La mante religieuse.

La Mante religieuse (Mantis religiosa), surnommée tigre de l’herbe, cheval du diable2, ou Prie Dieu, est une espèce d’insectes de la famille des Mantidae originaire du bassin méditerranéen, introduite en Asie et en Amérique du Nord.


La Mante religieuse est un insecte diurne de 6 à 8 centimètres de long.

Les deux sexes sont aptes au vol ; néanmoins, la femelle alourdie à l’approche de la ponte ne peut se déplacer que grâce à ses pattes postérieures qualifiées de déambulatoires. Le mâle est plus petit que la femelle de 2 ou 3 cm mais son caractère très fluet donne souvent l’impression d’une disparité allant du simple au double. Ses antennes sont plus longues, son abdomen est plus fin, et on compte huit sternums pour le mâle contre six pour la femelle.

L’extrémité de l’abdomen est différente car, si le mâle porte deux cerques comme la femelle, on observe, entre ceux-ci, deux styles et l’absence d’oviscapte.

Ses pattes avant, appelées « ravisseuses », portent des piques et sont capables de se replier et se détendre vivement. Elles servent à attraper les proies parfois volumineuses (jusqu’à de petits oiseaux et des chauves-souris, et peuvent parfois faire des blessures plus ou moins importantes à la peau humaine) ou à accrocher la végétation afin de se hisser. Un névroptère, insecte volant aux ailes transparentes, Mantispa styriaca, possède les mêmes pattes avant que la mante. Il est plus petit. De même, un crustacé porte le nom de « crevette-mante » en raison de sa ressemblance morphologique (forme des pinces). Sur la face intérieure des pattes avant, des taches rappellent des yeux. Elle les montre aux agresseurs en écartant ses pattes, quand elle veut les effrayer. Dans le

même temps, la mante est susceptible d’écarter les ailes plus ou moins largement, et parfois d’aboutir à la position dite “spectrale” avec les ailes dressées et étalées en éventail face à l’adversaire. N’étant pas venimeuse, elle est inoffensive pour les humains (elle peut cependant mordre si on la manipule sans précaution).

Ses yeux protubérants et très écartés lui donnent une excellente vision en relief (ce qui donne une vision humaine mais jusqu’à 20 m). Contrairement aux autres insectes, la mante peut faire pivoter sa tête à 180°, ce qui lui permet de suivre les déplacements de ses proies sans bouger le corps. Elle possède deux yeux composés (ou à facettes) et trois ocelles (yeux simples) entre les antennes. Sur ces dernières siège le sens auditif ; des sensilles spécialisées, en l’occurrence mécano-réceptrices, captent les vibrations de l’air produites par le vol d’un insecte. Ces sensilles, dites

filiformes, sont d’ailleurs connues chez d’autres orthoptères. On trouve des individus bruns ou verts dans les mêmes lieux. Par leur homochromie, elles peuvent aisément passer inaperçues dans leur milieu ; néanmoins, la concordance avec le substrat semble plus fortuite que délibérée. Ces caractéristiques font de cet insecte un spécialiste de la chasse à l’affût.

La Mante religieuse vit mieux en été car les insectes sont plus présents. Elle ne vole pas très vite, ni très loin. Elle ne manque pas de puissance dans les ailes. Son thorax est frêle mais ses pattes antérieures et ses mandibules sont puissantes. Elle n’acquiert ses ailes définitives que lors de la dernière mue, mais ne se lance jamais dans de longues migrations, elle chasse parfois les papillons de nuit jusque dans les maisons.

Parfois appelée « le tigre de l’herbe » en raison de ses mœurs voraces, la Mante religieuse se nourrit d’insectes vivants qu’elle attrape avec ses pattes avant et immobilise en dévorant parfois d’abord leurs ganglions cervicaux puis le reste du corps jusqu’à l’extrémité de l’abdomen. Elle laisse les parties trop dures comme certaines ailes ou pattes. Ses pièces buccales sont de type broyeur, ce qui lui permet de manger très facilement des proies parfois aussi grosses qu’elle. Ses proies sont généralement d’autres insectes comme des criquets, sauterelles, papillons, abeilles, mouches…

Mante religieuse, entier postal, Autriche.

Les prédateurs de la Mante religieuse sont les oiseaux et les reptiles (lézards, serpents, caméléons). Pour intimider ses ennemis elle se redresse en ouvrant ses ailes laissant apparaître trois ocelles. Elle peut également émettre un bruit en faisant vibrer son ventre contre ses ailes.

En Europe, la Mante religieuse devenue adulte s’accouple d’août à octobre. Le mâle, comme tout animal s’approchant d’une mante, se fait parfois dévorer pendant ou après la copulation. Plusieurs accouplements peuvent avoir lieu, mais un seul est nécessaire pour la fécondation. Même après avoir eu la tête coupée, le mâle continue à copuler et transmettre ses spermatozoïdes. Contrairement à une idée reçue, le cannibalisme lors de l’accouplement n’est cependant pas essentiel pour que la femelle dispose des ressources protéïques nécessaires pour porter les œufs ; reste qu’il est quasiment systématique en vivarium. Certains y voient une forme de cannibalisme tandis que d’autres, d’un avis anthropomorphique, préfèrent y voir une forme d’abnégation.

En septembre, octobre ou novembre, la femelle pond 200 à 300 œufs. Elle dépose une soie blanche, proche de la mousse de polyuréthane, sur un support comme une tige forte, une pierre ou un mur. Émise sous une forme blanche et crémeuse, cette soie est brassée et agencée par les valves génitales et prend la forme d’une structure en lamelles. Une fois durcie et brunie par oxydation, elle protège les œufs jusqu’au printemps. Cette structure s’appelle l’oothèque1. Plusieurs oothèques peuvent être déposées par la même femelle et parfois une seconde ponte peut suivre, relativement rapidement, mais les oothèques bien conformées et “garnies”, sont en principe peu fréquentes. En captivité, une femelle non fécondée peut déposer une (ou plusieurs) oothèque(s) stérile(s).

Les œufs sont jaunes, très allongés, et régulièrement disposés au fur et à mesure de l’élaboration de l’oothèque. Ils n’occupent que la partie centrale, et sont logés dans des cellules très étroitement accolées qui forment une sorte de noyau dense et résistant. Le reste de l’oothèque est essentiellement lamellaire, très aéré, nettement moins rigide.

Au printemps (mai, juin) une centaine de larves émergent de l’oothèque. Chacune d’entre elles est confinée dans une très fine membrane, et après s’en être libérée (opération considérée comme une première mue), elle ressemblera en tous points à l’adulte. Celles-ci sont par ailleurs des proies faciles. Une araignée, des fourmis, des lézards ou même des oiseaux peuvent ainsi attaquer les nouveau-nés dès l’éclosion. Après six métamorphoses successives, l’insecte adulte porte des ailes, absentes jusque-là et la femelle est fécondable.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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