Franz Beckenbauer, footballeur.

Franz Anton Beckenbauer, né le 11 septembre 1945 à Munich, est un footballeur international puis entraîneur allemand.

Grand nom de l’histoire du football au poste de libéro, Beckenbauer signe sa domination au plus haut niveau international en remportant en tant que capitaine de l’équipe d’Allemagne de l’Ouest le Championnat d’Europe de 1972 et la Coupe du monde deux ans plus tard. En plus de ses succès internationaux, Beckenbauer mène également son club du Bayern Munich au triplé en Coupe des clubs champions européens (1974-76) et est élu deux fois Ballon d’or, en 1972 et 1976 (il est à ce jour l’un des trois seuls défenseurs à avoir décroché la récompense avec son compatriote Matthias Sammer du Borussia Dortmund en 1996 et l’Italien Fabio Cannavaro de la Juve en 2006). Le Bavarois devient ensuite sélectionneur de l’Allemagne et remporte notamment la Coupe du monde 1990.

Le surnom « der Kaiser » lui est attribué à partir de 1968. Beckenbauer raconte que l’origine de ce surnom est liée à une photo prise par des journalistes lors d’un match amical à Vienne en Autriche. Sur le lieu où se déroule la session photo, il y a un buste de l’empereur François-Joseph Ier (en allemand Kaiser Franz Joseph I) à côté duquel Beckenbauer prend la pose. Les journaux publient la photo avec le titre Fußball Kaiser (l’empereur du football). L’aura du footballeur ainsi que son prénom, Franz popularise alors le surnom. Bien qu’on associe souvent Beckenbauer au numéro 5 qu’il porte lors de la victoire en Coupe du monde 1974, le Kaiser n’a pas de numéro qui lui est spécifiquement attribué comme cela peut l’être pour les autres grands joueurs. Lors des Coupes du monde 1966 et 1970, il porte le numéro 4 et lorsqu’il joue aux Cosmos de New York, il porte le 62.

Président d’honneur du Bayern Munich depuis 20093, il préside le club entre 1994 et 2009. Il est également vice-président de la DFB entre 1998 et 2010, et membre du comité exécutif de la FIFA entre 2007 et 2011. Il a par ailleurs dirigé le comité d’organisation de la Coupe du monde 2006.

À ce jour, il est, avec Mário Zagallo et Didier Deschamps, un des trois seuls footballeurs à avoir gagné la Coupe du monde à la fois en tant que joueur et en tant qu’entraîneur. Il fait partie de l’équipe mondiale du XXe siècle.


Franz Beckenbauer naît sur les ruines de l’après-guerre en Allemagne le 11 septembre 1945, à Munich.

Fils d’un percepteur des postes, Franz Beckenbauer signe sa première licence à l’âge de 9 ans au club du SC 1906 Munich. Attaquant surdoué, il rêve d’intégrer le TSV Munich 1860 qui est à l’époque, le grand club de la ville bavaroise. Mais le destin en décide autrement : lors d’un tournoi de jeunes, il est frappé par un joueur du Munich 1860. Dégoûté, Franz jette son dévolu sur le Bayern Munich en 1958.

Il rejoint l’équipe de jeunes au Bayern à 14 ans et trois ans plus tard abandonne son travail en tant que vendeur d’assurance pour devenir footballeur professionnel. À cette époque, le Bayern est l’un des clubs les moins à la mode de l’Allemagne de l’Ouest.

Il fait ses grands débuts en équipe première du Bayern le 6 juin 1964, face au FC St. Pauli. Ailier gauche, il est promu en Bundesliga dès la fin de sa première saison en ligue régionale. Il est reculé au poste de milieu de terrain, remporte dès sa première saison la finale de la Coupe d’Allemagne où il marque 8 et connait au bout d’un an sa première sélection en équipe de RFA.

De retour de sa première Coupe du monde, Franz Beckenbauer remporte ses deux premières Coupes d’Allemagne en 1966 et 1967 ainsi que le premier trophée européen du Bayern, la Coupe des coupes aussi en 1967. À cette époque, Beckenbauer est déjà le capitaine du club bavarois. La saison suivante, les rouges remportent leur premier Championnat d’Allemagne. C’est durant cette période de la fin des années 1960 que Beckenbauer commence à expérimenter la tactique de raids offensifs depuis le centre de la défense. Il regarde et admire les percées latérales de l’arrière gauche italien de l’Inter Milan, Giacinto Facchetti, dont il adapte les méthodes à un rôle similaire joué depuis le centre.

Au milieu des années 1970, les Bavarois connaissent leur période la plus faste en remportant trois Bundesliga consécutives (1972, 1973, 1974) avant de faire de même avec la Coupe des champions (1974, 1975 et 1976). La première de ces trois finales continentales a lieu à Bruxelles en 1974, face à l’Atlético de Madrid. Épaulé par Sepp Maier, Paul Breitner, Uli Hoeness et Gerd Müller, Beckenbauer mène l’équipe allemande qui s’impose largement (4-0) lors du match rejoué après avoir arraché le nul au bout de la prolongation deux jours plus tôt. Beckenbauer brandit le trophée les deux années suivantes aux dépens du Leeds United puis de l’AS Saint-Étienne, le Bayern égalant l’Ajax Amsterdam, vainqueur sans discontinuer de 1971 à 1973. Le Bayern remporte sa première ensuite Coupe intercontinentale, le 21 décembre 1976. À l’époque, la compétition se joue au meilleur des deux manches. À l’aller, le club le plus titré d’Allemagne s’impose 2-0 devant Cruzeiro au Stade olympique de Munich grâce à des buts signés Gerd Müller et Jupp Kapellmann. La deuxième manche, au Brésil, se conclut sur un nul vierge. L’équipe de cette époque compte parmi les plus talentueuses de l’histoire du club. Les Sepp Maier, Uli Hoeneß, Karl-Heinz Rummenigge ou Beckenbauer sont triples champions d’Europe en titre mais refusent jusque-là de participer à cette Coupe Intercontinentale, malgré une concurrence entre l’Amérique du Sud et l’Europe acharnée. En 1976, ils acceptent finalement de relever le défi. Ils gagnent à Munich par moins 20 degrés alors que quelques semaines plus tard au Brésil, il fait près de 40 degrés.

Cette année ne fut facile ni pour lui, ni pour le Bayern. Il n’est pas épargné par les coups durs. Lui toujours si facile, si élégant, si aérien, insaisissable, inaccessible aux charges et aux crocs-en-jambe, doit tant lutter pour son club qu’il se fait une profonde déchirure à l’aine et doit faire l’impasse d’un match important du Championnat, devant l’Eintracht Francfort. C’est la onzième absence de Beckenbauer en 378 matches de Bundesliga. Le Bayern perd 3-0. Quittant le terrain, Gerd Müller déclare avec conviction : « Décidément, quand Franz n’est pas là, rien ne va plus au Bayern ».

Avec le Bayern Munich, Beckenbauer remporte quatre championnats d’Allemagne (1969, 1972, 1973, 1974), autant de coupes nationales (1966, 1967, 1969, 1971), trois Coupes des champions d’affilée (1974, 1975 et 1976) une Coupe des coupes en 1967 puis une Coupe intercontinentale en 1976. Après 396 matches de championnat (44 buts marqués) et 4 trophées de footballeur allemand de l’année (1966, 1968, 1974, 1976), il quitte le FC Bayern en 1977 pour finir à sa carrière avec les Cosmos de New York et le Hamburger SV.

Il connait sa première apparition sous le maillot national le 26 septembre 1965, alors tout juste âgé de 20 ans. Il s’agit d’un match crucial de qualification pour la Coupe du monde 1966 contre la Suède que les allemands remportent 2-14.

En 1966, le jeune Beckenbauer dispute sa première rencontre de Coupe du monde FIFA. Un coup de maître pour un coup d’essai puisqu’il marque deux buts lors de la large victoire des siens face à la Suisse (5-0). Les allemands font ensuite 0-0 avec l’Argentine puis battent l’Espagne (2-1) pour atteindre les quarts de finale. Ce match se joue contre l’Uruguay, Beckenbauer apporte sa pierre à l’édifice depuis le milieu de terrain et marque pour une victoire de 4-0. Il est à nouveau sur la feuille de match en demi-finale contre l’URSS. Son but est magnifique, un coup de pied gauche de l’extérieur de la surface qui contourne le mur pour battre le gardien légendaire Lev Yashin au second poteau (victoire 2-1). Pour la finale contre l’Angleterre, pays hôte, Beckenbauer doit marquer Bobby Charlton, joueur le plus craint par les allemands, et le suivre sur tout le terrain de Wembley. Beckenbauer dira des années plus tard : « L’Angleterre nous a battus en 1966 car Bobby Charlton était un peu mieux que moi ». Les Anglais s’imposent 4-2 après prolongations, le résultat est une énorme déception pour le jeune Beckenbauer.

En 1968, Beckenbauer marque le but de la victoire lors du premier match contre l’Angleterre depuis son sacre mondial.

À son poste de libéro, censé adopter le rôle de balayeur derrière la défense, Beckenbauer n’a pas la même liberté qu’au Bayern, rapidement convaincu de la valeur de ses montées offensives. Le directeur Ouest-allemand Helmut Schön est plus prudent et malgré ses demandes, Beckenbauer n’est pas autorisé à jouer de la façon qu’il voulait pour son pays.

Sa deuxième Coupe du monde, en 1970 au Mexique, est également émaillée de moments épiques. L’Allemagne de l’Ouest n’est pas en Amérique du Sud pour gagner, mais ils sont impliqués dans l’un des matchs les plus spectaculaires de la compétition et une fois de plus les adversaires sont les champions en titre anglais. La RFA se qualifie pour les quarts de finale en remportant ses trois premiers matchs, battant le Maroc 2-1, la Bulgarie 5-2 et le Pérou 3-1. En quart de finale, l’Angleterre prend une avance de 2-0 et semble être en roue libre vers les demi-finales mais c’est sans compter sur la réduction du score de celui qu’on appellera ensuite le Kaiser. Brian Glanville décrit ce qui s’est passé dans son livre, L’histoire de la Coupe du monde : « Beckenbauer s’est avancé, a pris le rebond et envoyé un tir peu puissant du pied droit vers le coin de gauche de Bonetti qui plonge trop tard, la balle roule sous lui et le score est de 2-1 ». L’égalisation vient du vétéran Uwe Seeler avant que Müller n’offre la qualification. Mais la joie est de courte durée. Malgré leurs efforts épuisants contre l’Angleterre, à la fin du temps réglementaire de la demi-finale contre l’Italie le score est de 1-1 grâce à l’égalisation allemande de dernière minute. Lors de la première période de prolongation, Beckenbauer est percuté et blessé par un italien. Il continue le match avec le bras en écharpe mais, à partir de là, il n’est plus qu’un simple spectateur du match. Mais son abnégation n’est pas récompensée, puisque les Azzurri remportent le match (4-3), le onze allemand devant se contenter de la 3e place finale remportée contre l’Uruguay (1-0). Beckenbauer garde de bons souvenirs de cette édition mexicaine : « Le Mexique 1970 fut un remarquable tournoi. À l’époque, il n’y avait pas autant de fanatisme, les organisateurs n’étaient pas obnubilés par la sécurité, on pouvait faire et laisser faire ce qu’on voulait. A l’entrée, un seul policier armé surveillait tout. Une situation impensable aujourd’hui. En un mot, tout était plus innocent. Les matches qui se déroulèrent au Mexique furent hauts en couleur. Le pays s’amusait et le football dansait ».

Après la Coupe du monde 1970, les grands joueurs de cette équipe arrêtent la sélection et l’entraineur Helmut Schön fait appel à de nouveaux joueurs. Six joueurs viennent du Bayern Munich et trois de Mönchengladbach. En 1971, Franz Beckenbauer est nommé capitaine de la Mannschaft et réussit enfin à mettre ses théories en pratique. Lors du Championnat d’Europe 1972 l’année suivante, les joueurs remportent pour la première fois un match en Angleterre, à Wembley, et une victoire 3-1 en quart de finale aller de l’Euro 72 et Beckenbauer personnifie alors la balayeuse moderne, le joueur autour duquel tout tourne. La RFA remporte le trophée en battant l’Union soviétique 3-0 en finale et Beckenbauer remporte le Ballon d’or (une première pour un défenseur).

C’est lors du Mondial 1974, organisé en Allemagne de l’Ouest, qu’arrive son heure de gloire. Beckenbaueur évolue alors en équipe nationale à une place qu’il révolutionne par son jeu : celle de libéro couvrant sa défense. De ce poste, il organise le secteur offensif de l’équipe, participant plus souvent qu’à son tour aux attaques, notamment parce que sa nature lui dicte de se porter vers l’avant et l’offensive plutôt que de se contenter d’un rôle d’essuie-glace défensif classique. Avec les Gerd Müller, Paul Breitner, Wolfgang Overath et Beckenbauer, la RFA termine deuxième de la première phase de groupes après une défaite surprise contre l’Allemagne de l’Est (1-0). Ils ne commettent pas d’erreurs lors de la deuxième phase de groupes en remportant leurs trois matchs, se qualifiant ainsi pour la finale. En finale, les Allemands jouent contre les Pays-Bas et leur football total emmené par Johan Cruyff. Certes, la balance peut tourner si les Allemands arrêtent Cruyff, mais ce travail n’incombe pas à Beckenbauer mais à Berti Vogts. Le début de match est sensationnel. La Hollande donne le coup d’envoi sifflé par la foule. Cruyff court vers l’avant avec le ballon, passe Vogts et se fait tacler irrégulièrement par Uli Hoeneß dans la surface de réparation. Johan Neeskens transforme le penalty et l’Allemagne de l’Ouest se retrouve menée 1-0 sans avoir touché le ballon. Breitner égalise puis Müller obtient l’avantage juste avant la mi-temps. En sa qualité de capitaine, il est le premier à brandir le trophée6. C’est le couronnement du Kaiser (Empereur en allemand), surnom donné en raison de son élégance, sa légèreté apparente et son génie balle au pied.

Après avoir remporté le Championnat d’Europe en 1972 et la Coupe du monde en 1974, l’équipe nationale est sur la pente descendante. Gerd Müller et Wolfgang Overath arrêtent la sélection, laissant un grand vide que personne ne réussit à combler. Lors de l’Euro 1976, la RFA bat la Yougoslavie en demi-finales après prolongation et se qualifie pour la finale, la première à se décider aux tirs au but – auparavant, le match était rejoué en cas de match nul. Les Allemands s’inclinent en finale contre la Tchécoslovaquie. À l’occasion de ce match, Beckenbauer fête sa 100e sélection. Il remporte la même année son second Ballon d’or (il reste d’ailleurs à ce jour le seul défenseur à l’avoir obtenu plus d’une fois).

En 1977, Beckenbauer est transféré au club américain des Cosmos de New York, acceptant un contrat de 2,5 millions de dollars. En débarquant dans la nouvelle ligue professionnelle américaine, il veut relever un nouveau défi tout en s’assurant un salaire confortable. Sportivement parlant, ce saut au-dessus de l’Atlantique ne lui permet toutefois pas de progresser : « A oublier d’un point de vue strictement footballistique », reconnait-il. Son départ pour les États-Unis met un terme à sa carrière en équipe nationale, car la DfB choisit de ne plus le sélectionner pour les matches internationaux. Avec 103 sélections, il est le premier joueur allemand à passer la barre des 100 matches internationaux.

Beckenbauer fait ses débuts aux Cosmos le 29 mai 1977 et les aide à vivre une saison de livre de conte en remportant le championnat de North American Soccer League, la foule affluant au Giants Stadium pour voir l’équipe. Il a été nommé MVP de la NASL et connait sa première sélection en équipe All Star, la première de ces cinq sélections. Il est également nommé meilleur milieu de terrain de la ligue en 1978, 1979 et 1980 et aide l’équipe à remporter deux autres titres en 1978 et 1980.

Après avoir révolutionné le poste de libéro en Europe en lui donnant une dimension offensive, il s’installe au milieu de terrain pour les Cosmos après que l’équipe recrute Carlos Alberto, et utilise son incroyable contact sur la balle pour devenir une force offensive14. Ainsi le Kaiser fournit au total 47 passes décisives et 19 buts en 105 matchs de saisons régulière.

À 35 ans, il fait son retour en Allemagne et joue deux saisons avec le HSV Hambourg remportant la cinquième Bundesliga de sa carrière en 1982. Cette année il est aussi capitaine de la sélection européenne au FIFA World All Star Game.

Le 31 octobre 1980, jour de son arrivée à Hambourg, Franz Beckenbauer est accueilli par des milliers de fans et des dizaines de journalistes à l’aéroport de Fuhlsbüttel. Ce conte de fées pour les supporters du club commence presque un an plus tôt. En décembre 1979, Branko Zebec et Günter Netzer sont spectateurs d’un match caritatif pour le bénéfice de l’UNESCO dans le Westfalenstadion de Dortmund. Le Kaiser est dans un bon jour et Netzer agit alors de manière déterminée : « Je voulais savoir si Franz voit sa carrière comme une sorte de durée indéterminée ou s’il a toujours l’obsession et l’ambition de jouer à nouveau au plus haut niveau en Allemagne. Alors je lui ai parlé après le coup de sifflet final. Il a été très surpris ». Beckenbauer dira plus tard : « j’étais aussi dans un dilemme car le Cosmos voulait m’offrir un nouveau contrat de deux ans ».

Il fait alors son retour à la Bundesliga pour le HSV après l’avoir quittée en grande pompe en 1977. Wolfgang Klein, patron du club, doit réaliser de géants transferts financiers. Les frais de transfert n’est pas tant dur à trouver que les 1,2 million de Deutsche Marks de salaire sur deux ans. Tout l’argent pour fonctionner est trouvé grâce au partenaire BP. Presque tout en fait, parce que Beckenbauer doit être officiellement employé par le HSV. Klein : « Dans le contrat DFB nous avons purement écrit que Franz gagne 5 000 marks, y compris toutes les primes par mois ». Ce que la DFB ne croit pas.

Les 60 000 marks à payer par an sont rapidement amortis. Les débuts de Beckenbauer à Stuttgart, où il est remplaçant derrière Caspar Memering, sont une défaite (3-2). Mais 15 000 spectateurs supplémentaires sont attendus pour son premier match à domicile, contre le Karlsruher SC, au Volksparkstadion.

Dans le groupe, Beckenbauer est bien reçu. Ditmar Jakobs dit : « Nous avons eu beaucoup d’étoiles mais avec Franz Beckenbauer c’était encore un monde différent. Son attitude a été exemplaire ». Mais la santé le rattrape, et bien qu’il termine sa carrière avec un cinquième titre de champion en 1982, en un an et demi il ne prend part qu’à 28 matchs de Bundesliga.

Il met ensuite un terme à sa carrière de joueur après une nouvelle parenthèse dans les rangs des Cosmos de New York et une nouvelle  sélection avec les All-Star du championnat agrémenté d’une seconde Coupe transatlantique.

Après l’échec de Jupp Derwall lors du Championnat d’Europe des Nations 1984, Beckenbauer est nommé sélectionneur de l’équipe nationale allemande en juillet de la même année. Son premier succès important en tant que sélectionneur national est la Coupe du monde de 1986, lors de laquelle il hisse son équipe en finale. Le titre va en fin de compte à l’Argentine, mais cette campagne victorieuse permet à Beckenbauer d’être reconnu à son nouveau poste.

Deux ans plus tard, la RFA organise l’Euro 1988. Elle termine première de son groupe avec un nul 1-1 contre l’Italie, puis des victoires 2-0 contre le Danemark et l’Espagne. Mais elle est battue en demi-finale par les Pays-Bas futurs vainqueurs du tournoi (1-2).

Lors de la Coupe du monde de 1990, l’Allemagne devient championne du monde sans connaître la défaite, s’assurant, grâce au penalty d’Andreas Brehme en finale face à l’Argentine, une place dans l’histoire du football allemand. Beckenbauer est ainsi le second après le Brésilien Mário Zagallo à être sacré champion du monde en tant que joueur puis entraîneur, rejoint en 2018 par Didier Deschamps.

Franz Beckenbauer à l’Olympique de Marseille, c’est le rêve réalisé par Bernard Tapie au début des années 1990 après l’avoir voulu en 1987. Mais l’entraîneur allemand ne reste pas longtemps sur le banc marseillais : 4 mois après son arrivée, il est débarqué. « À l’OM j’ai pris du recul au bout de six mois, car Bernard Tapie se mêlait trop de mon travail au quotidien, notamment sur les questions d’ordre tactique. Je pense que sans lui je serais resté bien plus longtemps, peut-être même de longues années à la tête de l’OM et ce défi m’aurait bien plu. C’est sans doute l’un des seuls regrets de ma carrière ».

Le club marseillais sort d’un doublé Coupe-championnat et accomplit un début d’exercice plus que satisfaisant : sept victoires et deux nuls lorsque, le 6 septembre 1990, Bernard Tapie parvient à convaincre Franz Beckenbauer de rejoindre la Canebière. Jean-Pierre Papin ne cache alors pas sa joie : « Avec sa venue, nous sommes à l’abri de l’échec. Cela va changer beaucoup de choses ». Il arrive à Marseille comme directeur technique général. Avec Gérard Gili jusqu’à la 9e journée, l’OM caracole en tête mais Beckenbauer inaugure son arrivée par une défaite contre Cannes à domicile 1 à 0.

Des résultats très moyens (des défaites à Sochaux et à Nancy) semblent l’abattre. « J’ai succombé au charme de Tapie, dit-il alors à la presse de son pays. J’ai sous-estimé le barrage de la langue. L’équipe me comprend très bien mais en revanche je n’arrive pas à faire passer mes messages au sein du club. Je dispose de 21 pros dont 4 gardiens et seulement 2 vrais attaquants. »

La recette ne fonctionne pas très bien et après une défaite en Coupe d’Europe en Pologne contre le Lech Poznań et un lourd revers à Auxerre par 4 à 0, Bernard Tapie décide de confier les rênes à Raymond Goethals et de laisser Franz au poste de directeur sportif.

Franz Beckenbauer entraine dans le sud de la France durant 103 jours, du 20 septembre au 31 décembre 1990. « C’était une période assez dingue. Quelques semaines après mon arrivée, il y a eu cette affaire de caisse noire à Toulon. Un jour, on s’entraînait sur un terrain à côté du stade Vélodrome. La police a fait irruption et a embarqué trois joueurs (Bernard Pardo, Pascal Olmeta et Bernard Casoni) qui devaient être entendus. Je n’ai rien compris à ce qui se passait car je ne parlais pas un mot de français. Tout cela était vraiment assez malvenu. Mais Marseille reste, pour moi, un endroit fantastique avec un public fantastique, explique la légende du football allemand, qui n’a aucun regret d’être venu à l’OM, même s’il n’a pas souhaité y rester très longtemps, compte tenu du « climat » local. Non, je n’ai jamais regretté. Si cela n’a pas marché, ce n’est pas à cause de la barrière de la langue ou de Bernard Tapie, mais parce que je ne voulais pas être mêlé à tout ça. Je suis arrivé au milieu d’un marécage. Je suis aussitôt allé voir Tapie et je lui ai dit : « Ne m’en veux pas mais je m’en vais. » Il m’a répondu que je devais rester jusqu’à la fin de la saison. C’est ce que j’ai fait », déclare-t-il en octobre 2011 au quotidien l’Équipe. Il est toutefois limogé dès le mois de janvier 1991, soit quatre mois après son arrivée.

Il s’en sort tout de même avec un bilan positif de 8 victoires en 15 matchs pour 2 nuls et 5 défaites avec 28 buts marqués pour 17 encaissés (+11).

Du 28 décembre 1993 au 30 juin 1994 puis du 29 avril 1996 au 30 juin 1996, Franz Beckenbauer entraine l’équipe du Bayern Munich. Il permet à son club de toujours de remporter deux trophées, un à chaque passage : le championnat d’Allemagne en 1994 et la seule Coupe UEFA du palmarès bavarois en 1996. En tout, il mène les Munichois durant 19 matchs, pour 12 victoires, 2 nuls et 5 défaites.

En 1994, Beckenbauer devient président du Bayern Munich. Il détient le titre de capitaine honoraire de l’Allemagne et du Bayern Munich. En 1998, il est aussi élu vice-président de la Fédération allemande de football. Après la transformation du club en une société publique en 2002, il devient aussi Président du Conseil de surveillance jusqu’en 2009 où Uli Hoeness lui succède7. Il a été nommé président d’honneur du club munichois le 27 novembre 2009 et un match témoignage a lieu à l’Allianz Arena, où le Bayern affronte le Real Madrid le 13 août 2010. L’ancien libéro de classe mondiale accumule un grand nombre de récompenses personnelles, telles que la Silbernes Lorbeerblatt, l’Ordre bavarois du Mérite et Grand-croix de l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne.

Après son rôle de président du comité de candidature pour la Coupe du monde de la FIFA 2006, il est élu président du comité d’organisation du tournoi à l’acclamation universelle. Depuis le congrès de la FIFA en 2007 et jusqu’au 1er juillet 2011, il est membre de son Comité Exécutif.

En janvier 2012, à l’occasion des 70 ans du légendaire boxeur américain Mohamed Ali, le Kaiser lui envoie une lettre dans laquelle il dit tout le bien qu’il pense du champion, lettre publiée dans le magazine Bild.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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