La locomotive 230 classe P8.

Les Ten wheel de type P 8 sont des locomotives à vapeur prussiennes du début du XXe siècle, construites en 3 948 exemplaires à partir de 1906 par Schwartzkopff (devenue Berliner Maschinenbau AG) et ensuite par de nombreux autres constructeurs allemands jusqu’en 1923. Conçues par le chef de service de conception des KPEV Robert Garbe comme locomotives de vitesse pour le service des trains de voyageurs, elles forment l’une des plus grandes séries de locomotives à vapeur jamais produites.

A la fin du XIXe siècle, L’ingénierie des locomotives à vapeur a déjà donné lieu à de nombreuses innovations, encouragées par l’augmentation du trafic et des masses à remorquer. Dans les bureaux d’études des grandes compagnies ferroviaires, on conçoit des locomotives qui seront produites en grandes séries. Le graal reste la locomotive de ligne polyvalente, capable à la fois de tirer des trains semi directs à 100 Km/h en heure de pointe et des trains de marchandises sur les lignes pas trop accidentées en heure creuses. On n’ose toutefois à l’époque pas encore y inclure les express rapides et les trains de fret sur les lignes les plus dures. Si la surchauffe convainc l’ingénieur en chef prussien, il se révèle plus conservateur que ses prédécesseurs sur le compoundage, en raison de l’échec de la P72.

Garbe conçoit d’abord la P6 dont le prototype sort en 1902. Cette machine ne donnant pas entière satisfaction, il en dérive la P8 qui intègre dans ses plan les améliorations nécessaires, en faisant au final une incontestable réussite. L’un des soucis de la P6 étant une production de vapeur déficiente, il s’agira d’augmenter de 10% la surface de chauffe et la taille du foyer, ce qui nécessite d’augmenter l’entraxe entre les deux derniers essieux moteur, leur donnant une asymétrie caractéristique. A noter que les chemins de fer Saxons en dérivèrent une version encore plus puissante : le type XII h2. Comme pour la P6, la conception intègre une grande standardisation des composants, des plus petits au plus grands, en vue de réduire le nombre de pièces de rechange à gérer.

Locomotive 230 classe P8, carte maximum, Mulhouse, 6/07/2001.

S’il y eut des évolutions mineures au cours de la période de 17 ans qui sépara la fabrication de la dernière P8 de celle de la première (augmentation de la surface de surchauffe, ajout d’un lourd support de coulisse moulé, augmentation du timbre de 12 à 14 bars, remplacement des injecteurs Friedmann par un réchauffeur Knorr), la machine connut peu d’évolutions ultérieures. Il s’agira essentiellement de l’évolution de l’injection (en France et en Belgique, recours au réchauffeur ACFI ou d’un injecteur Metcalfe sur quelques dizaines de machines belges) ou de la pose de pare vapeur sur les machines allemandes.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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