Francis Jammes, poète, romancier, dramaturge et critique.

Francis Jammes, né à Tournay (Hautes-Pyrénées) le 2 décembre 1868 et mort à Hasparren (Basses-Pyrénées, aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques) le 1er novembre 1938, est un poète, romancier, dramaturge et critique français. Il passa la majeure partie de son existence dans le Béarn et le Pays basque, principales sources de son inspiration.

Fils de Victor Jammes (1831-1888) et d’Anna Bellot (1841-1934), Francis Jammes fait de médiocres études au lycée de Pau, puis à Bordeaux.

En 1886, il découvre Baudelaire. En 1888, il perd son père alors qu’il n’a pas vingt ans. En 1889, après son échec au baccalauréat (avec un zéro en français), il fait un stage sans lendemain comme clerc d’avoué chez un des notaires de sa ville.

En pleine quête de lui-même, il écrit des poèmes et les adresse à diverses revues. Sa mère à plusieurs reprises les fait imprimer à compte d’auteur à Orthez où le poète habite alors avec elle.

Francis Jammes, carte maximum, Orthez, 2/12/1995.

Ses essais poétiques sont remarqués notamment par Mallarmé et Gide. En 1895, il s’oriente définitivement vers la poésie. Son principal éditeur est et restera longtemps Le Mercure de France.

En 1896, il voyage avec Gide en Algérie. Il lance en 1897 avec « Le jammisme » un vrai-faux manifeste littéraire qui le propulse à l’avant-scène de l’actualité. En 1898, il publie son premier vrai recueil poétique (son meilleur selon certains), De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir, et rencontre le poète Charles Guérin, qui viendra le visiter à Orthez et écrit pour lui plusieurs poèmes (« Ô Jammes, ta maison ressemble à ton visage… »). Il rencontre aussi Claudel en 1900 et publie l’année suivante Le Deuil des Primevères.

Francis Jammes, épreuve de luxe.

À trente-cinq ans en 1904, il vit très mal l’échec d’une histoire d’amour qui lui inspire le groupe de poèmes intitulé Tristesses (publié en 1906 dans son recueil Clairières dans le ciel).

On peut situer en 1905 sa « conversion » au catholicisme (en fait, son retour à une pratique religieuse) : à La Bastide-Clairence, le 7 juillet, Claudel, de retour de Chine, sert la messe qui marque l’événement. Sa poésie devient plus religieuse et dogmatique.

Début octobre 1907, à 39 ans, il se fiance (à Lourdes) et épouse (à Bucy-le-Long, près de Soissons, dans l’Aisne) une fervente admiratrice avec laquelle il a correspondu pendant quelques semaines, Geneviève Goedorp. Le poète séjournera volontiers dans l’Aisne dans les années qui ont suivi son mariage. Le couple aura sept enfants, l’aînée, Bernadette (par référence à sainte Bernadette et Lourdes), le quatrième, Paul, à cause de Claudel.

En 1912 paraissent les Géorgiques chrétiennes. Jusqu’à sa mort, sa production poétique mais aussi romanesque et dramatique demeurera importante, mais sans retrouver son public d’avant 1905. Cependant, il obtint en 1917 le Grand Prix de Littérature de l’Académie Française.

Il meurt à Hasparren à la Toussaint (1er novembre 1938).

Au regard des cénacles parisiens, Francis Jammes est toujours resté un provincial un peu solitaire, vivant retiré dans ses montagnes pyrénéennes mais il tisse de nombreuses correspondances avec ses contemporains tels que Gide ou Arthur Fontaine. En fait, il a fait de multiples séjours à Paris, a enchanté certains salons littéraires (comme celui de Mme Léon Daudet, il y a enchanté Marcel Proust), il y rencontra l’abbé Arthur Mugnier qu’il surnomma « l’apôtre de la mèche qui fume encore » ; sa pièce La Brebis égarée, qu’avait failli monter Lugné-Poe, a inspiré à Darius Milhaud un opéra qui a été créé en présence du poète. Il a plusieurs fois été invité en Belgique.

Il posa plusieurs fois, mais en vain, sa candidature à l’Académie française.

En France, on ne connaît au mieux de Jammes que ses premières œuvres, les plus libres et sensuelles.

À l’étranger, et spécialement en Allemagne, Autriche et Suisse alémanique, ainsi qu’au Japon, en Chine, en Lettonie, en Espagne et aux États-Unis, son œuvre, toute son œuvre, est encore aujourd’hui très vivante. Elle a enchanté Rainer Maria Rilke (qui en témoigne aux premières pages des Cahiers de Malte Laurids Brigge), Ernst Stadler (qui a traduit ses Quatorze prières), l’éditeur Kurt Wolff (qui a publié une magnifique édition illustrée de son Roman du lièvre (Hasenroman), Kafka (qui dans son Journal avoue le bonheur éprouvé à la lecture de Jammes), Ion Pillat (qui en plus d’être son traducteur en roumain lui rend hommage dans le poème Ici même arriva jadis) et beaucoup d’autres. Toute son œuvre en prose ou presque a été traduite et publiée par Jakob Hegner, de Leipzig.

Lili Boulanger a mis en musique son recueil Clairières dans le ciel, Claude Arrieu « Ah ! Quand verrai-je des îles », Marc Berthomieu « La salle à manger » et Georges Brassens un choix de strophes du poème « Rosaire » sous le titre « La Prière ». Par méconnaissance, certains affirment que Brassens a ajouté un couplet qui figure déjà dans une version des œuvres de Jammes datant de 1913.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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