La guerre de Corée (1950-53).

La guerre de Corée oppose, du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953, la République de Corée (Corée du Sud), soutenue par les Nations unies (alors sans la représentation de la République populaire de Chine, la République de Chine (Taïwan) y étant alors reconnue), à la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord), soutenue par la République populaire de Chine et l’Union soviétique. Elle résulte de la partition de la Corée à la suite d’un accord entre les Soviétiques, ayant libéré la Mandchourie et le Nord de la Corée et les Alliés victorieux de la guerre du Pacifique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. C’est un des premiers conflits importants de la Guerre froide.

La péninsule coréenne était occupée par l’Empire du Japon depuis 1910. Après la reddition du Japon en septembre 1945, les États-Unis et l’Union soviétique se partagèrent l’occupation de la péninsule le long du 38e parallèle, avec au sud des forces américaines d’occupation et au nord des forces soviétiques.

L’échec de la tenue d’élections libres dans la péninsule en 1948 aggrava la division entre les deux côtés ; le Nord met en place un gouvernement communiste, tandis que le Sud met en place un gouvernement pro-américain. Le 38e parallèle devint une frontière politique entre les deux États coréens. Bien que les négociations pour la réunification eussent continué dans les mois précédant la guerre, les tensions s’intensifièrent. Des escarmouches et des raids inter-frontaliers persistèrent. La situation se transforma en guerre ouverte lorsque des forces du Nord envahirent le Sud le 25 juin 1950. En 1950, l’Union soviétique boycottait le Conseil de sécurité des Nations unies en raison de la non-reconnaissance de la République populaire de Chine par celui-ci, la République de Chine (Taïwan) ayant alors son siège au conseil. En l’absence d’un veto de l’Union soviétique, les États-Unis et d’autres pays votèrent une résolution autorisant une intervention militaire en Corée. Les États-Unis fournirent 88 % des 341 000 soldats internationaux qui représentèrent les forces du Sud, complétés par l’assistance de vingt autres pays. Si elle n’amena pas directement de troupes sur le terrain, l’Union soviétique fournit de l’aide matérielle aux armées chinoise et nord-coréenne.

Le conflit se déroula en quatre phases principales :

  • mal préparées, face aux 200 000 soldats nord-coréens bien équipés par les Soviétiques, les forces du Sud accusèrent de lourdes pertes durant les deux premiers mois et, à la mi-septembre 1950, elles se retrouvèrent acculées dans le sud-est de la péninsule, repliées sur le périmètre de Busan ;
  • une rapide contre-offensive des forces de l’ONU, dirigées par le général MacArthur, avec un débarquement le 15 septembre à Incheon, non loin de Séoul, repoussa en octobre 1950 les Nord-Coréens bien au-delà du 38e parallèle, presque jusqu’au fleuve Yalou, à la frontière chinoise ;
  • la République populaire de Chine entra en guerre aux côtés de la Corée du Nord. 1,7 million de « volontaires chinois », commandés par Peng Dehuai, forcèrent les Sud-Coréens et les troupes de l’ONU à se replier derrière le 38e parallèle à la veille de Noël en 1950. En janvier 1951, les communistes reprirent Séoul, reconquise par l’ONU en mars 1951 ;
  • au printemps 1951, ce sont les troupes onusiennes qui gagnèrent peu à peu du terrain au nord, et le front s’établit de nouveau aux alentours du 38e parallèle, revenant peu ou prou aux positions d’avant le début du conflit.

Les négociations reprirent alors et la guerre ouverte s’acheva le 27 juillet 1953, lorsqu’un cessez-le-feu fut signé. L’accord restaurait la frontière entre les deux Corées près du 38e parallèle et créait la zone coréenne démilitarisée, une zone tampon fortifiée entre les deux nations coréennes. Les deux pays étant encore officiellement en guerre, des incidents mineurs continuent de se produire encore aujourd’hui.

Du point de vue militaire, la guerre de Corée a combiné les stratégies et les tactiques des deux guerres mondiales : elle commença par une rapide campagne offensive d’infanterie suivie de bombardements aériens, mais devint une guerre statique à partir de juillet 1951.

On estime que le conflit a fait plus de 800 000 morts parmi les militaires coréens, nordistes et sudistes, et 57 000 parmi les militaires des forces de l’ONU. Le nombre de victimes civiles est estimé à 2 millions et le nombre de réfugiés à 3 millions21. La péninsule a été dévastée par les combats et les bombardements ; Séoul fut ainsi détruite à plus de 70 %.


L’historien français Bernard Droz affirmait en 1992 que la responsabilité américaine et sud-coréenne apparaissait peu crédible : « Vu l’état d’impréparation de l’armée sud-coréenne et la présence sur place de quelques centaines seulement de conseillers américains, et depuis l’ouverture des archives soviétiques, il est désormais acquis que l’offensive générale du 25 juin 1950 fut préparée de longue date par la Corée du Nord. » D’après des documents d’archives soviétiques, Kim Il-sung décida d’envahir la Corée du Sud au plus tard début septembre 1949, alors qu’« il n’y a pas eu d’incidents sérieux au 38e parallèle depuis le 15 août. » Staline considérait toutefois que pour le moment une telle initiative n’était opportune ni militairement, ni politiquement, ni économiquement. Il s’inquiéta notamment de l’impréparation de l’armée nord-coréenne ainsi que d’une possible intervention américaine et interdit en conséquence une entreprise dont le plein succès n’était pas assuré. En effet, par un  télégramme daté du 24 septembre 1949, le Politburo chargea l’ambassadeur soviétique à Pyongyang, le général Chtykov, d’informer Kim Il-sung qu’aux yeux des dirigeants soviétiques l’« Armée populaire coréenne […] n’était pas prête pour une attaque, que celle-ci entraînerait des difficultés politiques et économiques significatives pour la Corée du Nord » et que par conséquent une telle attaque n’était pas « permise ». Par la suite, les Nord-Coréens renforcèrent leur armée et la transformèrent en un formidable instrument offensif sur le modèle des forces blindées de l’Armée rouge soviétique. Ainsi, en 1950, la Corée du Nord avait désormais un avantage certain dans toutes les catégories d’armement. La République populaire de Chine était d’abord réticente, car une guerre en Corée déstabiliserait toute la région. Mao Zedong estimait par ailleurs qu’un tel conflit encouragerait les Américains à intervenir en Extrême-Orient et interférerait avec la conquête prévue de Taïwan, où s’étaient retranchées les forces du Kuomintang de Tchang Kaï-chek. Néanmoins, la Chine n’accepterait pas la présence de troupes ennemies à ses frontières, ce qui laissait présager une intervention chinoise au cas où elle estimait son territoire menacé.

Le 12 janvier 1950, le nouveau secrétaire d’État américain, Dean Acheson, déclara au Club national de la presse que le périmètre de défense américain dans le Pacifique comprenait les îles Aléoutiennes, les îles Ryūkyū, le Japon et les Philippines : l’omission explicite de la Corée pouvait laisser entendre que, en cas de guerre, les Américains n’interviendraient pas. Cependant, si telle avait été à un moment la position de Washington, le gouvernement américain y renonça dès avril 1950. Par conséquent, l’endiguement restant le principe de la politique américaine, Washington considérait la Corée du Sud comme un bastion servant à endiguer la progression communiste en Asie, plus particulièrement après la victoire des communistes chinois en 1949. Entre-temps, l’attitude de Staline avait évolué : lors d’une visite de Kim à Moscou en avril 1950, le maître du Kremlin avalisa les projets annexionnistes du dirigeant nord-coréen, car, après le départ des troupes américaines, il ne jugeait plus qu’une guerre faisait courir de graves risques à la Corée du Nord, tout en précisant cependant qu’il ne pouvait garantir un soutien officiel de la part de l’Union soviétique. Certains se sont demandé si l’omission publique de Dean Acheson en janvier 1950 ne relevait pas d’une provocation destinée à encourager l’initiative militaire nord-coréenne annexionniste, de manière à pouvoir déclencher en retour l’intervention américaine annexionniste inversée. Dans une interview accordée en 1992 à l’historien russe Sergeï Goncharov, Chung Sang-chin, ancien général de brigade dans l’armée nord-coréenne, rapporta que, selon l’interprète de Kim Il-sung, ce dernier aurait invoqué quatre arguments pour recueillir l’adhésion de Staline : l’attaque, déclenchée à l’improviste, serait décisive, de sorte que la victoire serait acquise en trois jours ; en Corée du Sud, l’offensive de l’Armée populaire serait accompagnée d’un soulèvement des deux cent mille membres du Parti ; la guérilla communiste apporterait son appui à l’Armée populaire ; et enfin, les États-Unis n’auraient pas le temps d’intervenir. Chung ajouta que Kim avait connaissance du discours Acheson.

La fiabilité des documents soviétiques a été vivement contestée par les autorités nord-coréennes, tant ils mettent en question l’histoire officielle du pays. Par ailleurs, d’après les Nord-Coréens, qui invoquent la présence de conseillers américains, les États-Unis n’auraient pas respecté les termes de l’accord soviéto-américain sur le retrait des troupes de la péninsule et ils auraient multiplié les provocations et les attaques, certaines d’envergure, afin de déstabiliser la Corée du Nord. Ainsi, le musée de la Guerre à Pyongyang expose des documents d’archives faisant état de projets d’invasion de la République populaire démocratique de Corée.

Pour leur part, la majorité des historiens sud-coréens, à l’instar en France d’intellectuels de gauche, relevèrent dès les années 1950 la multiplication des incidents de frontière le long du 38e parallèle et les déclarations belliqueuses de Syngman Rhee dans la période précédant la guerre, d’où ils conclurent à une responsabilité partagée. Selon Heo Man-ho, professeur agrégé au département de science politique et de diplomatie à la faculté des sciences sociales de Séoul, spécialiste de l’histoire de la Corée, « les tentatives belliqueuses antérieures à la guerre de Corée avaient déjà fait plus de 100 000 morts ». En d’autres termes, selon Heo Man-ho, ces incidents de frontière ont été dans certains cas de « véritables batailles rangées dans lesquelles environ 6 000 hommes ont été engagés » (et dont l’initiative venait tant du côté nord-coréen que du côté sud-coréen), ce qui rendait de plus en plus probable l’hypothèse d’un conflit ouvert, envisagé par l’un et l’autre camp. « Il est donc difficile de trancher de façon sûre sur cette question de savoir qui est l’envahisseur et l’initiateur de la guerre. Les seuls critères qui peuvent aider à dégrossir cette question se trouvent dans les préparatifs militaires mis en place par les dirigeants des deux Corées […] ainsi que dans les formes du soutien des deux super-puissances auprès de ces mêmes dirigeants. » Par conséquent, conclut le professeur Heo Man-Ho, « en nous appuyant sur ces critères, nous pourrions soutenir la thèse de l’invasion nord-coréenne sur le Sud ; en effet, la guerre de Corée a été préparée plus sérieusement par les dirigeants nord-coréens avec les soutiens sino-soviétiques ». S’agissant des préparatifs sud-coréens, l’envoyé spécial de Harry S. Truman en Corée du Sud, Philip C. Jessup, souligne, dans un mémorandum à son gouvernement daté du 14 janvier 1950 à la suite d’un entretien avec le président sud-coréen Syngman Rhee, que ce dernier a expliqué que les Coréens du Sud « auraient une ligne de défense stratégique bien meilleure, si leurs forces se dirigeaient vers la Corée du Nord, [mais] qu’il n’y a pas eu de planification pour se lancer dans une quelconque opération de conquête. Pourtant, l’impression générale de son intervention laisse croire qu’il ne s’était pas opposé lorsque des forces sud-coréennes, en bordure du 38e parallèle, avaient pris des initiatives de temps en temps ». De son côté, M. Muccio, ambassadeur américain à Séoul, fait état qu’en 1948, lors d’une réception au palais présidentiel sud-coréen, le ministre de la Défense sud-coréen lui « raconta avec plaisir que ses hommes avaient conquis Haeju », ville située sur la péninsule d’Ongjin, « juste au-delà du 38e parallèle, […] mais [il] n’ajouta pas que pratiquement tout le monde s’y était fait tuer ».

Toujours est-il que Kim Il-sung s’était donné les moyens d’une offensive générale en renforçant son armée et, quand il reçut finalement, après quarante-huit télégrammes, la permission de Staline en avril 1950, et celle de Mao Zedong un mois plus tard, il prit l’initiative le 25 juin 1950, profitant d’une situation qu’il jugeait favorable — infériorité matérielle et numérique de l’armée sud-coréenne, présence sur le terrain de quelques centaines seulement de conseillers américains, renonciation apparente des États-Unis à la doctrine Truman en ce qui concerne la péninsule coréenne — et cela dans un contexte de répression des mouvements de guérilla  communistes qui avaient dominé politiquement en Corée du Sud au moment de la capitulation japonaise.

Les services de renseignement américains se sont montrés pour leur part incapables d’évaluer correctement les projets de Kim Il-sung et ne pensaient pas que celui-ci se lancerait dans un tel conflit.

Les territoires occupés par la Corée du Nord, son allié chinois et les autres forces communistes (en rouge) et par la Corée du Sud, les États-Unis et les forces des Nations unies durant la guerre de Corée de 1950 à 1953. La date du 25 juin 1950, choisie « fin mai 1950 […] devant l’insistance de Kim Il-sung », marque le franchissement du 38e parallèle par les divisions nord-coréennes ; elle est généralement considérée par les historiens occidentaux et russes comme le début de la guerre de Corée. Pour sa part, la Corée du Nord retient une date antérieure de quelques jours, en alléguant qu’elle n’aurait fait que riposter à une importante incursion sud-coréenne sur son territoire, incursion livrée avec le soutien de conseillers américains.

Dans les heures précédant l’aube du 25 juin 1950, sous la protection d’un formidable barrage d’artillerie, 135 000 Nord-Coréens franchirent la frontière entre les deux Corées. Le gouvernement nord-coréen annonça que des troupes commandées par le « traître et bandit » Syngman Rhee avaient traversé le 38e parallèle, et que par conséquent le Nord avait été obligé de riposter « à une grave provocation des fantoches de Washington », selon L’Humanité du lendemain. De son côté, Jean-Paul Sartre, compagnon de route du Parti communiste français, affirma que « c’était la Corée du Sud qui avait attaqué la Corée du Nord à l’instigation des États-Unis ». Conseillée et équipée par les Soviétiques, qui ne s’engageront toutefois jamais ouvertement, l’armée nord-coréenne mit en ligne sept divisions, 150 T-34, 1 700 pièces d’artillerie, 200 avions de combat et d’importantes réserves. L’attaque nordiste fut dévastatrice. Au moins les deux tiers de la petite armée sud-coréenne (à peine 38 000 hommes répartis sur 4 divisions d’infanterie) étaient alors en permission, laissant le pays largement désarmé. Les Nord-coréens attaquèrent en plusieurs endroits stratégiques, parmi lesquels Kaesŏng, Chunchon, Uijongbu, et Ongjin. En quelques jours, les forces sudistes, surclassées en nombre et en puissance de feu, furent mises en déroute et durent battre en retraite. Tandis que l’attaque au sol progressait, l’armée de l’air nordiste bombarda l’aéroport de Gimpo à Séoul où se trouvaient les 22 avions de liaison et d’entraînement de l’aviation du Sud. Séoul fut prise dans l’après-midi du 28 juin. Les Nord-Coréens n’avaient toutefois pas réussi à atteindre leur objectif principal, à savoir la reddition rapide du gouvernement de Rhee et la désintégration de son armée.

L’invasion de la Corée du Sud (République de Corée, RdC, ROK en anglais) semble avoir été une surprise complète pour les États-Unis et leurs alliés ; quelques jours avant l’offensive nord-coréenne, le 20 juin, Dean Acheson, le nouveau secrétaire du Département d’État, avait déclaré officiellement au Congrès qu’une guerre était improbable. Truman lui-même fut contacté quelques heures après le déclenchement de l’offensive ; il crut qu’il s’agissait du début de la troisième Guerre mondiale. En tout état de cause, une partie de l’état-major américain aurait accueilli avec enthousiasme l’annonce, espérant pouvoir ainsi « endiguer » (stratégie du containment) la progression des communistes en Extrême-Orient. « Les Coréens nous sauvent », aurait déclaré le secrétaire d’État Acheson quand il reçut le 25 juin la nouvelle du déclenchement des hostilités. Malgré la démobilisation partielle des forces américaines et alliées après la défaite du Japon, ce qui causa de sérieux problèmes logistiques aux troupes américaines dans la région – hormis les Marines, les divisions d’infanterie envoyées en Corée ne comptaient que 40 % de leurs effectifs et la majeure partie de leur équipement était inutilisable -, les États-Unis avaient encore 83 000 hommes destinés à l’occupation du Japon répartis en trois divisions d’infanterie plus la 1re division de cavalerie, sous le commandement du général Douglas MacArthur. À part les unités du Commonwealth en Corée, aucune autre nation ne pouvait fournir des renforts importants. Le président Harry S. Truman, à la nouvelle de l’invasion, ordonna à MacArthur de transférer des munitions au profit de l’armée sud-coréenne (en anglais ROK Army, ou ROKA) et de fournir une protection aérienne afin de permettre l’évacuation des citoyens américains. Toutefois, Truman était en désaccord avec ses conseillers, qui voulaient lancer des raids aériens contre la Corée du Nord. Il autorisa cependant la Septième flotte américaine à protéger Taïwan, mettant ainsi fin à la politique américaine de  désengagement vis-à-vis du gouvernement nationaliste du Kuomintang, confiné à Taïwan (depuis la prise de Hainan par les communistes chinois au printemps) – réplique américaine redoutée par Mao avant l’attaque nord-coréenne. Tchang Kaï-chek proposa de participer à la guerre, mais cette demande fut rejetée par les Américains au motif que cela ne ferait qu’encourager une intervention des communistes chinois.

Au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, profitant de l’absence du représentant soviétique Iakov Malik (politique dite du « siège vide », pour dénoncer le refus américain d’admettre la Chine communiste au Conseil en lieu et place de Taïwan ), firent adopter le 27 juin 1950 la résolution 83 condamnant l’agression nord-coréenne ; Le 3 juillet 1950, L’USS Valley Forge lança la première attaque aéronavale de la guerre de Corée suivi par un raid de 21 avions du HMS Triumph sur un aérodrome de Haeju. le 7 juillet, la résolution 84 leur confia le commandement d’une force onusienne. Seize pays acceptèrent de venir en aide à la Corée du Sud. Parmi ceux-ci, les plus importants étaient le Royaume-Uni et diverses forces du Commonwealth dont celles du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Parmi les autres participants à la force des Nations unies, les Philippines, la Turquie, la France, la Belgique, la Grèce, la Thaïlande et la Colombie envoyèrent plusieurs milliers de soldats. Les autres pays  participants se limitèrent à envoyer des équipes médicales.

Au 14 septembre 1950 (veille du débarquement d’Incheon), les forces nord-coréennes occupaient environ 90 % de la Corée du Sud, seules la poche de Busan (où les restes de l’armée sud-coréenne se battaient aux côtés de la 8e armée américaine envoyée en renfort) et quelques îles (les plus importantes étant Geoje, Jeju et Ulleung) échappaient toujours à leur contrôle en raison d’un important soutien aérien. Bien qu’encore en attente de renfort de nouvelles forces alliées, le général américain MacArthur décida de lancer une contre-offensive. Le 15 septembre, les marines débarquèrent à Incheon (Opération Chromite), prenant à revers les troupes nord-coréennes et coupant leurs lignes de ravitaillement. Celles-ci, encerclées, se désagrégèrent rapidement : Suwon fut reprise le 21 septembre, la poche de Busan désencerclée le 25 septembre et Séoul entièrement reprise le 27 septembre. Compte tenu du succès surpenant de son offensive éclair aux yeux des responsables politiques américains, MacArthur fut surnommé le « sorcier d’Incheon » par le secrétaire d’État Dean Acheson.

Le 30 septembre 1950, les effectifs des forces des Nations unies, essentiellement américaines, étaient de 230 000 hommes dont 165 000 pour les unités terrestres et 85 000 pour la marine et l’aviation.

Le 1er octobre, les troupes des Nations unies s’emparèrent de Yangyang, franchissant ainsi à leur tour le 38e parallèle. À partir de cette date, les villes nord-coréennes se mirent à tomber une à une : Goseong le 4 octobre, Hwacheon le 8 octobre, Cheorwon et Wonsan le 10 octobre, Kumchon le 14 octobre, Hamhŭng le 17 octobre, Haeju, Sariwŏn et Pyongyang le 19 octobre, Anju le 22 octobre, Kaech’ŏn, Tŏkch’ŏn et Hŭich’ŏn le 23 octobre, Unsan et Kujang le 25 octobre. Le 26 octobre, quelques unités atteignirent la bourgade de Chosan (en) sur le Yalu, fleuve délimitant la frontière sino-coréenne. Elles furent repoussées une quinzaine de kilomètres plus au sud dès le lendemain, ce qui n’empêcha pas les troupes onusiennes de s’emparer d’autres villes, plus à l’est (Sŏngjin tomba le 28 octobre, Kilju le 5 novembre, Hyesan le 21 novembre et Ch’ŏngjin le 25 novembre) et plus à l’ouest (Chongju tomba le 30 octobre)

La Chine intervint alors de manière non officielle en déployant une armée des volontaires du peuple chinois (中国|人民|志愿|军, 中國|人民|志願|軍 , Zhōngguó Rénmín Zhìyuàn Jūn). Le 31 octobre, les effectifs terrestres des Nations unies étaient montés à 205 000, forces sud-coréennes non comprises ; c’est à cette date que 54 divisions chinoises comptant 270 000 hommes franchirent le Yalu, où elles entrèrent en contact avec des unités américaines.

Il s’agissait de la IVe armée populaire, commandée par le général Peng Dehuai. Après des combats acharnés contre les forces chinoises, les Américains et les Sud-Coréens furent repoussés. Les Chinois se retirèrent et les Américains purent ainsi reprendre leur offensive jusqu’à ce que, à partir du 26 novembre 1950, plus d’un demi-million de soldats chinois de l’armée populaire de libération appuyant l’armée nord-coréenne repassent à l’attaque avec une couverture aérienne de l’aviation soviétique. Les forces des Nations unies, éparpillées et mal équipées contre le froid, furent rejetées au-delà du 38e parallèle, entraînant dans leur retraite plus d’un million de civils nord-coréens fuyant le régime communiste ; Séoul fut reprise par les Nord-Coréens et leurs alliés chinois, le 4 janvier 1951 après le retrait des troupes du général Ridgway la veille. Dans les jours suivant, ils fondirent sur le sud de la péninsule et parvinrent à reprendre Suwon et Wonju (7 janvier), Jecheon (10 janvier) et même Danyang (12 janvier). On assista en outre à l’évacuation par mer à Hungnam (environ 105 000 soldats, 98 000 civils, 17 500 véhicules et 350 000 tonnes d’équipements) et à Chinnampo du Xe corps d’armée américain et du Ier corps d’armée coréen encerclé par l’ennemi.

Au total, 70 % des membres de l’armée populaire de libération servirent en Corée, soit 2,97 millions de militaires en trois ans de conflit, auxquels il faut rajouter 600 000 travailleurs civils.

Le 23 juin 1951, Jacob Malik, délégué permanent de l’URSS aux Nations unies, insère dans un discours un passage où il suggère une négociation sur la base d’un retour à la situation antérieure : un tel scénario avait débouché deux ans plus tôt sur la levée du blocus de Berlin. Dès le 10 juillet 1951, les délégués des deux camps se rencontrèrent à Kaesŏng, à proximité de l’ancienne ligne de démarcation. Mais il faudra attendre la mort de Staline survenue le 5 mars 1953 et le changement politique qui s’ensuit en URSS, pour que les négociations aboutissent le 27 juillet 1953 à Panmunjeom, mettant fin à un conflit qui aura duré trois ans et causé au moins un million de morts selon la plupart des historiens occidentaux (plus de deux millions selon les Nord-Coréens). Le cessez-le-feu consacra le retour au statu quo ante bellum : en effet, la Zone coréenne démilitarisée entre les deux Corées (coupant le 38e parallèle en diagonale, suivant une bande de 249 km de long sur 4 km de large) fait que la superficie de chacun des territoires des deux Corées seront sensiblement les mêmes qu’au début du conflit avec cependant un petit avantage pour le Sud, la ligne de front s’étant stabilisé un peu au-delà de l’ancienne frontière.

La proportion de pertes parmi les prisonniers de guerre sud-coréens et des Nations unies dans les camps nord-coréens et chinois atteint selon  certaines études aux alentours de 43 %. Le caractère idéologique du conflit n’explique pas à lui seul cette extrême surmortalité, davantage conséquence des mauvaises conditions d’hygiène et de nutrition que des actions directes des geôliers, du moins après la première année de guerre. Les négociations sur les prisonniers de guerre furent très âpres et l’une des principales raisons de la lenteur des pourparlers de paix. Le 18 décembre 1951, les Nations unies fournirent les noms de 132 000 prisonniers sur 176 000 captifs. Le désaccord dans les chiffres provient du fait que 38 000 « soldats nord-coréens » étaient en réalité des citoyens du Sud enrôlés de force par le Nord. Il manquait aussi 6 000 morts ou évadés. La liste communiste comprenait les noms de 11 559 prisonniers, en contradiction avec le fait que la radio de Pyongyang, après 9 mois de guerre s’était vantée de détenir 65 000 prisonniers. Mais au 18 décembre 1951, les forces communistes déclaraient détenir 7 145 Sud-Coréens, 3 198 Américains, 919 Britanniques, 234 Turcs, 40 Philippins, 10 Français, 6 Australiens, 4 Sud-Africains, 3 Japonais, 1 Canadien, 1 Grec et 1 Néerlandais.

Des 10 000 Américains manquant, un tiers seulement avaient été retrouvés. Pas un seul des 1 036 prisonniers dont les noms à un moment ou un autre avaient été cités dans les médias du bloc de l’Est n’apparaissait sur la liste. Sur les 110 noms communiqués à la Croix-Rouge, il n’en restait que 44 sur la liste. Plus grave, 50 000 Sud-Coréens disparus avaient été « libérés sur les lignes de front » selon la Corée du Nord, embrigadés de force dans l’armée du Nord selon les Nations unies. Ce furent les méthodes de  rapatriement des prisonniers aux mains des Nations unies qui freinèrent les négociations, la Chine et la Corée du Nord voulant que tous les prisonniers leur soient remis sans conditions tandis que les Nations unies prônaient la liberté de choix. Finalement, la deuxième solution fut adoptée, à la suite de compromis arrachés aux nations communistes qui pouvaient tenter de convaincre leurs citoyens de renoncer à leur choix. Sur les 75 000  prisonniers qui avaient demandé de rester dans le camp occidental, 5 000 renoncèrent à leur projet initial. Le retour des prisonniers se fit en 2 phases : l’opération « Petit Échange », en avril 1953, où les Nations unies restituèrent 5 194 militaires et 416 civils nord-coréens tandis que le Nord rendait 471 Sud-Coréens, 149 Américains, 32 Britanniques, 15 Turcs, 6 Colombiens, 5 Australiens, 2 Canadiens, 1 Grec, 1 Sud-Africain, 1 Philippin et 1 Néerlandais. Puis l’opération « Grand Échange » consista en un échange massif de prisonniers après l’armistice : 70 159 Nord-Coréens et 5 640 Chinois furent rapatriés dans leurs pays respectifs tandis que 7 848 Sud-Coréens, 3 597 Américains et 1 312 membres des autres contingents des Nations unies furent libérés.

Environ 15 000 Chinois et 50 000 Nord-Coréens choisirent de rester au Sud, tandis que 305 Sud-Coréens, un Britannique et vingt-et-un Américains restèrent dans le Nord (trois Américains changèrent d’avis après coup).

La puissance aérienne joua un rôle clé : pour la première fois dans l’histoire, on fit usage en conditions opérationnelles d’avions de combat à réaction (si l’on excepte le cas du Me 262 durant la Seconde Guerre mondiale). La Chine était devenue une puissance aérienne et militaire majeure. La moitié de ses 1 400 chasseurs était des MiG-15 construits par les Soviétiques, avions considérés comme étant les meilleurs du monde. Opérant à partir de bases situées en Mandchourie et ne s’aventurant que très rarement au-dessus des lignes de l’ONU, les MiG-15 menacèrent néanmoins la suprématie aérienne de cette dernière, en particulier au-dessus de la MiG Alley. Il fallut attendre que les États-Unis produisent les F-86 Sabre pour que les forces de l’ONU aient enfin à disposition un avion capable de rivaliser avec le MiG-1561.

Source : Wikipédia.

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