Hector Berlioz, compositeur, chef d’orchestre, écrivain et critique musical

Thème : musique.

” Je suis né le 11 décembre 1803, à La Côte-Saint-André, très petite ville de France, située dans le département de l’Isère, entre Vienne, Grenoble et Lyon. »

Issu d’une vieille famille de marchands tanneurs du Dauphiné, établis à La Côte-Saint-André dans la plaine de Bièvre depuis le XVIe siècle, Hector Berlioz naît le 19 Frimaire An XII, soit le , à cinq heures du soir. Il est le fils du docteur Louis Berlioz, né le , et de Marie-Antoinette-Joséphine Marmion, née le à Grenoble.

C’est à l’âge de douze ans que Berlioz découvre l’amour en la personne d’Estelle Duboeuf, âgée de 17 ans, vivant à Meylan, village où réside son grand-père maternel et où il passe une partie de l’été avec ses sœurs et sa mère. « En l’apercevant, je sentis une secousse électrique ; je l’aimai, c’est tout dire. Le vertige me prit et ne me quitta plus. Je n’espérais rien… je ne savais rien… mais j’éprouvais au cœur une douleur profonde…. La jalousie, cette pâle compagne des plus pures amours, me torturait au moindre mot adressé par un homme à mon idole… Non le temps n’y peut rien… d’autres amours n’effacent point les traces des premiers. »

À la fin de sa vie, il reverra Estelle, devenue Mme Fornier et veuve. Il entretiendra une correspondance avec elle et lui proposera le mariage, étant lui-même veuf pour la deuxième fois. Elle n’acceptera pas. Estelle est toutefois mentionnée dans son testament : « Je donne et lègue à Mme Estelle Fornier, qui vit en ce moment chez son fils notaire à St-Symphorien-d’Ozon (Isère), la somme de seize cents francs de rente annuelle et viagère. Je la supplie d’accepter cette petite somme comme un souvenir des sentiments que j’ai éprouvés pour elle toute ma vie. »

Au même moment, Berlioz se met à composer. C’est à l’écoute des quatuors de Pleyel et grâce au traité d’harmonie de Charles-Simon Catel qu’il s’initie à l’harmonie. Il compose un pot-pourri à six parties qu’il cherchera vainement à publier, ainsi que deux quintettes pour flûte et cordes dont il reprendra l’un des thèmes dans l’ouverture des Francs-juges (1826). Ses premières publications sont des mélodies (Pleure, pauvre Colette ; Le Dépit de la bergère ; Le Maure jaloux). Il soumet au jugement de Jean-François Lesueur une cantate à grand orchestre (Le Cheval arabe) en vue de son admission dans la classe de composition du maître14 et compose une scène empruntée au drame de Saurin, Beverley ou le Joueur.

En 1823, il est admis parmi les élèves particuliers de Jean-François Lesueur et est inscrit au Conservatoire de Paris en octobre 1826. Il découvre la musique de Weber et compose en 1824 (Berlioz a alors 20 ans) sa première œuvre d’envergure, Le Passage de la mer Rouge (perdue), suivie d’une Messe solennelle. Créée en l’église Saint-Roch le 25 juillet 1825, cette Messe est exécutée une seconde fois à l’église Saint-Eustache en 1827. Excepté le Resurrexit, Berlioz affirme avoir brûlé cette partition, la jugeant de « peu de valeur ». Il en reprend néanmoins des éléments dans Benvenuto Cellini, le Requiem et la Symphonie fantastique. De même, le thème de l’Agnus Dei est repris 25 ans plus tard dans son Te Deum (1849).

Malgré des échecs répétés au concours de Rome (en 1826, il est éliminé à l’examen préliminaire qui consiste en la composition d’une fugue ; en 1827, sa cantate La Mort d’Orphée est déclarée « inexécutable » par le jury ; en 1828, il n’obtient que le second prix avec la cantate Herminie), il poursuit ses études au Conservatoire, dirigé alors par le grand maître de l’époque, Luigi Cherubini, avec Antoine Reicha pour la fugue et le contrepoint, et Jean-François Lesueur pour la composition.

L’exécution en 1828 des symphonies de Beethoven par François-Antoine Habeneck, sera une révélation, pour Berlioz. « Je venais d’apercevoir en deux apparitions Shakespeare et Weber ; aussitôt, à un autre point de l’horizon, je vis se lever l’immense Beethoven. La secousse que j’en reçus fut presque comparable à celle que m’avait donnée Shakespeare. Il m’ouvrait un monde nouveau en musique, comme le poète m’avait dévoilé un nouvel univers en poésie. »

Fiancé à la pianiste Marie-Félicité Moke, il découvre également Goethe et son Faust dans la traduction de Gérard de Nerval, et compose en 1829 Huit scènes de Faust qui, remaniées, deviendront la légende dramatique La Damnation de Faust en 1846.

Berlioz tombe amoureux au cours d’une représentation de Hamlet de Shakespeare, d’une actrice irlandaise qui joue dans la pièce, Harriet Smithson. « L’effet de son prodigieux talent, ou plutôt de son génie dramatique, sur mon imagination et sur mon cœur, n’est comparable qu’au bouleversement que me fit subir le poète dont elle était la digne interprète. » Il l’épouse en 1833 et un fils, Louis, naît le 14 août 1834.

Louis Berlioz ne suivra pas la carrière paternelle: il choisit d’être marin, d’abord aspirant dans la marine de guerre, il passe ensuite à la marine marchande, obtient un brevet de capitaine au long cours, commande le grand paquebot mixte (voiles et hélice) La Louisiane de la toute récente Compagnie générale transatlantique et meurt à Cuba de la fièvre jaune, à l’âge de 32 ans, en 1866.

Dès 1834, Berlioz se fait connaître comme critique dans la Gazette musicale, puis dans le Journal des débats, où il soutient son système musical, qui subordonne l’harmonie à la recherche de l’expression. Sur ces questions, on constate avant tout que, dans la Symphonie fantastique comme ailleurs, son langage harmonique est d’une grande originalité et ignore bien souvent les traditions établies.

La période 1840-1841 voit la composition de la Symphonie funèbre et triomphale et le cycle Les Nuits d’été pour voix et piano sur six poèmes de Théophile Gautier (Villanelle, Le Spectre de la rose, Absence, Sur les lagunes, Au cimetière, L’Île inconnue), que Berlioz orchestrera par la suite. Son mariage en revanche est un échec et le couple se sépare. Il entame peu de temps après une liaison avec la cantatrice Marie Recio, qu’il épousera à la mort d’Harriet en 1854.

Pendant cette période, Berlioz est reconnu davantage en sa qualité de chef d’orchestre que de compositeur, et est plus apprécié à l’étranger qu’en France. Il dirige ses propres œuvres, mais aussi des œuvres de ses confrères en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Hongrie ou en Russie, accompagné de Marie. L’Enfance du Christ est accueillie triomphalement (1864). La période anglaise de 1847-1848 est particulièrement fertile en aventures. Berlioz dirige l’orchestre de Drury Lane à Londres, dont le chef d’orchestre est le compositeur Louis-Antoine Jullien, le roi des concerts promenades et des concerts monstres. Jullien avait sollicité la participation de Berlioz, et celui-ci le maudira après l’avoir encensé. Louis-Antoine Jullien est un fou à plus d’un titre.

En 1847, sur les conseils de son ami Balzac, à un moment où il était à court d’argent, comme c’était souvent le cas, il se rend en tournée en Russie, où il remporte un triomphe à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Il est logé chez la grande-duchesse Hélène, qui l’accueille avec faste. Aux concerts qu’il dirige dans la salle de l’Assemblée de la noblesse, il est bissé jusqu’à douze fois ! Pendant son premier bis, il s’écrie : « Je suis sauvé ! », au deuxième « Je suis riche ! » Il dirige alors Roméo et Juliette, Le Carnaval romain et la Symphonie funèbre et triomphale. Il reviendra en 1867 dans ce qu’il appelle « la fière capitale du Nord ».

En 1856, il entame la composition de ce que certains considèrent comme son opus magnum (son « grand œuvre »), Les Troyens, et écrit le livret de cet opéra inspiré de L’Énéide de Virgile, poète auquel il est d’ailleurs dédié (la partition porte en effet la dédicace Diuo Virgilio « Au divin Virgile »). La genèse de son ouvrage remonte à sa plus tendre enfance, et l’influence de Virgile et de Shakespeare sont récurrentes dans son œuvre. Les Troyens sont achevés deux ans plus tard, mais Berlioz ne peut les faire jouer dans son intégralité, car les administrateurs sont rebutés par la durée de l’œuvre et les moyens exigés.

En 1862, Berlioz compose l’opéra-comique Béatrice et Bénédict, inspiré de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, mais il doit affronter la mort de Marie la même année, puis de son fils Louis, en 1866. Après une tournée triomphale en Russie, au cours de laquelle il va influencer les jeunes Moussorgski, Rimski-Korsakov et Borodine, il fait un voyage à Nice en mars 1868, où il se blesse en faisant une chute. En août 1868, il effectue son dernier voyage à Grenoble, la ville de résidence de sa sœur et de sa famille. Invité par le maire Jean Vendre à l’occasion de trois journées de festivité organisées pour l’inauguration d’une statue équestre de Napoléon Ier, il préside un festival de musique.

Flamme maximum Lyon Terreaux 24/09/1983

Il meurt le à Paris, au 4 rue de Calais, dans le quartier de la « Nouvelle-Athènes » (9e arrondissement de Paris). Il repose au cimetière de Montmartre (avenue Berlioz, 20e division, 1re ligne), auprès de ses deux épouses Harriet Smithson et Marie Recio.

Le Minutier central des notaires de Paris, aux Archives nationales, conserve son testament olographe, daté du 29 juillet 1867 et accompagné d’un codicille du 12 juin 1868. Un inventaire de ses biens a été dressé à la suite de son décès entre les 5 et 18 mai 1869.

 

Sources :Wikipédia, Association nationale Hector Berlioz.

 

 

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