Juan Ramón Jiménez, poète.

Juan Ramón Jiménez, né à Moguer, en Andalousie, le 23 ou 24 décembre 1881 et mort le 29 mai 1958 à San Juan, à Porto Rico, est un poète espagnol de la génération de 14.

Il a notamment développé l’idée de « poésie pure », à savoir une poésie d’inspiration platonicienne, habitée par un idéal supérieur de beauté et détachée de tout contenu idéologique, politique ou social. Jiménez se veut un poète du raffinement et de la nuance, soucieux de développer de nouvelles recherches esthétiques et rythmiques dans l’expression d’une douce mélancolie. Ses compositions sont par ailleurs dotées d’une large dimension musicale.

Jiménez reconnaît le symbolisme français et les travaux de Rubén Darío, à l’origine du mouvement moderniste en Amérique latine, comme influences déterminantes pour son œuvre.

Son récit poétique le plus célèbre est Platero y yo, sous-titré Elégie andalouse et dont l’édition intégrale parut en 1917. Opposant au régime franquiste, il s’enfuit à Porto Rico en 1939. Il y reçut le prix Nobel de littérature en 1956 alors qu’il vivait en exil avec d’autres figures marquantes de la Péninsule, telles que Pablo Casals et Francisco Ayala.


Il naquit le 23 décembre 1881 au numéro 2 de la calle de la Ribera de Moguer. Il était le fils de Víctor Jiménez et de Purificación Mantecón, qui pratiquaient avec succès le commerce des vins. En 1887 ses parents s’installèrent dans une vieille maison de la calle Nueva et il reçut son enseignement primaire et secondaire au collège de San José.

En 1891 il passa son brevet avec mention Très Bien à l’Institut de Huelva. En 1893 il prépara le Baccalauréat au collège San Luis Gonzaga du Puerto de Santa María, et obtint le titre de Bachelier ès Arts. En 1896 il alla à Séville pour devenir peintre, croyant que c’était sa vocation. Il y fréquenta la bibliothèque de l’Athénée sévillan. Il écrivit ses premières œuvres en prose et en vers et commença à collaborer aux journaux et aux revues de Séville et de Huelva.

Jimenez, carte maximum, Espagne, 1982.

Sur l’ordre de son père, il commença des études de droit à l’Université de Séville mais les abandonna sans les avoir terminées en 1899.

En 1900, il s’installa à Madrid et publia ses deux premiers livres, Ninfeas y Almas de violeta. La mort de son père la même année et la ruine de sa famille le jetèrent dans une angoisse profonde, qu’il vécut intensément en raison de son caractère hyperesthésique ; en 1901 il fut admis pour dépression dans un hôpital près de Bordeaux puis, de retour à Madrid, au Sanatorio del Rosario.

En 1902, il publie Arias tristes et participe à la fondation de la revue littéraire Helios. Il quitte également le Sanatorio del Rosario et va s’installer chez le Docteur Simarro. En 1904, il publie Jardines lejanos.

En 1905, il retourna dans son village natal en raison des problèmes économiques de sa famille causés par la mort de son père et habite la maison de la rue Aceña. Cette période coïncide avec la période de sa plus grande production littéraire. On y trouve dans la Deuxième Anthologie Poétique (achevée d’imprimer en 1922), des ouvrages en vers: Pastorales (1903-1905) ; Olvidanzas (1906-1907) ; Baladas de primavera (1907) ; Elejías (1907-1908) ; La soledad sonora (1908) ; Poemas májicos y dolientes (1909) ; Arte menor (1909) ; Poemas agrestes (1910-1911) ; Laberinto (1910-1911) ; Melancolía (1910-1911) ; Poemas impersonales (1911) ; Libros de amor (1911-1912); Domingos (Première partie) (1911-1912) ; El corazón en la mano (Deuxième partie) (1911-1912); Bonanza (Troisième partie) (1911-1912) ; La frente pensativa (1911-1912) ; Pureza (1912) ; El silencio de oro (1911 -1913) ; Idilios (1912-l913) tous écrits pendant son séjour chez lui. En vers et en prose sont les ouvrages Esto (1908 -1911) et le titre évocateur Historias (1909-1912).

Six ans plus tard, il s’installa à Madrid où, en 1913, il fit la connaissance de Zénobia Camprubí Aymar dont il tomba éperdument amoureux. Il fit plusieurs voyages en France puis en Amérique, où en 1916 il épousa Zénobia. Ce mariage et la redécouverte de la mer seront décisifs dans son œuvre et on leur doit le Diario de un poeta recién casado (Journal d’un poète jeune marié), qui marque la frontière entre son étape sensitive et son étape intellectuelle. À partir de ce moment, il crée une poésie pure avec un lyrisme très intellectuel. En 1918, il est à la tête de mouvements de renouveau poétique, acquérant une grande influence sur la Génération de 27. De 1921 à 1927 il publie dans des revues une partie de son œuvre en prose et, de 1925 à 1935, fait paraître ses Cuadernos (Cahiers), qui accueilleront la plupart de ses écrits. À partir de 1931, l’épouse du poète commence à souffrir des premiers symptômes d’un cancer qui ne finira qu’avec sa vie.

En 1936, année qui marque dans son œuvre la transition de l’étape « intellectuelle » à celle de la « suffisance ou de la vérité », la guerre civile espagnole éclate. Il soutient la république en accueillant plusieurs orphelins dans une de ses maisons. Cependant, il ne se sent pas sûr à Madrid, le journal socialiste Claridad entamant une campagne contre les intellectuels2. Avec l’aide de Manuel Azaña, lui et sa femme parviennent à partir de la capitale par voie diplomatique: il s’installe ainsi à Washington comme attaché aux affaires culturelles.

En 1946, le poète reste hospitalisé huit mois en raison d’une autre crise de dépression. En 1950, il part pour Porto Rico, et donne des cours à l’Université de Porto Rico.

En 1956, l’Académie suédoise lui décerne le prix Nobel de littérature à Porto Rico, où il a passé une grande partie de sa vie en exil et où il travaille comme professeur à l’Université. Trois jours plus tard, sa femme meurt à San Juan. Il ne se remettra jamais de cette perte et reste à Porto Rico tandis que Don Jaime Benitez, chancelier de l’Université de Porto Rico, reçoit le prix en son nom. Juan Ramón Jiménez meurt deux ans plus tard, dans la même clinique où sa femme s’était éteinte. Ses restes ont été transférés en Espagne.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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