Jules Sébastien César Dumont d’Urville, officier de marine et explorateur.

Jules Sébastien César Dumont d’Urville, né à Condé-sur-Noireau (Calvados) le 23 mai 1790 et mort accidentellement à Meudon le 8 mai 1842, est un officier de marine et explorateur français qui mena de nombreuses expéditions, notamment à bord de l’Astrolabe.

Le comte Chabrol de Crousol, ministre de la Marine, confie à Dumont d’Urville une nouvelle exploration de la mer du Sud. Il reçoit en 1826 le commandement de la corvette la Coquille, renommée L’Astrolabe, avec le grade de capitaine de frégate. Il a pour mission d’explorer l’Océanie et l’expédition est envoyée dans l’océan Pacifique pour arpenter les côtes de la Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Zélande et d’autres îles. La seconde mission de l’expédition est de retrouver le lieu du naufrage de La Pérouse. Le 22 avril 1826, Jules Dumont d’Urville appareille de Toulon comme commandant de l’Astrolabe.

Dumont d’Urville choisit les officiers suivants pour l’expédition : Jacquinot, Lottin, Gressien Guilbert, Pierre Primevère Lesson (chirurgien de troisième classe), Gaimard (médecin major) assisté du professeur Quoy. Trois élèves de marine : Faraguet, Girard-Dumaine et François Edmond Pâris, Sainson (dessinateur), un commis et un secrétaire. Presque tous sont des anciens de la Coquille ou de la Chevrette. Jacquinot se charge de constituer l’équipage. Au total, 80 personnes embarquent pour l’expédition.

Dumont D’Urville, carte maximum, Condé-sur-Noireau, 20/02/1988.

Le capitaine Peter Dillon est le premier à avoir recueilli des objets provenant des épaves de La Pérouse à Tikopia en 1826 puis à Vanikoro sur les lieux du naufrage. Il identifie ces objets comme les restes de l’expédition de La Pérouse mais il refuse de communiquer les coordonnées précises des épaves. Dumont d’Urville aborde à Hobart le 19 décembre 1827 et apprend la découverte de Dillon. Il séjourne à Vanikoro du 21 février au 17 mars et il fait élever un monument à la gloire de La Pérouse. Grâce aux divers témoignages recueillis et à ses observations, D’Urville reconstitue le déroulement du drame.

L’Astrolabe est de retour à Marseille le 25 mars 1829. Le bilan est lourd : 12 morts, 14 malades débarqués dans un port, 3 déserteurs.

L’expédition de 35 mois a procuré à la géographie et à la navigation la reconnaissance positive de plus de 4 000 lieues de côtes les moins connues du globe sur la Nouvelle-Irlande, la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle-Guinée ; elle a assuré la position de près de 200 îles ou îlots, dont une soixantaine n’avaient encore figuré sur aucune carte. Dumont d’Urville a cartographié les îles Loyauté, effectué un relevé des côtes de la Nouvelle-Zélande. Il a entrepris une exploration des îles Tonga et des Moluques. Ses rapports ont permis la classification des îles en Mélanésie, Polynésie et Micronésie.

Les immenses récoltes d’histoire naturelle, amassées durant tout le cours de la campagne, sont déposées au retour au muséum d’histoire naturelle et le musée maritime s’enrichit d’un nombre considérable d’objets des peuples visités. Dumont d’Urville a rassemblé une pléthore de matériaux précieux pour la géographie et la botanique. Il fait paraître, sous le titre de Voyage de la corvette L’Astrolabe exécuté par ordre du Roi, pendant les années 1826-1827-1828-1829 sous le commandement de M. J. Dumont d’Urville, capitaine de vaisseau (17 volumes, dont 4 atlas, 1830-1833 chez J. Testu), résultat des recherches très critiqué par le savant François Arago pour leur imprécision. Il contribue à la cartographie et l’hydrographie de cette région du globe, notamment en proposant à la Société de géographie la subdivision devenue traditionnelle de l’Océanie en Polynésie, Micronésie et Mélanésie (dont il crée le nom) — et en Malaisie. Ces subdivisions sont désormais contestées par les géographes et les linguistes mais continuent d’être utilisées.

Il entreprend en 1837 un nouveau voyage, dans une expédition dans les régions de l’océan Antarctique. Cette nouvelle expédition est fort décriée par François Arago dans le discours qu’il prononce le 5 juin 1837 à la chambre des députés. Il critique la destination choisie qui n’a selon lui aucun intérêt scientifique : C’est donc un voyage de pure curiosité ; les gens sensés n’entreprennent pas des voyages dangereux, quand il n’y a rien à attendre pour les sciences et pour le commerce. L’Astrolabe et la Zélée partent de Toulon le 11 septembre 1837 et le 13 novembre mouillent dans la rade de Rio de Janeiro. Le 11 janvier 1838, elles quittent la Terre de Feu et s’avancent vers les glaces antarctiques11. Arago s’interroge également sur la robustesse des navires choisis pour aller au pôle Sud et souligne le caractère dangereux de l’expédition. Par la suite, Dumont d’Urville et Arago vont s’affronter par discours interposés relayés dans les Annales maritimes.

Il explore les mers australes, pousse fort avant vers le pôle Antarctique, en affrontant les plus grands périls, découvre quelques nouvelles terres. Les premières rencontrées le sont dès le 59e degré ; au 64e de latitude sud, ce ne sont plus des montagnes flottantes, mais une barrière compacte qui se prolonge à perte de vue. À force de travaux, les navires remontent vers le nord et découvrent une côte de 120 milles d’étendue, qu’on nomme la terre Louis-Philippe.

Le 7 mars, ils sortent des glaces et, le 7 avril, ils font relâche à Valparaíso. Dumont d’Urville quitte cette rade le 29 mai, séjourne, du 26 août au 3 septembre, à Nuku Hiva, îles Marquises et fait le relèvement complet des îles Salomon du 18 au 26 novembre. Le 6 novembre, il revoit Vanikoro (îles Nitendi), lieu célèbre par le naufrage de La Pérouse. Le 1er janvier 1839, l’Astrolabe et la Zélée arrivent à Gouaham, le 5 février à Amboine, le 1er juin à la pointe sud de Bornéo, le 8 juin à Jakarta, le 6 octobre à Lampongs (Sumatra). C’est dans ces parages que les deux équipages éprouvent un premier, un cruel désastre : la maladie enlève 17 hommes, contraignant Dumont d’Urville à laisser 16 malades à Hobart vers les premiers jours de décembre.

Ayant appris dans ce port que les capitaines James Clark Ross et Francis Crozier étaient en route pour le pôle Sud, le commandant ne veut pas laisser aux Anglais seuls l’honneur d’une tentative et se décide à faire une nouvelle pointe vers le sud.

Le 1er janvier 1840, l’Astrolabe et la Zélée remettent à la voile. Le 15, elles coupent la route de Cook et, depuis ce moment, se trouvent dans un espace de mer que jamais navire n’avait sillonné ; le 16, par 60° de latitude sud et 141° de longitude est, on voit la première glace, masse de 50 pieds de hauteur sur 200 d’étendue ; le 17, les glaces ont de 100 à 130 pieds sur 3 à 400 toises d’étendue. Le 20 janvier ils voient la terre au « cap Découverte ». La terre est à 8, à 10 milles de là ; c’est un immense ruban s’étendant à perte de vue du S.S.-E. à l’O.S.-O., haut de 2 à 300 toises, entièrement couvert de glace et de neige ; on est par 66° 38 de latitude sud et 138° 21 de longitude est, sous le cercle polaire antarctique et à peu de distance du pôle Sud magnétique qui a été précédemment localisé par l’hydrographe de l’expédition Vincendon-Dumoulin. Dumont d’Urville reconnaît ensuite 150 milles de côte.

Après avoir aperçu la côte le 20 janvier 184015 à 10 h 50 du soir, ils embarquent sur deux canots de l’Astrolabe et de la Zélée et mettent pied, le 22 janvier 1840, sur le Rocher du Débarquement, le plus élevé et le plus nord-occidental parmi le groupe d’îlots des « îles Dumoulin », îles ainsi nommées par Dumont d’Urville en l’honneur de l’hydrographe de l’expédition Vincendon-Dumoulin, situées au nord est de l’archipel de pointe Géologie, à environ 4 km du continent près du cap Géodésie. Ils y prélèvent des échantillons de roche, d’algues et d’animaux et en prennent possession en plantant le drapeau français (66° 36′ 19″ S, 140° 04′ 00″ E). Dumont d’Urville annonce à son équipage que cette terre portera désormais le nom de Terre-Adélie, rappelant le prénom de sa femme Adèle. Le 29 janvier, ils croisent la route de l’expédition américaine de Charles Wilkes, qui le 16 janvier avait aperçu vers l’ouest une « île de glace » située à plus de 175 km de la côte (à l’est de 66° 22′ S, 153° 40′ E), puis, en voguant plus à l’ouest, la côte elle-même le 25 janvier 1840 (67° 04′ 37″ S, 147° 42′ 00″ E), soit cinq jours après que Dumont d’Urville l’a aperçue 9 degrés de longitude (environ 400 km) plus à l’ouest, puis y a débarqué, de sorte que les États-Unis ne reconnaissent pas la revendication française sur la Terre-Adélie.

Le 27 janvier, forcé de renoncer à tous projets d’exploration de la Terre-Adélie, dont on avait tracé environ 150 milles d’étendue en voguant vers l’ouest, il se porte au nord, sous toutes voiles possibles, pour s’échapper du labyrinthe où il se trouve engagé. Ainsi, le 1er février 1840 par 65° 20 de latitude sud et 128° 121 de longitude est, il dit un adieu définitif à ces régions sauvages et met le cap au nord pour rallier Hobart, où il arrive le 17 février. Il visite encore la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie, le détroit de Torres, touche à l’île Maurice et revient en France.

À son retour, il est nommé contre-amiral en décembre 1840 et reçoit de la Société de géographie la grande médaille d’or. Il s’occupe de publier son Voyage au pôle Sud et dans l’Océanie lorsqu’il périt avec sa femme et son fils de 16 ans dans la catastrophe ferroviaire de Meudon, l’une des premières grosses catastrophes ferroviaires françaises, qui a lieu le 8 mai 1842 dans la tranchée de Bellevue à Meudon. Les corps de Dumont d’Urville, de sa femme et de ses deux fils sont inhumés au cimetière du Montparnasse à Paris.

Le Voyage au pôle Sud paraît en 1841-1846, rédigé à partir du tome 4 par Vincendon-Dumoulin, hydrographe de l’expédition.

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Sources : Wikipédia, YouTube

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