Heinrich Schütz, compositeur.

Heinrich Schütz (né à Köstritz, 8 octobre 1585 – mort à Dresde, le 6 novembre 1672, en latin Henricus Sagittarius) est un compositeur allemand, représentatif du premier baroque allemand, aux côtés, notamment, de Samuel Scheidt et de Johann Hermann Schein. Il est généralement considéré comme le plus grand musicien allemand antérieur à Jean-Sébastien Bach, et l’un des plus importants de la musique occidentale au XVIIe siècle avec Monteverdi.


Schütz est le deuxième né de huit frères et sœurs. Il naît à la Grue d’Or, l’auberge de son père à Köstritz (alors Reuß, Thuringe de l’Est). Il est baptisé le 9 octobre 1585 à l’église Saint-Léonard. La famille de son père était originaire de Franconie et s’était installée au XVe siècle dans les monts métallifères près de Chemnitz. Son père était greffier de la ville de Gera et déménagea à Köstritz pour travailler comme aubergiste et gérant de domaine. En 1583, il prit comme troisième épouse Euphrosyne Bieger, la fille du futur maire de Gera, Johann Bieger. Le compositeur Heinrich Albert était le fils de sa sœur.

Quand il eut cinq ans, sa famille déménagea à Weissenfels, son père ayant pris en charge une autre auberge. Heinrich Schütz y passe son enfance. En 1599, son talent musical est découvert par Maurice landgrave de Hesse-Cassel. Avec son soutien, il est formé à la musique à la Hofschule (l’école de la Cour) de Cassel, le Collegium Mauritianum. Également grâce à lui, il étudie le droit à Marbourg, puis la musique à Venise où il fut l’élève de Giovanni Gabrieli entre 1609 et 1612 et peut-être celui de Monteverdi au cours d’un second voyage, vingt ans plus tard. Sur son lit de mort, Gabrieli légua à Schütz une de ses bagues et Schütz le considéra toute sa vie comme le maître auquel il devait son art.

Schütz, carte maximum, RDA.

Protestant luthérien, il devint organiste à Dresde, puis à partir de 1615 maître de chapelle à Dresde, poste qu’il conserva jusqu’à sa mort à l’âge de quatre-vingt-sept ans des suites d’une attaque cérébrale – avec des interruptions au cours de la guerre de Trente Ans, pendant laquelle il travailla notamment à la cour du roi du Danemark à Copenhague (1633 – 1635, 1641). En 1619, il épousa Magdalena Wildeck (1601 – 1625), de laquelle il eut deux enfants : Anna Justina (née en 1621) et Euphrosyne (1623 – 1655).

Il est l’un des acteurs majeurs de la musique baroque allemande, écrivant de nombreuses œuvres sur des textes en langue vernaculaire. Il écrivit essentiellement des compositions religieuses, mais il est également l’auteur, en 1627, du premier opéra allemand : Dafne (dont la musique est perdue, mais dont subsiste le livret, dû au poète allemand Martin Opitz).

Sa musique est profondément influencée par l’Italie dans sa polychoralité. Ses compositions devinrent plus austères avec la maturité – probablement une des conséquences économiques de la guerre de Trente Ans qui ne permettaient plus de jouer des œuvres de grande ampleur.

Il ne semble subsister aucune de ses pièces instrumentales, alors que sa réputation d’organiste était grande à son époque. Mais les organistes improvisaient leur musique et la publiaient assez rarement. Il influença durablement l’école d’orgue d’Allemagne du Nord, dont le plus célèbre représentant est Jan Pieterszoon Sweelinck.

Anton Colander, Christoph Bernhard, Matthias Weckmann, Heinrich Albert, Johann Theile, Friedrich Werner, Philipp Stolle, Johann Nauwach, Caspar Kittel, Christoph Kittel, Clemens Thieme, Johann Klemm, Johann Vierdanck, David Pohle, Constantin Christian Dedekind, Johann Jacob Löwe, Johann Kaspar Horn, Friedrich von Westhoff, Adam Krieger, Johann Wilhelm Furchheim, Carlo Farina comptent parmi ses élèves.

Heinrich Schütz fut enterré dans l’ancienne Frauenkirche de Dresde, mais sa tombe fut perdue en 1727 au moment de la reconstruction de cette église. Il est fêté le 28 juillet dans le « calendrier des saints » luthérien, aux côtés de Bach et de Haendel. Schütz était surnommé Sagittarius (« sagittaire ») en référence à l’auberge tenue par le père du compositeur, « À l’archer », qui en allemand se dit Zum Schütze, de même résonance que son propre patronyme. À l’instar des œuvres de Jean-Sébastien Bach, les siennes sont répertoriées au moyen du sigle SWV (Schütz-Werke-Verzeichnis), suivi d’un numéro d’ordre.

Source : Wikipédia.

 

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