Horace, poète.

Horace (en latin Quintus Horatius Flaccus) est un poète latin né le 8 décembre 65 av. J.-C. à Vénouse dans le sud de l’Italie et mort le 27 novembre 8 av. J.-C. à Rome.


Horace a environ vingt ans lorsqu’il part pour Athènes, pour y poursuivre l’étude du grec et découvrir la philosophie. Son père semble être mort avant ce départ11 et c’est à la même époque qu’il aurait commencé à écrire, dont au moins quelques vers en grec. Il étudie à l’Académie auprès d’Aristos d’Ascalon. Horace est toujours en Grèce lors de l’assassinat de Jules César en 44 av. J.-C.. Peu après, Brutus et Cassius arrivent à Athènes et enrôlent de jeunes aristocrates dans leur armée ; Horace obtient le grade de tribun militaire en 42 av. J.-C., ce qui le fait entrer dans l’ordre des chevaliers et lui assure des privilèges à vie. Lors de la première bataille de Philippes (première semaine d’octobre 42 av. J.-C.), les troupes de Brutus s’emparent du camp d’Octave, qui échappe de peu à la capture. Mais lors du second combat, le 22 octobre, Octave et Marc Antoine sont vainqueurs. Brutus se suicide. Horace fait partie des fuyards.

Horace, entier postal, Roumanie.

Quand une amnistie est accordée aux vaincus, Horace retourne en Italie (fin 42 ou début 41 av. J.-C.) ; ses terres lui ont été confisquées, et il prétend s’être retrouvé pauvre. Pourtant il possède encore suffisamment d’argent pour acheter, vers 40 av. J.-C., la charge de scriba quaestorius, c’est-à-dire de secrétaire au trésor (le questeur est le magistrat chargé des finances) : il n’a certainement jamais quitté cette charge, même s’il a pu ultérieurement en alléger les obligations.

Rapidement, il se lie d’amitié avec Virgile. Entre 40 et 38 av. J.-C., Virgile et Lucius Varius Rufus le présentent à Mécène, confident d’Auguste, protecteur des arts et des lettres, poète à ses heures. Mécène le prend sous sa protection neuf mois plus tard, l’introduit dans les cercles politiques et littéraires de Pollion et Messala, et lui offre une villa en Sabine. Les premières satires sont composées dès son retour à Rome et le premier livre des Satires semble être publié vers 35 ou 34 av. J.-C..

Il continue à l’élever socialement dans l’ordre équestre : après avoir été fait eques equo publico (chevalier dont le cheval est payé sur fonds publics) par Brutus en Grèce, puis avoir acheté la charge de scriba questorius à son retour à Rome, il devient iudex selectus (« juge de paix ») entre 35 et 30 av. J.-C.. La villa offerte par Mécène procure à Horace une retraite campagnarde appréciable ainsi que des revenus importants. Il atteint une vraie aisance financière et proclame qu’il pourrait, s’il le voulait, se faire élire questeur et devenir ainsi sénateur. Il est alors définitivement lié au régime.

Mécène est le dédicataire des Satires, des Épodes et des Odes et une vraie amitié liait les deux hommes.

Il est possible qu’Horace soit présent à la bataille d’Actium en 31 av. J.-C. et c’est peu après (vers 30 av. J.-C.) que sont publiées les Épodes, poèmes dans la veine de l’iambographe grec Archiloque. Suit à une date inconnue le second livre des Satires.

La paix revenue avec Auguste, c’est une période de production intense qui s’ouvre. Jusqu’en 27 av. J.-C., il se consacre à des poèmes politiques et confirme ainsi son rapprochement avec le pouvoir augustéen : célébration de la mort de Cléopâtre, joie de la défaite des partisans d’Antoine, éloge de la réparation des temples par Auguste en 28. Jusqu’en 24 av. J.-C., il célèbre les victoires d’Auguste hors d’Italie. Ces pièces, mêlées à des poèmes lyriques, forment les trois premiers livres des Odes, vraisemblablement parus vers 23 av. J.-C.. Le succès est mitigé et Horace s’essaie ensuite à un nouveau genre, ce qui aboutit à la publication du premier livre des Épîtres en 21 av. J.-C..

Auguste, revenu à Rome en 19 av. J.-C., offre à Horace d’être son secrétaire, poste que le poète refuse. En 17 av. J.-C., le prince lui confie l’honneur de composer le Chant séculaire (Carmen Saeculare) qu’interprètent solennellement, à l’occasion des Jeux séculaires, des chœurs mixtes d’enfants choisis parmi l’élite de la noblesse romaine. C’est peut-être aussi Auguste qui lui commande des poèmes pour les victoires de Tibère et Drusus ; ces poèmes sont recueillis avec d’autres dans un quatrième livre d’Odes qui paraît entre 13 et 8 av. J.-C.. Suivent encore les deux lettres du second livre des Épîtres et l’Art poétique, difficiles à dater.

Il meurt brutalement en 8 av. J.-C., quelques mois seulement après Mécène qui, sur son lit de mort, l’aurait encore recommandé à Auguste. Il est enterré au cimetière de l’Esquilin, près de la tombe de Mécène.

Il semble qu’on puisse rattacher Horace au groupe des poètes nouveaux dont Catulle, qu’admire Mécène, est le plus grand représentant ; la question est disputée, et Horace a toujours marqué son indépendance vis-à-vis des écoles et des cercles. Plusieurs points communs avec cet alexandrinisme romain sont cependant à noter : le goût des œuvres courtes et ciselées, longuement travaillées, destinées à un public choisi. Cette caractéristique rattache Horace à l’atticisme et l’oppose à l’asianisme du vieux Varron ou de Cicéron.

La première personne est primordiale dans l’œuvre d’Horace ; tous les genres qu’il a choisis laissent la place de choix au « je » poétique : l’iambe est le genre de l’invective personnelle ; la satire se nourrit d’éléments autobiographiques ; la lettre met en scène son auteur. Le poète nous fournit quelques indications sur son physique : petit, gros, ses cheveux ont blanchi prématurément. Il se dit également irascible et coureur, ayant eu des relations avec « mille jeunes filles et mille jeunes hommes ».

Horace est un personnage religieux. Dès son enfance, il est protégé des dieux : alors qu’il s’était endormi dans la forêt, des oiseaux sont venus le couvrir de feuilles pour le soustraire aux « vipères et aux ours sinistres ». Plusieurs anecdotes relatent les miracles auxquels il doit la vie : un loup rencontré dans la forêt, un arbre qui est tombé juste à côté de lui, la bataille de Philippes et la tempête du cap Palinure en route vers la bataille de Nauloque.

Dès ses premières œuvres, Horace se peint avec autodérision : paresseux et malade en voyage dans les Satires, peureux et impuissant dans les Épodes, l’autocélébration du poète n’est pas exempte de détails triviaux jusque dans les trois premiers livres des Odes. Cela n’empêche pas au poète de proclamer son immortalité : « J’ai achevé un monument plus durable que le bronze, plus haut que la décrépitude des royales Pyramides ».

À plusieurs reprises, Horace fait ses adieux à la poésie. Les trois premiers livres des Odes se concluent sur le « laurier delphique » qui couronne une carrière achevée, mais le premier poème du livre IV montre Vénus forçant le poète à chanter l’amour derechef. Les Épîtres sont à nouveau l’occasion de proclamer son renoncement à la poésie en faveur de la philosophie ; il n’est pas toujours facile de trancher si Horace renonce seulement à la poésie lyrique pour se consacrer au genre du sermo, ou bien s’il prétend avec humour renoncer aux vers tout en en écrivant. Cette affirmation est répétée jusque dans l’Art poétique : « J’enseignerai, sans rien écrire moi-même ».

Source : Wikipédia.

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