François Mauriac, écrivain.

François Mauriac, né le 11 octobre 1885 à Bordeaux et mort le 1er septembre 1970 à Paris, est un écrivain français. Lauréat du Grand prix du roman de l’Académie française en 1926, il est élu membre de l’Académie française au fauteuil no 22 en 1933. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1952.

Son premier volume de poèmes, Les Mains jointes, est publié en 1909. Bien que retenant l’attention des milieux littéraires et notamment, depuis 1910, de Maurice Barrès, auquel il voue un véritable culte, Mauriac ne sera connu du grand public qu’une dizaine d’années plus tard.

François Mauriac épouse, le 2 juin 1913 à Talence, Jeanne Lafon (Oran, 2 octobre 1893 – Paris 8e, 21 avril 1983), rencontrée chez leur amie commune Jeanne Alleman, auteur qui publie sous le pseudonyme masculin de Jean Balde. Jeanne Lafon est la fille de Marc Lafon (1857-1919), polytechnicien et inspecteur des finances, alors trésorier-payeur général de la Gironde, et de Léonie Bouchard (1862-1963). Elle est la petite-fille de Léon Bouchard (1830-1904), premier président de la Cour des comptes et maire de Vémars, et la petite-nièce de l’historien Gustave Fagniez (1842-1927). C’est par la famille Bouchard, implantée à Vémars depuis des générations, que François Mauriac héritera du château de la Motte au nord de Paris, où il habitera souvent sous l’Occupation et à la fin de sa vie.

Le jeune ménage réside à Paris, de 1913 à 1930 au 89 rue de la Pompe puis jusqu’à à sa mort, en 1970, au 38 avenue Théophile-Gautier et ont quatre enfants : leur fils Claude Mauriac né en 1914, puis Claire Mauriac, Luce Mauriac et Jean Mauriac, respectivement en 1917, 1919 et 1924.

François Mauriac, carte maximum, Bordeaux, 23/02/1985.

Sa carrière littéraire est interrompue par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il s’engage un temps, bien que réformé et de santé précaire, dans un hôpital de la Croix-Rouge à Salonique. Après la victoire de 1918, il reprend ses activités et publie, en 1921, Préséances, qui le brouille pour longtemps avec la bonne société bordelaise, puis, en 1922, Le Baiser au lépreux.

Tout en poursuivant son œuvre littéraire (La Fin de la nuit, première suite de Thérèse Desqueyroux, Les Anges noirs), il prend part à de nouveaux combats politiques, notamment au moment de la guerre d’Espagne, d’abord en faveur des nationalistes avant de se ranger, dès le bombardement de Guernica connu, avec les chrétiens de gauche qui s’expriment dans les revues Esprit ou Sept, aux côtés des Républicains espagnols (cf. ses articles dans Le Figaro et Temps présent). Cet engagement provoquera une première rupture avec sa famille politique. Robert Brasillach lui dédicacera son ouvrage sur la guerre d’Espagne : « à F.M. égaré ».

Sous l’Occupation, après quelques hésitations devant la Révolution nationale lancée par le maréchal Pétain, il publie en 1941 La Pharisienne, qui peut se lire en creux comme une critique du régime de Vichy et qui lui vaut d’être désigné comme « agent de désagrégation » de la conscience française par les thuriféraires de l’Ordre nouveau. Au sein de l’Académie française, il fait partie avec Georges Duhamel (qui devient secrétaire perpétuel provisoire en 1942), Louis Gillet et Paul Valéry du petit groupe tenant tête à la fraction pétainiste de l’institution. Il adhère au Front national des écrivains et participe à l’œuvre de Résistance à travers la presse clandestine (Les Lettres françaises notamment). Il fait paraître en 1943, aux Éditions de Minuit, sous le pseudonyme de « Forez », Le Cahier noir, qui est diffusé sous le manteau.

Au moment de l’épuration, il intervient en faveur de l’écrivain Henri Béraud, accusé de collaboration. Il signe la pétition des écrivains en faveur de la grâce de Robert Brasillach, qui est condamné à mort et qui sera malgré cela exécuté. Cet engagement lui vaut le surnom de « Saint-François-des-Assises ». Il rompt peu après avec le Comité national des écrivains en raison de l’orientation communiste du comité et participe à la revue des Cahiers de La Table ronde, où de jeunes écrivains – qui seront appellé plus tard les Hussards – feront leurs débuts. Entre 1946 et 1953, éditorialiste au Figaro, François Mauriac s’illustre par la virulence de son anticommunisme dans le contexte de la Guerre froide.

À la Libération, il fait l’objet de violentes attaques dans la revue d’extrême droite Écrits de Paris de la part de Jean Maze (sous le pseudonyme « Orion ») qui a cité François Mauriac dans son Nouveau Dictionnaire des Girouettes. Il est dans les années 1950 un critique du pouvoir démocrate-chrétien, qui selon lui ne provoque que « ruines », « décomposition » et « décombres », notamment dans sa politique coloniale.

En 1952, l’année où paraît son roman Galigaï, François Mauriac reçoit le prix Nobel de littérature pour « la profonde imprégnation spirituelle et l’intensité artistique avec laquelle ses romans ont pénétré le drame de la vie humaine ». Polémiste vigoureux, d’abord absent du débat sur la guerre d’Indochine (Vercors lui reprochera son silence), il prend ensuite position en faveur de l’indépendance du Maroc et de la Tunisie, puis de l’Algérie, et condamne l’usage de la torture par l’armée française (L’Imitation des bourreaux de Jésus-Christ). Il préside aussi le Comité de soutien aux chrétiens d’URSS.

Il s’exprime notamment dans son Bloc-notes, qui paraît d’abord dans la revue de La Table ronde, ensuite dans Le Figaro, puis dès 1955 dans L’Express, que viennent de créer Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber, avant de reparaître à partir de 1961 et jusqu’à la fin dans Le Figaro.

Il soutient un temps Pierre Mendès France sous la IVe République, mais le putsch des généraux à Alger précipite son ralliement sans faille au général de Gaulle sous la Ve République. Au cours des années 1960, il donne une suite à ses Mémoires intérieurs (1959), avec les Nouveaux mémoires intérieurs (1965), et publie ses Mémoires politiques (1967), ainsi qu’une hagiographie du Général, De Gaulle (1964), auquel il demeurera fidèle jusqu’au bout.

Son dernier roman, Un adolescent d’autrefois reçoit un accueil enthousiaste de la critique en 1969. Une suite, Maltaverne, demeure inachevée et sera publiée de manière posthume en 1972.

François Mauriac meurt le 1er septembre 1970 en son domicile au no 38 avenue Théophile-Gautier dans le 16e arrondissement de Paris et est inhumé au cimetière de Vémars (Val-d’Oise).

Ses œuvres complètes ont été publiées en douze volumes entre 1950 et 1956. Une édition complète de ses œuvres romanesques et théâtrales a été éditée dans la collection de la Bibliothèque de la Pléiade, en quatre volumes, parus entre 1978 et 1985 ; elle est suivie en 1990 d’une édition de ses œuvres autobiographiques.

Claude Mauriac et Jean Mauriac, ses fils, et Anne Wiazemsky, sa petite-fille, sont aussi écrivains. Luce Mauriac, sa fille, a publié un roman en 2008.

Le domaine de Malagar, à Saint-Maixant, qui fut le lieu de la fin de l’adolescence et que l’écrivain reçut en 1927 à la suite d’un partage familial, est aujourd’hui propriété du Conseil régional d’Aquitaine. Cette maison d’écrivain, transformée en centre culturel, est désormais ouverte à la visite.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.