Jean-François de Galaup, Comte de la Pérouse.

Jean-François de Galaup de La Pérouse, est né à Albi le 23 août 1741. Encouragé par l’un de ses parents, le marquis de la Jonquière, il trouve définitivement sa vocation en devenant à l’âge de 15 ans garde marine à Brest, il sera officier de Marine en 1756.

Commence alors l’extraordinaire aventure de cet Albigeois qui dès l’âge de 22 ans s’engage dans le conflit contre l’Angleterre, lors la guerre de 7 ans, à propos du Canada (1757-1763). Il sera blessé puis prisonnier sur l’honneur des Anglais (1759-1762). Promu enseigne de vaisseau en 1764. Son expérience de l’Outremer se confirme dans les années 1772-1778 alors qu’il sert d’abord aux Antilles puis dans l’océan Indien où. ayant obtenu en 1773 son premier commandement à la mer, il se signale en sauvant le comptoir de Mahé assiégé par un prince local. Promu lieutenant de vaisseau, il reçoit la croix de Saint-Louis en 1778. Il s’illustre alors dans la baie d’Hudson pendant la guerre d’indépendance des Etats-Unis (1778-1782).

En 1785, il est nommé capitaine de vaisseau à l’âge de 40 ans et , il a maintenant de solides appuis en la personne du ministre de la Marine, le duc de Castries et de Fleurieu, directeur des ports et des arsenaux. Il épouse la jeune Louise Eléonore Broudou en juillet 1783.

Louis XVI lui confie alors une expédition autour du monde une destinée à compléter les récentes découvertes de Cook. Les objectifs en étaient multiples, géographiques, scientifiques, économiques, mais aussi politiques avec l’établissement ultérieur de bases françaises au niveau de l’Alaska, des Philippines et de la presqu’île du Kamchatka. C’est en somme un programme gigantesque d’exploration dans tout le Pacifique Nord et Sud, y compris les côtes de l’Australie qui lui est proposé.

Deux navires, la Boussole et l’Astrolabe partent de Brest le 1er août 1785 pour un périple estimé à trois ans. Les résultats de l’expédition furent connus à chaque escale. Le 6 novembre il parvient au Brésil puis le 24 février 1786 au Chili et ensuite à l’île de Pâques, puis Hawaï le 30 mai 1786. Entre-temps, une reconnaissance des côtes du Canada et de 1’île de Vancouver en juillet 1786 a été marquée par un incident de mer tragique et la perte de 22 marins dans la baie de Lituya. Le 28 mars 1787 commence l’exploration de la côte asiatique par Canton, Formose et le Japon. Barthélémy De Lesseps, oncle du constructeur du Canal de Suez , interprète de russe débarquant à Pétropavlosk au Kamchatka quitte l’expédition pour ramener par voie de terre les documents de la seconde partie du voyage, il traverse toute la Sibérie.

Les dernières nouvelles parvenues, servant à orienter les recherches, furent confiées aux anglais à Botany Bay (Australie) au début de 1788. Il est cependant prouvé aujourd’hui que Lapérouse fut un des découvreurs de la côte orientale de Nouvelle Calédonie, avant de voguer vers son tragique destin à Vanikoro. Le 10 Mars 1788, à son départ d’Australie, commence le mystère La Pérouse qui durera quarante ans. Sans nouvelle de lui à la mi-1789, on commence à s’inquiéter à Versailles. L’expédition est déclarée officiellement perdue le 14 février 1791.

L’histoire rapporte que Louis XVI quelques minutes avant son exécution aurait demandé des nouvelles de l’expédition de La Pérouse. En 1791, une expédition de secours est commandée par l’amiral d’Entrecasteaux, elle explore sans succès la zone indiquée par La Pérouse à sa dernière escale en Australie, et notamment le voisinage des Iles Salomon (Santa Cruz) où il est aujourd’hui certain qu’il y ait eu des survivants à cette époque.

La Pérouse, par sa personnalité attachante et son indépendance d’esprit, reste au plan national l’un des grands explorateurs maritimes du XVIIIème, et un précurseur des relations entre la France et les pays du Pacifique Nord et Sud.

C’est 30 ans plus tard qu’un irlandais, le capitaine Dillon naviguant dans cette zone achète des objets français provenant d’une île voisine, Vanikoro. La nouvelle s’ébruite et, rentré à Calcutta on lui confie un navire pour des recherches . Il précède sur les lieux Dumont d’Urville envoyé par la France, mais coopère avec lui. Il y a alors identification formelle des épaves de l’expédition La Pérouse et recueil d’indications fournies par les indigènes sur le sauvetage d’une partie des rescapés et le départ d’une autre sur une embarcation de fortune, dont on est sans nouvelles.

Depuis 1981, l’association Salomon, fondée par Alain Conan, a repris l’enquête pour tenter d’élucider les circonstances dans lesquelles La Pérouse et les siens ont disparu.

Avec les voiliers des uns et des autres, ils mettent le cap sur les Salomon et entament leurs investigations sous-marines. La pêche est miraculeuse. Dès les premières campagnes, des milliers de pièces ­ vaisselle, verroterie, couverts en argent, montre, sculptures ­ sont remontées du fond de l’océan. Restaurées, traitées et authentifiées, les pièces remontées sont exposées au Musée La Pérouse d’Albi et au Musée d’histoire maritime de Nouvelle-Calédonie.

A terre, lors de la cinquième campagne en 1999, les recherches prennent un tour inespéré avec la découverte d’un ” camp des Français “. On retrouve des pierres à fusil, des balles de mousquets écrasées, des clous, des boutons d’uniformes, un pied du roi -instrument de mesure- et un canon de méridienne, sur quelques dizaines de mètres carrés.

En 2003, avec des moyens techniques d’investigation importants, un squelette dans un état de conservation exceptionnel est découvert par 15 mètres de fond. Les premières expertises révèlent que ” l’inconnu de Vanikoro ” est un homme de stature moyenne, âgé de 31 à 35 ans, et qu’il s’agit sans doute d’un officier ou d’un savant, compte tenu de l’état impeccable de sa denture.

Du 18 avril au 16 mai 2005, le Jacques-Cartier servira de base vie et de plate-forme scientifique à une nouvelle campagne de fouilles, à laquelle participeront notamment une dizaine d’archéologues terrestres et sous-marins, un linguiste du CNRS, un géophysicien et un médecin légiste.

Marc de La Pérouse et Alain Fleuriot de Langle, descendant de Paul-Antoine, commandant en second de l’expédition, seront aussi de la partie. Le principal objectif sera d’identifier formellement les sites des épaves, dont l’une est échouée sur un plateau corallien, en partie à l’intérieur du lagon, tandis que l’autre est encastrée dans une faille. Les efforts porteront sur la faille dont de nombreux indices portent à croire que c’est le lieu du naufrage de La Boussole.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.