La bataille de Narvik en 1940.

La bataille de Narvik eut lieu durant la campagne de Norvège. Il s’agit de la première victoire des forces alliées au cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut remportée autour de la ville de Narvik au nord de la Norvège, et se déroula en deux temps : d’abord en mer (le 10 et le 13 avril 1940) puis sur le sol norvégien (du 9 mai au 8 juin 1940), ce qui fait parfois parler des « batailles » de Narvik, distinguant la première et la seconde bataille de Narvik. Les combats dans la région s’étendent au total du 9 avril au 8 juin 1940.

Début avril 1940, l’Allemagne a envahi la Norvège afin de sécuriser le transport du fer suédois en provenance des mines de Kiruna. 90 % du minerais de fer suédois allait en Allemagne et cela représentait 50 % des importations en fer de l’Allemagne (le Royaume-Uni était également client, mais seulement à hauteur de 10 % de sa consommation globale). Cette matière première, indispensable aux Allemands dans leur poursuite de la guerre, transitait par la ligne de chemin de fer Malmbanan/Ofotbanen jusqu’au port de Narvik. Il avait l’avantage d’offrir un accès direct à la mer de Norvège et être le seul port praticable en hiver car libre des glaces qui obstruent les autres ports du nord de la Baltique.

Les Alliés avaient pensé à occuper le pays afin de contrer les visées allemandes, mais la décision tardait à venir. C’est donc seulement quand les Allemands assaillent la Norvège, que les Alliés décident d’y envoyer des troupes pour venir en aide à l’armée norvégienne en déroute face à la Wehrmacht.

Bataille de Narvik, carte maximum, 20/05/1952.

Les forces Alliées en Norvège étaient composées comme suit : l’amiral Cork dirigeait les opérations combinées, le corps expéditionnaire britannique était dirigé par le général Mackesy, le général Carl Gustav Fleischer, quant à lui, dirigeait la 6e division norvégienne.

La 6e division (en) norvégienne avait ses quartiers à Harstad. Mobilisée depuis la guerre d’hiver, la division était mieux préparée à la guerre que les autres unités norvégiennes. Elle était composée de deux brigades légères d’infanterie, la 6e et la 7e brigade. Les Britanniques engagèrent la 24e brigade d’infanterie composée de quatre bataillons.

Le corps expéditionnaire franco-polonais dirigé par le général Béthouart était composé de :

  • La 1re division légère de chasseurs, créée le 15 avril 1940 à partir de la  rt (promu à ce grade ce jour) comprenant :
  • La 27e demi-brigade de chasseurs alpins, engagée du 27 avril au 7 juin dans le secteur de Narvik ;
  • La 5e demi-brigade de chasseurs alpins qui n’a pas été engagée à Narvik mais dans le secteur de Namsos du 19 avril au 3 mai ;
  • Le 2e groupe autonome d’artillerie coloniale ; la 342e CACC (compagnie autonome de chars de combat) ; la 14e compagnie antichars ; la 1026/40e batterie anti-aérienne et la 802e compagnie de camionnettes.
  • La 13e demi-brigade de Légion étrangère composée de deux bataillons en majorité composés d’anciens républicains espagnols, elle est sous les ordres du lieutenant-colonel Magrin-Vernerey (futur général Monclar).
  • La Brigade autonome de chasseurs de Podhale, forte de 5000 hommes et commandée par le général Bohusz-Szyszko. Elle fut formée le 9 février 1940 à Coëtquidan (Morbihan) comme une unité de l’Armée polonaise de l’Ouest.

Les forces navales françaises sont constituées par la « force Z », du contre-amiral Edmond Derrien, composée de deux groupes :

  • le « groupe Emile Bertin », chargé de la protection des convois
  • le « groupe des transports », constitué de la 1re division de croiseurs auxiliaires du contre-amiral Cadart et des paquebots et cargos, Ville d’Alger, Ville d’Oran, El Djezaïr, El Mansour, El Kantara, Chenonceau, Colombie et Mexique réquisitionnés affectés au transport de troupes, matériels et ravitaillement.
Bataille de Narvik, épreuve d’artiste.

Les forces navales polonaises engagent les destroyers ORP Burza, ORP Grom et ORP Błyskawica, et le sous-marin ORP Orzeł.

Les Alliés disposaient donc de 24 000 hommes et les Norvégiens de 5 000.

Le Kriegsschiffgruppe Narvik (Groupe 1) commandé par le Kommodore Friedrich Bonte comprenait 10 destroyers (Georg Thiele, Wolfgang Zenker, Bernd von Arnim, Erich Giese, Erich Koellner, Diether von Roeder, Hans Lüdemann, Hermann Künne, Wilhelm Heidkamp (navire amiral) et Anton Schmitt) et des navires de transport. Ils débarquèrent le 139e régiment de chasseurs alpins (Gebirgs-Jäger-Regiment 139), commandé par le général Dietl de la 3e Gebirgs-Division avec trois « bataillons » (Abteilung), soit environ 2 000 hommes, à Narvik le 9 avril 1940.

Les Allemands disposaient donc de 2 000 chasseurs de montagne (dirigés par le général Dietl) et 2 600 marins à Narvik. La 2e DI de montagne, soit 15 000 hommes, vint les renforcer en juin.

Les Allemands, après avoir rapidement conquis le sud du pays, arrivent à Narvik avec 10 destroyers et balayent sommairement les garde-côtes norvégiens faisant face à l’entrée du fjord.

Ils n’eurent que peu de répit une fois amarrés au port de Narvik, puisque le 10 avril 1940, 5 destroyers britanniques font leur apparition à l’entrée du fjord. Ils transforment le port en véritable cimetière pour bateaux. Cependant la flotte allemande, bien qu’elle accuse de sérieux dégâts, parvient à les repousser.

Bataille de Narvik, timbre tricolore (non émis).

Trois jours plus tard, les Alliés envoient 8 destroyers et 1 cuirassé pour déloger l’expédition allemande. En infériorité, les Allemands reculent et sabordent leurs derniers navires dans le fjord pour sauver les marins rescapés. Ceux-ci se réfugient dans les montagnes enneigées qui bordent Narvik laissant la ville aux mains des Alliés.

Quelques jours plus tard, les Alliés reçoivent des renforts et comptent désormais 24 500 hommes. Les Allemands sont donc 5 fois moins nombreux. Mais entraînés aux conditions de l’Arctique, ils résistent jusqu’au départ des troupes alliées rembarquées pour la bataille de France. Ils reprendront ainsi la ville de Narvik jusqu’à la reddition du détachement d’armée Narvik le 8 mai 1945.

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Sources : Wikipédia, Dailymotion, INA.

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