La Cinémathèque française.

La Cinémathèque française est un organisme privé français (association loi de 1901), situé depuis 2005 dans un bâtiment construit par Frank Gehry dans le parc de Bercy. Les missions de la Cinémathèque française sont la préservation, la restauration et la diffusion du patrimoine cinématographique. Avec plus de 40 000 films et des milliers de documents et d’objets liés au cinéma, elle constitue une des plus grandes bases de données mondiales sur le septième art.

La Cinémathèque française est équipée pour la projection des formats argentiques (70 mm, 35 mm et 16 mm) et du numérique.

Son financement est assuré par une subvention du Centre national du cinéma et de l’image animée, des recettes de mécénat et des ressources propres (abonnements, billetterie, librairie, locations commerciales).

L’origine de la Cinémathèque remonte à 1935, lorsque Henri Langlois et Georges Franju qui, depuis des années, récupéraient et sauvaient de vieilles copies de films, créèrent un ciné-club intitulé le Cercle du cinéma pour montrer et faire connaître les œuvres du passé.

L’année suivante, le 2 septembre 1936, avec le soutien moral et financier de Paul-Auguste Harlé, naissait la Cinémathèque française qui avait pour mission, sous la direction d’Henri Langlois, de conserver les films, de les restaurer, de les montrer et de donner aux générations nouvelles un enseignement cinématographique. En plus des films, la Cinémathèque se mit à collecter tout ce qui avait trait au cinéma : caméras, affiches, publications, costumes et même décors de films.

Le 26 octobre 1948 une salle de projection de 60 places ainsi que le premier musée du cinéma d’Henri Langlois sont inaugurés sur trois étages au 7 avenue de Messine, dans le 8e arrondissement de Paris. C’est dans cette salle que se rencontrent notamment François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, Éric Rohmer et Suzanne Schiffman.

Le 1er décembre 1955, la Cinémathèque déménage et s’installe dans une nouvelle salle (260 places) au 29 rue d’Ulm, dans le 5e arrondissement : cette salle Jules-Ferry réunit les cinéphiles parisiens découvrant, bien avant l’ère du cinéma à la demande, le patrimoine cinématographique mondial grâce à Henri Langlois qui projette sa collection au gré de ses humeurs, les films comme la série B américaine qui n’y passaient pas étant projetés dans le Nickel Odéon de Bertrand Tavernier. Le 5 juin 1963, la Cinémathèque s’installe dans la salle du Palais de Chaillot grâce aux crédits alloués par André Malraux, ministre de la Culture, et devient liée aux pouvoirs publics.

Cinémathèque française, carte maximum, Paris, 20/09/1986.

Sous la pression du ministère des Finances, André Malraux, en février 1968, exige des changements dans la gestion de la Cinémathèque française et renvoie Henri Langlois. Un comité de défense se constitue ; les cinéastes français (dont Abel Gance, François Truffaut, Alain Resnais, Georges Franju, Jean-Luc Godard, Chris Marker, Jacques Rivette, Alexandre Astruc, Claude Chabrol, Pierre Kast, Claude Berri, Jacques Doniol-Valcroze, Jean Eustache, André Cayatte, Éric Rohmer, Jean Rouch, Joris Ivens, Robert Bresson, les acteurs Jean-Pierre Léaud, Claude Jade, Françoise Rosay et Jean Marais) se mobilisent. Des cinéastes étrangers tels que Charlie Chaplin et Stanley Kubrick apportent leur soutien. Des manifestations de protestation sont organisées, et Henri Langlois est réintégré à la tête de la Cinémathèque le 22 avril.

Le 14 juin 1972, c’est l’inauguration du premier grand musée de cinéma, place du Trocadéro7,8,9. Le 2 avril 1974, Henri Langlois reçoit un Oscar d’honneur, puis un César. Il meurt le 13 janvier 1977.

En 1980, on inaugure une salle de projection de la Cinémathèque française au Centre Pompidou. Costa-Gavras est nommé président de la Cinémathèque en 1981. À partir de 1984 et jusqu’en 1996, Jack Lang, ministre de la Culture, lance le projet, repris par ses successeurs, d’installer une grande institution cinématographique au sein du Palais de Tokyo, près du Trocadéro. La Cinémathèque est un temps transférée au Palais de Tokyo. La Femis y est installée en 1988. Jean Saint-Geours devient président de la cinémathèque en 1991. De grandes rétrospectives sont alors organisées, permettant aux cinéphiles d’apprécier l’œuvre d’un cinéaste dans son intégralité : Ingmar Bergman, Ernst Lubitsch, Fritz Lang, Robert Bresson. S’y ajoutent des programmations thématiques telles que le western.

Le 24 juillet 1997, un incendie embrase le toit du Palais de Chaillot. Les œuvres du musée du Cinéma, évacuées en une nuit, sont intactes mais la Cinémathèque française doit quitter Chaillot. La salle de projection est fermée pendant plus d’un an. Le 7 novembre de la même année, on inaugure la salle des Grands Boulevards. Dans cette dernière salle, la Cinémathèque explore des « territoires » cinématographiques nouveaux, avec des films « à la marge », comme les séries B.

Centenaire Henri Langlois, collector de 4 timbres.

Le 30 juin 1998, ayant décidé l’abandon du projet de réaménagement du palais de Tokyo, Catherine Trautmann, ministre de la Culture, annonce sa décision d’installer la « Maison du cinéma » dans l’ancien American Center construit en 1994 par Frank Gehry, au 51 rue de Bercy, dans le 12e arrondissement. En juin 2000, Jean-Charles Tacchella est élu à la présidence de la Cinémathèque. Le 29 octobre 2002, Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, annonce que la Cinémathèque française et la Bibliothèque du film (BiFi) seront les deux institutions qui cohabiteront, puis fusionneront, dans le bâtiment du 51 rue de Bercy sous l’appellation « Cinémathèque française ». En 2003, Serge Toubiana présente son rapport « Toute la mémoire du monde » et devient directeur général de la Cinémathèque en avril.

De septembre 2003 à juin 2007, le producteur et réalisateur Claude Berri est président de la Cinémathèque, succédant à Jean-Charles Tacchella. Le critique de cinéma Serge Toubiana devient, quant à lui, directeur général de la Cinémathèque en mai 2003, poste qu’il occupe jusqu’en décembre 2015. Le 28 février 2005, les salles du palais de Chaillot et des Grands Boulevards sont fermées et le nouveau site de la Cinémathèque française, au 51 rue de Bercy, ouvre au public le 28 septembre.

Depuis le 1er janvier 2007, la Cinémathèque française a fusionné avec la BiFi. Depuis le mois de juin 2007, Claude Berri étant malade, elle est présidée par Costa-Gavras. En janvier 2016, le critique Frédéric Bonnaud succède à Serge Toubiana au poste de directeur général.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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