François Boucher, peintre rococo.

François Boucher, né le 29 septembre 1703 à Paris où il est mort le 30 mai 1770, est un peintre français, représentatif du style rococo.

Maître particulièrement prolifique, Boucher a abordé tous les genres : peinture religieuse, sujets mythologiques, scènes rustiques, paysages, animaux, décorations de monuments et de maisons particulières, modèles de tapisserie. C’est peut-être le plus célèbre peintre et artiste décoratif du XVIIIe siècle, dont on a pu dire qu’il était l’un des génies les plus purs. Il estimait lui-même, un an avant sa mort, avoir produit plus de dix mille dessins, mais trouvait encore le temps de travailler dix heures par jour à des représentations idylliques et voluptueuses de thèmes classiques, mythologiques et érotiques, d’allégories décoratives et de scènes pastorales. Nombre de ces toiles, réalisées pour la décoration intérieure, constituent des paires ou des séries. Il était peintre de la cour de Louis XV et le favori de la marquise de Pompadour, dont il a peint plusieurs portraits.

Fils unique d’Élisabeth Lemesle et de Nicolas Boucher, maître peintre et dessinateur de l’Académie de Saint-Luc, il reçoit les premières leçons de son père4, mais il montrait de telles dispositions que celui-ci décida de le faire travailler sous une direction plus qualifiée que la sienne.

François Boucher, carte maximum, Paris, 10/10/1970.

Vers 1720, il entre, âgé de 17 ans, dans l’atelier de Lemoyne, qui l’initia aux secrets de la peinture décorative et des grandes scènes mythologiques, dans lesquelles il était spécialisé. Il ne resta que fort peu de temps dans cet atelier de Lemoyne, quelques mois à peine.

Pour se procurer les ressources nécessaires pour vivre, il dut accepter des travaux de dessin et de gravure du graveur et éditeur Jean-François Cars, pour lequel il produit ses premières gravures d’illustration, des titres de thèse, des images religieuses et des dessins pour l’illustration de livres de piété pour lesquelles il recevait 60 livres par mois, non compris le logement et la table. Il se lia avec le fils de son employeur, Laurent Cars, à peu près de son âge5. En 1721, il dessine des illustrations de livres pour Cars, et commence à pratiquer l’art de la gravure. Ses premiers essais décidèrent le collectionneur Jean de Jullienne à lui passer commandes de gravures d’après Watteau.

Cette période de son apprentissage fut des plus profitables à Boucher qui trouva dans les œuvres de Watteau, qui venait de mourir, en 1722, tous les éléments de sa propre inspiration. Les 24 livres par jour que lui donnait, à cette époque, Jullienne pour prix de son travail lui faisaient la vie assez facile mais, très épris de son art, il voulait entrer à I‘Académie et s’efforçait de perfectionner sa technique, travaillant à la fois le dessin, la gravure et la peinture.

Il se forma également auprès de Sebastiano Ricci et Giovanni Antonio Pellegrini, actifs à Paris dans les années 1720.

En 1723, il concourut au prix de l’Académie de peinture, dont le sujet était « Evilmérodach, fils et successeur de Nabuchodonosor, délivré des chaines dans lesquelles son père le retenait depuis longtemps ». Il remporta le premier prix. Âgé d’à peine vingt ans, il ne possédait pas encore la faveur dont il devait jouir plus tard et l’opposition du duc d’Antin, directeur général des bâtiments, l’empêcha d’obtenir son envoi à Rome comme pensionnaire du roi1. En attendant qu’une pension pût lui être attribuée pour l’Académie de France à Rome, il continua à graver pour Jullienne. En 1725, il exposait pour la première fois, quelques tableaux à l’Exposition de la jeunesse de la place Dauphine.

Deux ans plus tard, en 1727, ayant réuni quelque argent, et grâce à la générosité d’un tiers, il partit pour Rome, comme élève libre, en compagnie de Carle Van Loo et de ses neveux François et Louis. Au début de juin 1728, le directeur de l’école de Rome, Nicolas Vleughels, signale leur arrivée à Rome au duc d’Antin, ajoutant : « Il y a encore un nommé Boucher, garçon simple et de beaucoup de mérite ; presque hors de la maison, il y avait encore un petit trou de chambre ; je l’ay fourré là […] Il est vrai que ce n’est qu’un trou, mais il est à couvert. » À peine arrivé, Boucher se mit au travail, et, dès le 10 juin, le directeur signalait son assiduité9. En l’absence de dessins ou de tableaux que l’on puisse sûrement dater, à l’exception de quelques eaux-fortes gravées plus tard d’après ses études faites à Rome, il est impossible de retracer les étapes du séjour de Boucher en Italie, qui lui fut néanmoins plus profitable que n’ont bien voulu le dire les détracteurs du rococo et partant, du style de Boucher.

Après un séjour de près de quatre années en Italie, il rentra à Paris, à la fin de 1731, ayant beaucoup travaillé et acquis une maîtrise qui frappa Vleughels, qui écrit à son sujet, dans une lettre du 5 mars 1732 : « C. Vanloo est un habile homme, et il n’est jamais sorti de l’Académie de meilleur sujet, si ce n’est un pauvre garçon qui, sous votre bon plaisir, resta quelques années à l’Académie, et qui est retourné à Paris très habile. » Et dans une autre lettre, datée du 14 août de cette même année, il le place, avec les Van Loo, Natoire et Bouchardon, au rang des meilleurs élèves de l’Académie.

Agréé dès son retour à l’Académie royale de peinture et de sculpture, le 24 novembre 1731, il devint immédiatement le peintre mondain, le portraitiste semi-officiel des femmes à la mode, épouses ou maîtresses des financiers, gagnant une fortune rapide et un renom considérable.

Alexandre Roslin, Portrait de Marie-Jeanne Buzeau, épouse de Boucher (1761), Munich, château Nymphenburg.
Les commandes commencent à affluer, et c’est de 1732 que date la réalisation de Renaud et Armide, inspiré de la Jérusalem délivrée du Tasse11, où le modèle de la blonde Armide est Marie-Jeanne Buseau, la jeune fille de 17 ans qu’il épousera le 21 avril 1733. Au dire de ses contemporains, Marie-Jeanne était remarquablement jolie, et Boucher semble s’en être souvent inspiré dans ses créations de jeunes beautés radieuses et triomphantes. Elle posa également pour d’autres peintres de leur entourage, La Tour a exposé son portrait à son premier Salon en 1737, Lundberg a fait d’elle un pastel paru au Salon de 1743, le peintre suédois Roslin a exposé son portrait au Salon de 1761, et Gabriel de Saint-Aubin en a fait un croquis en marge de son exemplaire du Livret. De ce mariage naquirent trois enfants, dont les deux filles épousèrent, le 7 avril 1758 à Saint-Germain-l’Auxerrois, les peintres Baudouin et Deshays. Marie-Jeanne Boucher travailla avec son mari, grava quelques-uns de ses dessins, et reproduisit en miniature plusieurs de ses tableaux.

Le 30 janvier 1734, il est reçu comme peintre d’histoire, à l’Académie royale sur présentation de son tableau de 1732, Renaud et Armide, aujourd’hui conservé au Louvre, et Oudry, à la direction de la Manufacture de Beauvais depuis 1734, l’appela auprès de lui et lui demanda plusieurs modèles au goût du jour16. Le 2 juillet 1735, il est nommé, avec Carle Van Loo et Natoire, adjoint à professeur de l’Académie.

Même s’il a été marqué par le style du peintre Lemoyne, Boucher trouve vers 1736 son style propre en devenant, en peinture, le maître incontesté du style rocaille. Principal peintre du rococo français17, il devient le peintre à la mode. Il obtient la faveur de Madame de Pompadour dont il fera à plusieurs reprises, le portrait et composera pour elle ses œuvres les plus raffinées dans les années 1650, ainsi que des décors pour son château de Bellevue et pour son boudoir de Crécy. Il travaille également pour de hauts personnages de la cour, comme le duc de Penthièvre ou pour des souverains étrangers (Le Triomphe de Vénus en 1740 pour le roi de Suède ; La Modiste). Il est un grand ami du général Montmorency.

Membre de la célèbre goguette de la Société du Caveau, il y apporte souvent ses dessins pour les montrer. Ceux-ci, parfois, inspirent aux convives des sujets de chansons. Charles Pinot Duclos fait le pari de s’inspirer, pour écrire, d’estampes réalisées pour illustrer un texte de Tessin : Faunillane ou l’Infante jaune. Il compose alors le conte féerique Acajou et Zirphile.

Une série de quatre panneaux représentant les éléments, lui a été commandée pour les portes du château de La Muette, pavillon de chasse de Louis XV. Il a exécuté seulement l’eau Arion et le dauphin, à l’Université de Princeton, et la terre Vertumne et Pomone, au musée d’art de Columbus. Il n’y a aucune preuve qu’il ait réalisé l’Air et le Feu.

À la mort d’Oudry, en 1655, il reprend sa charge d’inspecteur aux Gobelins mais ne travaillera plus pour Beauvais. Il y livre d’importantes séries de cartons, qui connaîtront le même succès. En 1765, il succède à Carle Van Loo comme Premier peintre de Louis XV. Travaillant avec une extrême facilité, il se vante d’avoir gagné jusqu’à 50 000 francs par an. Il participe à la décoration des châteaux de Versailles et de Fontainebleau, à celle du cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale (1741-1746).

Il invente des décors pour le théâtre et l’opéra et donne aussi de nombreux modèles à la manufacture de Vincennes de 1750 à 1755 puis à la manufacture royale de Sèvres, essentiellement entre 1757 et 1767. Ses figures d’enfants, dits Enfants Boucher sont traduites sous forme de motifs peints ou de biscuits et également de petites pièces de tapisseries destinées à l’ameublement.

Son style passe de mode avec l’arrivée du néoclassicisme vers 1760. Jusqu’à sa mort, en 1770, Boucher garde son style et expose ses œuvres au Salon, excepté lors de l’édition 1767.

Le jeune Jacques-Louis David est présenté à Boucher, qui est un cousin éloigné de sa mère, pour devenir son élève, mais celui-ci préfère le confier à Joseph-Marie Vien. Son fils Juste-Nathan Boucher est architecte et peintre d’ornement.

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Sources : Wikipédia, YouTube.