La légion étrangère.

La Légion étrangère est un corps de l’Armée de terre française disposant d’un commandement particulier et comportant plusieurs spécialités : infanterie, cavalerie, génie et troupes aéroportées. La Légion est également indépendante du point de vue de son recrutement.

Créé en 1831 pour permettre l’incorporation de soldats étrangers dans l’Armée française, une partie de ses unités a fait partie, jusqu’en 1962, fin de la période coloniale, du 19e corps d’armée, noyau de l’armée d’Afrique.

L’engagement à la Légion est réservé aux hommes dont l’âge est compris entre 17 et 40 ans (dérogation possible) et a compté depuis sa création et jusqu’en 1963 plus de 600 000 soldats dont une majorité d’Allemands, suivi de trois fois et demie moins d’Italiens, puis de Belges, mais aussi de Français, d’Espagnols et de Suisses. De nombreuses autres nationalités sont représentées, comme les ressortissants des pays d’Europe de l’Est et des Balkans, majoritaires dans les années 2000. En 2017, c’est le prestige de ce corps d’élite qui suscite leur candidature à l’engagement. Cet attrait et, dans le passé, les soubresauts historiques (conflits mondiaux, crises économiques ou politiques), ont contribué à un recrutement plus spécifique : Espagnols à l’issue de la guerre d’Espagne, Allemands après 1945, Hongrois en 1956.

Légion étrangère, carte maximum, Sidi-Bel-Abbès, 30/04:/1950.

Les légionnaires, aussi appelés les képis blancs, ont acquis leur notoriété lors des combats menés sur les champs de bataille du monde entier, notamment dans le cadre des conquêtes coloniales, des deux guerres mondiales, et des guerres d’Indochine et d’Algérie. La Légion est avant tout une unité combattante qui intervient partout dans le monde. Ses principales missions sont le combat et l’assaut. Mais aujourd’hui, les légionnaires assurent aussi des missions d’aide humanitaire, de protection des populations, de maintien de la paix ou parfois de soutien à des gouvernements étrangers liés à la France par des accords.

Les traditions à la Légion étrangère constituent un ciment pour ce corps qui se traduisent à travers les détails vestimentaires, les emblèmes et symboles spécifiques, les chants et musiques, et enfin par ses fêtes particulières. Son image auprès du grand public et des artistes est à l’origine de nombreuses œuvres dans tous les domaines : musique, cinéma, peinture, sculpture et littérature. Le code d’honneur du légionnaire dicte la conduite de ces hommes au quotidien, en temps de guerre comme en temps de paix.

La Légion étrangère est créée par ordonnance du 9 mars 1831 par le roi des Français Louis-Philippe, à l’instigation du maréchal Soult, ministre de la Guerre. Elle rassemble, à cette date, différents corps étrangers de l’Armée française, dont les gardes suisses(issus de la paix perpétuelle signée après la bataille de Marignan), le régiment suisse de la garde royale, et le régiment Hohenlohe issu du 2e régiment étranger des armées napoléoniennes. Cette troupe nouvelle est destinée à combattre hors du Royaume (en Algérie). À l’origine, la Légion étrangère ne peut combattre qu’en dehors du territoire continental du Royaume ; la Première Guerre mondiale sera la première exception.

Légion étrangère, épreuve d’artiste signée.

La loi du 10 mars 1831 autorise la formation d’une légion d’étrangers en France, et de corps militaires composés d’indigènes et d’étrangers, hors du territoire continental : “Il pourra être formé dans l’intérieur du royaume une légion d’étrangers ; mais elle ne pourra être employée que hors du territoire continental du Royaume. Les généraux en chef, commandant les pays occupés par les armées françaises hors du territoire continental, pourront être autorisés à former des corps militaires composés d’indigènes et d’étrangers.”

Les premiers cantonnements des dépôts de la Légion sont implantés à Langres, Bar-le-Duc, Agen et Auxerre. Les anciens des gardes suisses et du régiment Hohenlohe sont placés dans le 1er bataillon. Les 2e et 3e reçoivent les Suisses et les Allemands, le 4e est réservé aux Espagnols et Portugais, le 5e aux Sardes et Italiens, le 6e aux Belges et Hollandais et le 7e aux Polonais. La Légion constitue un moyen très efficace pour retirer les éléments les plus « indésirables » de la société française du XIXe siècle. Dans ses rangs, une population interlope où se sont trouvés parfois des meurtriers, des évadés, des mendiants, des criminels de droit commun mais surtout des immigrés n’ayant que peu d’alternatives pour gagner leur vie en France.

À l’origine, le légionnaire est très mal formé, peu ou pas payé, et reçoit le plus sommaire en matière d’équipement, de vêtements et de nourriture. La motivation des hommes est alors au plus bas, car les raisons de rejoindre la Légion sont le plus souvent le désespoir et l’instinct de survie plutôt que le patriotisme. Certains légionnaires tentent très probablement d’échapper à de graves problèmes. Les conditions de vie et de travail sont terribles et les premières campagnes provoquent de lourdes pertes. En conséquence, les désertions posent un problème important à la Légion. Forger une force de combat efficace à partir d’un groupe de soldats peu motivés représente une entreprise des plus difficiles. Dans ce but, la Légion développe d’emblée une discipline stricte, dépassant celle imposée à l’Armée française régulière.

Le 16 décembre 1839, après le passage de la Légion étrangère dans les rangs de l’Armée espagnole, Louis-Philippe décide la création d’une nouvelle Légion afin de renforcer les troupes françaises en Algérie. Trois bataillons sont alors créés pour combler le vide laissé par les départs en Espagne. En 1840, deux autres, les 4e et 5e, sont formés à Pau et à Perpignan avec les survivants de l’aventure espagnole, qui s’étaient battus dans les rangs isabellistes. Ces bataillons viennent rapidement compléter le dispositif et renforcer les troupes françaises de l’armée d’Afrique.

Créée pour combattre « hors du territoire continental du Royaume », la Légion étrangère est stationnée en Algérie, où elle participe à la conquête et à la “mise en valeur” du territoire. En 1832, la Légion est employée à l’assèchement des marais dans la région d’Alger. Les 1er et 3e bataillons s’emparent d’une redoute à Maison-Carrée, aujourd’hui El-Harrach, quartier au sud-est d’Alger. Pour sécuriser la zone, 300 légionnaires campent près du marabout de Sidi Mohamed Tittery lorsque la tribu des El Ouffia s’agite. Le 23 mai, une colonne, sous les ordres du commandant Salomon de Mussis, comprenant 27 légionnaires commandés par le lieutenant Châm et 25 chasseurs d’Afrique, patrouille dans la région. Le commandant pousse une reconnaissance avec les chasseurs et laisse les légionnaires au bivouac. Les légionnaires sont attaqués par 75 cavaliers arabes. Le petit détachement est exterminé. Le lieutenant Châm est le premier officier de Légion mort au combat10.

En 1834, les Espagnols du 4e bataillon sont démobilisés et autorisés à rentrer dans leur pays, en proie à la guerre civile. Le 7e bataillon est ramené à Oran et prend alors le numéro 4. En 1849, le 1er bataillon participe activement au siège et à la prise de Zaatcha.

Après 1962, la Légion étrangère voit son effectif réduire de 40 000 à 8 000 hommes, et le déplacement du siège du commandement à Aubagne. Entre 1969 et 1971, elle intervient au Tchad. Le général de Gaulle souhaite la dissolution de la Légion étrangère, mais son ministre de la défense Pierre Messmer, président d’honneur d’une association d’anciens légionnaires, et ancien de la 13e DBLE l’en dissuade.

En 1976, réduction de la prise d’otages à Loyada (TFAI). En 1978, Sauvetage de Kolwezi au Zaïre. Durant la première guerre du Liban au début des années 1980, le 2e régiment étranger de parachutistes est chargé d’exfiltrer Yasser Arafat, pris dans une souricière à Beyrouth. Cette opération est lancée après que Paris eut arraché un accord à Israël afin de préserver la pérennité politique de l’OLP.

En 1991, guerre du Golfe au sein de la division Daguet et évacuation de ressortissants français et étrangers au Rwanda, au Gabon et au Zaïre. En 1992, la Légion étrangère intervient au Cambodge et en Somalie. En 1993, elle intervient à Sarajevo (ex-Yougoslavie), en 1995 au Rwanda, en 1996 en Centrafrique, et en 1997 au Congo-Brazzaville.

Depuis 2001, elle participe à la Force internationale d’assistance et de sécurité ainsi qu’à l’opération Liberté immuable (Enduring Freedom) en Afghanistan. Entre 2002 et 2003, opération Licorne en Côte d’Ivoire. En 2008, EUFOR Tchad/RCA à la frontière est du Tchad. Entre 2008 et 2012, la Légion étrangère participe à l’opération PAMIR aux opérations en Afghanistan (OMLT, GTIA Dragon du 2e REI et Altor du 2e REP, escadrons du 1°REC et compagnies génie des 1er REG et 2e REG). En 2013, le 1er régiment étranger de cavalerie et le 2e régiment étranger de parachutistes participent à l’Opération Serval au Mali.

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Sources ; Wikipédia, YouTube.

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