Franz Gertsch, peintre.

Franz Gertsch est un peintre suisse, né le 8 mars 1930 à Morenges, dans le canton de Berne.


De 1947 à 1950, Franz Gertsch fréquente l’école de peinture de Max von Mühlenen, à Berne, où la galerie Simmen présente en 1949 sa première exposition personnelle. Jusqu’en 1952, toujours à Berne, où il résidera jusqu’en 1974, il se perfectionne dans le domaine des techniques picturales auprès de Hans Schwarzenbach. En 1967, il reçoit la Bourse Louise  Aeschlimann, à Berne: c’est l’époque des images pop aux typologies simplifiées. Il expérimente sa technique réaliste à partir de l’automne 1968, après différentes expérimentations infructueuses en sculpture, puis en peinture. La première des peintures réalistes de Franz Gertsch date de 1969 : « Huaa …! », cavalier au galop, sabre levé, interprète une double page du périodique Salut les copains. Suivent entre 1970 et 1980 les scènes de famille ou de groupes (comme la série de trois tableaux Saintes Maries de la Mer peints lors d’un voyage dans le sud de la France en 1971 où il a photographié les enfants gitans sur la plage des Saintes Maries de la Mer, le pèlerinage des Saintes Maries ayant lieu les 24 et 25 mai de chaque année) et les portraits « en situation » d’amis du milieu de l’art. Avec Huaa… ! (1969) marque donc le début de cette période d’exploration de l’illusion hyperréaliste qui se termine avec la série de portraits de Patti Smith en 1979.

À la fin de l’année 1970, Jean-Christophe Ammann, directeur du  Kunstmuseum de Lucerne, invite Franz Gertsch à y présenter, à plus de quarante ans, sa première grande exposition. Pendant la préparation de l’exposition, Ammann présente Gertsch à Luciano Castelli, un jeune artiste, photographe et performer, personnalité phare de la scène lucernoise. Castelli vit alors dans un logement communautaire et Gertsch rencontre son cercle d’amis. En simple observateur, il documente par une série de clichés, le quotidien de ces jeunes gens enclins à confondre l’art et la vie, à transgresser les identités de genre et les catégories artistiques. À partir de ces images, Frantz Gertsch consacrera sept années à l’exécution d’une série de toiles elles-mêmes marquées par leur emprunt simultané aux registres de la photographie et de la peinture.

En 1972, à la documenta à Cassel, qui « interroge la réalité » et les iconographies contemporaines, son tableau Medici a été particulièrement remarqué. Il montre cinq jeunes gens appuyés à une barrière devant le Kunstmuseum de Lucerne ; leurs tenues et leurs poses, leurs expressions aussi, suggèrent une sortie entre amis. L’artiste a pris la photographie et l’a reportée sur la toile puis l’a démesurément agrandie grâce à un système de projection de diapositive. En 1972, à la faveur de Documenta v, Franz Gertsch voyage : France (Paris), États-Unis (1972, 1973, 1986), Italie, Autriche, Écosse, Allemagne, Japon (1987). Grâce à une bourse du DAAD, il passe une année à Berlin en 1974-1975.

Son œuvre a été présentée à Paris en 1974 (CNAC) dans l’exposition Hyperréalistes américains – Réalistes européens tandis qu’en 1975 une exposition monographique a circulé à Berlin (Akademie der Künste), Brunswick, Düsseldorf et Bâle. Franz Gertsch participe à sa première grande exposition collective. À son retour de Berlin, Franz Gertsch passe quelques mois à Berne, avant de se fixer en 1976 à « Rüschegg » (non loin de Fribourg et de Berne), où il vit et travaille depuis.

À partir de 1976, avec « Franz et Luciano », son œuvre s’oriente vers les représentations d’un ou plusieurs personnages plus cadrés dans leur présence et spécificité propres.

Franz Gertsch a choisi comme modèle la légende du rock Patti Smith après avoir vu sa photo sur la couverture de son disque « Horses » prise par Robert Mapplethorpe et après avoir entendu sa voix et sa musique. Il est allé la rencontrer et la photographier à Cologne en 1977. Les peintures de Franz Gertsch de l’icône du rock de toute une génération a largement contribué à notre mémoire collective à son sujet. Il l’a représentée, en toute simplicité d’une manière réaliste et authentique. Accroupie en face d’un amplificateur, vue de derrière ou positionnée du centre vers le bord de la peinture, un peu sur la défensive en étant proche de lourds micros. Cette peinture est une contre-proposition à la mise en scène d’Andy Warhol de personnages médiatiques comme Marilyn Monroe et Elvis Presley. Franz Gertsch a réussi à réanimer les années 1970 dans ses peintures grâce à sa capture parfaite des vêtements et des couleurs, l’ambiance spécifique de ces années.

La Biennale de Venise l’invite en 1978 à exposer dans le cadre de Dalla natura all’arte. Dall’arte alla natura. À partir du début des années 1980, ses thèmes de prédilection sont des portraits de femmes, des images de la nature. Entre 1980 et 1986, il peint des portraits en grand format uniquement en resserrant les portraits qu’il réalise en se focalisant sur la tête de ses modèles contemporains et déclare que chaque détail de l’image (nez, iris, fond) a une importance identique au sein de l’image. Le spectateur est ainsi incité à dévisager les différentes zones de ces visages paysages.

Le grave et grand autoportrait de 1980 engage la focalisation de l’artiste sur la tête. Cette vision prévaut jusqu’à « Johanna II », peinture achevée en 1986. Peu à peu, les dispositifs compositionnels se simplifient, le temps d’exécution s’allonge, et la narration disparaît au profit d’une  spiritualisation de la peinture. Les paysages accompagnent son parcours, de façon permanente, de même qu’un titanesque travail de xylogravure pendant de longues années (entre 1986 et 1993, mettant entre parenthèses son travail de peintre, alternant ensuite les phases de gravure et de peinture au gré de ses envies.

e reprend le pinceau à la faveur de quelques peintures sur Japon, à motifs végétaux culminant dans « Lapis-lazuli : 8.III.1995 », qui est une méditation totalement « abstraite » sur la couleur, le ciel nuageux, l’élémentaire et l’eau, dans leur immense magma. Suivent, toujours en très grand format, des toiles sur le thème de l’herbe entre 1995 et 1997. Il entreprend alors un nouveau portrait monumental, « Silvia », aux échos Renaissance, achevé en 1998 et qu’on verra à la Biennale de Venise de 1999, alors qu’il est en train d’en réaliser une variante, menée à terme en 2000. Silvia I, 1998 est le début d’une nouvelle phase fond bleu peint avant la figure, rappelle les portraits de la Renaissance et émancipe la peinture de sa matrice photographique également dans les peintures d’herbes exécutées à la même période. Le modèle n’est plus tant la nature que le propre travail de l’artiste et les œuvres appartenant à cette série sont toutes issues de détails du premier tableau.

En 2002, dans le cadre d’une commande publique, il a réalisé pour la Chalcographie du Louvre une xylogravure intitulée Pétasite III (Pestwurz III).

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Désolé, mais la copie des textes et des images n'est pas autorisée.