La menthe.

Les menthes forment un genre (Mentha) de plantes herbacées vivaces de la famille des Lamiacées (Labiées), sous-famille des Nepetoideae, tribu des Mentheae, sous-tribu des Menthinae. Ce genre comprend de nombreuses espèces, dont beaucoup sont cultivées comme plantes aromatiques et condimentaires, ornementales ou médicinales.

Si les menthes sont connues et appréciées pour leurs qualités aromatiques depuis l’Antiquité, certaines ont acquis une grande valeur économique depuis quelques décennies. Des 18 espèces de menthes actuellement acceptées, seulement trois (Mentha aquatica, M. canadensis, M. spicata) et leurs hybrides (M. x gracilis, M. x piperita, M. x villosonervata) dominent le marché mondial pour la production d’huile essentielle.


De toutes les espèces de menthes du genre Mentha, celles qui ont connu le développement économique le plus notable de leur culture sont : la menthe du Japon (Mentha canadensis), la menthe poivrée (M. x piperita), la menthe en épi (M. spicata) et la menthe écossaise (Mentha x gracilis Sole). Elles sont à l’origine d’une production importante d’huile essentielle en Inde (50 000 tonnes6, 2014) et en Chine.

En ce qui concerne la première, la menthe du Japon (M. canadensis), la production est actuellement dominée par l’Inde après l’avoir été par le Japon dans la première moitié du XXe siècle puis par le Brésil.

La menthe du Japon est proche de la menthe des champs Mentha arvensis originaire d’Europe mais contrairement à celle-ci, elle est très riche en menthol, un arôme naturel utilisé pour aromatiser les cigarettes, les gommes à mâcher, les boissons, pour l’hygiène buccale, les cosmétiques et l’industrie pharmaceutique. Les cultivars de menthe du Japon sont très utilisés en Asie car ils fournissent la principale source commerciale pour la production de (-)-menthol naturel.

Les États-Unis produisent principalement de la menthe poivrée, de la menthe en épi et de la menthe écossaise.

La menthe est l’une des plantes médicinales les plus célèbres. Elle est connue et utilisée dans le pourtour méditerranéen depuis l’Antiquité.

Elle aurait des vertus digestives, spasmolytiques, carminatives, antiseptiques, toniques et stimulantes. Elle participerait à l’équilibre digestif et améliorerait le tonus général. Les herboristes, même s’ils connaissent parfaitement les diverses espèces de menthes, traitent des propriétés de « la Menthe » de manière collective (Lieutaghi, 1966), exception faite de la menthe pouliot.

La menthe verte est employée très couramment comme herbe aromatique, principalement dans les cuisines méditerranéennes, par exemple dans le thé à la menthe ou le taboulé, et asiatiques (vietnamienne) avec les nems et les salades.

La menthe poivrée est la plus utilisée en phytothérapie, pour ses propriétés, connues de la tradition et étudiées scientifiquement. En France, la menthe poivrée est très cultivée pour les besoins pharmaceutiques (notamment contre les démangeaisons), en particulier dans les régions de Milly-la-Forêt et de Chemillé, près d’Angers. Elle contient une forte quantité de menthol, à l’origine de la sensation de fraîcheur ou de froid (car stimulant les mêmes récepteurs que ceux qui dans la bouche sont sensibles au froid). La menthe poivrée contient aussi d’autres terpènes. L’odeur est caractéristique de la saveur camphrée. L’essence de menthe verte est moins soutenue car elle est plus pauvre en menthol, remplacée par la carvone, principe actif du carvi.

Par ailleurs, l’huile essentielle de menthe est très utilisée en aromathérapie (surtout la menthe poivrée), en phytothérapie et dans la médecine japonaise (surtout la menthe du Japon). Elle ne doit pas être mise en contact avec les muqueuses tant qu’elle n’est pas diluée.

Alcool de menthe, liqueur de menthe et sirop de menthe sont des boissons courantes, généralement colorées artificiellement en vert ou bien incolores. Le sirop de « menthe glaciale » est généralement blanc ou légèrement bleuté alors que le sirop de menthe traditionnel est souvent coloré en vert (sans colorant, sa couleur naturelle est en effet plus proche du brun que du vert émeraude).

La menthe est également utilisée en cocktail :

classiques, comme le mint julep et le mojito en Belgique et en France, le mélange pastis, sirop de menthe et eau s’appelle perroquet à cause de la couleur vert tendre rappelant celle du perroquet vert (en Belgique francophone, le perroquet est la boisson obtenue en ajoutant de la menthe à la bière pils blonde. Une variante très classique est l’ajout de menthe à la bière blanche). Le mélange pastis, sirop de menthe et sirop de grenadine s’appelle une feuille d’automne. La limonade mélangée à du sirop de menthe s’appelle diabolo-menthe. L’Orangina mélangée à du sirop de menthe s’appelle un cowboy (un indien est plus classique, mélange d’Orangina et de grenadine). La bière mélangée à du sirop de menthe s’appelle une valse (un tango, plus classique, est un mélange de bière et de grenadine) ou perroquet (Belgique). En Belgique, la bière blonde mélangée à du Coca-Cola et du sirop de menthe est quant à lui appelé cercueil.

Il existe des cas d’allergie ou intolérance à la menthe. Ces cas sont assez rares, mais impliquent souvent une réaction dès l’inhalation, car l’odeur de la menthe généralement très forte suscite alors nausées et vertiges. Mais les symptômes peuvent aussi être d’ordre physique ou respiratoire (eczéma, asthme, etc.). Ils peuvent être spécifiques à certaines variétés de menthe: on peut être allergique à la menthe la plus répandue dans les produits alimentaire, mais tolérer par exemple la menthe poivrée et le menthol. La cause de l’allergie relève de ce que certaines protéines, ou composés chimiques contenus dans les menthes peuvent être identifiées comme néfastes par l’organisme (comme les salicylates, ou linalol). L’allergie peut être croisée avec d’autres membres de la famille des lamiacées.

En 1753, Carl Linné donnait dans Species plantarum, une liste de dix espèces du genre Mentha16 : Mentha crispa, M. spicata, M. aquatica, M. piperita, M. gentilis, M. arvensis, M. canadensis, M. pulegium, M. cervina, M. canariensis.

Depuis lors, plus de 3000 noms, allant de l’espèce à la forma, ont été publiées pour le genre Mentha (Tucker et Naczi, 2006). Il est possible que 95 % d’entre eux soient des synonymes ou soient illégitimes, le reste désignant pour la plupart des taxons infraspécifiques. Les études de systématique du genre Mentha sont particulièrement difficiles en raison de la facilité d’hybridation, compliquée du fort polymorphisme, de la polyploïdie, et de l’importance de la culture et de la multiplication végétative.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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