La Libération de la Corse.

La Libération de la Corse (nom de code opération Vésuve) pendant la Seconde Guerre mondiale est une opération militaire effectuée du 8 septembre au 4 octobre 1943 par l’Armée française, à l’initiative du général Henri Giraud, alors coprésident du CFLN, contre l’avis du général de Gaulle, lui aussi coprésident du CFLN, qui trouvait l’opération risquée et voulait attendre un accord et une aide substantielle des Alliés.

Les opérations ont été faites par une partie de l’Armée française de la Libération4, avec l’assistance des Maquis corses et la complicité des Forces armées italiennes d’occupation. La Corse devient alors une base d’aviation pour les Alliés, facilitant la libération de l’Italie commencée quelques mois auparavant et devant s’intensifier. Cette opération qui est le premier acte de la Libération de la France, met ainsi fin à une année d’occupation de l’île par les forces de l’Axe.


La zone libre fut envahie le 11 novembre 1942 (opération Anton) par les Allemands et les Italiens à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord le 8. Les Italiens occupèrent alors, exception des départements du Rhône et des Bouches-du-Rhône, l’Est du Rhône ainsi que la Corse, violant l’accord passé avec le maréchal Pétain lors de l’armistice du 24 juin 1940.

Les prémices de cette libération remontent au mois de décembre 1942. À cette époque, les Alliés étaient fermement installés en Afrique du Nord. Le général Giraud choisit donc d’envoyer en Corse une première mission dirigée par le commandant de Saulle. Cette action de reconnaissance prit fin en avril 1943. À ce moment, le commandant Paulin Colonna d’Istria débarqua à son tour dans l’île pour unifier la Résistance et préparer le débarquement allié. À partir du 1er avril 1943, les Corses prirent donc leur destin en main.

Près de 85 000 soldats des forces armées italiennes occupaient l’île. L’armée de Vichy, bien que plutôt hostile aux Italiens, n’avait pas la possibilité de contester cette occupation sous peine de rompre l’armistice. Les résistants corses ont mené une insurrection contre les Italiens en juin et juillet 1943 mais celle-ci fut durement réprimée par l’OVRA, la police politique fasciste italienne, et par les chemises noires. 860 Corses furent arrêtés et déportés en Italie et 3 autres partisans du Front national furent exécutés le 30 août à Bastia par un tribunal de guerre fasciste.

Après le débarquement allié en Italie, l’Italie fasciste signa un armistice le 8 septembre 1943 alors que Benito Mussolini fut arrêté et que le roi Victor-Emmanuel III reprit le pouvoir. L’Italie passa dès lors dans le camp des Alliés. Le général Magli commandant les 80 000 hommes des troupes d’occupation italiennes en Corse ordonna à ses troupes de considérer les Allemands comme des ennemis.

Libération de la Corse, épreuve de luxe.

Les Allemands occupaient principalement le Sud de l’île et tentaient de désarmer les unités italiennes. La Corse relevait d’une importance stratégique, servant de bases aériennes et maritimes pour les opérations de l’Axe en Méditerranée, notamment pour évacuer leurs troupes d’Europe du Sud. La Sardaigne fut évacuée à l’été 1943 par les Allemands en raison des bombardements alliés incessants sur l’île. Dès lors, les Français libres pouvaient concentrer leurs efforts sur la libération de la Corse.

La résistance intérieure (maquis) a joué aussi un rôle non négligeable, avec des figures comme François Vittori, chef d’État-Major des FTP de Corse.

Après l’armistice du 8 septembre, le général Magli reçoit le commandant français libre Colonna d’Istria pour se mettre d’accord sur des plans opérationnels communs. Le Comité de libération occupe la préfecture d’Ajaccio et contraint le préfet de Vichy à signer le ralliement de la Corse au Comité français de la Libération nationale, le CFLN.

À Bastia, les Italiens ouvrent le feu contre des avions et des navires allemands. Le 9 septembre 1943, se déroule la bataille navale de Pietracorbara, dans le port de Bastia, le destroyer Aliseo, sous le commandement du capitaine Carlo Fecia di Cossato (it), avec la corvette Cormorano, réussit dans une action héroïque à couler sept navires allemands, en endommageant trois autres.

Le village de Levie Alta Rocca se lève face aux soldats de la division SS Reichsführer ; cet acte lui vaut d’être honoré par l’attribution de la croix de guerre avec palme et une citation à l’ordre de l’armée. Dès le 9 septembre 1943, les résistants corses et les soldats italiens attaquent les troupes allemandes qui avaient commencé leur mouvement en direction du sud. Pendant plus de dix jours, ces derniers mènent une lutte sans merci. Malgré les contre-attaques, l’exécution de deux patriotes et l’ultimatum allemand menaçant de raser le village, les patriotes se maintiennent sur le terrain au prix de dix morts et plus de dix blessés avant l’arrivée des Forces françaises libres. Grâce aux habiles dispositions prises, au calme de ses chefs et au courage de tous, les Allemands rebroussent chemin, laissant plus de 200 morts, environ 400 blessés, 20 prisonniers, plus de 30 véhicules blindés, des armes, des munitions et des vivres.

À partir du 11, le général Giraud envoie de son propre chef 109 hommes du 1er bataillon parachutiste de choc sous les ordres de Gambiez à bord du sous-marin Casabianca commandé par le capitaine de frégate Jean L’Herminier. Ils débarquent dans le port d’Ajaccio dans la nuit du 12 au 13. Dès le lendemain, dans la nuit du 13 au 14, et jusqu’à la fin septembre, l’acheminement massif de matériels et de troupes entre Alger et Ajaccio, reposant sur plusieurs milliers de goumiers et tirailleurs marocains, est effectué par la 10e division de croiseurs légers, avec Le Fantasque et Le Terrible, commandée par le capitaine de vaisseau Perzo, avec la contribution occasionnelle des croiseurs Jeanne d’Arc et Montcalm et des torpilleurs Alcyon et Tempête. Le général Giraud en informe le CFLN qui lui reproche le noyautage de l’île par les communistes du mouvement Front national. Le général Giraud paiera de la perte de la coprésidence du CFLN le fait d’avoir mené cette opération de sa seule initiative, sans en avoir informé au préalable le CFLN dont il faisait partie, bien que celui-ci le félicite pour sa réussite et lui laisse les mains libres pour terminer l’opération.

L’offensive de l’Armée française de la Libération débute le 14, lorsque 6 600 soldats de la 4e division marocaine de montagne sont débarqués sur Ajaccio depuis Alger, soutenus par la Royal Air Force et l’United States Army Air Forces afin d’intercepter les unités allemandes en pleine débâcle. L’opération maritime de débarquement, effectuée sous la responsabilité de la 10e D.C.L., permet également de conduire sur l’île, dès le 14 septembre, le nouveau préfet de Corse nommé par le CFLN, Charles Luizet. Parmi les FFL, un marin corse décrit l’opération : « 13 septembre 1943 : opération VÉSUVE et NORMAN (débarquement en Corse). Heure H : 0h00. Raid à 35 nœuds = Alger-Ajaccio avec 250 hommes du Ier Bataillon de choc (Cdt. Gambiez) et 25 tonnes d’armements divers. Arthur Giovoni (responsable du Front National), mon ex prof. du Lycée de Bastia, embarque à bord. Le « FANTASQUE » embarque aussi 250 hommes ainsi que Mr Luizet (ex-préfet de la Corse), le Gl. Mollar dont les deux filles étaient nos amies, gouverneur de la Corse, ainsi que le Lt Cl Deleuze. Départ inoubliable où la foule répondit par des vivats au chœur des Chocs au moment où les navires battirent en arrière. 23h30 : arrivée à Ajaccio sous les acclamations de la foule dans une extraordinaire fantasia d’armes de toutes sortes. »

Le 17, le général Henry Martin rencontre le général italien Magli à Corte afin de coordonner les mouvements des troupes alliées et italiennes. Le 21, Giraud arrive en Corse. Sartène est définitivement libérée le 22. Un bataillon de choc américain de 400 hommes rejoint également les forces françaises.

Le 23, les troupes de choc et les patriotes corses atteignent Porto-Vecchio. Les troupes italiennes de la division d’infanterie Friuli joueront un rôle déterminant, avec la participation des troupes coloniales marocaines, en prenant le col de San Stefano le 30 septembre puis le col de Teghime le 3 octobre20. Ils rejoignent ensuite les résistants corses pour harceler les 10 000 hommes des troupes allemandes le long de la plaine orientale. Ces dernières détruisent des ponts routiers et des ouvrages de la ligne de chemin de fer de la plaine orientale pour protéger leur retraite et, dans la nuit du 3 au 4 octobre, évacuent Bastia. À 5 heures du matin, le capitaine Then entre dans Bastia déjà libre, à la tête du 73e goum du 6e tabor.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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