Geneviève de Gaulle-Anthonioz, résistante et militante des droits humains.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz, née le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle et morte le 14 février 2002 à Paris, est une résistante française puis militante des droits humains et de la lutte contre la pauvreté.

Elle est la nièce du président de la République Charles de Gaulle. Sous l’Occupation, alors qu’elle est étudiante, elle mène des actions de résistance au sein du Groupe du musée de l’Homme puis du réseau Défense de la France. Arrêtée par la Gestapo, elle est déportée en février 1944 au camp de Ravensbrück où elle sera détenue jusqu’à la libération du camp par l’Armée rouge en avril 1945. Après la guerre, elle s’engage notamment dans la lutte contre la pauvreté et assure la présidence de l’antenne française d’ATD Quart Monde de 1964 à 1998.

Treize ans après sa mort, elle fait son entrée au Panthéon, avec un cercueil ne contenant cependant que de la terre issue de son cimetière, sa famille ayant refusé qu’elle soit séparée de son mari.


Geneviève de Gaulle est la fille de Xavier de Gaulle qui est le frère aîné du général de Gaulle, et de sa femme Germaine Gourdon. Elle est aussi la petite-fille de Pierre Gourdon, auteur de romans populaires.

Geneviève De Gaulle-Anthonioz, carte maximum, Paris, 2003.

Elle naît à Saint-Jean-de-Valériscle petite commune située dans le bassin houiller des Cévennes. Son père, Xavier, ingénieur des mines, trouve son premier emploi civil. Il rejoint rapidement le bassin houiller de la Sarre alors sous administration française. En 1925, alors qu’elle n’a que cinq ans, sa mère Germaine décède à Ringen (GrafsChaft) (de) d’une septicémie consécutive à la mort in utero de l’enfant qu’elle portait. C’est un premier choc affectif, Geneviève de Gaulle devient très proche de son père, et supportera mal son remariage en 1930 avec une petite cousine de sa première femme : Armelle Chevalier-Chantepie. Geneviève de Gaulle vivra en Sarre jusqu’à l’âge de 15 ans, elle apprend l’allemand et devient donc pratiquement bilingue. Dès cette époque, son père lui fera lire Mein Kampf.

En 1935 la Sarre choisit de devenir allemande à la suite d’un plébiscite. Les Français doivent quitter le pays. Sa famille s’installe à Rennes où elle termine sa scolarité. Sa famille vécut à Rennes de 1935 à 1938, au 10 rue de Robien.

En 1939 elle s’inscrit en histoire à la faculté de Rennes. Elle ambitionne alors d’intégrer l’École nationale des chartes, à l’instar de son oncle Julien-Philippe.

Geneviève de Gaulle est étudiante à la faculté d’histoire de Rennes en juin 1940 quand elle entre en résistance, sous le nom de Germaine Lecomte Elle commence ses premiers actes en déchirant des affiches allemandes, en fabriquant des croix de Lorraine ou en arrachant, du pont de la Vilaine, un fanion nazi qu’elle rapporte chez elle comme trophée. Avec ses amis étudiants, elle imprime et diffuse des tracts contre les nazis et le Régime de Vichy.

À la rentrée universitaire de 1941, inscrite en licence d’histoire à la Sorbonne, Geneviève de Gaulle est hébergée par sa tante, Madeleine de Gaulle. Dans le Groupe du musée de l’Homme, elle multiplie les actions de renseignement et d’information. Elle rejoint en 1943 le réseau Défense de la France. Elle écrit deux articles dans le journal clandestin de ce groupe à propos de son oncle le général de Gaulle. Elle les signe sous le nom de Gallia.

Elle est arrêtée à la suite d’une trahison dans une souricière tendue dans une librairie de la rue Bonaparte par Pierre Bonny de la Gestapo française, le 20 juillet 1943. Elle est alors dans la clandestinité avec des faux-papiers qui sont détectés, elle révèle sa véritable identité immédiatement. Dans un premier temps elle est emprisonnée à Fresnes, puis envoyée au camp de Royallieu avant d’être déportée au camp de concentration de Ravensbrück le 2 février 1944 avec le matricule 27 3721. Au camp, elle rencontre et se lie d’amitié avec quatre autres résistantes : Jacqueline Péry d’Alincourt, Suzanne Hiltermann, Anise Postel-Vinay et Germaine Tillion.

En octobre 1944, elle est placée en isolement au bunker du camp, décision prise par Himmler afin de la garder en vie et de l’utiliser comme monnaie d’échange, à une époque où Charles de Gaulle gouverne la France libérée. Elle n’en sortira que le 25 avril 1945 lors de la libération du camp par l’Armée rouge.

Elle a tiré de cette expérience La Traversée de la nuit, écrit cinquante ans après sa libération, publié le 1er janvier 1998, et qui évoque sa vie à Ravensbrück, l’entraide entre les détenues et les circonstances de sa sortie du camp, ainsi que des articles, notamment sur la condition des enfants au camp de Ravensbrück.

Après la guerre, elle rencontre lors de sa convalescence en Suisse Bernard Anthonioz, éditeur d’art et ancien résistant. La cérémonie religieuse de leur mariage est célébrée présidée par Charles Journet. Ils ont quatre enfants, notamment Michel Anthonioz, qu’elle inscrit dès sa naissance en 1947 comme membre du RPF.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz est membre puis présidente de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR). Elle suit les procès des criminels nazis en Allemagne, puis participe à l’essor du mouvement politique lancé par son oncle, le RPF.

En 1958, son époux Bernard Anthonioz rejoint le cabinet d’André Malraux comme directeur de la création artistique au Ministère des Affaires culturelles. Geneviève assiste son époux dans ses nouvelles fonctions. C’est à cette époque qu’elle rencontre le Père Joseph Wresinski, alors aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand. Dans les souffrances des familles qu’elle y découvre, elle revoit celles qu’elle-même et d’autres déportés ont vécues et décide de s’engager avec Joseph Wresinski dans le mouvement ATD Quart Monde que celui-ci a fondé. Elle est présidente de la branche française du Mouvement de 1964 à 1998.

En 1987, elle témoigne sur la barbarie nazie lors du procès de Klaus Barbie.

Nommée en 1988 au Conseil économique et social, elle se bat pendant dix ans pour l’adoption d’une loi d’orientation contre la grande pauvreté. Reportée en 1997 pour cause de dissolution de l’Assemblée nationale, la loi est votée en 1998.

Elle meurt en 2002, et est inhumée au cimetière de Bossey en Haute-Savoie. Lors de la Journée internationale des femmes, une plaque commémorative est installée à la porte de l’immeuble de son dernier domicile parisien, au numéro 4 de la rue Michelet.

Le 21 février 2015, le président François Hollande annonce la translation de sa dépouille au Panthéon aux côtés de l’ancien ministre de l’Éducation nationale du Front populaire Jean Zay et des résistants Pierre Brossolette et Germaine Tillion. Cependant les familles des deux femmes refusent le transfert des corps au Panthéon, malgré la proposition faite par le président de la République qu’elles soient accompagnées de leurs époux. Cette confidence est faite par la fille de Geneviève de Gaulle lors de l’émission Secret professionnel, diffusée le dimanche 24 mai 2015 sur France Culture. Le 27 mai suivant, c’est donc un cercueil vide contenant un peu de terre prélevée dans le cimetière de Bossey qui est solennellement déposé dans la crypte du Panthéon.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

 

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