Haroun Tazieff, ingénieur agronome, géologue et vulcanologue.

Haroun Tazieff, né à Varsovie le 11 mai 1914 et mort à Paris le 2 février 1998, est un ingénieur agronome, ingénieur géologue, ingénieur des mines, volcanologue et écrivain de nationalité russe naturalisé successivement belge puis français.


Haroun Tazieff naît le 11 mai 1914 à Varsovie1, alors partie de la Russie tsariste.

Sa mère, polonaise, est une chimiste et docteure en sciences politiques, son père est russe et médecin.

Son père, Sabir, était un Tatar musulman de la famille des princes Dachkine, né en 1885 à Yangiyer (en) ou Tachkent selon les sources. Le patronyme de Sabir Tazieff, est la russification du prénom de son père, Tadji, l’un des princes Dachkine. Sabir Tazieff était docteur en médecine, officier médecin dans le corps dit « étranger » qui allait devenir la « Division sauvage » du grand duc Michel Alexandrovitch de Russie sous le commandement du général Lavr Kornilov. Sabir a été tué sur le front aux premiers jours de la guerre de 1914-1918.

La mère d’Haroun Tazieff, Zénitta Klupta (1886-1984), née à Dvinsk d’un père médecin juif, Illias Klupt, et d’une mère chrétienne orthodoxe, Sophie Arianoff, fille du gouverneur de la forteresse de Dvinsk, Sawa Philipovitch von Arian, dont les enfants prirent le nom d’Arianoff. Zénitta Illiassovna Tazieva était docteur en sciences naturelles et chimie et licenciée en sciences politiques de l’Université libre de Bruxelles. C’est à Bruxelles que les jeunes étudiants russes Zénitta et Sabir se sont connus. Ils s’y sont mariés en 1906. Ils ont eu un premier enfant, Salvator, qui n’a vécu que deux mois. C’est en 1913 qu’ils sont rentrés en Russie. Zénitta n’a appris la mort de son mari qu’en 1919.

Haroun Tazieff, carte maximum, Paris, 16/09/2000.

Avec sa mère, Haroun Tazieff émigra en Belgique en 1921 où il fut apatride durant quinze ans. Zénitta, son fils Haroun et le poète belge Robert Vivier partirent vivre une année en France en 1922, à Asnières-sur-Seine. Robert Vivier et Zénitta se marièrent à Neuilly en juin 1922. Haroun Tazieff obtint la nationalité belge en 19362. Robert Vivier fera d’Haroun son fils adoptif et son légataire universel. Haroun Tazieff avait coutume de dire de Robert Vivier qu’il était son « plus que père ».

Il est élève au lycée Montaigne (Paris) puis à l’athénée royal de Saint-Gilles. Étudiant, footballeur affilié au Daring Club de Bruxelles de 1930 à 1932 et, en 1935, à Gembloux Sport pendant ses études à la Faculté agronomique, mais surtout joueur de rugby à XV. Il fit aussi de la boxe et fut champion de Belgique universitaire, sélectionné pour les Jeux olympiques de Berlin, en 1936, mais il n’y alla pas, sa mère lui ayant interdit de défiler devant Hitler. Il fut aussi champion du Katanga, province du Congo belge, alors qu’il y travaillait comme ingénieur-prospecteur de gisements de minerais de zinc.

Haroun Tazieff commença ses études primaires en Russie, puis quelques mois en France et enfin principalement en Belgique. Après ses études secondaires à Bruxelles, il obtint le diplôme d’ingénieur agronome de la Faculté des Sciences agronomiques de Gembloux. En 1938, il effectue son service militaire dans l’armée belge et, en 1939, est mobilisé dans une unité d’élite de l’armée belge, les chasseurs ardennais (pendant que la France était entrée dans la drôle de guerre). Il milita ensuite dans la Résistance et obtint, en 1944, son diplôme d’ingénieur géologue et d’ingénieur des mines de l’Université de Liège où il s’était inscrit après la fermeture de l’Université libre de Bruxelles (l’autorité occupante allemande avait autorisé le maintien des études universitaires en Belgique afin, croyait-elle, de favoriser la formation de professions dont l’Allemagne aurait besoin après sa victoire espérée. L’inscription à des cours permettait d’échapper provisoirement au service allemand du travail obligatoire).

C’est au cours de cette période de la résistance qu’il a formé un couple avec une amie d’enfance, Betty Lavachery (née Limbosch), directrice d’une maison d’enfants à Lasne, dans l’ancienne Abbaye d’Aywiers, où elle cache de jeunes juifs. Haroun Tazieff et Betty Lavachery participent aux réseaux d’évasion de parachutistes venus d’Angleterre et de prisonniers russes évadés des mines de charbon de Belgique et du nord de la France. En août 1945, ils conçoivent un enfant naturel, Frédéric Lavachery, qui porte le nom d’épouse de sa mère mariée à un Jean Lavachery, officier belge prisonnier en Allemagne jusqu’en 1945.

Après la guerre, alors qu’il travaille au Congo belge, il a l’occasion d’observer au plus près l’éruption d’un volcan né quelques jours auparavant, qu’il baptise du nom du lieu-dit le plus proche, Kituro, cratère voisin du Nyamuragira et de découvrir le lac permanent de magma du Nyiragongo. C’est une révélation pour lui et, dès lors, il se consacre à la volcanologie, inaugurant avec son ami Armand Delsemme, un astronome belge rencontré à l’université de Liège, des descentes dans la bouche des volcans pour y effectuer des prélèvements de lave et de gaz et y effectuer, par les soins de Delsemme, les premières spectrographies de flammes volcaniques jamais réalisées.

Il accompagne Jacques-Yves Cousteau sur la Calypso, dès 1951. Suivent alors plusieurs campagnes d’étude au Congo belge et ailleurs dans le monde. De 1956 à 1958, il réalise le film Les Rendez-Vous du Diable.

En 1951, il rejoint l’équipe du physicien Max Cosyns qui explore le plateau calcaire du massif de la Pierre-Saint-Martin, dans les Pyrénées. L’expédition dépasse les −500 m dans le gouffre de la Pierre-Saint-Martin que Georges Lépineux et Jacques Labeyrie avaient découvert l’année précédente. Lors de l’expédition de 1952 dans ce gouffre, Marcel Loubens fait une chute aux pieds de Tazieff par la faute d’un défaut de conception du treuil et décède sans avoir pu être ramené à la surface. De ces expéditions Tazieff tire un livre (Le Gouffre de la Pierre St Martin) et un film (Eaux souterraines) qui obtiendra le premier prix à la Mostra de Venise.

Il s’installe en France en 1953, tout en poursuivant sa carrière de volcanologue sous le contrôle scientifique du professeur Ivan de Magnée de l’Université libre de Bruxelles dont il est l’assistant à son retour du Congo en 1949. Il se décide à demander la naturalisation française après le départ du Général de Gaulle du pouvoir et l’obtient en 1971, perdant automatiquement la nationalité belge. En 1953, il épouse Pauline de Ways-Ruart d’Elzius (1914-1953), puis se remarie en 1958 avec France Depierre (décédée en 2006), une amie rencontrée en 1939 lors d’un séjour dans les Alpes.

Haroun Tazieff, entier postal.

Son soutien à François Mitterrand au long de la « traversée du désert » de celui-ci, et sa renommée mondiale, lui valent d’être chargé de la prévention des risques naturels et technologiques majeurs lorsque François Mitterrand devient président de la République en 1981 d’abord comme commissaire, puis en 1984 comme secrétaire d’État dans le gouvernement Fabius. En 1986, la droite arrive au pouvoir et son secrétariat d’État disparait. Il va accepter quelques missions du nouveau ministre de l’Environnement Alain Carignon. Dénonçant ce qu’il estime être les excès de l’écologie politique au détriment d’une étude sérieuse de l’écologie et déçu par la politique politicienne, il retourne à ses recherches. Il expose celles-ci à l’intention du grand public dans une trentaine d’ouvrages publiés de 1951 à 1996. Dans plusieurs d’entre eux, il combat le catastrophisme en vogue avec le trou de la couche d’ozone et le réchauffement climatique, phénomènes qu’il ne nie pas, mais dont il estime les causes mal analysées et la menace surfaite. Il intitule l’un de ces ouvrages La Terre va-t-elle cesser de tourner ?.

Il meurt le 2 février 1998 à Paris des suites d’un cancer et est enterré au cimetière de Passy dans le 16e arrondissement parisien. Sa tombe figure une fresque précolombienne : le sarcophage de Palenque.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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