Jean-Baptiste Lebas, homme politique.

Jean-Baptiste Lebas (souvent appelé Jean Lebas), né le 24 octobre 1878 à Roubaix (Nord) et mort en déportation au camp de Sonnenburg (Troisième Reich), probablement le 10 mars 1944, est un homme politique français.

Jean-Baptiste Lebas est le fils de Félicité Delattre et de Jean-Hippolyte Lebas. Il grandit dans une famille ouvrière et de gauche : son père était républicain sous l’Empire, avant d’adhérer au Parti ouvrier français (POF) de Jules Guesde. Très tôt, il devient lui-même socialiste, lit Karl Marx dans le texte et prend la parole pour la première fois à quinze ans, ce qui lui vaut d’être renvoyé. En 1896, à dix-huit ans, il adhère au POF. En 1906, après l’unification des socialistes et la création de la Section française de l’internationale ouvrière, il devient secrétaire adjoint de la fédération SFIO du Nord. Il est élu en 1908 conseiller municipal et en 1910 conseiller général.

La SFIO avait perdu la mairie de Roubaix au profit de l’industriel Eugène Motte, le maire précédent étant peu sérieux. Elle choisit donc, lors des élections de 1912, Jean-Baptiste Lebas, connu pour son extrême rigueur, comme candidat. Lebas est élu. Il met alors en place un socialisme municipal. En faveur des jeunes, il fait construire de nouveaux bâtiments scolaires, plus grands, la colonie scolaire, en 1920, et l’école de plein air, en 1921. Pour lutter contre les maladies qui font des ravages dans les familles ouvrières, il fait ouvrir des dispensaires antituberculeux, un centre de cure, favorise les vaccinations et l’inspection médicale des enfants scolarisés. En matière de logement, il est le premier à faire construire des Habitations à bon marché (HBM), avant la loi Loucheur : de 1923 à 1929, 775 logements sont construits. En matière d’assurances sociales, il crée en 1921 le Fonds municipal de chômage. En matière de loisirs, il fait aménager le Parc des sports et une piscine (transformée en 2001 en musée).

Ces importantes dépenses n’empêchaient pas le comptable Jean-Baptiste Lebas d’être très soucieux des finances municipales : il était particulièrement attaché à démontrer que les socialistes pouvaient gérer aussi bien que la droite et les radicaux. En 1928 pourtant, il est battu aux élections cantonales par un nouveau venu en politique, le radical indépendant Édouard Roussel, fils d’un ancien maire de la ville.

Jean-Baptiste Lebas, carte maximum, Paris 18/05/1957.

Pendant la Première Guerre mondiale, Roubaix est envahie par les troupes allemandes. En 1915, Lebas est arrêté par les forces d’occupation pour avoir refusé de leur livrer la liste des jeunes de dix-huit ans, qui devaient être envoyés comme travailleurs de force en Allemagne. Il est interné à la forteresse de Rastadt jusqu’en janvier 1916, quand les Allemands le libèrent en France non occupée pour cause de maladie. Jean-Baptiste Lebas est décoré de la Légion d’honneur en octobre pour son courage.

Une colonne a par la suite été érigée au centre de Roubaix, près de l’Eurotéléport pour commémorer la mort de ce grand homme roubaisien.

Lors de l’invasion de juin 1940, Jean-Baptiste Lebas prend la route de l’exode mais revient rapidement. Déchu de ses fonctions par le régime de Vichy, il appelle dès août 1940 à la résistance, dans une brochure intitulée Le socialisme continue ! À la fin de l’été, il fonde l’un des tout premiers réseaux de Résistance en zone occupée, « L’Homme libre », avec un journal du même nom, lequel devient ensuite La IVe République. 300 militants socialistes suivent d’emblée le maire de Roubaix dans le combat contre le nazisme. Pour « L’Homme libre », « il n’est pas question de reconstitution du parti socialiste, puisque le parti socialiste n’est pas dissous » (octobre 1940).

Jean-Baptiste Lebas,épreuve d’artiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En janvier 1941, « L’Homme libre » étend sa diffusion à Lille et à Douai. Toujours en janvier 1941, trois mois avant Daniel Mayer, Jean-Baptiste Lebas fonde un Comité d’action socialiste (CAS) pour regrouper les socialistes résistants. Ce comité s’intègre au CAS de la zone occupée, fondé peu avant. Forte de son expérience de la clandestinité pendant la Première Guerre mondiale et de son effectif de militants, la fédération départementale du Nord est, sous la férule de Jean-Baptiste Lebas, à la pointe de la Résistance socialiste. Mais dès le 21 mai 1941, Lebas est arrêté par la police allemande en même temps qu’un de ses fils et sa nièce, eux aussi résistants.

Si le réseau survit à ce coup très dur, c’est pour l’ancien maire de Roubaix et ses proches le début d’un long calvaire. De 1941 à 1942, ils vont de prison en prison, d’abord en France, puis à Bruxelles et Berlin. De sa prison il conseille à ses amis socialistes de Roubaix de “garder la mairie”, contrairement aux consignes du C.A.S. Le 21 avril 1942, après un interrogatoire de quatre heures, Jean-Baptiste Lebas est condamné à trois ans de travaux forcés. Pendant deux ans, il travaille dans une ficellerie, onze heures et demie par jour. Il meurt d’épuisement et de maladie, à moins qu’il n’ait été tué par un gardien. Le journal du réseau « L’Homme libre » lui survivra en 1943 grâce à son fidèle ami Augustin Laurent qui le fera renaître sous le nom de Nord Matin, le Journal de la Démocratie Socialiste.

Sa dépouille rentre en France en août 1951. En 1949,à Roubaix, un monument avait été élevé à son souvenir.

Source : Wikipédia.

 

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