La château de Vitré (Ille-et-Vilaine).

Le château de Vitré est un puissant château fort situé à l’extrémité occidentale de la ville fortifiée de Vitré, en Ille-et-Vilaine, sur les marches de Bretagne.

La partie du château appartenant à la commune de Vitré fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 1er juin 1872. L’édicule absidial de la tour de l’Observatoire fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 15 juillet 1898. Une partie subsistante du château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 14 octobre 1902.

Le château de Vitré occupe l’extrémité d’un éperon de schistes surplombant au nord la vallée de la Vilaine et au sud un ruisseau marécageux, disparu au XVIIIe siècle pour faire place à la route royale allant de Paris à Rennes. « Le parti général reste celui de la domination du terrain avec renforcement des angles. Au sud-est, au-dessus de la zone alors marécageuse, près de la porte urbaine d’En-Bas, la tour Saint-Laurent est un véritable donjon. La rénovation du château vers 1420 a eu un autre but : l’affirmation de la puissance seigneuriale, ébranlée par l’arrivée des Anglais dans le Maine » car le château alors fut le refuge des comtes de Laval, notamment lorsque les Anglais prirent Laval en 1427.

Château de Vitré, carte maximum, 24/09/1977.

Vers l’an 1000, un premier château en bois (vetus castrum mentionné entre 1066 et 1076) est construit sur une motte castrale par le baron Riwallon de Vitré à l’emplacement actuel de l’église Sainte-Croix. Ce château dont la forme est inconnue est incendié à de nombreuses reprises. Il est abandonné au profit d’un nouveau château en pierre construit par le baron Robert Ier de Vitré à la fin du XIe siècle sur un nouveau site défensif, un vaste promontoire rocheux de schiste qui domine d’une trentaine de mètres la

Vilaine. Il subsiste encore de cet édifice un porche de style roman. C’est au baron André III que l’on attribue traditionnellement la reconstruction du château dans sa forme actuelle, triangulaire, et la fortification de la ville dans la première moitié du XIIIe siècle. L’aspect architectural du château montre l’influence du modèle de l’architecture philippienne. Le château est dominé par un gros donjon circulaire, qui suit le sommet de l’éperon rocheux, entouré de fossés secs. À la mort d’André III, le domaine échoit par alliance à la famille des comtes de Laval. Les successeurs directs de cette famille nous conduisent jusqu’au début du XVe siècle, tout au long d’une grande lacune historique de cent cinquante ans. Au XVe siècle, Guy XII de Laval agrandit le château qui est lourdement remanié. C’est à cette époque que sont réalisés les derniers ouvrages défensifs par les deux dames de Laval, la baronne de Vitré Anne et Isabelle de Bretagne : châtelet avec double pont-levis à flèche, tour de la Madeleine, tour Saint-Laurent (ultérieurement percée de canonnières). La transformation majeure consiste cependant à faire évoluer le château d’un édifice défensif à une confortable résidence.

Pendant la guerre folle, Guy XV de Laval ouvre, selon Bertrand d’Argentré, sans combat, le 1er septembre 1487, les portes de son château de Vitré et de la ville, aux troupes royales. D’Argentré affirme qu’il avait laissé pour instruction : Entrer de nuict les François en son chasteau de Vitré par une posterne, et par ce moyen les fist maistres de la ville. Cette décision est prise contre la volonté des habitants et présentée comme un fait accompli.

Château de Vitré, épreuve d’artiste.

À partir de la fin du XVe siècle et au XVIe siècle, ce sont les aménagements de confort qui prévalent : construction de galeries de circulation et d’un oratoire de style Renaissance (en 1530). Le Parlement de Bretagne s’y réfugie à trois reprises (1564, 1582 et 1583) lors des épidémies de peste qui sévissent à Rennes.

Avec les familles des Rieux et Coligny, propriétaires du château entre 1547 et 1605, Vitré abrite le culte protestant et devient pendant quelques années un bastion huguenot. En 1589, la forteresse résiste à un siège de 5 mois du duc de Mercœur.

Château de Vitré, carte maximum, 12/04/2019.

En 1605, après la mort de Guy XX de Laval, le château devient la propriété de la famille de La Trémoille, originaire du Poitou. Le château est abandonné au XVIIe siècle et se dégrade lentement. Il subit notamment l’effondrement partiel de la tour Saint-Laurent. Un des éléments majeurs de la Révolution française à Vitré est l’incendie accidentel qui détruit le logis seigneurial en 1795.

Au début du XIXe siècle, une prison départementale est construite à la place du logis seigneurial et occupe toute la partie Nord, y compris la tour de la Madeleine. La prison devient garnison lors de l’arrivée du 70e régiment d’infanterie de 1867 à 1877.

Le château est acheté par l’État au XIXe siècle. En 1872, il est l’un des premiers châteaux classés monument historique en France et restauré à partir de 1875 sous la direction de l’architecte Denis Darcy. Passé dans le domaine public, on y aménage un petit musée, en 1876, sous l’impulsion d’Arthur de La Borderie. Paradoxalement, ce dernier fait détruire la collégiale de la Madeleine, située sur l’avant-cour du Château alors qu’il était conservateur de la ville. Une école de garçons est construite à la place.

De nos jours, l’hôtel de ville de Vitré est installé à l’intérieur de l’enceinte du château, dans un bâtiment reconstruit en 1912 selon les plans du logis médiéval.

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Sources : Wikipédia, YouTube.