Françoise Dolto, pédiatre et psychanalyste.

Françoise Dolto (née le 6 novembre 1908, dans le 16e arrondissement de Paris et morte le 25 août 1988 dans le 5e arrondissement de la même ville) est une pédiatre et psychanalyste française. Elle s’intéresse particulièrement à la psychanalyse des enfants et à la diffusion des connaissances dans le domaine de l’éducation des enfants dans de nombreux écrits et particulièrement dans des émissions radiodiffusées qui ont contribué à la faire connaître du grand public.


En 1932, sur la recommandation de Marc Schlumberger, elle rencontre le psychanalyste René Laforgue (qui a déjà accueilli en cure son frère Philippe un an auparavant) et participe aux débuts du freudisme français en effectuant une psychanalyse avec lui, du 17 février 1934 au 12 mars 1937. Cette cure dure trois ans. Laforgue, trouvant à Françoise Dolto des aptitudes, lui conseille de devenir elle-même psychanalyste, ce qu’elle refuse d’abord, voulant se consacrer à la médecine. Cette cure la libère de sa névrose, du poids de son éducation, de son milieu d’origine et de sa mère dépressive, en faisant d’elle une autre femme.

Au cours de sa formation médicale, en stage dans le service du Docteur Georges Heuyer, elle rencontre Sophie Morgenstern13, qu’elle assistera plus tard. Celle-ci a été l’une des premières à pratiquer la psychanalyse des jeunes enfants en France : elle lui confie la tâche d’écouter, et seulement écouter, les enfants qu’elle devait soigner. Ses patients seront surtout des enfants et des psychotiques. « À la veille de la guerre, elle jette les bases d’une méthode psychanalytique de thérapie d’enfants centrée sur l’écoute de l’inconscient, et débarrassée du regard psychiatrique. »

Françoise Dolto, carte maximum, Bourg-la-reine, 5/10/2018.

En 1938, Françoise rencontre le docteur Édouard Pichon à l’hôpital Bretonneau. En 1939, elle soutient sa thèse intitulée Psychanalyse et pédiatrie, dans laquelle elle expose certaines bases de sa méthode de psychanalyse des enfants qu’elle développera au long de sa vie, notamment le fait de parler directement aux enfants de la réalité de leur vécu à l’aide d’un langage qui leur est accessible.

L’année 1938, est également celle où elle rencontre Jacques Lacan, suit son enseignement à Sainte-Anne, et resta en lien étroit tout au long de son activité de psychanalyste, lui reprenant, parfois à sa manière, de nombreux concepts16. Lacan et Dolto firent, selon Roudinesco, « figure de couple parental pour des générations de psychanalystes français ». Astrid Quemener rapporte que « les deux psychanalystes étaient amis et se vouaient une grande estime réciproque. Si Dolto disait parfois « ne pas comprendre ce qu’il écrivait », il lui rétorquait « qu’elle n’avait pas besoin de le comprendre puisqu’elle l’appliquait dans sa pratique », ce qui était plus qu’une politesse, puisque Lacan lui adressait ses cas les plus difficiles ».

En 1939, sur les conseils de Laforgue et après avoir été en contrôle avec Nacht et Lagache, elle devient membre adhérente de la Société psychanalytique de Paris.

Françoise Dolto travaille en cabinet avec des adultes et en institution avec les enfants : à la polyclinique Ney à la demande de Jenny Aubry, à l’hôpital Trousseau (où elle assure des consultations gratuites de 1940 à 1978), au Centre médico-psycho-pédagogique Claude-Bernard à partir de 1947, et enfin au centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) Étienne-Marcel de 1964 à 1981.

En décembre 1942, elle travaille dans l’équipe de psycho-biologie et hygiène mentale du Centre de la mère et de l’enfant, une institution dépendant de la Fondation française pour l’étude des problèmes humains fondée par Alexis Carrel et financée par le gouvernement de Vichy. On ne sait pas exactement combien de temps elle y a travaillé ni si elle a continué d’y travailler lors de la démission de plusieurs chercheurs en novembre 1943, opposés à la dérive idéologique et scientifique de l’institution ; aucun des textes autobiographiques de Françoise Dolto n’évoque cet épisode de sa carrière ; quoi qu’il en soit cela ne signifie pas que Dolto ait adhéré aux idées du régime de Vichy (il y avait dans cette institution, aussi bien des pétainistes purs et durs que des trotskystes et des résistants).

En février 1942, elle épouse Boris Dolto, fondateur d’une nouvelle méthode de kinésithérapie en France, ainsi que d’une école de podologie : l’École française d’orthopédie et de massage. Ils s’intéressent tous deux aux rapports entre corps et psychisme, et leurs échanges sur ce thème seront très enrichissants. Ils ont trois enfants : Yvan-Chrysostome Dolto (1943-2008), devenu un chanteur populaire connu sous le nom de Carlos, Grégoire Dolto en 1944, ingénieur, et Catherine Dolto en 1946, pédiatre et haptonomiste.

Elle commence à publier des textes importants dans les années 1956-1957, expose en 1960, au colloque international d’Amsterdam, le rapport commandé par Lacan sur la sexualité féminine, et devient au cours de cette période une « figure majeure du mouvement psychanalytique ».

En décembre 1962, Françoise Dolto participe activement à la création du Secrétariat du Père Noël de la Poste aux côtés de son frère Jacques Marette, alors ministre des Postes et télécommunications.

En 1964, à la suite de la deuxième scission du mouvement psychanalytique français, elle participe, avec Jacques Lacan, à la création de l’École freudienne de Paris et développera au cours des années suivantes son enseignement dans ce cadre, notamment son séminaire sur la psychanalyse des enfants. En 1971 paraît Le Cas Dominique et une édition de sa thèse Psychanalyse et pédiatrie qui seront des succès en libraire et sont réédités jusqu’à aujourd’hui.

Les émissions de radio qui donnent du retentissement à ses idées ont lieu, de 1976 à 1978, année où elle arrête ses consultations à l’hôpital Trousseau qu’elle tient depuis 1940, et arrête ses consultations privées l’année d’après, mais en continuant d’assurer l’Aide sociale à l’enfance à la pouponnière d’Antony. En 1979, elle lance la première « Maison verte ».

En 1980, l’École freudienne est dissoute par Lacan, qui meurt en 1981, tout comme le mari de Dolto, Boris. Elle fait ensuite encore paraître quelques ouvrages majeurs tels Au jeu du désir, L’Image inconsciente du corps, La Cause des enfants mais, atteinte de fibrose pulmonaire depuis 1984, elle meurt le 25 août 1988.

Françoise Dolto est inhumée dans un caveau familial, au cimetière de Bourg-la-Reine (dans la division 6) ; cette sépulture est aussi celle de son mari Boris et de leur fils, le chanteur Carlos, décédé en 2008. Elle a demandé que soit inscrit sur sa pierre tombale : « N’ayez pas peur ! », l’injonction de Jean-Paul II.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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