La planche à voile.

La planche à voile (parfois désignée par son nom anglais, windsurf) est un type d’embarcation à voile minimaliste, c’est aussi le sport de glisse pratiqué avec cette embarcation.

Elle est constituée d’une simple planche ou flotteur, et d’un gréement articulé à la planche par la base du mât. La planche à voile se caractérise par la position debout de son pratiquant nommé « véliplanchiste » et par l’absence de gouvernail et d’écoutes. C’est le véliplanchiste qui soulève puis maintient le mât et la voile en position active, s’orientant sur l’eau en inclinant d’avant en arrière le gréement, ou en changeant ses appuis sur la planche.


Avant l’invention de la planche à voile telle que nous la connaissons, conçue pour naviguer debout, avec un gréement libre monté sur cardan, le terme Planche a voile était utilisé pour des petits dériveurs de plage très plats, à l’accastillage minimaliste, parfois sans cockpit équipés d’un gréement simplifié, comme le Sunfish américain (architecte Cortland Heyniger) et son prédécesseur un peu plus petit, le Sailfish (même architecte) ainsi que nombre d’imitations (comme le Beachcomber britannique) ou de bateaux approchants (Minisail et Minisprint, également britanniques). On le trouve notamment dans un livre de vulgarisation pratique de Jean Merrien paru en poche en 1967, avant la création (brevetée) du système de diabolo par Drake et Schweitzer (1968) et la diffusion en France des premières Windsurfer originales au mileu des années des années 70 .

Planche à voile, carte maximum, Belgique, 3/03/1984.

Il est intéressant de noter que le Sailfish (ancètre du Sunfish) conçu par Cortland Heyniger et Alex Bryan était à l’origine (1950) une grande planche de surf biplace (destinée aux postes de sauvetage balnéaires) transformée par l’ajout d’une dérive, d’un mini gouvernail et d’une voile latine provenant d’un canoë canadien. Le cocréateur de la Windsurfer moderne, Jim Drake, par ailleurs ingénieur aéronautique à la NASA, possédait un Sunfish avec lequel il régatait, non sans succès, en Californie.

Plusieurs inventeurs s’attribuent la paternité de la planche à voile.

Tout d’abord, un jeune Anglais Peter Chilvers qui esquissa, au début des années 1960, une sorte d’ancêtre de la planche à voile.

Au mois de mai 1964, en Pennsylvanie, un Américain, Newman Darby, installe un mât et une voile sur une planche qui tient plus de la porte que de la planche de surf. Sa planche mesure trois mètres de long pour 90 centimètres de large et possède un mât et une rotule qui malheureusement ne peut s’orienter que latéralement et se trouve dans le dos du pratiquant. Pendant deux ans, il va peaufiner son invention mais ne saura convaincre les investisseurs.

En janvier 1965, un Français, Serge Loiselot, dépose une demande de brevet pour le « plateau à voile » : flotteur caisson individuel plat de très faible densité aux contours ovoïdes sans arête vive, muni d’une quille-gouverne et d’un mât vertical supportant un mât horizontal de 1 mètre entre lesquels une voile triangulaire est tendue. Cet engin est entièrement démontable.

En 1968, Hoyle Schweitzer, surfeur et Jim Drake, ingénieur aéronautique, mettent au point le système de joint universel (diabolo) qui permet d’orienter le gréement en tous sens en s’inspirant du joint de cardan présent en automobile. Ils créent également le wishbone, un double arceau permettant de tenir le gréement, et dont la forme rappelle l’os dont il est inspiré. Leur brevet d’invention est déposé à l’USPTO le 27 mars 1968.

Jim Drake et Hoyle Schweitzer déposent alors la marque Windsurfer en s’assurant d’un brevet dans les pays ayant le plus de relations commerciales avec les États-Unis (n’ayant les moyens de déposer le brevet que dans deux pays en Europe, ils choisiront l’Angleterre et l’Allemagne, oubliant la France). Hoyle Schweitzer rachètera par la suite l’ensemble des droits à Jim Drake.

En 1973, la société néerlandaise Ten Cate achète la licence Windsurfer pour l’Europe et importe les premières planches à voile. C’est la France qui deviendra cependant le pays où la planche à voile se développera le plus, dans un premier temps grâce à ses pionniers et promoteurs historiques (Patrick Carn, Charles Daher, Pierre-Yves Gires, Yves Loisance) et, dans leur sillage, grâce aux nombreux constructeurs qui s’inspirent de la planche originale Windsurfer sans avoir à en payer la licence.

L’invention du harnais, qui permet de maîtriser une voile plus grande, marque une transition entre l’ancienne pratique de celle de nos jours. 1977 voit l’arrivée de la Rocket Windsurfer, planche de saut plus courte, avec des attaches pour les pieds (footstrap), et un mât reculé. Le funboard, qui permet la navigation dans les vagues et le vent fort, est né.

Robby Naish devient le premier champion du monde de planche à voile à l’âge de treize ans.

La planche à voile devient sport olympique en 1984, à Los Angeles.

Certains ouvrages de référence (notamment l’encyclopédie pour écoliers Folio Junior / Gallimard) indiquent ou ont indiqué comme inventeur de la Planche à Voile un certain Martin d’Estraux , censé avoir inventé le “vélivole”, une planche à voile à gréement sur cardan dès 1913…Il s’agit en fait d’un canular monté de toutes pièces par le journaliste Daniel Allisy de la revue nautique Voiles et Voiliers avec un tel luxe de précision et de détails techniques (costumes d’époque et photos façons autochromes ) que beaucoup de lecteurs ont cru à ce poisson d’avril d’autant plus facilement qu’il fut publié alors que la bataille juridique sur l’antériorité de l’invention faisait rage entre Bic Sport (le Baron Bich) et Windsurfer / Ten Cate (Hoyle Schweitzer).

Planche à voile, carte maximum, Turquie, 20/08/1982.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

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