Ignace Joseph Pleyel, compositeur, éditeur de musique et fabricant de pianos.

Ignace Joseph Pleyel, né à Ruppersthal (aujourd’hui dans Großweikersdorf) près de Vienne le 18 juin 1757 — mort à Paris le 14 novembre 1831) est un compositeur, éditeur de musique et fabricant de pianos d’origine autrichienne naturalisé français.


Il naît Ignaz Pleyl (pron. allemande, sans le « e ») de Martin Pleyl, maître d’école, organiste et sacristain en une seule personne. Son fils Ignaz compte parmi ses élèves et il lui donne sa première éducation musicale. Ignaz montrant un certain talent musical, ses parents l’envoient en formation à Vienne. À douze ans il s’y perfectionne auprès du compositeur Jean-Baptiste Vanhal. C’est le comte Ladislas (1746–1786), membre de la célèbre famille Erdődy, qui lui procure les fonds nécessaires pour étudier auprès de Joseph Haydn à Eisenstadt.

En 1777, Pleyel est nommé directeur de la musique de cour de son mécène, le comte Erdődy, et publie en 1782 un premier quatuor à cordes. Plusieurs sources supposent qu’il effectue à cette époque des séjours de perfectionnement en Italie. En 1783, une place est libre à la cathédrale de Strasbourg. Il est nommé en 1784 directeur de la musique de la cathédrale, sous les ordres de François-Xavier Richter ; il lui succède à sa mort en 1789 comme maître de chapelle. Entre-temps, il a obtenu la nationalité française et a adopté le nom d’Ignace Pleyel. Cela ne l’empêche pas d’être suspect aux yeux des révolutionnaires. Il doit composer un « Hymne à la Liberté » pour une fête révolutionnaire1. Il perd son poste à la cathédrale.

Pleyel, carte maximum, Autriche, 2007.

À Londres, en 1791, son ancien professeur et ami Joseph Haydn a beaucoup de succès aux Concerts Salomon. Le concurrent de Salomon (le Professional Concert) fait venir Pleyel pour tenir l’affiche contre Haydn ; le succès de Pleyel est lui-même « prodigieux » et le retentissement du duel maître — élève dépasse les frontières de l’Angleterre.

De retour à Strasbourg, il achète le château d’Ittenwiller à Saint-Pierre. Sous la Terreur, il comparaît pas moins de sept fois devant le Comité de salut public. Il compose alors des pièces révolutionnaires : La Prise de Toulon, Hymne de Pleyel chanté au Temple de la Raison, Hymne à l’Être Suprême et La Révolution du 10 août ou le Tocsin allégorique, toutes en l’an II. Cette dernière œuvre, pour l’anniversaire de la Journée du 10 août 1792, est composée en quelque sorte le fusil sur la tempe après un travail de sept jours et sept nuits, avec deux gendarmes à la porte et le librettiste lui donnant ses instructions. Les Républicains enthousiastes l’inscrivent au tableau d’honneur des artistes révolutionnaires1. Il a probablement contribué à la musique de La Marseillaise1, bien que la paternité exacte de la mélodie de l’hymne national français reste toujours discutée.

Après 1795, on le retrouve à Paris. Sa musique, point trop technique ou difficile, est célèbre. Il ouvre son premier commerce de musique et une maison d’édition musicale. Les éditions de la “Maison Pleyel”, fondée en 1797, publieront durant leurs 39 ans de vie environ 4 000 compositions, dont une édition complète des quatuors à cordes de Haydn (1801) et des œuvres d’Adam, Boccherini, Beethoven, Clementi, Cramer, Dussek, Hummel et Onslow.

Désirant adapter les instruments aux exigences des compositeurs et interprètes, il conçoit en 1802 son premier piano muni d’un échappement simple où les cordes sont frappées par un marteau et non plus pincées (comme pour le clavecin). (Le mérite de l’« échappement double », qui permet la répétition rapide d’une note, reviendra à Érard en 1821). Pleyel dépose son brevet en 1807.

Pleyel revient à Vienne pour affaires en 1805, délaissant de plus en plus la composition ; il y revoit son vieux maître Haydn et entend jouer Beethoven, autre élève de Haydn. Il fonde en 1809 la manufacture de pianos qui porte son nom. Les affaires prennent davantage d’importance dans sa vie et sa production musicale en souffre, Pleyel composant encore quelques duos pour violon et alto en 1812. Aucune autre œuvre ne semble avoir été composée après cette date.

En 1788, Pleyel a épousé Françoise-Gabrielle Lefebvre, la fille d’un tisserand strasbourgeois. Le couple a eu quatre enfants, l’aîné étant leur fils Camille. Marie Moke (1811-1875), l’épouse de Camille, était une des pianistes les plus accomplis de son temps.

Vers la fin de sa vie, il se retire loin de Paris, à Saint-Prix, et s’y livre au jardinage. Il y meurt en 1831. La tombe familiale se trouve au cimetière du Père-Lachaise.

Son fils Camille continuera son travail à la tête de la fabrique de pianos. Il sera à l’origine de la salle Pleyel, aujourd’hui encore un des hauts lieux de la vie musicale à Paris.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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