La bataille de Midway (1942).

La bataille de Midway est un engagement aéronaval majeur et décisif de la Seconde Guerre mondiale qui oppose les marines du Japon et des États-Unis. Elle se déroula dans les premiers jours de juin 1942 au large des Îles Midway, lors de la guerre du Pacifique. La bataille fut livrée alors que le Japon avait atteint, six mois après son entrée en guerre déclenchée par l’attaque de Pearl Harbor, l’ensemble de ses objectifs de conquête. L’objectif de la bataille navale, provoquée par le Japon, était d’éliminer les forces aéronavales américaines qui constituaient une menace pour les conquêtes japonaises dans le Pacifique. Pour l’amiral Yamamoto, commandant des opérations, il s’agissait également de placer son pays dans une position de force pour négocier avec les États-Unis une paix entérinant le nouveau partage du territoire.

Le plan de l’amiral Yamamoto prévoyait d’attirer les porte-avions américains vers les forces navales japonaises en livrant un assaut aérien et terrestre contre l’atoll de Midway. Une attaque devait être menée en parallèle contre les îles Aléoutiennes. Malgré les moyens énormes mis en jeu par la marine japonaise, comprenant près de 200 unités navales dont 8 porte-avions (seulement quatre ont participé aux combats) et 12 cuirassés, cette attaque fut un échec total. Les Américains, qui avaient percé le code japonais, connaissaient les détails et le calendrier de l’opération, tandis que les Japonais furent handicapés par l’échec de leurs missions de reconnaissance puis, au moment de la bataille décisive livrée par les quatre porte-avions de l’amiral Nagumo, par la division de leurs forces en plusieurs flottes. Les quatre principaux porte-avions japonais (Kaga, Sōryū, Akagi et Hiryū) ainsi qu’un croiseur lourd (Mikuma) furent coulés par les aviateurs américains tandis que les pertes américaines se limitèrent à un porte-avions (USS Yorktown) et un destroyer.

Cette bataille marqua un tournant dans la campagne du Pacifique mais également dans la Seconde Guerre mondiale. Elle mit fin à la supériorité des forces japonaises dans l’océan Pacifique : celles-ci furent particulièrement touchées par la disparition de leurs meilleures unités aéronavales, parachevée peu après lors de la campagne des îles Salomon. La construction navale japonaise et un programme de formation accéléré des pilotes ne parvinrent pas à remplacer les pertes subies alors que les États-Unis augmentèrent dans le même temps et de façon considérable leur effectif de porte-avions et de pilotes d’appareils embarqués. La victoire de Midway, en réduisant la menace japonaise, permit également aux États-Unis de déployer une force navale considérable dans l’Atlantique Nord pour appuyer les forces alliées sur le front européen.


Sur l’île de Midway, le premier groupe d’attaque américain, composé de neuf B-17, décolla à 12 h 30 le 3 juin. Trois heures plus tard, ses pilotes découvrirent le convoi de transport japonais à 1 060 km à l’ouest. Pris sous un feu nourri, ils larguèrent leurs bombes sur les navires. Si plusieurs coups au but furent revendiqués, aucune bombe ne causa de dommages significatifs. Tôt le lendemain matin, le pétrolier japonais Akebono Maru fut touché par une torpille lancée par un hydravion PBY Catalina. Ce fut la seule attaque à la torpille réussie par les Américains lors de cette bataille.

Le 4 juin à 4 h 30, Nagumo lança sa première attaque sur Midway avec 36 bombardiers Aichi D3A (escadrilles du Kaga et Akagi) et 36 bombardier-torpilleurs Nakajima B5N (escadrilles du Soryu et Hiryu) escortés par 36 chasseurs Mitsubishi A6M Zero (9 de chaque porte-avions). Dans le même temps, il mit en place une patrouille de défense aérienne autour de ses porte-avions et envoya ses huit appareils de reconnaissance tenter de découvrir la flotte ennemie. L’opération de reconnaissance japonaise fut assez légère car il n’y avait pas assez d’avions pour couvrir efficacement les zones à surveiller et le mauvais temps rendait difficile les vols au nord-est et à l’est du groupe aéronaval. La mauvaise disposition du plan de bataille de Yamamoto était maintenant devenue un handicap sévère.

Les radars américains de Midway repérèrent les avions japonais à une distance de plusieurs centaines de kilomètres et des intercepteurs furent rapidement déployés. Des bombardiers sans escorte, car celle-ci restait en arrière pour défendre Midway, partirent attaquer les porte-avions japonais. À 6 h 20, les appareils japonais bombardèrent et endommagèrent gravement la base américaine. Les F4F Wildcat et les F2A Buffalo vieillissants décollèrent pour intercepter les Japonais et ils subirent de lourdes pertes, mais ils détruisirent quatre Aichi D3A et au moins trois Mitsubishi A6M Zero. Trois F4F et treize F2A furent abattus, la plupart dans les premières minutes et plusieurs autres furent endommagés ; à la fin de l’attaque, il ne restait plus que deux chasseurs en état de marche. La DCA américaine, précise et intense, revendiqua un tiers des appareils japonais détruits. Malgré les dégâts, la base américaine n’était pas hors service et les bombardiers pouvaient toujours s’y ravitailler et s’y réapprovisionner pour attaquer la force d’invasion japonaise. Une autre attaque aérienne serait donc nécessaire si les Japonais voulaient débarquer des troupes le 7 juin.

Ayant décollé avant l’attaque japonaise, les bombardiers américains basés à Midway menèrent plusieurs attaques sur le groupe aéronaval japonais. L’escadron d’attaque comprenait six TBF Avenger (venant tout juste d’entrer en service) détachés de l’USS Hornet qui attaquèrent conjointement avec quatre B-26 Marauder équipés pour l’occasion de torpilles. Suivirent onze SB2U Vindicator et seize SBD Dauntless du Corps des Marines ainsi que quinze B-17 Flying Fortress de l’USAAF déjà en l’air tôt le matin. Les Japonais détruisirent cinq Avenger et deux Marauder, ainsi que huit Dauntless et deux Vindicator moins d’une heure plus tard, tout en ne perdant que deux chasseurs. Plus rapide et plus robustes, les B-17 n’eurent aucune perte mais aucune bombe ou torpille ne toucha le moindre navire nippon lors de ces premières attaques américaines. Le major Lofton R. Henderson fut le premier pilote du corps des Marines à périr durant cette bataille et le principal aérodrome de Guadalcanal fut nommé en son honneur en août 1942. Un B-26 Marauder, touché par un tir de l’Akagi, ne fit rien pour s’éloigner et il manqua de s’écraser directement sur le pont d’envol du navire. Cet incident a pu contribuer à la détermination de Nagumo de lancer une autre attaque contre Midway en violation des instructions de Yamamoto lui imposant de garder le groupe de réserve pour des opérations anti-navires.

L’amiral Nagumo, conformément aux doctrines aéronavales japonaises de l’époque, avait gardé en réserve la moitié de ses appareils soit deux escadrilles, l’une de bombardier-torpilleurs et l’autre de bombardiers en piqué, pour attaquer les navires américains quand ces derniers auraient été repérés. Les bombardiers-torpilleurs de la réserve étaient armés de torpilles tandis que les bombardiers en piqué n’avaient pas encore reçu d’armement. À la suite de l’attaque des porte-avions japonais par les appareils américains basés sur Midway, et pour répondre à la demande du chef d’escadrille qui estimait nécessaire de mener une seconde frappe contre l’aérodrome de Midway, Nagumo ordonna à 7 h 15 que les appareils de réserve soient réarmés avec des bombes contre cible terrestre. Certaines sources avancent que le changement était en cours depuis environ 30 minutes quand, à 7 h 40, l’avion de reconnaissance du Tone signala la présence d’une grande force navale américaine à l’est sans en préciser la composition. Certains documents indiquent néanmoins que Nagumo ne reçut pas l’information avant 8 h75. Nagumo annula immédiatement l’ordre de réarmement des avions de réserve et demanda que l’appareil de reconnaissance fournisse la composition de la flotte américaine. Quarante minutes plus tard, le pilote signala la présence d’un unique porte-avions dans le groupe américain.

Nagumo était placé devant un dilemme. Le contre-amiral Tamon Yamaguchi, commandant le second groupe aéronaval (Hiryū et Sōryū), recommanda que Nagumo attaque immédiatement avec les forces disponibles : 36 bombardiers en piqué Aichi D3A sur le Soryu et le Hiryū et la moitié des chasseurs chargés de la protection aérienne. Mais le lancement d’un groupe d’attaque contre les navires américains était cependant désormais limité par le retour proche des appareils ayant attaqué Midway qui auraient besoin de se poser rapidement. Par ailleurs, du fait de l’activité incessante sur le pont durant l’heure précédente, liée aux lancements et aux atterrissages des avions chargés de la protection aérienne, les Japonais n’avaient jamais eu la possibilité de préparer le lancement de leurs appareils de réserve. Positionner les avions de réserve sur les ponts d’envol et les lancer aurait nécessité au moins 30 minutes. De plus, en lançant immédiatement ses appareils, Nagumo aurait engagé une partie de ses réserves sans un armement anti-navires adéquat. La doctrine aéronavale japonaise privilégiait l’envoi d’escadrilles en formation et sans confirmation par l’avion de reconnaissance (jusqu’à 8 h 20) de la présence de porte-avions américains, la réaction de Nagumo suivit la doctrine. De plus, l’arrivée d’une nouvelle vague d’assaut aérienne américaine à 7 h 53 en provenance de Midway renforça les arguments en faveur d’une deuxième attaque de l’aérodrome. Finalement, Nagumo décida d’attendre le retour des escadrilles ayant réalisé l’attaque de Midway avant de lancer sa réserve, ce qui laissait à celle-ci le temps d’être convenablement préparée et équipée.

L’amiral Fletcher, à bord de l’USS Yorktown, ayant bénéficié du rapport de l’hydravion de reconnaissance, ordonna au contre-amiral Spruance de lancer une attaque contre les Japonais aussitôt que possible tout en gardant initialement l’USS Yorktown en réserve si d’autres porte-avions japonais étaient repérés.

Bien que la flotte japonaise se trouvât à la limite du rayon d’action de ses appareils, Spruance décida qu’une attaque pouvait réussir et il donna l’ordre de décollage vers 6 h. Il laissa ensuite le chef d’état-major de Halsey, le capitaine de vaisseau Miles Browning, mettre au point les détails de l’attaque et superviser les décollages. Les opérations prirent du retard et les premiers appareils ne quittèrent les porte-avions sous le commandement de Spruance, l’USS Enterprise et l’USS Hornet, que vers 7 h, puis ceux de l’USS Yorktown à 8 h.

Fletcher et ses officiers à bord de l’USS Yorktown avaient acquis de l’expérience dans la préparation et le lancement d’un groupe d’attaque durant la bataille de la mer de Corail, mais ils n’avaient pas eu le temps de former les équipages des deux autres porte-avions qui devaient lancer la première frappe90. Spruance donna ensuite l’ordre aux appareils en vol de se diriger immédiatement vers l’ennemi sans perdre une minute à attendre la formation d’un groupe d’attaque complet, car il considérait que la neutralisation des porte-avions ennemis était la clé de la survie de sa flotte. Spruance estima que la rapidité de l’attaque était plus importante que la mise au point d’un dispositif d’attaque coordonné entre les différents types d’appareils (chasseurs, bombardiers en piqué et bombardier-torpilleurs). Par conséquent, les flottilles américaines furent envoyées à l’assaut au fur et à mesure, en plusieurs groupes distincts. Le manque de coordination allait réduire l’efficacité de l’attaque et aggraver les pertes, mais Spruance considéra que le risque en valait la peine, car mettre les Japonais sous pression handicaperait leur capacité à mener une contre-attaque (la doctrine japonaise privilégiait des attaques en formation) et il pensa qu’il attaquerait au moment où les ponts d’envol ennemis seraient les plus vulnérables.

Les appareils américains eurent du mal à trouver la flotte japonaise malgré les positions qu’ils avaient reçues. Le premier groupe américain, l’escadrille VT-8 (Torpedo Squadron 8) du lieutenant commander Waldron décollé de l’USS Hornet, arriva en vue des navires japonais à 9 h 20, suivi par le Torpedo Squadron 6 de l’USS Enterprise à 9 h 40. Les avions américains lents et sous-armés furent rapidement balayés par les Mitsubishi A6M Zéros, bien plus rapides et manœuvrables, sans avoir le temps de causer des dégâts. Vingt-cinq TBD Devastator furent perdus au total mais quelques-uns parvinrent à lancer leurs torpilles et à mitrailler les navires, ce qui força les porte-avions japonais à réaliser des manœuvres d’évitement.

Les attaques à la torpille américaines parvinrent à désorganiser les porte-avions japonais et les empêchèrent de préparer et de lancer une contre-attaque. De plus, elles détournèrent l’attention des chasseurs japonais qui arrivèrent rapidement à court de carburant et de munitions. L’apparition d’un troisième groupe de bombardiers-torpilleurs commandé par le lieutenant commander Leslie (le Torpedo Squadron 3 de l’USS Yorktown) au sud-est à 10 h attira rapidement la plus grande partie des chasseurs japonais dans ce secteur qui infligèrent de lourdes pertes aux Devastator : dix avions perdus sur les douze engagés. Quelques Zéro furent abattus par les Wildcat, notamment en utilisant la tactique de la Thach Weave, mais les chasseurs américains furent trop peu nombreux pour éviter les lourdes pertes.

Au même moment, trois escadrons de bombardiers en piqué américains SBD Dauntless arrivaient en vue de la flotte japonaise depuis le nord-est et le sud-ouest. Ces derniers n’avaient presque plus de carburant car ils avaient passé beaucoup de temps à rechercher l’ennemi. Le chef du groupe, Clarence Wade McClusky, décida cependant de continuer les recherches et, par chance, il repéra le destroyer japonais Arashi. Ce navire faisait route à pleine vitesse pour rattraper le groupe aéronaval de Nagumo après avoir tenté sans succès de couler le sous-marin USS Nautilus, qui avait auparavant attaqué en vain le croiseur de bataille Kirishima. Certains des bombardiers Dauntless, à court de carburant, durent amerrir avant même le début de l’attaque.

La décision de McClusky de poursuivre les recherches a, selon l’amiral Chester Nimitz, « décidé du destin de notre groupe aéronaval et de nos forces à Midway ». Les appareils américains arrivèrent en effet au pire moment pour la flotte japonaise. Les appareils japonais armés encombraient les hangars, les tuyaux de carburant serpentaient sur les ponts pour terminer les opérations de ravitaillement et les fréquents changements d’armement avaient eu pour conséquence que les bombes et les torpilles étaient dispersées dans les hangars au lieu d’être stockées en sûreté dans les soutes à munitions. Libres de toute opposition aérienne, le gros des escadrons de l’USS Enterprise piquèrent sur le Kaga et réalisèrent plusieurs coups au but à 10 h 22. Quatre minutes plus tard, quelques Dautnless attaquèrent l’Akagi, qui fut touché par une bombe qui traversa le pont d’envol et explosa dans les hangars au milieu des appareils alors armés et ravitaillés. L’escadron VB-3 de l’USS Yorktown plongea à son tour sur le Soryu, qui fut également touché à plusieurs reprises. En moins de six minutes, les Japonais avaient trois porte-avions désemparés en proie aux flammes. L’amiral Nagumo dut alors quitter son navire-amiral l’Akagi pour se réfugier sur le croiseur léger Nagara. Les trois porte-avions mortellement touchés furent finalement abandonnés et sabordés.

Le Hiryu, le seul porte-avions japonais survivant, lança immédiatement ses appareils. La première vague japonaise de bombardiers en piqué, 18 Aichi D3A1 escortés par six chasseurs Mitsubishi A6M2 Zéro, endommagea lourdement l’USS Yorktown avec trois bombes qui détruisirent ses chaudières et l’immobilisèrent. Cependant, les réparations furent tellement efficaces que les pilotes de la seconde vague japonaise composée de dix bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N2nb 5, escortés par six chasseurs A6M2, crurent qu’ils attaquaient un autre navire de la même classe. Les Japonais pensèrent égaler les scores en éliminant deux porte-avions en deux frappes, mais l’USS Yorktown subit les deux attaques japonaises. En effet, la seconde vague pensa que l’USS Yorktown avait déjà coulé et qu’elle attaquait l’USS Enterprise. Après avoir reçu deux torpilles, l’USS Yorktown fut incapable de poursuivre la bataille car il commença à giter selon un angle de 26° à bâbord et cela força l’amiral Fletcher à déplacer son état-major à bord du croiseur lourd USS Astoria. Les deux autres porte-avions américains n’avaient pas été endommagés.

Du reste, les défenses américaines furent plutôt efficaces : des Dauntless en vol furent pris à partie par l’escorte des six Zéro lors de la première vague mais les bombardiers américains mirent en échec les chasseurs, dont un seul parviendra à rentrer. Privés de couverture, les D3A1 subissent de lourdes pertes et seulement cinq d’entre eux purent rentrer. Lors du second assaut, les cinq premiers B5N2 sont abattus ainsi que deux Zéro d’escorte.

Toutefois, la nouvelle des deux attaques et le fait que chacune avait coulé un porte-avions américain améliora considérablement le moral du Kidô Butai. Ses appareils survivants furent récupérés par le Hiryu, où ils furent préparés pour une attaque contre ce qui semblait être le dernier porte-avions américain.

À la fin de l’après-midi, un appareil de reconnaissance de l’USS Yorktown localisa le dernier porte-avions de Nagumo, l’Hiryu. L’USS Enterprise lança une vague d’attaques composée de 25 bombardiers en piqué SBD Dauntless. Bien que le Hiryu ait été protégé par quatorze chasseurs Mitsubishi A6M Zéros provenant des quatre porte-avions, quatre ou cinq bombes lancées par les appareils américains touchèrent mortellement le porte-avions japonais. Le souffle des explosions fut si puissant que la plateforme de l’ascenseur avant fut projetée sur l’ilot du navire. Les avions de l’USS Hornet, seize bombardiers en piqué SBD Dauntless, lancés avec retard à la suite d’une erreur de communication, attaquèrent sans résultat les autres navires japonais. Après des efforts désespérés pour éteindre l’incendie, la majorité de l’équipage du Hiryu fut évacuée et le reste de la flotte s’orienta vers le nord-est pour tenter d’intercepter les porte-avions américains. Le Hiryu resta à flot durant plusieurs heures et lorsqu’il fut repéré le lendemain matin par un appareil du porte-avions Hosho, les Japonais pensèrent qu’ils pourraient le remorquer jusqu’au Japon pour le réparer. Cependant, le navire coula peu après avoir été repéré. Le contre-amiral Tamon Yamaguchi choisit de sombrer avec son vaisseau.

Avec la tombée de la nuit, les deux camps firent le point et préparèrent des plans pour la suite de la bataille. L’amiral Fletcher, obligé d’abandonner l’USS Yorktown et pensant qu’il ne pourrait pas commander de manière efficace depuis un croiseur, céda le commandement opérationnel à Spruance. Ce dernier savait que les États-Unis avaient remporté une grande victoire mais il n’était pas certain de la situation des forces japonaises et était déterminé à protéger Midway et ses porte-avions. Pour aider ses aviateurs, qui avaient été lancés à la limite de leur rayon d’action, Spruance s’était rapproché de la flotte de Nagumo durant la journée et continua pendant la soirée. La dernière vague de l’après-midi manqua de repérer la flotte principale de Yamamoto et comme les appareils revinrent pendant la nuit, Spruance fit allumer les feux de ses porte-avions pour faciliter les atterrissages, prenant le risque d’être repéré et attaqué par les sous-marins ennemis. Finalement, craignant une possible rencontre avec les forces de surface japonaises, Spruance fit mettre le cap à l’est avant de faire demi-tour à l’ouest vers minuit. De son côté, Yamamoto décida initialement de poursuivre l’engagement et d’envoyer ses navires vers l’est pour attaquer les porte-avions américains. Simultanément, un groupe de croiseurs fut détaché pour bombarder l’île. La flotte de surface japonaise ne parvint pas à repérer les navires américains du fait de la décision de Spruance de mettre momentanément le cap à l’est et Yamamoto ordonna un repli général à l’ouest.

À 2 h 15 dans la nuit du 5 au 6 juin, le sous-marin USS Tambor, qui se trouvait à environ 170 km à l’ouest de Midway, repéra plusieurs navires. Comme il ne parvint pas à les identifier, le commandant du submersible ne tira pas mais il rapporta leur position à ses supérieurs. Après avoir reçu le rapport, Nimitz le transmit à Spruance. Ne sachant pas où se trouvait la principale flotte de Yamamoto, Spruance supposa que le sous-marin avait repéré la force d’invasion et il entreprit de l’intercepter.

Les navires repérés par l’USS Tambor étaient les quatre croiseurs lourds Kumano, Suzuya, Mogami, Mikuma et les deux destroyers Arashio et Asashio, que Yamamoto avait envoyés pour bombarder Midway. À 2 h 55, les navires japonais reçurent l’ordre de se replier et ils firent demi-tour. À peu près au même moment, l’USS Tambor fut repéré et lors des manœuvres pour éviter une attaque sous-marine, les croiseurs Mogami et Mikuma entrèrent en collision. La proue du Mogami fut sévèrement endommagée et le Mikuma, ayant subi moins de dégâts, dut ralentir à la vitesse de 22 km/h pour ne pas distancer le Mogami. À 4 h 12, le sous-marin américain confirma que les navires étaient japonais et il plongea pour les attaquer.

L’USS Yorktown gitait fortement à bâbord après avoir été touché par les appareils japonais. L’attaque fut infructueuse et vers 6 h, il rapporta la présence de deux croiseurs japonais de la classe Mogami se trouvant à l’ouest.

Les jours suivants, les appareils américains de Midway puis ceux des porte-avions de Spruance menèrent plusieurs attaques contre les croiseurs japonais à la traîne. Le Mikuma fut coulé le 7 juin et le Mogami fut touché à plusieurs reprises mais parvint à rentrer au Japon. Les destroyers Arashio et Asashio furent également bombardés et mitraillés par les appareils américains de la dernière vague.

Au même moment, les opérations de sauvetage de l’USS Yorktown se poursuivaient et il fut remorqué par le dragueur de mines USS Vireo (en). Dans l’après-midi du 6 juin, le porte-avions américain fut touché par deux torpilles lancées par le sous-marin japonais I-168. Les pertes furent légères car l’équipage avait déjà été en grande partie évacué, mais une troisième torpille coupa en deux le destroyer USS Hammann, tuant 80 marins. L’USS Yorktown ne coula que vers 5 h le 7 juin, marquant la fin de la bataille. Les Américains n’avaient donc perdu qu’un seul de leurs porte-avions, contre quatre pour les Japonais (l’Akagi, le Kaga, le Soryu et le Hiryu).

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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