La coutellerie de Thiers (Puy-de-Dôme).

La coutellerie de Thiers est une spécialité de savoir-faire élaboré dans la région de Thiers à l’est du département du Puy-de-Dôme et en région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette technique doit une partie de son existence à la présence de la Durolle et des forêts aux alentours de la ville.

Trouvant ses premières traces au XIIIe siècle, la coutellerie joue pour beaucoup dans la renommée nationale et internationale de Thiers dans les domaines artisanal et industriel. Au XVIIe siècle, les commerçants thiernois exportent leurs marchandises en dehors des frontières françaises et dès le XIXe siècle, la coutellerie s’industrialise lors de la révolution industrielle avant qu’au début du XXe siècle, les couteliers n’utilisent plus la force motrice de la Durolle pour faire tourner leurs machines et leurs rouets, optant pour l’électricité, disponible en permanence. En 2016, Thiers produit 80 % des couteaux produits en France chaque année, garde sa place du plus gros bassin coutelier de l’Union européenne et se voit régulièrement attribué le titre de « capitale de la coutellerie », dans un contexte de crise industrielle et de soutien étatique.

La coutellerie, épreuve de luxe.

La coutellerie est le domaine où le nombre d’emplois dans la région thiernoise est le plus élevé en 2020. En 2016, la chambre de commerce et d’industrie estime que dans la ville de Thiers, la coutellerie emploie plus de 2 000 personnes. La grande proportion d’ouvriers résidant sur la commune est en grande partie expliquée par ce facteur.

La coutellerie, carte maximum, Thiers, 7/03/1987.

La force hydraulique de la Durolle est utilisée à Thiers dès le Moyen Âge pour mouvoir les moulins à farine, les foulons des tanneurs, les maillets des papetiers, et avec le développement de la coutellerie, les martinets des fondeurs et les meules des émouleurs. Une légende voudrait ainsi que les croisés auvergnats aient rapporté d’Orient le secret de la fabrication de l’acier, le processus de cémentation. Dès le XVe siècle, un quart des ouvriers thiernois exerce le métier de coutelier. Les objets produits à Thiers sont exportés dans plusieurs pays au XVIIe siècle : en Espagne, en Italie, en Allemagne, en Turquie et « aux Indes ».

À partir de 1850, seule la coutellerie parvient à se maintenir avec l’introduction des machines, ce qui préfigure l’avènement de la grande industrie. En effet, les papeteries et les tanneries, qui n’ont pas voulu recourir à une mécanisation, voient leur compétitivité diminuer face à une concurrence importante des Anglais et des Allemands. Les papeteries ne sont plus qu’une vingtaine en 1860 et disparaissent totalement de la ville à la veille de la Première Guerre mondiale. À la fin du XIXe siècle, la concurrence étrangère amène les industries thiernoises à se moderniser. Cette modernisation passe par l’électrification. Un nouveau type d’usines se crée, où sont intégrées toutes les opérations de la coutellerie.

Alors que la France entame sa révolution industrielle souvent au détriment de l’artisanat, Thiers semble garder son savoir-faire artisanal dans le domaine de la coutellerie. Ainsi, les gorges de la Durolle se divisent en deux vallées16. En amont, la vallée des Rouets — devenue la troisième partie visitable du musée de la coutellerie en 1998 — reste dans une optique de production artisanale avec l’image des vieux rouets qui utilisent encore la force motrice de la rivière pour fonctionner et en aval, jusque dans la ville-basse de Thiers, les grandes usines — électrifiées après 1900 — s’installent dès 1860 sur les rives étroites de la Durolle.

Les conditions de travail des couteliers sont connues pour être très pénibles et dangereuses dès le Moyen Âge. Chez les artisans, la position couchée unique au monde utilisée par les émouleurs pour émoudre leurs lames de couteaux et être plus productifs rend la tâche périlleuse lorsque la meule entraînée rapidement par la force motrice de la rivière explose L’émouleur est alors projeté au plafond et les chances de survie sont assez faibles. S’ajoutent les températures relativement basses au fond des gorges de la Durolle et l’humidité très présente. Du côté des ouvriers, les ateliers sont également dangereux et périlleux. La température ambiante peut y dépasser

la barre des 50 °C tandis que le taux d’humidité reste très élevé. Les machines qui travaillent le fer comme les martinets, les marteaux-pilons ou les découpoirs sont extrêmement puissantes et les erreurs d’inattention des ouvriers ne pardonnent pas. Le bruit est également très présent et résonne jusque dans le centre-ville de Thiers. L’atmosphère générale de ces ateliers est très gênante pour la respiration des ouvriers ; la poudre du charbon utilisé pour faire chauffer les fours est toxique pour l’homme.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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