La légende du roi Arthur.

Le roi Arthur ou Arthur Pendragon est, d’après les romances médiévales, un seigneur breton qui aurait organisé la défense des peuples celtes des îles Britanniques et de Bretagne armoricaine face aux envahisseurs  germaniques à la fin du ve siècle ou au début du VIe siècle. La légende d’Arthur est principalement inspirée par le folklore1 et l’invention littéraire, et son existence historique n’est pas attestée. Les sources historiques sont recueillies sur de rares textes contradictoires, essentiellement des poèmes et contes en langue galloise, des annales et chroniques décrivant la romanisation et la christianisation de la Grande-Bretagne comme les Annales Cambriae et l’Historia Brittonum et la vie des premiers saints de l’île bretonne, comme Gildas le Sage. Le nom d’Arthur apparaît également dans d’anciens poèmes tel que le Y Gododdin. Son histoire se situe à une époque où le terme « Bretagne » désignait la grande moitié sud de l’actuelle Grande-Bretagne.

La figure légendaire d’Arthur s’est développée essentiellement grâce à la Historia regum Britanniae ( « Histoire des rois de Bretagne ») écrite par Geoffroy de Monmouth au xiie siècle. Toutefois, antérieurement à cette œuvre, certains contes et poèmes gallois ou bretons, ainsi que des  chroniques ou annales reprenant des traditions orales, font déjà apparaître Arthur comme un grand guerrier défendant la Bretagne des hommes et d’ennemis surnaturels ou comme une figure magique du folklore, parfois associée à Annwvyn, l’autre-Monde celtique. La part du récit de Geoffroy de Monmouth, écrit encore en latin, adaptée des sources antérieures et celle issue de son imagination sont inconnues.

Bien que les thèmes, les événements et les personnages de la légende du roi Arthur varient considérablement de texte en texte, et qu’il n’existe pas de version unique, les événements contés dans la Historia regum Britanniae ont servi de base pour la plupart des histoires postérieures.

Geoffroy de Monmouth dépeint Arthur comme un roi ayant établi un empire rassemblant toute l’île de Bretagne, ainsi que l’Irlande, l’Islande, la  Norvège, le Danemark et une bonne partie de la Gaule. En fait, beaucoup d’éléments qui font désormais partie intégrante de l’histoire du roi Arthur apparaissent dans la Historia regum Britanniae : le père d’Arthur Uther Pendragon, Merlin l’Enchanteur, l’épée Excalibur, la naissance d’Arthur à Tintagel, sa dernière bataille contre Mordred à Camlann et sa retraite finale à Avalon.

Au XIIe siècle, l’écrivain français Chrétien de Troyes y ajoute Lancelot du Lac et le Saint Graal et crée le genre de la romance arthurienne (en puisant dans la matière de Bretagne), qui devient un domaine important de la littérature médiévale. Dans ces histoires, la narration se concentre souvent sur d’autres personnages, tels que les différents chevaliers de la Table ronde au lieu de se focaliser sur le roi Arthur. La littérature arthurienne a prospéré pendant le Moyen Âge, avant de perdre de l’importance dans les siècles qui suivent. Elle est redevenue un sujet à la mode depuis  le XIXe siècle. Au XXIe siècle, le roi Arthur est toujours un personnage mis en scène, à la fois dans la littérature mais aussi dans les adaptations scéniques (festivals, spectacles vivants), au théâtre, au cinéma, à la télévision, dans les bandes dessinées, et d’autres médias.


Les historiens restent très prudents quant à une possible existence du personnage et ont tendance à rejeter Arthur « hors de l’écriture historique sérieuse », ce qui n’a empêché, depuis les années 1950, de nombreux médiévistes, historiens, archéologues ou écrivains, de tenter de rendre compte des origines de la légende arthurienne5. Diverses hypothèses ont été avancées.

Les défenseurs de l’hypothèse galloise constatent que le roi Arthur apparaît pour la première fois dans les légendes et élégies galloises, bien avant d’être repris dans les romans de chevalerie du XIIe siècle.

Arthur serait né vers 470/475 et serait originaire du Pays de Galles, ou de l’ouest de l’Angleterre, mais l’emplacement exact de sa cour, connue sous le nom de Camelot, reste un mystère. Il aurait repoussé l’invasion des Saxons au début du VIe siècle bien qu’il n’ait jamais été couronné roi. En effet, la chronique de Nennius (IXe siècle) le désigne comme un dux bellorum (chef de guerre) combattant « avec les rois bretons » et les textes médiévaux en gallois ne lui donnent jamais le titre de roi, mais l’appellent amerauder (« empereur »).

Certains auteurs en feraient un grand propriétaire terrien romanisé ayant constitué, comme c’était alors courant, sa propre troupe de bucellaires, mercenaires à la solde d’une personne riche et payés en nourriture, d’où leur nom (buccelus = biscuit), et ayant prêté main-forte aux rois bretons contre les Saxons. En outre, dès le ive siècle, les corps de bucellaires sont constitués majoritairement de cavaliers. La légende d’un corps de cavaliers d’élite servant Arthur n’est pas loin…

Vers 600, le nom d’Arthur est présent dans quatre familles royales de l’Ouest de la Bretagne, ce qui suggère qu’à cette époque Arthur ait déjà été célèbre.

Kemp Malone a estimé avoir retrouvé le vrai Arthur dans le personnage de Lucius Artorius Castus. La parenté de nom est en effet assez troublante. Ce préfet romain, installé à York, a commandé (l’épigraphie l’atteste) la VIe Légion Victrix, chargée de combattre les Calédoniens (peuple de l’actuelle Écosse) au-delà du mur d’Hadrien. Il a remporté contre eux (et non contre les Saxons) une suite de victoires entre 183 et 185 apr. J.-C. Ensuite, il aurait été envoyé en Armorique mater une rébellion ; cependant de récentes recherches tendent à prouver qu’il aurait été envoyé en Arménie. Lors de cette expédition, il portait le titre de dux, ce qui n’est pas sans rappeler le titre de dux bellorum rapporté par la chronique de Nennius.

Selon Geoffrey Ashe, reprenant la thèse de Léon Fleuriot, le légendaire Arthur est inspiré du personnage réel de Riothamus, qui aurait porté le titre de « roi des Bretons » entre 454 et 470. Celui-ci aurait fait campagne en Gaule au cours des années 468 et 469 pour appuyer les Gallo-romains contre les Wisigoths, avant d’être battu par ces derniers à la bataille de Déols.

Plus récemment, C. Scott Littleton et Linda A. Malcor ont repris ces deux dernières hypothèses et affirment que le Arthur de Camelot est la synthèse du Romain Lucius Artorius Castus et du Britannique Riothamus. Pour ces deux chercheurs, le nom d’Arthur est la « celticisation » d’Artorius. Mais ce dernier, personnage assez mineur dans l’Histoire de Bretagne, ne peut plus être considéré comme le modèle du roi Arthur.

Ainsi, il apparaît que certains auteurs médiévaux ont voulu réécrire l’histoire transformant en victoire la défaite essuyée par les Bretons lors de la bataille de Déols. Après s’être rendu maître de toute l’île de Bretagne, Arthur aurait ainsi conquis l’Irlande, l’Islande, la Norvège, le Danemark et une bonne partie de la Gaule. Il aurait même vaincu les légions romaines en Burgondie (Bourgogne), au cours d’une expédition qui l’aurait mené jusqu’à Rome…

On peut également évoquer l’hypothèse du décalage chronologique. Dans ce cas, la bataille de Camlann contre l’usurpateur Mordred aurait eu lieu vers 490, alors qu’Arthur revenait de son expédition en Gaule, où il serait allé prêter main-forte aux troupes gallo-romaines confrontées à l’invasion franque. Dans le cadre de cette hypothèse, une nouvelle datation a été proposée : la bataille du Mont Badon doit être placée dans la chronologie aux environs des années 475 et l’arrivée des Saxons en Bretagne aux environs de 428.

Selon l’historienne Norma Goodrish, la tombe d’Arthur datant  du IIIe siècle se trouve dans la Civil parish (la « commune ») d’Arthuret où s’est déroulée la Bataille d’Arfderydd près du mur d’Hadrien, région dans laquelle Lucius Artorius Castus défendait le limes romain.

La théorie qui voit dans Riothamus le personnage historique d’Arthur a été réfutée par plusieurs historiens, Kenneth Jackson, Ian Wood et d’autres, celle qui préfère Lucius Artorius Castus est également aujourd’hui abandonnée.

Le patronyme « Arthur » pouvait être courant à l’époque celtique et aurait pu ainsi désigner plusieurs chefs. L’amalgame du récit de différentes vies aurait pu servir à constituer celle du personnage mythologique. Ce nom connaît d’ailleurs une vogue très importante dans l’aristocratie celtique dans les années qui suivent la bataille de Camlann, où serait mort Arthur, entre 537 et 542.

Le roi Arthur est apparu pour la première fois dans la littérature galloise. Dans le premier poème gallois retrouvé, le Y Gododdin, Aneirin (vers 575-600) écrit au sujet d’un de ses personnages qu’« il nourrissait des corbeaux noirs sur les remparts, alors qu’il n’était pas Arthur » (en gallois : « Gochorai brain du fur caer/ Cyn ni bai ef Arthur », traduit en anglais par « he fed black ravens on the ramparts, although he was not Arthur »). Mais ce poème composé d’une série d’épopées élégiaques peut être interprété de différentes manières.

Une autre ancienne référence au roi Arthur se trouve dans l’Historia Brittonum attribuée au moine gallois Nennius, qui aurait écrit cette Histoire galloise vers 830. Le roi Arthur est décrit comme un « chef de guerre » plutôt que comme un roi.

Le roi Arthur apparaît aussi dans l’histoire galloise Kulhwch et Olwen, habituellement associé avec les Mabinogion.

Les dernières parties du texte les Triades galloises font mention d’Arthur et situent sa cour à Celliwig en Cornouailles. Celliwig serait l’actuelle Callington ou Kelly Rounds, une colline fortifiée près d’Egloshayle.

Le roi Arthur (ou roi Artus) est aussi parfois décrit comme le chef des chasses fantastiques, comme la Chasse-galerie (un groupe de chasseurs mythiques), non seulement dans les Îles britanniques, mais aussi dans toute l’Europe occidentale.

En 1133, Geoffroy de Monmouth écrivit son Historia Regum Britanniae. Ce livre fut l’équivalent d’un best seller médiéval, et attira l’attention d’autres écrivains, tels que Wace et Layamon, sur ces histoires. Ces écrivains en profitèrent pour améliorer les histoires du roi Arthur.

Même si de nombreux érudits s’accordent sur le fait que Geoffroy a suscité l’intérêt médiéval pour le roi Arthur, une autre hypothèse existe. Les histoires concernant Arthur pourraient venir des traditions orales  bretonnes, disséminées dans les cours royales et de la noblesse d’Europe grâce aux jongleurs professionnels. L’écrivain médiéval français Chrétien de Troyes raconta des histoires provenant de cette mythologie au milieu du XIIe siècle, de même que Marie de France dans ses lais, des poèmes narratifs. Les histoires provenant de ces écrivains et de beaucoup d’autres seraient indépendantes de Geoffroy de Monmouth.

Ces histoires, réunies sous le vocable de matière de Bretagne, devinrent populaires à partir du XIIe siècle. Dans ces histoires, Arthur rassembla les chevaliers de la Table ronde (en particulier Lancelot, Gauvain et Galaad). Cette assemblée était en général située à Camelot dans les derniers récits. Le magicien Merlin, dit « l’Enchanteur », y participait de temps en temps. Ces chevaliers participèrent à des quêtes mythiques, comme celle du Saint Graal. D’autres histoires du monde celtique ont été associées à la légende d’Arthur, notamment la légende de Tristan et Iseut. Dans les dernières narrations, l’amour entre le champion d’Arthur, Lancelot, et la reine Guenièvre devient la cause principale de la chute du monde arthurien.

Robert de Boron écrivit, dans son Merlin, qu’Arthur obtint son trône en tirant une épée d’un rocher et d’une enclume. Cet acte ne pouvait être effectué que par le Vrai Roi, ce qui signifie le roi choisi par (les) Dieu(x), ou l’héritier d’Uther Pendragon. Cette épée est dans certaines versions la célèbre Excalibur. Dans d’autres récits, Excalibur sort d’un lac, soutenue par Viviane, la Dame du Lac — une demoiselle sorcière —, et elle est remise à Arthur peu de temps après le début de son règne. L’épée pouvait trancher n’importe quoi, et son fourreau rendait son porteur invincible.

Le dernier combat d’Arthur, la bataille de Camlann, contre les forces de Mordred vit sa perte. Des histoires montrent que Mordred était un chevalier de la Table ronde et le fils incestueux d’Arthur et de sa sœur Morgane ou bien de sa demi-sœur Morgause. Le Roi Arthur fut mortellement blessé lors de cette bataille, et emmené à Avalon. Là, ses mains furent soignées ou son corps enterré dans une chapelle. D’autres textes disent qu’il n’est pas mort, mais qu’il s’est retiré dans Avalon, monde insulaire mystérieux ; le roi Arthur est en dormition et reviendra un jour. De nombreux lieux sont revendiqués comme étant l’Avalon dont parle la légende : Glastonbury (dans le Somerset, en Angleterre), l’île d’Avalon (un îlot sur la commune de Pleumeur-Bodou dans les Côtes-d’Armor), Burgh by Sands, ancienne forteresse Aballaka du Mur d’Hadrien, en Cumberland, à l’embouchure de l’Eden… Mais il faut préciser que les peuples celtiques transportent leurs légendes au fur et à mesure de leurs émigrations. Ceci explique donc qu’il y ait plusieurs forêts de Brocéliande, plusieurs Cornouailles…

La légende du roi Arthur s’est répandue dans toute l’Europe. Des images d’Arthur ont été retrouvées à de nombreux endroits. En particulier, dans la cathédrale de Modène en Italie, une gravure datée entre 1099 et 1120 représente Arthur et ses chevaliers attaquant un château. Une mosaïque de 1165 dans la cathédrale d’Otrante, près de Lecce, en Italie contient la représentation curieuse d’Arturus Rex portant un sceptre et chevauchant une chèvre. Des marchands du xve siècle baptisèrent un Hall arthurien à Gdańsk, en Pologne. De nombreux lieux évoquent le roi Arthur en Bretagne, notamment la forêt de Brocéliande ou la Grotte Art en forêt de Huelgoat ou encore Glastonbury.

Source : Wikipédia.

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