La planète Mars.

Mars est la quatrième planète du Système solaire par ordre croissant de la distance au Soleil et la deuxième par ordre croissant de la taille et de la masse. Son éloignement au Soleil est compris entre 1,381 et 1,666 UA (206,6 à 249,2 millions de kilomètres), avec une période orbitale de 669,58 jours martiens (686,71 jours ou 1,88 année terrestre).

C’est une planète tellurique, comme le sont Mercure, Vénus et la Terre, environ dix fois moins massive que la Terre mais dix fois plus massive que la Lune. Sa topographie présente des analogies aussi bien avec la Lune, à travers ses cratères et ses bassins d’impact, qu’avec la Terre, avec des formations d’origine tectonique et climatique telles que des volcans, des rifts, des vallées, des mesas, des champs de dunes et des calottes polaires. Le plus haut volcan du Système solaire, Olympus Mons (qui est un volcan bouclier), et le plus grand canyon, Valles Marineris, se trouvent sur Mars.

Mars a aujourd’hui perdu la presque totalité de son activité géologique interne, et seuls des événements mineurs surviendraient encore épisodiquement à sa surface, tels que des glissements de terrain, sans doute des geysers de CO2 dans les régions polaires, peut-être des séismes, voire de rares éruptions volcaniques sous forme de petites coulées de lave.

La période de rotation de Mars est du même ordre que celle de la Terre et son obliquité lui confère un cycle des saisons similaire à celui que nous connaissons ; ces saisons sont toutefois marquées par une excentricité orbitale cinq fois et demie plus élevée que celle de la Terre, d’où une asymétrie saisonnière sensiblement plus prononcée entre les deux  hémisphères.

Mars peut être observée à l’œil nu, avec un éclat bien plus faible que celui de Vénus mais qui peut, lors d’oppositions rapprochées, dépasser l’éclat maximum de Jupiter, atteignant une magnitude apparente de -2,914, tandis que son diamètre apparent varie de 25,1 à 3,5 secondes d’arc selon que sa distance à la Terre varie de 55,7 à 401,3 millions de kilomètres. Mars a toujours été caractérisée visuellement par sa couleur rouge, due à l’abondance de l’hématite amorphe — oxyde de fer(III) — à sa surface. C’est ce qui l’a fait associer à la guerre depuis l’Antiquité, d’où son nom en Occident d’après le dieu Mars de la guerre dans la mythologie romaine, assimilé au dieu Arès de la mythologie grecque. En français, Mars est souvent surnommée « la planète rouge » en raison de cette couleur particulière.

Avant le survol de Mars par Mariner 4 en 1965, on pensait qu’il s’y trouvait de l’eau liquide en surface et que des formes de vie similaires à celles existant sur Terre pouvaient s’y être développées, thème très fécond en science-fiction. Les variations saisonnières d’albédo à la surface de la planète étaient attribuées à de la végétation, tandis que des formations rectilignes perçues dans les lunettes astronomiques et les télescopes de l’époque étaient interprétées, notamment par l’astronome amateur américain Percival Lowell, comme des canaux d’irrigation traversant des étendues désertiques avec de l’eau issue des calottes polaires. Toutes ces spéculations ont été balayées par les sondes spatiales qui ont étudié Mars : dès 1965, Mariner 4 permit de découvrir une planète dépourvue de champ magnétique global, avec une surface cratérisée rappelant celle de la Lune, et une atmosphère ténue.

Depuis lors, Mars fait l’objet de programmes d’exploration plus ambitieux que pour tout autre objet du Système solaire : de tous les astres que nous connaissons, c’est en effet celui qui présente l’environnement ayant le plus de similitudes avec celui de notre planète. Cette exploration intensive nous a apporté une bien meilleure compréhension de l’histoire géologique  martienne, révélant notamment l’existence d’une époque reculée — le Noachien — où les conditions en surface devaient être assez similaires à celles de la Terre à la même époque, avec la présence de grandes quantités d’eau liquide ; la sonde Phoenix a ainsi découvert à l’été 2008 de la glace d’eau à une faible profondeur dans le sol de Vastitas Borealis.

Mars possède deux petits satellites naturels, Phobos et Déimos.


Quatrième planète du Système solaire par ordre de distance croissante en partant du Soleil, Mars est une planète tellurique moitié moins grande que la Terre et près de dix fois moins massive, dont la superficie est un peu inférieure à celle des terres émergées de notre planète (144,8 contre 148,9 millions de kilomètres carrés). La gravité y est le tiers de celle de la Terre, soit deux fois celle de la Lune, tandis que la durée du jour solaire martien, appelé sol, excède celle du jour terrestre d’un peu moins de 40 minutes. Mars est une fois et demie plus éloignée du Soleil que la Terre, sur une orbite sensiblement plus elliptique, et reçoit, selon sa position sur cette orbite, entre deux et trois fois moins d’énergie solaire que notre planète. L’atmosphère de Mars étant de surcroît plus de 150 fois moins dense que la nôtre, et ne produisant par conséquent qu’un effet de serre très limité, ce faible rayonnement solaire explique que la température moyenne sur Mars soit d’environ −65 °C.

La fine atmosphère martienne, où apparaissent des nuages localement abondants, est le siège d’une météorologie particulière, dominée par des tempêtes de poussières qui obscurcissent parfois la planète tout entière. Son excentricité orbitale, cinq fois plus marquée que celle de la Terre, est à l’origine d’une asymétrie saisonnière très sensible sur Mars : dans l’hémisphère nord, la saison la plus longue est le printemps (198,6 jours), qui excède la plus courte (l’automne, 146,6 jours) de 35,5 % ; sur Terre, l’été de l’hémisphère nord, saison la plus longue, n’excède la durée de l’hiver que de 5 %. Cette particularité explique également que la superficie de la calotte polaire australe se réduise nettement plus en été que celle de la calotte polaire boréale.

La distance moyenne de Mars au Soleil est d’environ 227,937 millions de kilomètres, soit 1,523 7 UA. Cette distance varie entre un périhélie de 1,381 UA et un aphélie de 1,666 UA, correspondant à une excentricité orbitale de 0,093315. La période orbitale de Mars est de 686,96 jours terrestres, soit 1,880 8 année terrestre, et le jour solaire y dure 24 h 39 min 35,244 s.

L’obliquité désigne l’inclinaison de l’axe de rotation d’une planète sur son plan orbital autour du Soleil. L’obliquité de Mars est actuellement de 25,19°, proche de celle de la Terre, mais connaît des variations périodiques dues aux interactions gravitationnelles avec les autres planètes du Système solaire. Ces variations cycliques ont été évaluées par simulations informatiques dès les années 1970 comme ayant une périodicité de 120 000 ans s’inscrivant elle-même dans un super-cycle de 1,2 million d’années avec pour valeurs extrêmes 14,9° et 35,5°. Un cycle encore plus long se superposerait à cet ensemble, de l’ordre de 10 millions d’années, dû à une résonance orbitale entre la rotation de la planète et son orbite autour du Soleil, susceptible d’avoir porté à 40° l’obliquité de Mars, il y a seulement 5 millions d’années. Des simulations plus récentes, réalisées au début des années 1990, ont de surcroît révélé des variations chaotiques de l’obliquité martienne, dont les valeurs possibles s’inscriraient de 11° à 49°.

Encore affinées à l’aide des données recueillies par les sondes martiennes des années 1990 et 2000, ces simulations numériques ont mis en évidence la prépondérance des variations chaotiques de l’obliquité martienne dès qu’on remonte au-delà de quelques millions d’années, ce qui rend aléatoire toute évaluation de la valeur de l’obliquité au-delà de quelques dizaines de millions d’années dans le passé ou le futur. Une équipe européenne a ainsi évalué à 63 % la probabilité que l’obliquité de Mars ait atteint au moins 60° au cours du dernier milliard d’années, et à plus de 89 % au cours des trois derniers milliards d’années.

Ces variations d’obliquité induisent des variations climatiques très significatives à la surface de la planète, affectant notamment la répartition de la glace d’eau en fonction des latitudes. Ainsi, la glace tend à s’accumuler aux pôles en période de faible obliquité comme actuellement, tandis qu’elle tend à migrer aux basses latitudes en période de forte obliquité. Les données recueillies depuis le début du siècle tendent à montrer que Mars sortirait en ce moment même d’un « âge glaciaire », notamment en raison de l’observation de structures glaciaires (glaciers, fragments de banquise et pergélisol notamment) jusqu’à des latitudes aussi basses que 30°, et qui semblent connaître une érosion active.

Dans la mesure où la pression atmosphérique moyenne au sol dépend de la quantité de dioxyde de carbone gelé aux pôles, les variations d’obliquité ont également un impact sur la masse totale de l’atmosphère de Mars, la pression atmosphérique moyenne pouvant même tomber, en période de faible obliquité, à seulement 30 Pa (à peine 5 % de la pression   atmosphérique standard actuelle) et induire un réchauffement de 20 à 30 K du sous-sol martien en réduisant la conductivité thermique du régolithe dont la taille moyenne des pores serait comparable au libre parcours moyen des molécules de gaz dans une atmosphère aussi raréfiée, ce qui bloquerait la dissipation du « flux aréothermique », c’est-à-dire du flux géothermique martien. Un tel réchauffement pourrait expliquer de nombreuses  formations géologiques impliquant un sous-sol chargé d’eau liquide, sans qu’il soit nécessaire d’invoquer un accroissement passé de la pression atmosphérique ou du flux thermique de la planète.

La pression et la composition exactes de l’atmosphère de Mars sont  connues grâce aux premières analyses in situ effectuées en 1976 par les atterrisseurs des sondes Viking 1 et Viking 228. Le premier observateur à avoir supposé l’existence d’une atmosphère autour de Mars est l’astronome (et compositeur) germano-britannique William Herschel qui, en 1783, avait attribué à la météorologie martienne certains changements observés à la surface de la planète, notamment des points blancs interprétés comme des nuages. Cette hypothèse avait été contestée au début du siècle suivant avec les progrès des télescopes à miroir, qui fournissaient des images de meilleure qualité semblant montrer au contraire une surface plus statique, jusqu’à ce que surgisse à la fin du XIXe siècle le débat sur la réalité des canaux de Mars observés en Italie et popularisés par l’astronome amateur américain Percival Lowell. Un autre Américain, William Wallace Campbell, astronome de profession et pionnier de la spectroscopie, demeurait sceptique quant à l’existence d’une atmosphère importante autour de Mars, et annonça à l’occasion de l’opposition de 1909 n’avoir pu détecter aucune trace de vapeur d’eau dans cette éventuelle atmosphère ; son compatriote Vesto Slipher, qui soutenait la théorie des canaux (voir Canaux martiens), annonça quant à lui le contraire. En se fondant sur les variations d’albédo du disque martien, Percival Lowell estima en 1908 la pression atmosphérique au sol à 87 mbar (8 700 Pa), valeur qui demeurera plus ou moins la référence jusqu’aux mesures réalisés par la sonde Mariner 4 en 1965. La difficulté à analyser la composition de l’atmosphère martienne par spectroscopie était alors généralement attribuée à la présence de diazote, difficile à caractériser par cette technique, et c’est ainsi que l’astronome français Gérard de Vaucouleurs, qui travaillait alors en Angleterre, émit en 1950 l’idée que l’atmosphère martienne était constituée de 98,5 % de diazote, 1,2 % d’argon et 0,25 % de dioxyde de carbone. À l’observatoire McDonald du Texas, l’astronome américain d’origine néerlandaise Gerard Kuiper établit en 1952 à partir du spectre infrarouge de Mars que le dioxyde de carbone était au moins deux fois plus abondant dans l’atmosphère martienne que dans l’atmosphère terrestre, l’essentiel de cette atmosphère devant être, comme la nôtre, constituée selon lui de diazote.

Du fait de son éloignement plus grand par rapport au Soleil que celui de la Terre, Mars reçoit du Soleil une énergie variant de 492 à 715 W/m2 selon sa position sur son orbite, contre de 1 321 à 1 413 W/m2 pour la Terre, c’est-à-dire de 37,2 % à 50,6 % entre les aphélies et  les périhélies respectivement. L’atmosphère martienne étant de surcroît 150 fois moins dense que celle de la Terre, elle ne produit qu’un effet de serre négligeable, d’où une température moyenne d’environ Modèle:Nor (−63 °C) à la surface de Mars, avec des variations diurnes importantes en raison de la faible inertie thermique de cette atmosphère : Viking 1 Lander avait ainsi relevé des variations diurnes allant typiquement de 184 à 242 K, soit de −89 à −31 °C, tandis que les températures extrêmes — assez variables selon les sources — seraient d’environ 130 et 297 K, c’est-à-dire de l’ordre de −145 et 25 °C.

L’obliquité de Mars est proche de celle de la Terre (respectivement 25.19° contre 23.44°) mais l’excentricité de l’orbite martienne est sensiblement plus élevée (0,09332 contre 0,01671 pour la Terre) de sorte que, si Mars possède des saisons similaires à celles de la Terre, celles-ci sont d’intensité et de durée très inégales au cours de l’année martienne.

L’hémisphère nord connaît ainsi des saisons moins marquées que  l’hémisphère sud, car Mars est à son aphélie à la fin du printemps et à son périhélie à la fin de l’automne, d’où des hivers courts et doux et des étés longs et frais ; le printemps dure ainsi 52 jours de plus que l’automne. À l’inverse, l’hémisphère sud connaît des saisons très marquées, avec des hivers longs et très froids tandis que les étés sont courts et plus chauds que ceux de l’hémisphère nord. C’est donc dans l’hémisphère sud qu’on observe les écarts de température les plus élevés.

De l’abondance d’eau liquide du Noachien, il ne reste plus, aujourd’hui, que des traces dans l’atmosphère de Mars et, sans doute, d’importantes  quantités d’eau gelée dans le sol et les calottes polaires de Mars, sous forme de pergélisol, voire de mollisol. En 2005, la sonde Mars Express a détecté, à proximité du pôle nord, un lac de glace d’eau dans un cratère. En 2007, le radar MARSIS de Mars Express a mis en évidence de grandes quantités de glace d’eau enfouies dans les terrains qui bordent la calotte résiduelle australe. Ainsi, le volume de glace d’eau contenue dans le pôle sud est estimé à 1,6 million de kilomètres cubes, soit approximativement le volume de glace d’eau de la calotte résiduelle boréale.

La présence durable d’eau liquide à la surface de Mars est considérée comme improbable. En effet, compte tenu de la pression et de la température à la surface de Mars, l’eau ne peut exister à l’état liquide et passe directement de l’état solide à l’état gazeux par sublimation. Cependant, de récents éléments suggèreraient la présence temporaire d’eau liquide dans des conditions particulières. Expérimentalement, des écoulements d’eau et de saumure à basse pression ont été réalisés pour étudier leurs répercussions sur la surface.

Mars faisant partie des cinq planètes visibles à l’œil nu (avec Mercure, Vénus, Jupiter, et Saturne), elle est observée depuis que les hommes regardent le ciel nocturne. Lors de ses oppositions, elle est la planète la plus brillante après Vénus (sa magnitude apparente peut alors atteindre -2,9, le reste du temps, la deuxième planète la plus brillante est Jupiter).

La couleur rouge caractéristique de Mars lui valut dans l’Antiquité le rapprochement avec le dieu grec de la guerre Arès puis avec son équivalent romain Mars, le rouge évoquant le sang des champs de bataille.

Les Babyloniens la nommaient Nirgal ou Nergal, le dieu de la mort, des destructions et du feu.

Les Égyptiens la nommaient « Horus rouge » (ḥr Dšr, Hor-desher) et connaissaient son « déplacement à reculons » (actuellement connu sous le nom de mouvement rétrograde).

Dans la mythologie hindoue, Mars est nommée Mangala (मंगल) du nom du dieu de la guerre. Dans le quadrangle de Memnonia, Mangala Valles est nommé en son honneur.

En hébreu, elle est nommée Ma’adim (מאדים) : Celui qui rougit. Ma’adim Vallis reprend ce vocable.

En Asie de l’Est (Chine, Japon, Corée et Viêt Nam) Mars est 火星, littéralement l’astre (星) feu (火). En mandarin et cantonais, elle est couramment nommée huoxing (火星, huǒxīng en pinyin) et traditionnellement Yinghuo (荧惑, yínghuò en pinyin, litt. « flamboyant confus »). En japonais, 火星 en kanji, かせい en hiragana, ou kasei en rōmaji (qui a donné son nom à Kasei Vallis). En coréen, 火星 en hanja et 화성 en hangeul, transcrit en hwaseong.

Mars est encore connue de nos jours sous le nom de « Planète rouge ».

Des observations de l’astronomie pré-télescopique, il reste peu de documents, et ceux-ci sont teintés de religion ou d’astrologie (comme le zodiaque de Dendérah en Haute-Égypte). De plus, les observations à l’œil nu ne permettent pas d’observer la planète elle-même mais plutôt sa trajectoire dans le ciel.

Source : Wikipédia.

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