La camomille romaine.

La camomille romaine (Chamaemelum nobile (L.) All.) est une plante herbacée vivace de la famille des Astéracées.

Plus communément appelée « camomille » tout court, la plante est employée en usage culinaire, médicinal (particulièrement en tisane), et cosmétique. Elle ne doit pas être confondue avec deux autres plantes médicinales lui ressemblant et appelées aussi localement « camomille » : la petite camomille Matricaria recutita et la grande camomille Tanacetum parthenium.

Cette espèce est originaire des régions de la façade atlantique de l’Europe (Portugal, Espagne, France, Royaume-Uni, Irlande) et d’Afrique du Nord (Maroc, Algérie). Elle n’est donc pas indigène en Italie contrairement à ce que son qualitatif de « romaine » pourrait laisser penser.


Le nom de genre Chamaemelum est le nom latin donné à la petite  camomille (Matricaria recutita) par Pline (H.N. 22, 53) ; il dérive du grec χαμαι khamai « à terre, nain » et μηλον mêlon « pomme » parce qu’elle a une odeur de pomme dit Pline (H.N. 22, 53). L’épithète spécifique nobile est une flexion du latin nobilis « célèbre, noble ».

Chamaemelum nobile est le nom scientifique retenu aujourd’hui pour la plante. Elle est cependant aussi connue par son synonyme Anthemis nobilis, attribué par Linné1 en 1735 (Species Plantarum). Cinquante ans plus tard, le botaniste piémontais, Carlo Allioni la reclassa dans le genre Chamaemelum.

Autres synonymes nomenclaturaux : Ormenis nobilis (L.) Coss. & Germ., Chamomilla nobilis (L.) Godr.

Camomille, carte maximum, Russie.

Noms vernaculaires français : camomille romaine, camomille noble, anthémis noble, anthémis odorante, camomille d’Anjou.

Le nom de « camomille romaine » peut induire en erreur sur son origine, car cette « espèce subatlantique, n’existe pas dans la région [Forcalquier, en Haute-Provence] ou de surcroît le climat ne convient pas à sa culture » (Lieutaghi, 1986). Cette difficulté est déjà perceptible chez Linné, qui dans son traitement d’ Anthemis nobile (=Chamaemelum nobile) avait renvoyé cette espèce au synonyme Chamaemelum romanum flore multipli, Cam. epit, une plante décrite par le botaniste italien Matthiole dans De plantis Epitome utilissima. Ce dernier la décrit comme une plante seulement cultivée dans les jardins mais commune en Allemagne.

Comme les travaux de M. Das l’attestent, une très grande confusion règne dans la nomenclature des camomilles.

Chamaemelum nobile est une plante herbacée vivace (hémicryptophyte) de 10 à 30 cm de haut, agréablement parfumée. Du niveau du sol émergent plusieurs tiges velues, ramifiées dans la partie supérieure (à la différence de la matricaire camomille Matricaria recutita qui n’a qu’une unique tige). Ses tiges sont d’abord couchées pour se redresser par la suite. Elles peuvent se terminer par des capitules floraux odorants, solitaires.

De couleur vert blanchâtre, ses feuilles sessiles, de 1 à 5 cm de long, sont 2-3-pennatiséquées à segments linéaires, presque filiformes.

Le capitule radié, de 1,8 à 2,5 cm de diamètre, est formé à la périphérie, de fleurons ligulés blancs (ligule de 7−10 mm de long), femelles, se recouvrant les uns les autres entourant un disque de fleurons tubulés jaunes (parfois absent). Un cultivar connu depuis le xviiie siècle possède des fleurs « semi-doubles » ou « doubles » (flore-pleno) et des feuilles sentant la pomme. C’est une plante stérile avec une majorité de fleurons ligulés blancs qui se multiplie végétativement.

L’involucre porte des bractées largement blanches, scareuses. Le réceptacle est conique ; il porte des paillettes aussi longues que les fleurons tubulés (alors que celui de Matricaria recutita en est dépourvu).

La floraison a lieu de juillet à septembre.

Les fruits sont des akènes jaunâtres, petits et côtelés (à 3 stries), de 1 à 1,5 mm de long.

La camomille romaine est indigène en Europe de l’Ouest (actuels Portugal, Espagne, France, Royaume-Uni, Irlande) et en Afrique du Nord (Maroc, Algérie). Elle a été introduite et s’est naturalisée en Europe centrale et de l’Est, en Australie et Nouvelle-Zélande et dans certaines régions de l’Amérique du Nord.

On la trouve partout en Europe occidentale dans les sols secs et sablonneux riches en silice jusqu’à 1 000 m d’altitude. En France, on peut notamment la trouver dans l’ouest et plus particulièrement en Anjou, qui produit plus de 90 % de la production française. Elle croît dans les pelouses  sablonneuses, aux bords des étangs dans presque toute la France sauf dans l’Est où elle est rare ou absente, dans le Sud-Est et le littoral méditerranéen. C’est une adventive en Belgique, République tchèque, Allemagne, Suisse et Slovaquie.

Elle est largement cultivée en Belgique, France (Anjou), Angleterre, États-Unis et Argentine. Elle est récoltée la deuxième année et ne comporte pratiquement que des fleurs ligulées.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.