Gjergj Kastrioti, l’Albanie vénitienne.

Au Xe siècle, la république de Venise s’étend à la côte dalmate. En 1202-1204, les Croisés l’aidèrent à conquérir plusieurs autres étapes sur la route vers l’Orient (de Zadar – Zara en Croatie jusqu’aux îles Ioniennes actuellement en Grèce) bien que ce ne fut pas à l’origine le but de l’expédition. Au xve siècle (1448), ce que la république de Venise appelle l’Albanie vénitienne comprend les territoires et populations s’étendant de Kotor (Cattaro) (Nord du Monténégro actuel), en passant par Shkodër (Scutari) et Durrës (Durazzo), jusqu’à la ville de Arta (région de Ioannina, actuellement partie de la Grèce du Nord depuis 1918).

À cette période commencent également les premières installations massives des Albanais en Italie. En 1450, le roi de Naples, Alphonse V d’Aragon, voulant soumettre la Calabre, leva des troupes dans lesquelles prirent part les Albanais, et beaucoup de ceux-ci ne retournèrent pas en Albanie alors en proie à des luttes incessantes contre les Turcs. Dans la province de Catanzaro ils fondèrent les colonies de Amato, Andali, Casalnovo, Caraffa, Vena, Zanganore, Pallagoria, San Nicolo dell’ Alto, Carfizzi, Gizzerie, Marcedusa et Zegaria. En Sicile, ils s’établirent près de Palerme, à Contessa.

Après la chute de Constantinople, les incursions turques dans la péninsule se font de plus en plus insistantes. En dépit d’une résistance rassemblée derrière le seigneur Georges Castriote (v. 1403-1468), dit Scanderbeg, fils du prince d’Épire Jean Castriote, et de l’aide de la république de Venise, l’Albanie succombera à l’occupation ottomane à la fin du XVe siècle. Pendant près d’un quart de siècle, ce personnage — salué par les papes Nicolas V et Pie II du nom de « champion du Christ » — infligea de rudes défaites aux troupes turques, sans pouvoir toutefois les chasser pour toujours.

En mourant, Scanderbeg laissera entre les mains des Vénitiens la principauté d’Arbëri qu’il avait fondée. Il semblerait que les princes chrétiens ne comprirent pas à temps le rôle immense que Scanderbeg eût pu jouer dans les guerres contre les Turcs au moment décisif où ceux-ci prenaient décidément pied en Europe. Ils ne surent pas lui venir en aide, aussi dut-il se borner à une guerre purement défensive. Fréderic Gibert dira dans l’étude de l’histoire des pays d’Albanie en 1914 « […] nous pouvons donc avancer qu’il [Scanderbeg] doit être placé au rang des plus grands

généraux dont l’Histoire fait mention et que les Turcs furent bien avisés en le nommant prince Alexandre en mémoire à Alexandre le Grand ». Outre le pape Nicolas X qui lui décerna le titre de « champion de la Chrétienté », Élisabeth Ire d’Angleterre, connue pour la plus anticatholique priait pour Scanderbeg catholique. Voltaire écrivit que « si les empereurs grecs (de Byzance) avaient été de la trempe de Scanderbeg, l’Empire d’Orient (Empire byzantin) aurait pu être sauvé ». James Wolfe, général anglais, a qualifié Scanderbeg de « plus grand général de l’histoire à la tête d’une petite armée ». Napoléon Ier, dans ses mémoires qu’il dicta à Sainte-Hélène, considéra Scanderbeg parmi l’un des quatre plus grands généraux de tous les temps.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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