Henri Pourrat, écrivain.

Henri Pourrat, né à Ambert le 7 mai 1887 et mort dans la même commune le 16 juillet 1959, est un écrivain français.

Ayant recueilli la littérature orale de l’Auvergne, il est l’auteur de contes, romans et essais concernant cette région.

Il vit à Ambert. Après le collège d’Ambert et le lycée Henri-IV à Paris, Henri Pourrat se destine à l’agronomie et est admis en 1905 à l’Institut national agronomique de Paris. Toutefois, étant atteint par la tuberculose, il doit se résigner à quitter la capitale pour retrouver un climat, jugé plus sain pour ses bronches et s’astreindre à une hygiène de vie rigoureuse. Il retourne donc à Ambert, et après une année 1905/6 particulièrement difficile où « le sort hésite entre la vie et la mort », la thérapeutique suivie donne des résultats prometteurs.

Pendant ce repos forcé, il construit un mode de vie ascétique dont il ne se départ plus, fait de lectures, de travaux d’écriture et de promenades « avec Ambert comme centre du monde », la vallée de la Dore et les monts du Livradois-Forez :

« (…) car toute la matinée je travaille au lit et ne veux point me déclouer de cette habitude ; et le soir de 1 à 7 ma santé m’oblige impérieusement à errer par monts et par vaux ; et la veillée de 8 à 9 est consacrée à la lecture (…) »

Au premier rang d’écrivains majeurs tels que Rousseau, Balzac, Péguy, Chateaubriand ou Barrès dont l’influence conjuguée à celle de Nietzsche reste certaine dans sa conception d’une « âme rustique » à préserver, figure une prédilection marquée pour Rabelais et La Fontaine ainsi que Yeatsc,. Sa correspondance, notamment celle qu’il entretient avec Joseph Desaymard dès 1908, révèle en outre un goût de plus en plus prononcé pour la littérature populaire, celle qui s’exprime par les chansons de geste, les ouvrages de colportage. Une attention particulière pour les ouvrages d’Olivier de Serres confirme par ailleurs cette orientation vers une défense de la civilisation terrienne et de la cause régionaliste.

Henri Pourrat, carte maximum, Ambert, 9/05/1987.

Avec ses amis Jean Angeli et Auguste Blache, ce jeune poète qui rêve de publier des vers au Mercure de France se met à écrire pour secouer la torpeur livradoise. Dès 1906, il publie sous différents pseudonymes — Damien Micolon, Jean Ducouen, Jean-Paul Des Chazeaux — dans plusieurs journaux locaux ou régionaux — L’Écho de la Dore, La Veillée d’Auvergne, L’Auvergne littéraire, la Semaine auvergnate, L’Auvergne illustrée, Revue d’Auvergne — ses premières œuvres qui comportent des poèmes, de nombreux récits dont plusieurs en feuilletons, quelques chroniques littéraires, ou bien de brèves études où l’histoire se mêle à la légende et deux pièces de théâtre.

Dès 1909, il commence à écrire sous son propre nom également. Il abandonnera définitivement ses pseudonymes et ne publiera plus que sous son nom à partir de janvier 1912. Comme le souligne Sylvia Mittler, son évolution devient plus significative dans les années qui précèdent la Grande Guerre, surnommées Le temps des météores par Pourrat lui-mêmed : « Si la période 1909-1911 est critique, interrogatrice, caractérisée par un goût pénible pour la poésie comme pour une grande soif d’idées générales, celle qui suit, de 1911 à 1914, revêt un tout autre caractère. Elle témoigne d’une vision de la vie stable et sereine, en un mot adulte, dans laquelle la poésie comme telle, la confusion morale n’ont pas de place. L’écrivain à découvert son identité. »

Alors que son œuvre dans la presse se traduira par plus de 1 300 publications dans environ 150 revues et journaux, son œuvre éditée deviendra abondante (plus d’une centaine d’ouvrages) et variée (poèmes, romans, essais, biographies, recueils de contes).

En 1914, Pourrat échappe à la mobilisation en raison de son mauvais état de santé, mais reste comme beaucoup d’hommes de sa génération profondément traumatisé par ce conflit qui emporte bon nombre de ses amis parmi lesquels Jean Angeli en juin 1915 et Pierre Armilhon en avril 1918. Soutenant l’effort de guerre à sa manière, il fait publier une série de « chansons de marche » en septembre 1915 .

Après avoir publié Sur la colline ronde (avec Jean L’Olagne), les Montagnards et Liberté (deux œuvres en vers), Henri Pourrat publie en 1921 chez Albin Michel le 1er tome du monumental Les Vaillances, farces et aventures de Gaspard des montagnes, récompensé par le prix du Figaro (1921). L’ensemble des 4 tomes de Gaspard sera par la suite récompensé par le Grand prix du roman de l’Académie française (1931).

En 1926, l’université de Dublin lui confère le titre de docteur honoris causa.

En 1941, dans des circonstances très particulières le prix Goncourt lui est décerné pour Vent de Mars. Henri Pourrat par ailleurs auteur du Chef Français, ouvrage hagiographique sur le chef de l’État Français le Maréchal Pétain, devient le chantre officiel du « Retour à la Terre » prôné par le Nouveau régime de Révolution Nationale. Si tout repart de la terre, ce peut être une vraie renaissance. L’enracinement dans le pays, le terroir, la région ou la nation, s’associe alors à une exaltation de la « race paysanne ». On est paysan de race, de nature, on ne devient pas paysan écrit-il dans L’Homme à la bêche, Histoire du paysan, ouvrage à caractère historiquew 1 salué en 1941 par le prix Muteau de l’Académie Française. En 1951, il obtient le prix Louis-Barthou, aussi décerné par l’Académie, pour l’ensemble de son œuvre.

Henri Pourrat, épreuve d’artiste.

Pendant l’entre-deux-guerres, Henri Pourrat poursuit son œuvre, tant par de nombreux livres que par les articles que publient Le Figaro, la NRF, L’Illustration, etc.

Le début de la période est dominée par l’écriture de Gaspard des montagnes puisqu’à la publication de la dernière partie « La tour du Levant » en 1931. Cependant, signe de la longue maturation de cette épopée rustique, l’édition « ne variatur » n’arrivera qu’en 1940.

Le 14 octobre 1940, le maréchal Pétain, chef de l’État français, vient sur l’invitation de Pourrat à la rencontre du peuple travailleur à Ambert, près de Vichy, en visite le moulin à papier (le moulin Richard de Bas le plus ancien du Livradois) et y passe commande d’une rame de papier filigrané à son emblème. C’est à cette occasion qu’Henri Pourrat publie « Le paysan français » et « Le chef français », articles dédiés au maréchal et à sa politique de « retour à la terre ». Il fut décoré de l’ordre de la Francisque.

Partisan de la Corporation paysanne mise en place par le gouvernement de Vichy, il s’éloigne par la suite de la Révolution nationale car il n’apprécie pas, comme il le dira dans sa correspondance, la tournure politicienne prise par les évènements.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il aidera des juifs réfugiés en zone libre, en accueillera chez lui et renseignera les maquisards d’actions qui se préparent contre eux.

En 1974, ses enfants Claude Pourrat et Annette Lauras font don à la Ville de Clermont-Ferrand des archives de leur père : manuscrits, documentation, correspondances (plus de 20 000 lettres reçues). Ainsi a été créé le centre Henri-Pourrat, rattaché à la Bibliothèque municipale et interuniversitaire de Clermont-Ferrand. Le Centre, qui fait partie de l’UMR 6 563 du CNRS (correspondances des XIXe et XXe siècles), continue de s’enrichir. En 1975, s’y ajoute la majeure partie de la bibliothèque de l’écrivain. Des achats et des dons de manuscrits et d’éditions bibliophiliques complètent régulièrement ce fonds qui intéresse les contes, les arts et traditions populaires de l’Auvergne, ainsi que la littérature française de la première moitié du XXe siècle. Les inventaires en ont été informatisés et sont accessibles sur Internetw 4. La correspondance et les manuscrits sont également signalés sur la base de données BN Opale plus.

Après sa mort en 1959, l’œuvre de Pourrat a continué à inspirer des sculpteurs comme l’Argentine Esther Barugel, Philippe Kaeppelin ou Jean-Philippe Roch, des peintres comme l’Espagnol Nicolás Rubió, les photographes Albert Monier, Nicole Prival, les cinéastes Claude Santelli et Jacques Santamaria, des universitaires, des historiens ou des chercheurs.

Source : Wikipédia.

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