés sont capables de se doter de ces infrastructures, alors que dans les pays en développement, le processus d’équipement est toujours en cours. Entre 4.8 et 12.7 millions de tonnes de déchets entrent dans les océans chaque année à cause de la prise en charge et du traitement inadéquat des déchets.

Le phénomène est similaire pour les pollutions industrielles, où du fait de la très forte croissance urbaine et économique, les pays en développement se retrouvent avec des infrastructures totalement insuffisantes pour traiter les quantités de rejets industriels.

Enfin, la pollution agricole s’accroît. En effet, l’intensification de la production s’accompagne d’un usage grandissant d’engrais et de pesticides. Ils peuvent ensuite être lessivés par les pluies et s’infiltrent dans les nappes phréatiques ou gagnent les rivages par les cours d’eau.

Selon le PNUE, 80 % environ des pollutions marines sont d’origine terrestre et anthropique (produites par les activités humaines).

Une grande part des substances toxiques émises ou présentes dans un bassin versant finissent par rejoindre le milieu marin, via les fleuves, canaux ou lagunes. Les toxiques sont d’origine industrielle (hydrocarbures, métaux lourds, substances chimiques, radionucléides, etc.), agricole (nutriments, engrais, pesticides, etc.), ou tout simplement produits par les habitants ou usagers du bassin versant (déchets solides ou liquides, résidus d’installations de traitement des eaux usées, polluants contenus dans les eaux de ruissellement, etc.).

Des substances a priori non-nocives peuvent constituer des pollutions, dès lors que les quantités introduites dans le milieu marin dépassent la capacité d’absorption de ce milieu.

C’est le cas des particules d’argiles ou autres minéraux en suspension, qui augmentent anormalement la turbidité de l’eau dans les zones d’érosion, et colmatent parfois les fonds, coraux, flore, etc.
C’est aussi le cas des nutriments (nitrates et phosphates, par exemple), massivement perdus par l’agriculture intensive ou par les stations d’épuration (STEP) ; ces substances peuvent être à l’origine de phénomènes d’eutrophisation, qui se traduisent par exemple par l’apparition d’algues vertes ou de microalgues (phytoplancton) dont quelques espèces sécrètent des toxines, conduisant localement à la mort de la plupart des organismes marins. Ces trois phénomènes se combinent souvent.

L’ONG Ocean Conservancy organise tous les ans, pendant une journée, une action de ramassage de déchêts sur les plages d’une centaine de pays.

Il existe des échanges permanents entre l’air et la mer. L’air peut céder à la mer certains polluants (particules en suspension, vapeurs et autres substances gazeuses, aérosols…), essentiellement du fait des précipitations atmosphériques (sèches ou humides) et inversement, le « biofilm » épais de quelque microns qui se forme sur la surface de l’eau quand elle n’est pas agitée peut concentrer certains polluants (liposolubles notamment, hydrophobes ou plus léger que l’eau). Sous l’effet combiné des vagues, du vent ou de la chaleur du soleil, ces polluants peuvent être réémis dans l’air sous forme de vapeur ou via les aérosols produits par les embruns.

Une grande partie des substances polluantes introduites dans le compartiment aérien du milieu marin provient de l’activité humaine terrestres (gaz d’échappement, ammoniac, hydrocarbures imbrûlés, émissions des incinérateurs, industries, etc.). Il existe aussi des sources naturelles de pollution (volcans, feux de forêt…). Une part longtemps sous-estimé a été celle des sources motorisées circulant sur l’océan. Les bateaux-incinérateurs n’existent plus, mais la flotte marchande et militaire, ainsi que certains paquebots et les remorqueurs (plus de 90 000 navires de plus de 101 tonneaux de jauge brute en activité en 2004) émettent une part non négligeable de la pollution de l’air circulant au-dessus des mers10 ; « En 2004, ces navires ont consommé environ 217 millions de tonnes de fioul, dont 5 % dans les ports ». Brûlant essentiellement du fioul lourd (non désouffré), ils sont notamment responsable de pollution acide et particulaire, notamment et sur les grands axes de déplacement de la flotte marchande et aux abords des ports (les moteurs sont plus sollicités au démarrage et au départ), ainsi que dans les détroits ou là où ils doivent naviguer à contre-courant. 70 % de la navigation se faisant à moins de 400 kilomètres du trait de côte, cette pollution de l’air peut aussi dériver vers les terres. Une étude récente a confirmé que les fumées et gaz émis par les navires augmentent l’acidité des pluies sur les littoraux et pourraient même être à l’origine de la formation de plus d’un quart de l’ozone troposphérique de plusieurs régions côtières (plus exposées aux ultraviolets solaires dont une partie sont réverbérés par l’eau de mer (5 à 15 % de l’ozone troposphérique dans certaines parties de l’Europe de l’Ouest étudiées par B. Dalsøren Les moteurs diesel ont été en 2004 responsable du rejet dans l’air marin d’environ 16 millions de tonnes de dioxyde de soufre, gaz qui acidifie l’air, et qui sous forme d’aérosol augmente aussi la pluviométrie ou la nébulosité. Avec le CO2 et les différents oxydes d’azote (NOx) également émis par les moteurs, il contribue à la fois à l’acidification des océans et aux pluies acides. Les NOx émis par les navires à moteurs seraient ainsi responsables de plus de 10 % des pluies acides dues aux NOx, alors que le soufre libéré dans l’air avec les gaz d’échappement causerait 5 % environ du total des pluies acides dues au dioxyde de soufre sur terre. À titre d’exemple, le dioxyde de soufre présent dans l’air de Singapour provient pour environ 15 % des navires. Contrairement à ce que l’on avait d’abord pensé, en Scandinavie et le long d’autres littoraux longés par un trafic maritime important, ce ne sont plus les industries, mais le trafic maritime à faible distance, qui serait responsable de jusqu’à la moitié des pluies acides. C’est une source de pollution que l’OMI (Organisation maritime internationale), l’Europe et les « Ecoports » veulent réduire notamment par des motorisations énergétiquement plus efficientes et propres, par des navires plus « écologiques » et par l’arrêt des moteurs au port (ce qui nécessite la fourniture d’électricité par le port). Les bateaux peuvent aussi être assistés par ordinateur pour mieux profiter des courants et des vents et ainsi moins solliciter leurs moteurs. L’annexe VI de la convention MARPOL règlemente la pollution de l’air par les navires, le taux de soufre dans les fiouls est progressivement diminué. Partout, le CO2 en augmentation constante dans l’air est responsable d’une acidification des océans.

Un barrage flottant de récupération des macrodéchets flottants, placé en travers d’un cours d’eau pour éviter que ces déchets n’entrent dans le port de Baltimore. Ce système n’est pas infaillible, notamment lors de crues ou fortes pluies, mais est efficace la plupart du temps, s’il est régulièrement nettoyé.

Barrage flottant ; solutions de confinement de certains polluants flottants (exemple : hydrocarbures). Ils nécessitent une mer calme et que l’on agisse dès le début des rejets. Il faut ensuite disposer du matériel capable de récupérer le polluant.

En septembre 2019, lorsque des recherches ont révélé qu’une grande partie de la pollution plastique des océans provenait des cargos chinois, un porte-parole de Ocean Cleanup a déclaré: “Tout le monde parle de sauver les océans en cessant d’utiliser des sacs en plastique, des pailles et des emballages à usage unique. C’est important, mais lorsque nous nous dirigeons vers l’océan, ce n’est pas nécessairement ce que nous trouvons.”

Toutes les activités humaines littorales et en mer (activités maritimes) sont susceptibles de provoquer des pollutions, chroniques ou aiguës, involontaires et accidentelles ou volontaires ; en mer, les navires, mais aussi les plates-formes de recherche ou d’exploitation pétrolière offshore, les gravières sous-marines, ou les dragages ou encore les installations aquacoles sont sources de rejets polluants.

  • Rejets directs de déchets alimentaires, hospitaliers, industriels ou ménagers, effluents (eaux usées) urbains ou industriels et rejets de l’aquaculture (excréments des poissons, reste de nourriture et résidus antibiotiques), résidus de cargaison rejetés en mer, etc.
  • Perte de cargaison emportée dans le mauvais temps, ou lors de naufrages.
    Hydrocarbures : rejets illicites, de boues de fioul et d’huiles usées, connus sous le terme impropre de dégazage.
  • Pétrole, fuites au pompage, marées noires (pollutions accidentelles majeures lors du naufrage de navires de transports d’hydrocarbures, ou lors d’accidents de stations terrestres).
  • Produits chimiques divers apportés par les fleuves et l’air, ou issus de décharges sous-marines.
  • Dépôts ou rejets de boues de dragages.
  • Fréquentes remise en suspension de sédiments (éventuellement pollués) par le chalutage.
  • Dépôts immergés de munitions ou d’explosifs (à la suite de conflits armés, d’accidents ou pour « éliminer » des munitions périmées..).
  • Immersion de déchets radioactifs (exemple : fosse des Casquets) ou perte accidentelle de sous-marin nucléaire. Le cas de l’accident nucléaire de Fukushima, où des déchets radioactifs ont été relargués dans la mer, est également préoccupant.
  • Pêche non conforme à la règlementation et rejetée morte en très grande quantité. (officiellement non polluant, mais localement source possible de botulisme de type E ou F, et de dystrophisation).
  • Engins de pêche égarés, ou usés et rejetés volontairement à la mer.
    Déchets de l’homme; exemples: mégots de cigarette, sacs plastiques, emballages…

Ces rejets ou déchets à l’origine de la pollution peuvent être :

  • solides ou liquides, ou sous forme de gaz dissous (ou aérien et solubles dans l’eau) ;
  • visibles (exemple : macrodéchets) ou non (exemple : micro-particules de plastique trouvées sur presque tous les fonds océaniques) ;
  • en surface, entre deux eaux ou se déposant sur le fond. Dans les deux premiers cas, les courants marins peuvent concentrer ces déchets en mer dans de vastes zones comme la plaque de déchets du Pacifique nord. Dans le cas des déchets se déposant sur le fond, des objets ou substances toxiques peuvent parfois s’enfouir dans des sédiments meubles, tout en restant biodisponibles pour les animaux fouisseurs.

Une étude de WWF parue en 2019 indique que la quantité de déchets plastiques accumulée dans l’océan pourrait doubler d’ici 2030 et atteindre 300 millions de tonnes.

Depuis les années 1960, la proportion de zones de haute mer dépourvues de tout oxygène a plus que quadruplé et les sites à faible teneur en oxygène situés près des côtes ont été multipliés par 10 depuis 1950. Les scientifiques estiment que la teneur en oxygène va continuer à chuter dans ces deux types de zones au fur et à mesure que la Terre se réchauffera ; pour mettre un terme à ce déclin, il est nécessaire de limiter le changement climatique et la pollution par les nutriments, en particulier les engrais et les eaux usées.

L’introduction d’espèces exotiques, éventuellement invasives ou pathogènes, à la suite du creusement de canaux reliant des mers (exemple : canal de Suez, canal de Panama, ou à la suite du transport d’organismes aquatiques d’une zone biogéographique à un autre par la pratique du ballastage et déballastage, ou via les coques de navire, ou encore à partir d’élevages en mer est une source de pollution génétique ou de disparition d’espèces et de perturbation des écosystèmes. C’est un problème en forte croissance devenu préoccupant.

Les coquillages, filtrant l’eau de mer, retiennent les toxiques, et constituent donc un indicateur particulièrement précieux de la pollution marine. Trois types de contaminants s’y accumulent : les résidus chimiques, les pollutions microbiologiques (liés aux dysfonctionnements des stations d’épuration et aux activités agricoles) et, depuis une vingtaine d’années, les substances toxiques produites par certaines espèces de micro-algues. Ce dernier phénomène a été clairement caractérisé pour la première fois dans les années 1970, les pollutions augmentant de manière importante dans les années 1990, avant de se stabiliser dans les années 2000. En cause : les eaux de ballast des navires, qui ont propagé les algues toxiques sur tout le globe. Le rejet de ces eaux de ballast est aujourd’hui règlementé, le capitaine devant tenir à jour un registre des eaux de ballasts. Toutefois, les systèmes proposés ne sont pas efficaces à 100 % (échange de l’eau en haute mer par grande profondeur et de jour uniquement – traitement chimique -…)

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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