Frans Hals, peintre baroque.

Frans Hals (Anvers ?, entre 1580 et 1583 – Haarlem, 26 août 1666) est un peintre baroque néerlandais (Provinces-Unies), considéré, avec Rembrandt et Johannes Vermeer, comme l’un des plus importants du siècle d’or.

Bien que sans doute d’origine flamande, c’est dans la ville hollandaise de Haarlem qu’à partir de 1591 au plus tard, il passe le reste de sa vie et fait carrière.

« C’est un enfant de famille magnifiquement doué et qui fait de la peinture pour vivre, cavalièrement, en gentilhomme, pressé de faire vite et d’en finir : le reste du temps en bon vivant, compagnon de la loge Liefde boven al (L’amour par-dessus tout), avec des turbulences de conduite et d’humeur qui expliquent celles de sa brosse et lui donnent parfois affaire avec la police. » Ces lignes écrites en 1921 par Louis Gillet décrivent bien l’image que l’on pouvait se faire alors de Frans Hals. Elles disent aussi la sympathie, un peu condescendante, à l’égard d’un homme dont les frasques présumées font sourire autant que la gaieté si souvent exprimée sur les visages de ses modèles.

Artiste majeur, considéré comme l’un des grands maîtres du portrait, il a également réalisé, surtout au début de sa carrière, plusieurs scènes de genre.

Oeuvre de Frans Hals, carte maximum, Pays-Bas, 2010.

Ses tableaux se distinguent par leur expressivité. Les coups de pinceau détachés sont caractéristiques de sa manière, et il participa à l’introduction de cette vivacité de style dans l’art néerlandais. Hals contribua aussi, avec ses portraits de garde civile et de régents, à l’évolution du portrait de groupe au XVIIe siècle.

Son style devait par ailleurs exercer une influence considérable, plus de deux siècles après lui, sur les représentants des courants réaliste — comme Gustave Courbet —, et impressionniste — comme Van Gogh.


Frans Franchoisz. Hals est né entre 1580 et 1583, à Anvers vraisemblablement. Il était le fils d’un marchand de draps catholique, Franchois Fransz. Hals van Mechelen (i.e. « de Malines » – v. 1542 – 1610) et de la seconde épouse de celui-ci, Adriaentje van Geertenryck (Anvers, v. 1552 – Haarlem, après nov. 1616). Comme beaucoup, sa famille prend la fuite après la chute d’Anvers et le triomphe de l’armée espagnole. Elle trouve refuge à Haarlem, ville où le futur peintre passera le restant de sa vie. Le premier document d’archive attestant la présence de la famille à Haarlem est en fait daté du 19 mars 1591 : il s’agit de l’acte de naissance, dans une église protestante, de Dirck Hals, le frère cadet de Frans.

C’est vers le début des années 1600 que Frans Hals aurait effectué son apprentissage, chez un autre émigré flamand, Carel van Mander (1548 – 1606)5, un peintre maniériste dont l’influence sur les œuvres de son élève ne sera toutefois guère visible, les premiers tableaux de Hals montrant davantage de parenté avec celles des peintres caravagesques d’Utrecht ou du Flamand Jacob Jordaens.

En 1610, Hals devient membre de la guilde de Saint-Luc locale. Vers cette époque, il épouse sa première femme, Anneke Harmensdr., qui lui donnera en 1611 un premier fils, baptisé Harmen.

Pendant longtemps, on a considéré que l’œuvre datée la plus ancienne de l’artiste était un Portrait de Jacobus Zaffius, peint en 1611. L’attribution de ce tableau à Hals, cependant, est aujourd’hui remise en question, son style différant de beaucoup de celui si caractéristique du maître. L’unique témoin certain de son œuvre durant la première décennie de sa carrière de peintre indépendant date en fait de 1614 ; il s’agit d’une gravure de Jan van de Velde réalisée d’après un portrait perdu du pasteur Johannes Bogardus (ou Bogaert).

C’est en 1616 que Hals obtient son premier grand succès, avec un portrait de groupe grandeur nature, le Banquet des officiers du corps des archers de Saint-Georges. Cette œuvre datée, bien qu’elle figure parmi les tableaux les plus anciens que l’on connaisse de l’artiste, témoigne pourtant d’une maîtrise saisissante, dont on peut déduire qu’un bon nombre d’autres œuvres moins abouties ont dû la précéder. En 1612, Frans Hals était lui-même devenu membre de la milice de Saint-Georges. Son nom, suivi de sa qualité (« Frans Hals schilder » – i.e. « Frans Hals peintre ») apparaît en effet dans le Register van de loffelijcke Schutterij der stadt Haerlem (le « Registre de la respectable milice de la ville de Haarlem ») ; au sein de cette milice, il appartenait à la compagnie du capitaine Jacob Laurensz, et son arme, selon la lettre placée devant son nom dans le registre, était le mousquet. On a conservé de Frans Hals en tout trois portraits de groupe de cette milice (réalisés en 1616, vers 1627, et de 1636 à 1639). On s’est plu à imaginer que le peintre s’était lui-même représenté dans le portrait des officiers et sous-officiers terminé en 1639, mais ceci n’a jamais pu être démontré. Habituellement, les simples membres ne figuraient pas sur le portrait de groupe, ce privilège étant réservé seulement aux officiers. Il est possible cependant qu’il ait bénéficié d’une faveur pour avoir peint la compagnie à trois reprises.

En 1616, la même année au cours de laquelle il réalise le premier portrait de groupe de la milice de Saint-Georges, Hals est poursuivi pour ne pas avoir payé des peintures. Le fait est renseigné dans un document d’archive judiciaire, sur lequel il est également fait mention que le peintre se trouve entre les mois d’août et de novembre à Anvers, ce qui constitue le seul témoignage connu d’un séjour de Hals hors des frontières des Provinces-Unies.

Des historiens ont pu rapporter que le peintre battait Anneke, sa première femme, en se basant sur un document d’archive daté du 20 février 1616, dans lequel est indiqué qu’un dénommé Frans Hals est amené à comparaître devant les magistrats pour maltraitance envers sa conjointe. Il s’agit cependant d’une erreur car, comme l’a fait remarquer Seymour Slive, le Frans Hals en question n’est pas l’artiste, mais un autre habitant de Haarlem du même nom. De fait, au moment du délit, Frans Hals n’aurait pu se livrer à des violences sur Anneke, étant donné que celle-ci, après avoir donné naissance à un second fils dont on ignore le nom, était morte en couches plusieurs mois plus tôt, en juin 1615. De la même manière, on a attribué à Hals un penchant pour la boisson en s’appuyant en grande partie sur des anecdotes amplifiées par Arnold Houbraken, sans qu’il n’existe aucun document fiable permettant de le prouver.

Le 12 février 1617, Frans Hals épouse en secondes noces Lysbeth Reyniers, la fille cadette d’un poissonnier qu’il avait engagée pour veiller sur ses deux enfants. Le mariage a lieu à Spaarndam, un petit village situé hors les bans de Haarlem, car la jeune femme est alors déjà enceinte de huit mois. L’enfant naîtra quelques jours plus tard, une fillette qui sera prénommée Sara. Frans Hals est un père dévoué et le couple aura huit enfants au moins. Après Sara, Frans « junior » naît en 1618, et Jan en 1622.

Entre-temps, en 1618-1619, le peintre figure, en même temps que son frère Dirck, parmi les membres de la chambre de rhétorique de Haarlem De Wijngaertranken10 (« Les Sarments de vigne »), dont fera également partie quelques années plus tard l’un de ceux qui passent pour avoir effectué leur apprentissage auprès de Frans Hals : Adriaen Brouwer. La devise de cette société littéraire était « Lieft boven al » (« L’amour par-dessus tout »).

Vers 1627, il réalise un second Banquet des officiers du corps des archers de Saint-Georges, ainsi que le portrait de groupe d’une autre milice civile : le Banquet des officiers du corps des archers de Saint-Adrien.

En 1629, il travaille en tant que restaurateur d’œuvres d’art sur une vaste collection de peintures, que Van Mander décrit dans son livre Het Schilder-Boeck (« Le Livre des peintres »), publié en 1604. Parmi ces tableaux, appartenant au siège de la confrérie de Saint-Jean de Haarlem, figurent notamment des œuvres de Geertgen tot Sint Jans, Jan van Scorel et Jan Mostaert. On pense que Frans Hals aurait alors été chargé plus particulièrement de restaurer le retable de Geertgen tot Sint Jans9 provenant de la Janskerk (« église [Saint-]Jean »), retable dont certains panneaux, notamment celui représentant La Déploration du Christ, sont aujourd’hui conservés au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Ce travail était rémunéré par la ville de Haarlem, étant donné que toutes les œuvres d’art religieux avaient été confisquées durant l’iconoclasme ; officiellement, cependant, le Conseil ne posséda pas la totalité de la collection avant 1625, quand les édiles décidèrent quelles peintures convenaient pour décorer les salles de la ville. Les œuvres écartées, car considérées comme « trop catholiques », avaient été vendues à Cornelis Claesz. van Wieringen, membre de la guilde de Saint-Luc, à charge pour lui de faire en sorte qu’on ne les trouve plus à Haarlem.

Malgré des commandes régulières, Hals sera pourtant, quasiment tout au long de sa vie, confronté à des difficultés matérielles. Ainsi, en 1630, incapable de payer ses dettes auprès d’un cordonnier, il est poursuivi en justice et, l’année suivante, c’est un boucher qui, pour les mêmes raisons, le conduit devant les tribunaux.

Tandis que certains de ses contemporains, comme Rembrandt, déménageaient au gré des caprices de leurs mécènes, Hals se montre réticent à l’idée de travailler ailleurs que dans sa ville. D’après les archives de Haarlem, en dépit d’une rémunération très élevée, il laisse inachevé le portait d’un groupe de soldats commencé à Amsterdam en 1633 – la compagnie du capitaine Reael –, parce qu’il refuse de continuer à peindre à cet endroit, réclamant des soldats qu’ils se rendent chez lui pour poser. En 1635, nouveau revers : il se trouve dans l’incapacité de s’acquitter de la cotisation annuelle auprès de la guilde de Saint-Luc. À cette époque, il dirige un atelier dans la Grote Heiligland, près de l’hospice des vieillards, dont il sera amené à la fin de sa carrière, en 1664, à peindre les régents et régentes (l’hospice, l’Oudemannenhuis, deviendra bien des années plus tard le musée Frans Hals).

Il obtient en 1641 la commande d’un portrait de groupe des régents de l’hôpital Sainte-Élisabeth, mais les années qui suivent voient ses difficultés financières s’accentuer. Hals est alors considéré comme un peintre quelque peu démodé. En 1644, l’année même où il est promu à une plus haute fonction au sein de la guilde des peintres, il est condamné à une amende pour insolvabilité. Dix ans plus tard, pour s’acquitter de dettes contractées auprès d’un boulanger du nom de Jan Ykessz, il est contraint de vendre une partie de ses biens. L’inventaire qui est alors dressé ne fait mention que de trois matelas et traversins, une armoire, une table et cinq peintures (de lui, de ses fils, de Van Mander et de Maarten van Heemskerck). En 1661, la guilde des peintres le dispense du paiement de la cotisation annuelle. Resté sans ressources, la municipalité finit par lui octroyer, en 1664, en plus de trois chars de tourbe, une annuité de deux cents florins, venant s’ajouter à une pension de cent cinquante florins allouée deux ans plus tôt.

À côté de la peinture, il continua tout au long de sa vie à travailler comme restaurateur d’œuvres d’art, comme marchand de tableaux, et comme expert dans le domaine des impôts sur l’art auprès des conseillers municipaux.

Frans Hals meurt en 1666 à Haarlem. Il est enterré dans le chœur de l’église Saint-Bavon (Sint-Bavokerk). Sa veuve meurt plus tard dans un hôpital, oubliée de tous, après avoir eu recours à la charité publique.

Succès et louanges accompagnent la carrière de Frans Hals, jusqu’à une certaine époque tout au moins. Les conflits civiques, alors très aigus aux Pays-Bas, ont peut-être concouru à cette situation. L’insoupçonnable Scheits déclare sans ambages que les difficultés financières qui pèsent sur la maturité et la vieillesse de l’artiste, ont pour cause la baisse de qualité de sa production qui, c’est évident, ne peut plus se mesurer avec les modes nouvelles imposées par les portraitistes et leurs clients, ce qui n’empêche pas Hals d’avoir des commandes de portraits jusqu’à la fin de sa longue activité. Mais il est indéniable qu’au XVIIe siècle, plusieurs importants historiens de l’art hollandais le négligèrent : Samuel van Hoogstraten ne le cite pas dans l’Inleyding tot de Hooge Scoole der Schilderkonst (Middelburg 1641 ; Rotterdam 1678), ni Gérard de Lairesse dans Het Groot Schilderboeck (Amsterdam 1707), de même J. von Sandrart, pourtant si anticonformiste et si bien informé sur l’art nordique, ne juge pas opportun de lui consacrer une biographie en 1675, quand il réunit les vies des principaux maîtres de son temps.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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