Gérard David, peintre.

Né Gheeraedt, ou Geerart Janszoon, à Oudewater vers 1450, il semble avoir pris le prénom de son père David comme patronyme peu après son inscription à la guilde des imagiers et selliers de Bruges en 1484. Peintre, dessinateur et probablement miniaturiste classifié parmi les primitifs flamands, il est mort à Bruges le 13 août 1523.


Gérard David est l’un des derniers représentants des primitifs flamands de l’école de Bruges, représentée notamment par Jan van Eyck, Petrus Christus et Hans Memling.

Peinture de Gérard David, carte maximum, Niger, 1976.

Originaire d’Oudewater, près de Gouda, il s’inscrit à la corporation des imagiers et selliers de Bruges en tant que franc-maître en 1484. Il est élu second syndic de sa corporation en 1488, puis le 2 septembre 1495, premier syndic, et enfin doyen le 12 octobre 1501. Il entre en 1507 dans la prestigieuse confrérie de Notre-Dame de l’Arbre sec.

Il épouse Cornelia Cnoop, fille du doyen de la guilde des orfèvres. Il peint la Vierge entre les vierges qu’il offre en 1509 aux sœurs Carmélites du couvent de Sion. Aujourd’hui conservé au musée des beaux-arts de Rouen, ce tableau, le seul réellement authentifié, constitue avec le diptyque de la Justice de Cambyse et le Baptême du Christ, le groupe de base utilisé pour constituer par analyse stylistique le corpus des œuvres du maître. L’historien anglais James Weale, établi à Bruges, reconstituera, à la fin du XIXe siècle, l’œuvre du peintre alors tombée dans l’oubli. L’exposition organisée à Bruges en 1902, les Primitifs flamands à Bruges, consacra la redécouverte de Gérard David, en même temps que celles de Jan Provoost, Albert Cornelis et Adriaen Isenbrant.

Signe de reconnaissance, il reçoit en 1506 une commande pour l’abbaye de La Cervara en Ligurie, pour laquelle il réalise un polyptyque, dont les panneaux aujourd’hui dispersés sont conservés au Palazzo Bianco à Gênes, au Metropolitan Museum of Art à New York et au musée du Louvre, à Paris.

Gérard David ne figure pas dans les livres de compte de la guilde Saint-Jean des libraires de Bruges, mais il est possible, voire probable, qu’il ait collaboré épisodiquement à l’illustration de différents manuscrits.

En 1515, un certain « Meester Gheraet van Brugghe », probablement Gérard David, est inscrit comme peintre à la suite de Joachim Patinier sur le registre de la guilde Saint-Luc des peintres d’Anvers. La double inscription était alors courante pour accroître sa clientèle surtout à cette époque troublée qui voyait le déclin de Bruges en même temps que l’essor de la ville d’Anvers favorisée par Maximilien.

En 1519-1520, il est cité en justice pour un différend qui l’oppose à Ambrosius Benson, qui travailla quelques années comme compagnon dans son atelier et vécut sous son toit. Lors de son départ, sans doute conflictuel, Benson laissa une malle contenant des dessins de têtes et de nus. Selon lui, quelques-uns de ceux-ci lui venaient d’Adriaen Isenbrant, d’autres d’Albert Cornelis. Soutenant que ces modèles étaient les siens, Gérard David les avait confisqués. Par ailleurs, Ambrosius Benson s’était fortement endetté auprès de son maître. Benson fut condamné à le rembourser en retournant travailler comme compagnon à son atelier trois jours par semaine. Une fois les comptes apurés, la cour des échevins ordonna que Gérard David rendît les modèles confisqués. Passant outre ce jugement, Benson fit emprisonner Gérard David le 28 janvier 1520.

Mort en 1523, il fut enterré sous la tour de Notre-Dame à Bruges.

Dans ses premières peintures, Gérard David, influencé par l’École de Gand (Jan van Eyck, Joos van Gant, et surtout Hugo van der Goes), emprunte volontiers motifs et figures. Il donne aussi une importance croissante au paysage et au ciel comme composante picturale dramatique.

À partir de 1500, son style évolue avec l’utilisation de modelés plus subtils, de contours plus délicats, et l’emploi du clair-obscur. On note également quelques peintures avec une tonalité générale bleu sombre.

Après 1506, qui correspond à la livraison du retable de Cervara, son style s’italianise quelque peu avec un perfectionnement technique dans ses perspectives, l’apparition d’un sfumato plus doux, et l’emploi d’effets dramatiques dans l’éclairage.

Après 1510, il peint essentiellement des tableaux de petites dimensions représentant la Vierge à l’Enfant dans un style plus doux, moins hiératique, dans une tonalité plus claire et avec des valeurs moins contrastées. Avec son Repos pendant la fuite en Égypte de Madrid, Gérard David est techniquement au sommet de son art, et la version de Washington constitue une prouesse technique quant à l’utilisation des glacis.

Gérard David fut beaucoup copié aussi bien par des maîtres réputés d’Anvers comme Quentin Metsys, Jan Provoost, ou Joachim Patinier, que par des peintres de Bruges comme Adriaen Isenbrant, Ambrosius Benson, ou Albert Cornelis.

 

 

 

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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