Gengis Khan, fondateur de l’empire mongol.

Gengis Khan  (mongol : ᠴᠢᠩᠭᠢᠰ ᠬᠠᠭᠠᠨ,  littéralement : « souverain universel »), d’abord nommé Temüjin (mongol : ᠲᠡᠮᠦᠵᠢᠨ,  Témudjine), né vers 1155/1162 pendant le Khamag Mongol, dans ce qui correspond à l’actuelle province de Khentii en Mongolie, mort en août 1227 dans l’actuel Xian de Qingshui (Chine), est le fondateur de l’Empire mongol, le plus vaste empire continu de tous les temps, estimé lors de son extension maximale à 33,2 millions de km2 en 1268 sous Kubilai Khan.

Issu d’un chef de clan de la tribu des Bordjiguines, il utilise son génie politique et militaire pour rassembler plusieurs tribus nomades de l’Asie de l’Est et de l’Asie centrale sous l’identité commune de « mongoles » ; il en devient le khan (dirigeant), puis le Tchingis Khagan (empereur ou chef suprême), avant même de se lancer à la conquête de la Chine. À la fin de son règne, il contrôle une grande partie de l’Asie, avec, outre la Mongolie, la Chine du nord et la Sogdiane.

Après sa mort, l’empire est considérablement agrandi par ses successeurs qui le dirigent encore pendant plus de 150 ans. Son petit-fils, Kubilaï Khan, est le premier empereur de la dynastie Yuan en Chine.

Pour les Mongols, qui le considèrent comme le père de leur nation, Gengis Khan est une figure légendaire entourée d’un grand respect. Mais, dans nombre de régions d’Asie ravagées par ses guerres ou celles de ses successeurs, il est considéré comme un conquérant impitoyable et sanguinaire.

Il a établi des lois en faveur des femmes, pour éviter les conflits entre tribus. Ainsi, l’interdiction d’enlever des femmes, de les vendre à des époux et l’interdiction de l’adultère sont les principes de son empire.


Si l’on étudie les origines des Mongols et l’histoire de l’immense espace dominé par leurs prédécesseurs, l’on comprend rapidement la logique conquérante de Gengis Khan et les traits caractéristiques de l’Empire mongol à travers l’étude de l’Empire des steppes.

Le peuple turco-mongol dont est issu Gengis Khan descendrait des Xianbei, pour les Chinois Hu de l’Est, hypothèse la plus probable. Ces proto-mongols parlent le khitan, langue associée au mongol. Ce sont des pasteurs nomades qui chassent au IIe siècle les Xiongnu, établis dans l’actuelle Mongolie orientale depuis le IIe siècle av. J.-C. Premier Empire des steppes, ces Huns d’Asie aux origines troubles sont en effet les premiers nomades à dominer un ensemble territorial et y installent une capitale : Long Cheng. Au IVe siècle, c’est au tour de la « conféderation ruanruan » de contrôler une région qui s’étend du Xinjiang à la Sibérie, peuple de métallurgistes, ils sont les premiers à appeler leur chef Grand Khagan, qui deviendra plus tard Khan. En 552, ce sont les Köktürks qui s’emparent du territoire. Ils surveillent les accès aux routes de la soie et avec Byzance attaquent les Sassanides. L’espace de domination s’agrandit encore, allant du Caucase aux côtes de la Mer Jaune. Avec les Köktürks naît l’idée du chef au mandat divin, homme-providence qui voue sa vie à la soumission des peuples étrangers. De plus, le système administratif türk inspirera les Mongols, avec la création d’une trentaine de bureaux dédiés aux affaires étrangères, civiles ou encore militaires. C’est aussi la date d’introduction du système d’écriture türk, remplacé plus tard par l’alphabet ouïghour (ou vieux ouïghour, dérivé de l’alphabet syriaque et à l’origine de la Mongol et de la mandchoue), un élément important dans l’unité et la gestion de cet Empire des steppes. En 743, ce sont les Ouïgours qui, à la suite de querelles intestines entre tribus, s’emparent de ce vaste territoire. Les échanges avec la Chine sont alors foisonnants. Naît aussi une nouvelle capitale à l’emplacement-même de l’ancienne capitale Köktürk, Ordu Baliq (en), littéralement Cité de la cour. Ils sont enfin détrônés par les Kirghiz en 840, peuple de l’Ienisseï, fleuve sibérien, dont l’hégémonie sera vite contestée par les Khitans. Ces derniers, voisins des Mongols, forgent un modèle dynastique qui inspirera plus tard les Jürchen puis les Yuan. Ils se convertissent notamment au bouddhisme.

Gengis Khan et le peuple mongol dans son ensemble ont un héritage commun, celui de l’Empire des steppes, caractérisé par un chef  charismatique, protégé du Ciel éternel, le Möngke tengri. Ce chef, le Khan (déformation de Khagan), met ainsi en place un système administratif et un système de poste efficaces, et un territoire centralisé autour d’une capitale, l’ördü : Karakorum, par ailleurs située à quelques kilomètres des anciennes capitales ouïghour et türk. On entrevoit donc un personnage sûr de lui et favori du Ciel, qui prend le pouvoir grâce à des rivalités incessantes, à l’instar de ses prédécesseurs, certain de son succès et à la volonté ferme de domination de territoires immenses et de soumission des peuples étrangers.

Il y a très peu d’informations vérifiables sur Gengis Khan avant qu’il ne commence ses conquêtes. Les quelques sources sur cette période ne sont pas toujours en accord.

Gengis Khan naît dans une tribu mongole nomade, à proximité du mont Burkhan Khaldun, non loin de l’actuelle capitale de la Mongolie, Oulan-Bator. À ce moment, les quarante clans mongols sont déchirés par des guerres intestines et divisés face à leurs rivaux, Turcs et Tatars.

Il est issu d’une famille noble, étant en effet le fils (aîné) de Yesügei, chef du clan des Qiyat de la tribu des Bordjiguines10 (mongol : Боржигин). Yesügei, petit-fils de Khabul Khan, est le vassal de Toghril, chef des Kéraït. La mère de Gengis Khan, Hö’elün, épouse principale de Yesügei, est issue de la tribu Merkit, où elle a été enlevée. Outre Gengis Khan, elle donne naissance à trois fils, Qasar, Qaci’un et Temüge, et une fille, Temülün.

Il reçoit d’abord le nom de Temüjinnote 3, « le plus fin acier » (du turco-mongol temür, tömör : fer). Selon l’Histoire secrète des Mongols, ce nom de Temüjin vient d’un chef de clan tatar capturé peu avant par son père. Il peut également suggérer que sa famille ait pu être des descendants d’une famille de forgerons.

Le même ouvrage indique qu’il est né en tenant un caillot de sang dans son poing, ce qui, dans la tradition mongole, indique que l’enfant est destiné à devenir un grand guerrier.

La légende lui attribuera aussi des ancêtres mythiques : un loup gris-bleu (Börte Cino), une biche fauve (Qo’ai Maral) et une femme fécondée par un rayon de Soleil, nommée Alan Qo’a (« Garance-la-Belle »).

À neuf ans, donc entre 1164 et 1171, il est fiancé à Börte « la Céruléenne », du puissant clan des Onggirats et vit désormais dans sa belle-famille, selon la coutume, afin de gagner par son travail le prix de sa fiancée. Vers cette époque, il aurait tué un ours à mains nues.

Son père meurt peu après, empoisonné dans la steppe lors d’un festin partagé avec les Tatars. Temüjin est alors trop jeune pour obtenir la soumission du clan et c’est le clan des Tayitchiout (Taïdjioutes) qui s’empare du pouvoir. Ils excluent la veuve de Yesügei et ses quatre enfants (les trois frères et la sœur de Temüjin).

Il passe les années suivantes avec sa famille selon le mode de vie des nomades. Capturé un jour par la tribu rivale des Tayitchiouts et par leur chef Targutaï, il réussit à s’échapper peu de temps après avec l’aide d’un de ses ravisseurs. Pendant ces années de misère, se battant pour manger, Temüjin et son frère Qasar tuent leur demi-frère Bekter. Petit à petit, il reconstitue un patrimoine.

Le fort caractère de Temüjin lui permet d’avoir des amis, dont Bo’ortchu et Djamuqa, chef des Jadaran, mais lui vaut aussi des ennemis.

Vers 1181, il épouse Börte, obtenant un statut social grâce à sa belle-famille. Celle-ci est enlevée par des membres de la tribu des Merkit. Temüjin, avec l’appui de Toghril et de Djamuqa, écrase les Merkit sur les bords de la Buura, et délivre sa famille. Son premier fils Djötchi naît en 1182, quelques mois après la libération de sa femme, ce qui suscite des doutes quant à sa paternité. Plusieurs fils naissent ensuite : Djaghataï en 1184, Ögödeï (1186), Tolui en 1193.

De haute taille, de charpente robuste, possédant un large front, “des yeux de chat” et une longue barbe à la fin de sa vie, Temüjin, est un puissant guerrier mais aussi un habile politicien, ce qui va lui servir dans sa tentative d’unification des tribus mongoles. Sa renommée grandit et de nombreux jeunes gens avides d’aventures le rejoignent. Parmi eux, Qubilai, Djelmé, Djebé la Flèche, Subötai resteront toujours ses quatre chiens féroces.

À cette époque, les peuples nomades d’Asie centrale, divisés, sont facilement manipulés par les peuples sédentaires dirigés par de puissants monarques, tels ceux de la dynastie Jin au nord de la Chine.

Se forgeant de solides amitiés parmi les chefs des clans mongols, Temüjin réussit vers 1195-1197, après une série de guerres et d’alliances mouvantes, à se faire nommer Khan par le qüriltaï (assemblée plénière). Son élection le brouille avec Djamukh.

En 1202, Temüjin est vainqueur des Tatars avant de dominer la Mongolie orientale puis centrale.

En 1206, un nouveau qüriltaï le proclame « Empereur » : il reçoit en effet le titre de Tchingis Khagan (« Souverain océanique », c’est-à-dire « Souverain universel ». C’est à partir de cette date que Temüjin est connu sous la dénomination de « Gengis Khan », qui est en fait un titre (comme Augustus, « Auguste » pour Octavien à Rome à partir de 27 av. J.-C.).

Entre 1203 et 1209, Gengis Khan lance ses trois premières campagnes contre la Dynastie des Xia occidentaux, après avoir envoyé son fils Djötchi soumettre une tribu du nord. Ces campagnes aboutissent à un accord de paix par lequel l’empereur vaincu se soumet aux Mongols et promet d’associer ses troupes à celles de Gengis Khan en cas de besoin.

Diverses tribus se rallient alors à Gengis Khan : les Qarluq, les Ouïghours, dont l’alphabet inspirera le mongol bitchig, alphabet encore en usage de nos jours en Mongolie-Intérieure et par certains en extérieure, les Khitans du nord (北辽, pinyin běiliáo) et les Kara Khitaï.

Cependant, la cible principale de Gengis Khan est la dynastie Jin régnant sur la riche Chine du nord. La guerre commence en mars 1211. Pendant deux ans les Mongols ne dépassent guère la Grande Muraille mais conquièrent la Mandchourie. Victorieux en campagne, ils voient leurs assauts impuissant devant les grandes villes, jusqu’à ce qu’ils acquièrent des machines pour les assiéger.

Ils avancent ensuite avec trois armées au cœur du territoire chinois, entre la Grande Muraille et le fleuve Jaune. Après avoir dévasté le nord de la Chine et pris de nombreuses villes, Gengis prend Pékin en 1215, mais refuse d’entrer personnellement dans la ville.

Entre-temps, certains de ses adversaires se réfugient à l’ouest dans le royaume des Kara-Khitans, pourtant allié occidental de Gengis Khan. Celui-ci envoie Djebé, un de ses principaux généraux, à leur poursuite par la conquête du territoire, qui, selon lui, conspirait contre lui.

En 1217, Gengis Khan quitte la Chine, laissant un autre de ses généraux, Muqali, avec la charge des régions conquises.

En 1218, il envahit le royaume de Khwarezm ; dès 1220, le Khwarezm est vaincu, la Sogdiane est occupée, en particulier Boukhara et Samarcande.

Un récit plus ou moins fiable affirme que Gengis Khan avait envoyé des émissaires au gouverneur d’une province orientale du Khwarezm, qui les aurait fait exécuter. Gengis aurait pris ce prétexte pour envoyer une force de 100 000 à 200 000 hommes. Des travaux historiques récents mettent en doute la réalité de l’exécution des émissaires de Gengis Khan.

Alors que Gengis Khan est en Iran, les Xia Occidentaux et les Jin s’allient contre les Mongols.

Avec le temps, Gengis prend l’avenir avec plus de considération et s’assure une sélection de successeurs parmi ses descendants. Il choisit son troisième fils Ögödei comme héritier et établit une méthode de sélection de ses sous-chefs spécifiant qu’ils doivent provenir de sa descendance directe.

Dans le même temps, il étudie les rapports de ses espions sur les Xia et les Jin et prépare une force de 180 000 hommes pour sa nouvelle campagne.

En 1226, il attaque les Tangoutes sous le prétexte qu’ils hébergent des ennemis des Mongols. En février, il s’empare des villes de Heishui (黑水城), Ganzhou(甘洲) et Suzhou (肃州) ; durant l’automne, il prend Xiliangfu (西凉府).

Un général xia attaque alors les Mongols dans une bataille près des monts Helan (贺兰山 / 賀蘭山) mais son armée est vaincue. En novembre, Gengis Khan mène le siège contre la ville tangoute de Lingzhou (zh) (靈州) puis traverse le fleuve Jaune et anéantit le reste de l’armée tangoute. Un alignement de cinq étoiles est observé le soir de cette  bataille.

En 1227, il attaque la capitale tangoute et s’empare de Lintiaofu (临洮府) en février. En mars, il prend les préfectures de Tiaozhou (洮州), Hezhou (河州), puis la préfecture de Xiningzhou (西宁州) en avril, la préfecture de Deshun (zh) (德顺 / 德順). À Deshun, le général xia Ma Jianlong (马肩龙) résiste aux Mongols pendant plusieurs jours et mène personnellement les attaques pour les maintenir en dehors de la ville. Ma Jianlong meurt peu après sous les assauts des archers mongols. Après avoir conquis Deshun, Gengis Khan se dirige vers les Monts Liupan (六盘山, liùpánshān) pour passer l’été. Sur la montagne, il décrète que les Mongols ne doivent plus tuer aveuglément, conformément à la parole qu’il avait eue un an auparavant, lors de l’alignement des cinq étoiles. Il ne reste plus que la capitale Zhongxingfu (中兴府 / 中興府, zhōngxīngfǔ), encerclée par l’armée mongole. Après six mois de siège, le dernier empereur de Xia capitule, il est tué, ainsi que toute sa famille.

Gengis Khan meurt le 18 août 1227 des suites d’une chute de cheval lors d’une partie de chasse, lors de laquelle un groupe d’hémiones a débouché devant sa monture qui, de peur, s’est cabrée, le faisant chuter. Il aurait connu de vives douleurs internes à la suite de cette chute et jusqu’à sa mort un an plus tard. D’après l’histoire secrète, il aurait eu le temps d’exposer à son plus jeune fils, Tolui, les plans utilisés plus tard pour achever la destruction de l’empire des Jin.

Son corps est ramené en Mongolie. Sur le chemin du retour, son escorte tue tout témoin du cortège, et elle est ensuite tuée, afin que le lieu de sa  dernière demeure reste secret. Ce lieu n’ayant pas été découvert, le mausolée de Gengis Khan, situé dans le district de Dongsheng, à Ordos n’est en fait qu’un cénotaphe, comportant quelques objets lui ayant appartenu, dont son arc. Deux importants rituels y sont pratiqués depuis tous les ans par la lignée des gardiens du cénotaphe. Il est probablement enterré dans les montagnes de Burkhan Khaldun.

Source : Wikipédia.

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