La philharmonie à Berlin.

La Philharmonie de Berlin (Berliner Philharmonie) est un ensemble de deux salles de concert situé dans le centre de Berlin, au sud-est du Großer Tiergarten, intégrant une salle de concert symphonique conçue par Hans Scharoun et inaugurée en 1963, et une salle de musique de chambre réalisée par Edgar Wisniewski d’après un projet de Scharoun et inaugurée en 1987. Elle est le siège de l’Orchestre philharmonique de Berlin qui fut sous la direction d’Herbert von Karajan de 1954 à 1989.

La conception extrêmement novatrice de la grande salle en a fait l’une des plus célèbres salles de concert au monde, et elle a eu une grande influence sur la construction des auditoriums au XXe siècle. La salle de musique de chambre, construite un quart de siècle plus tard, est basée sur les mêmes principes.


Philharmonie de Berlin, carte maximum, Bonn, 4/03/1997.

La Philharmonie de la Bernauer Straße est détruite par un bombardement au début de l’année 1944. Il s’agissait d’une ancienne patinoire transformée en salle de concerts pour l’Orchestre philharmonique de Berlin dans les années 1890. Les concerts de l’orchestre sont transférés au Staatsoper jusqu’en 1945. Après la fin de la guerre, ils ont lieu au Titania-Palast, un ancien cinéma transformé en salle de concert, et à la Beethovensaal, mais la situation de l’orchestre reste précaire, et l’idée s’impose qu’une salle nouvelle doit être construite pour accueillir l’un des orchestres les plus prestigieux d’Allemagne.

En 1949, une Gesellschaft der Freunde der Berliner Philharmonie e.V. (Société des amis de la Philharmonie de Berlin) est créée pour rassembler des fonds et faire bâtir une nouvelle salle. La décision tarde cependant à venir, le projet de l’architecte Hans Scharoun est finalement choisi. Il s’intègre dans le Kulturforum de Berlin-Ouest, situé près du Mur, avec notamment la Staatsbibliothek zu Berlin de Scharoun et la Neue Nationalgalerie de Ludwig Mies van der Rohe. L’endroit choisi donne sur la Kemperplatz.

La première pierre est posée le 13 août 1961, et la salle est inaugurée le 15 octobre 1963 par une interprétation de la Neuvième Symphonie de Beethoven, avec Gundula Janowitz, Sieglinde Wagner, Luigi Alva et Otto Wagner. La salle fut vite surnommée par les Berlinois « Zirkus Karajani », en référence au Circus Sarasani d’avant-guerre et par référence à l’orgueil supposé d’Herbert von Karajan, directeur musical de l’orchestre, qui avait joué un grand rôle dans le choix de Scharoun.

Le logotype de l’Orchestre philharmonique de Berlin, adopté à cette époque, présente trois pentagones imbriqués ; il marque ainsi l’association de l’orchestre avec la salle, pentagonale, et reprend le mot de Scharoun selon lequel son projet musical associait « l’espace, la musique, l’Homme » (« Raum – Musik – Mensch »).

À partir de 1984, Edgar Wisniewski, élève de Scharoun, construit une salle de musique de chambre d’après une esquisse de Scharoun et conçue selon les mêmes principes. Elle est inaugurée le 28 octobre 1987 par une interprétation des Quatre Saisons de Vivaldi par la violoniste Anne-Sophie Mutter et des musiciens de l’orchestre dirigés par Karajan, en présence du Chancelier fédéral Helmut Kohl.

Le 20 mai 2008 à 14 heures, lors d’un concert en matinée, un incendie prend du toit du bâtiment principal sans faire de victimes. Mais la salle en elle-même n’a pas été touchée.

La grande salle est une sorte de chapiteau en forme de pentagone, large de soixante mètres et profond de cinquante. Au centre se trouve le podium, lui-même en forme de pentagone légèrement écrasé ; les spectateurs sont installés autour en plusieurs groupes de gradins qui s’élèvent vers les parois. L’agencement est asymétrique et irrégulier, comme s’il était le produit de la nature, et doit même évoquer un vallon avec des terrasses de vigne. De plus, beaucoup de « terrasses » ne sont pas exactement horizontales et penchent légèrement, ce qui montre l’importance de l’univers maritime dans l’œuvre de Scharoun, natif de Brême ; ceci se retrouve aussi dans la couleur des parois, en bois ocre très sombre, qui évoque celles d’une cabine à bord d’un navire.

Cette conception, outre qu’elle est l’une des meilleures illustrations de l’« architecture organique » de Scharoun, permet d’atténuer la distinction entre les musiciens et les spectateurs ; ils ne constituent plus qu’une communauté de mélomanes, concentrés sur la musique qui est mise au centre de l’espace. L’idée en a été suggérée à Scharoun par la vision de promeneurs se mettant en rond pour écouter un musicien.

La salle comporte deux-mille-quatre-cent-quarante-places assises : environ mille-trois-cents devant l’orchestre, deux-cent-soixante-dix derrière, trois-cents sur chaque côté, et environ deux-cents sur le podium même, éventuellement occupées par un chœur.

Le volume d’air par spectateur est l’un des plus élevés du monde, à 10 m3. Cependant, l’agencement des gradins permet à chaque spectateur de rester proche des musiciens, la distance entre les places les plus éloignées et le podium étant de vingt-huit mètres. L’acoustique est considérée comme excellente ; même les places les moins chères, situées en hauteur ou au fond des derniers gradins, permettent de jouir d’une très bonne qualité de son en même temps que de voir l’orchestre. Le bois est utilisé autant que possible, et de grands panneaux sont disposés en corolle au-dessus du podium, avec un ensemble de lampes de volume et de hauteur irrégulières.

La salle est équipée d’une cabine d’enregistrement, situé en hauteur à gauche du podium, et permet d’enregistrer ou de filmer un concert ou de le retransmettre en direct à la radio ou à la télévision, ainsi que d’utiliser la salle comme studio d’enregistrement. Lorsqu’un concert est filmé, le podium est surélevé.

Source : Wikipédia.

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