La lutte contre la Mafia.

La lutte contre la mafia est l’ensemble des dispositifs judiciaires et policiers mis en œuvre pour lutter contre la mafia, le crime organisé et leurs organisations de façade. En italien, ces dispositifs sont souvent désignés sous le nom d’antimafia.


En Italie, tous les aspects de la lutte contre la mafia sont regroupés sous le vocable d’antimafia, un nouveau terme de la langue italienne. Elle comprend notamment les organismes suivants :

  • la Commission parlementaire antimafia, qui dépend du Parlement italien ;
  • la Direction nationale antimafia, qui est un organe du Procureur général près la Cour de Cassation ;
  • la Direction des enquêtes antimafia, qui dépend du ministère de l’Intérieur ;
  • le Pool antimafia, des équipes de magistrats qui coordonnent leur action ;
  • le Parquet antimafia.

La Commissione parlamentare antimafia (officiellement commission parlementaire d’enquête sur le phénomène de la mafia et sur les autres associations criminelles, y compris étrangères) est une commission bicamérale du parlement italien, composée de 25 députés et de 25  sénateurs, siégeant au palazzo San Macuto à Rome.

Elle a été instituée par la loi du 20 décembre 19621, et dispose d’un équivalent à l’assemblée régionale sicilienne

La lutte contre la mafia est contemporaine à la montée en puissance de celle-ci. La mafia rurale, s’enrichissant de son alliance avec les grands propriétaires dont elle gérait ou protégeait les terres, s’opposent aux mouvements paysans et au syndicalisme agricole comme les Faisceaux siciliens puis l’occupation des terres non cultivées après la Seconde Guerre mondiale. La violence de la deuxième guerre de la mafia entre clans rivaux mais aussi contre les représentants de l’État mobilise la société civile palermitaine et italienne contre ou à l’écart de la classe politique.

Ainsi, un mois après l’assassinat du général Carlo Alberto dalla Chiesa, étudiants et enseignants puis les syndicats se réunissent à Palerme, et sont imités en Campanie. Cette nouvelle vague du mouvement antimafia, allant des catholiques progressistes au PCI, donne naissance à des collectifs et associations pour honorer la mémoire des victimes (Centro Terranova, Fondazione Costa, Centro studi Pio La Torre), aider les veuves (Association des femmes siciliennes pour la lutte contre la mafia), sensibiliser le grand public et les élèves aux problématiques mafieuses, par des marches, des cortèges, des conférences, des monuments commémoratifs (l’un des premiers est érigé en 1983 à l’initiative du collectif Dimenticati a Palermo). 38 associations tentent de s’unir en 1984 autour du Coordinamento Antimafia sous l’impulsion d’Umberto Santino, initiateur en 1977 du Centro di documentazione siciliano Peppino Impastato. En 1995, le prêtre Luigi Ciotti crée le réseau de Libera.

Depuis l’assassinat du juge Falcone, la lutte contre la mafia, et plus précisément Cosa nostra, prend le chemin d’une intrication entre politique et religieux. Cette lutte construit des martyrs de la justice, dont le juge Falcone est le premier.

Dix ans après la mort du préfet Dalla Chiesa, les attentats de 1992 contre les juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino provoquent spontanément une intensification de la mobilisation populaire et amplifie les caractéristiques de rejet de la classe politique et des actions collectives innovantes du mouvement antimafia, fortement féminin.

Une dizaine de milliers de Palermitains rendent hommage aux victimes, dont les obsèques sont retransmises en direct à la télévision. Alors que les processions antimafia des années 1980 étaient silencieuses, les violences mafieuses sont désormais dénoncées dans des slogans brandis dans des manifestations, des chaînes humaines ou des grèves de la faim.

Ce mouvement est populaire, par création spontanée de lieux de mémoire laïcs, même s’ils ont tous les aspects et les pratiques de lieux religieux. Ce mouvement touche aussi les officiels laïcs, avec des juges de l’état citant l’évangile de Jean dans leurs conclusions. Il est enfin directement religieux, c’est-à-dire catholique, avec le Pape appelant les mafieux à la conversion ; cela est dû à ce que les catholiques italiens ont été déçus par la démocratie chrétienne, et se sont alors tournés vers des mouvements politiques de gauche, plus proche des mouvements antimafia. La violence de l’assassinat du juge Falcone a bouleversé la perception de la violence mafieuse dans la société italienne, les assimilant à des terroristes.

Dans ce mouvement, la notion de témoignage, de l’émotion suscitée par la violence mafieuse, est importante. L’exemple le plus typique est l’arbre de la mémoire aux juges Falcone et Borsellino, à Palerme, avec les nombreux petits messages que les gens y accrochent spontanément. De nombreuses personnes ressentent une nécessité de témoigner de leur douleur, en viennent à faire des pèlerinages laïcs, et manifestent ainsi une communauté de lutte contre la mafia.

Parfois la lutte contre la mafia n’est pas seulement le fait de la justice et de la police, mais aussi des simples citoyens. Le mouvement Addiopizzo rassemble par exemple les commerçants qui refusent de payer l’« impôt » mafieux.

Peppino Impastato, est un journaliste, activiste politique, animateur radio AUT et poète. Né en 1948 et mort en 1978, assassiné par le mafieux Gaetano Badalamenti, qui sera condamné bien plus tard malgré les efforts de la police locale pour cacher les preuves. Il est connu pour avoir consacré sa vie à la lutte contre la mafia et a inspiré un film : “I cento Passi” ainsi qu’une chanson de Modena City Ramblers en 2004 et une bande-dessinée : “Peppino Impastato : un guillare contro la Mafia” de marco Rizzo et Elio Bonaccorso.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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