Georgi Konstantinovich Joukov, militaire et homme d’état.

Né dans une famille de paysans à Strelkovka, province de Kalouga, il est d’abord apprenti fourreur à Moscou.

En 1915, il est enrôlé comme soldat dans le régiment de dragons de Novgorod, décoré la Croix de Saint Georges à deux reprises, il est promu au rang de sous-officier pour sa bravoure au combat.

Il rejoint le parti communiste après la révolution d’octobre, où son origine modeste devient un atout. Après une guérison du typhus, il se bat lors de la guerre civile, recevant l’ordre de la bannière rouge pour avoir maîtrisé une révolte paysanne.

Remarqué pour sa minutie, sa discipline et sa rigueur, il obtient rapidement de l’avancement : en 1923 il commande un régiment, et en 1930, une brigade. En 1931, il obtient son diplôme à l’académie militaire de Frunze.
Fervent partisan des nouvelles manières de combattre avec des chars, il survit aux massives et sinistres grandes purges de la direction de l’armée mises en place par Staline dans les années 1930, peut-être parce qu’il quitta l’environnement dangereux de Moscou, d’abord comme observateur pendant la guerre d’Espagne, puis pour le commandement du premier corps d’armée soviétique mongol.

Lorsque l’armée du Kwantung, État vassal du Japon, provoque sur la frontière entre la Mongolie et la Mandchourie, une série de graves incidents de 1938 à 1940, dans une sorte de guerre non déclarée où les Japonais veulent tester la volonté des Soviétiques de défendre leur territoire, avec 80 000 hommes, 180 tanks et 450 avions pour l’armée d’invasion, le général Joukov se retrouve chargé de mener la contre-offensive.

Après sa demande du 15 août 1939, il reçoit des renforts substantiels, composés de troupes aguerries lors des opérations contre les indigènes sibériens, au début de la décennie. Ils sont de plus abondamment pourvus en matériel moderne, acheminé par la voie ferrée vitale du Transsibérien. Il peut provoquer la décisive bataille de Halhin Gol, le 20 août, pendant laquelle il fait mener une attaque frontale conventionnelle par son infanterie et les troupes mongoles, gardant en réserve deux brigades de chars, équipées de chars rapides du type Char BT-5. Une fois l’ennemi bien accroché, il fait exécuter par ces troupes rapides un enveloppement par les deux ailes. Supportés par l’artillerie motorisée et l’infanterie, les deux groupes de bataille mobiles encerclent la 6e armée japonaise et capturent les dépôts de ravitaillement japonais. En quelques jours les troupes japonaises sont contraintes à la fuite, abandonnant de nombreux prisonniers et la majeure partie de leur matériel. Cette bataille est considérée par les Russes comme une revanche de la débâcle de 1905 et Joukov est récompensé par le titre de Héros de l’Union soviétique. Il participe ensuite à la Guerre d’Hiver contre la Finlande.

Promu au grade de général en 1940, il est brièvement chef de la Stavka, avant qu’un désaccord avec Staline le fasse remplacer en juin par le maréchal Boris Chapochnikov, lui-même cédant la place à Alexandre Vasilevsky en novembre.

Il est d’abord envoyé au secours de Vorochilov qui organise la défense de Leningrad, en voie d’encerclement par les troupes allemandes et finnoises. Mais, en octobre 1941, il est rappelé pour remplacer Semyon Timochenko, à la tête du front central et diriger la défense de Moscou. Il organise le rapatriement des troupes d’Extrême-Orient, suite à l’assurance de la non-intervention japonaise. Ce travail logistique — considéré par certains comme sa plus grande réalisation — lui permet de créer une réserve stratégique composée de troupes d’élite. Il lance la contre-attaque au début décembre, évitant ainsi la chute de la ville qui semblait inéluctable.

En 1942 il est fait délégué du commandant en chef et envoyé sur le front méridional pour sauver Stalingrad, supervisant la capture de la sixième armée allemande en 1943 au prix d’un million de victimes. Il y imposait une discipline de fer. On raconte même que, lors d’une revue des troupes, il logeait une balle dans la tête d’un homme sur 10. En janvier 1943 il organise le ravitaillement de Leningrad à travers le blocus allemand. Il cède au général Vatutine le commandement pendant la bataille de Koursk. Après l’échec du maréchal Vorochilov, il brise le siège de Leningrad en janvier 1944, puis il mène l’offensive soviétique Bagration de 1944, qui libère la quasi-totalité de la Biélorussie.

Joukov, entier postal, Russie.

Il participe à l’assaut final sur l’Allemagne en 1945, capturant Berlin en avril, à la tête du premier front de Biélorussie. C’est lui qui reçoit la capitulation de l’Allemagne, pour l’URSS. Il passe alors aux commandes des trois fronts d’Extrême-Orient, pour lancer l’offensive d’août 1945, contre le Japon en Mandchourie, l’opération « tempête d’août », impliquant 1,5 million d’hommes et 5 000 chars, qui s’arrête au bout d’une semaine, suite au bombardement atomique de Hiroshima et de Nagasaki, rapidement suivi par la reddition japonaise.

Il devient le premier gouverneur de la zone d’occupation soviétique de l’Allemagne. Cependant, trop populaire aux yeux de Staline, il est rétrogradé en 1947 pour commander le district militaire d’Odessa. Après la mort de Staline, en 1953, il devient délégué du ministre de la Défense puis ministre. Il appuie Nikita Khrouchtchev en 1957, et en juin de cette même année, il est fait membre complet du Comité central. Précisément quatre mois plus tard,

Ce n’est qu’après le départ de celui-ci en 1964 qu’il apparaît de nouveau en public. Léonid Brejnev et Alexeï Kossyguine font revenir Joukov dans les faveurs des hauts responsables soviétiques, mais sans aucun réel pouvoir. Jusqu’à sa mort, en 1974, il est considéré comme un personnage important au sein de la population soviétique. Il est incinéré avec les honneurs militaires. En 1995, pour la commémoration de son 100e anniversaire, la Fédération de Russie crée l’Ordre Joukov et la Médaille Joukov.

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Sources : Seconde-guerre.com, YouTube.

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