Fernando Botero, peintre et sculpteur.

Fernando Botero, né le 19 avril 1932 à Medellín, est un peintre et sculpteur colombien.

Il est réputé pour ses personnages aux formes rondes et voluptueuses inspirés de l’art précolombien.

S’étant lui-même surnommé ironiquement « le plus colombien des artistes colombiens », il est l’un des rares peintres à connaître le succès de son vivant. Sa carrière commence réellement en 1958, lorsqu’il gagne le premier prix du Salon des artistes colombiens (espagnol : Salón de Artistas Colombianos). Sa Nature morte à la mandoline, datant de 1957, constitue la première manifestation de son œuvre inspirée de l’art précolombien et populaire.


À Medellín, il fait ses études primaires à l’Antioquia Ateneo et, grâce à une bourse scolaire, il poursuit ses études secondaires au collège jésuite Bolívar. En 1944, le jeune Fernando est inscrit par son oncle, adepte passionné de corrida, dans une école taurine où il passe deux années. Il est traumatisé par cette école, y développant en effet une peur des taureaux. Cependant, il reste fasciné par l’univers de la tauromachie et ses premiers dessins ont pour objet principal des toreros et des taureaux. Il peint ainsi plusieurs tableaux ayant pour thèmes les corridas, particulièrement lors des années 1980.

Fernando Botero, carte maximum, Paris, 27/04/2002.

Dès 1948, alors que Botero a tout juste 16 ans, ses dessins sont publiés dans le supplément dominical d’El Colombiano qui est un des journaux les plus importants de Medellín. À cette époque, les principales influences de Botero sont l’art précolombien ainsi que les œuvres des muralistes mexicains, tels que Diego Rivera (1886-1957), José Clemente Orozco (1883-1949) et David Alfaro Siqueiros (1896-1974). Ses cours en histoire de l’art lui font également découvrir les peintres européens, et notamment Pablo Picasso.

En 1949, peu de temps après avoir reçu un blâme du directeur de son collège pour des dessins de nus destinés à El Colombiano, Botero en est finalement expulsé pour avoir écrit un article sur l’art contemporain européen, « Picasso y la inconformidad en el arte » (« Picasso et le non-conformisme en art ») publié dans l’édition du 17 juillet de El Colombiano8. Il termine ses études au collège San José, à Marinilla, ville proche de Medellín, puis au lycée de l’Université d’Antioquia.

En janvier 1951, il s’envole pour la capitale, Bogota, où il fréquente diverses personnalités telles que l’écrivain colombien Jorge Zalamea. Il s’intéresse également à la littérature de Pablo Neruda (1904-1973) et de Federico García Lorca (1898-1936) et s’initie au courant littéraire du réalisme magique. En juin de la même année, il y présente sa première exposition individuelle, composée de vingt-cinq dessins, aquarelles, gouaches et tableaux à l’huile, à la galerie Leo Matiz. C’est un succès car il parvient à vendre quelques toiles, ce qui l’incite à continuer et à peindre à Tolú sur la côte caraïbe ainsi que sur les îles du golfe de Morrosquillo.

Lors d’une deuxième exposition réalisée en mai 1952 par la même galerie, Botero présente les œuvres qu’il a réalisées sur la côte des Caraïbes. En août, grâce au tableau Frente al mar (Sur la côte), il remporte le deuxième prix du neuvième Salon des artistes colombiens9 qui se tient à la Bibliothèque nationale à Bogota. Puis, avec le montant du prix qui s’élève à 7 000 pesos, il décide de faire un voyage en Europe.

En août 1952, après un court séjour à Barcelone, Botero se rend à Madrid où il s’inscrit à l’Académie royale des beaux-arts Saint-Ferdinand (Real Academia de Bellas Artes de San Fernando). Au musée du Prado, il étudie les œuvres de maîtres espagnols comme Diego Vélasquez et Francisco de Goya qu’il prend pour modèles.

Par la suite, Botero effectue un court séjour en 1953 à Paris, où déçu par les œuvres contemporaines du musée d’art moderne de la ville de Paris, il étudie les maîtres anciens au musée du Louvre. Puis il part en Italie, dans la ville de Florence, où il est admis à l’Académie San Marco. Il y étudie les techniques de la fresque, attiré par l’art de la Renaissance italienne, et copie certaines œuvres de Giotto di Bondone et de Andrea del Castagno. Le soir, il apprend également l’art de la peinture à l’huile dans un atelier de la via Panicale qui avait appartenu au peintre Giovanni Fattori.

En 1954, il assiste à plusieurs conférences de l’historien de l’art italien Roberto Longhi à l’Université de Florence (Università degli Studi di Firenze), s’intéressant de plus en plus au Quattrocento, notamment à travers l’œuvre des peintres Paolo Uccello et Piero della Francesca. Il sillonne le pays à moto, visitant Arezzo pour voir des peintures de Piero della Francesca, puis Venise, Sienne et d’autres centres historiques de l’art italien.

En mars 1955, Fernando Botero décide de retourner à Bogota. Deux mois plus tard, son exposition de vingt peintures ramenées d’Italie à la Bibliothèque nationale s’avère être un échec, aucune peinture n’étant vendue et son œuvre étant vivement condamnée par les critiques, la seule référence alors admise étant l’École de Paris. Afin de pouvoir vivre, Botero travaille temporairement en tant que vendeur de pneus puis assure des travaux graphiques pour la presse. En décembre, il se marie avec Gloria Zea. Tous deux partent s’installer à Mexico en 1956 où naît Fernando (en), leur premier enfant.

En 1957, avec le tableau Nature morte à la mandoline, l’artiste découvre, pour la première fois, la possibilité de dilater les formes et d’exagérer les volumes. Il trouve ainsi un style qui lui est propre. En avril de cette même année, Botero se rend à Washington pour sa première exposition personnelle aux États-Unis organisée par l’Union panaméricaine. Lors de son séjour sur le territoire américain, il visite plusieurs musées à New York dans lesquels il découvre l’expressionnisme abstrait. Il fait la rencontre de Tania Gres17 qui a ouvert une galerie à Washington et qui est pour lui un important soutien financier et moral.

En mai 1957, à Bogota, il remporte le deuxième prix du dixième Salon des artistes colombiens pour sa peinture intitulée Contrepoint. En 1958, année de naissance de sa fille Lina, Botero est nommé professeur de peinture à l’Académie des arts (Academia de Bellas Artes) de Bogota dans laquelle il demeure jusqu’en 1960, année qui voit la naissance de son deuxième fils, Juan Carlos. Alors que sa renommée ne cesse de grandir, ses services sont requis pour illustrer la nouvelle de l’écrivain Gabriel García Márquez intitulée Tuesday Siesta (La Sieste du mardi), illustrations qui seront également publiées dans El Tiempo, grand quotidien national. Lors du onzième Salon des artistes colombiens en 1958, sa peinture La alcoba nupcial (La Chambre des époux) est rejetée par le jury. Finalement, Botero obtient le premier prix pour cette œuvre, le jury ayant reconsidéré son verdict à la suite de la vague de protestations engendrée par sa décision dans la presse et le monde artistique de Bogota.

En 1959, il peint une série de dix tableaux d’après Vélasquez où l’on retrouve un style basé sur une peinture monochrome associé à des touches nerveuses qui rappellent l’expressionnisme abstrait. La même année, il réalise l’œuvre intitulée Apoteosis de Ramón Hoyos, un tableau de 1,72 mètre de haut sur 3,24 mètres de large, sur le thème du triomphe du coureur cycliste, Ramón Hoyos, quintuple champion du Tour de Colombie.

Oeuvre de Botero, prêt-à-poster.

En 1960, Botero quitte la Colombie pour la troisième fois et part vivre à New York. Il expose en octobre, à la galerie Gres, les séries Nino de Vallecas d’après Vélasquez qui surprennent ses collectionneurs habitués aux peintures plus colorées des débuts de l’artiste. En novembre, il gagne le prix Guggenheim International Award pour la Colombie avec son œuvre La Bataille de l’archi-diable. La même année, après un peu moins de cinq ans de vie commune, il quitte sa femme. En 1961, Dorothy Miller, directrice du musée d’art contemporain de New York (Museum of Modern Art), achète la toile Mona Lisa, à l’âge de douze ans que Fernando a peinte en 1959 et qui est une parodie de La Joconde de Léonard de Vinci.

En 1964, l’artiste épouse Cecilia Zambrano avant de divorcer en 1975. Sa peinture Pommes remporte le deuxième prix au salon Intercol des jeunes artistes du musée d’arts modernes de Bogota. Il étudie l’art du peintre baroque flamand Pierre Paul Rubens et réalise quatre tableaux d’après des portraits d’Hélène Fourment.

À partir de 1967, Botero voyage régulièrement entre la Colombie, New York et l’Europe. Il visite ainsi l’Italie et l’Allemagne où il étudie l’œuvre de l’artiste allemand de la Renaissance, Albrecht Dürer, ce qui lui donne l’inspiration pour réaliser une série de grands dessins au fusain sur toile nommée Dureroboteros. Durant cette période, Botero réalise également plusieurs peintures à partir du tableau Le Déjeuner sur l’herbe d’Édouard Manet. La première exposition du peintre colombien à Paris a lieu en septembre 1969, à la galerie Claude Bernard.

En 1970, Pedro, le troisième fils de Botero, naît à New York. Cet événement inspire au peintre une série de tableaux qui représente les premières années de la vie de son enfant comme Pedro à cheval (1971). En 1973, Botero quitte les États-Unis et s’installe à Paris où il réalise ses premières sculptures. En 1974, son fils Pedro, âgé de quatre ans, meurt dans un accident de la route en Espagne, le peintre lui-même étant grièvement blessé. À la suite de cette tragédie, Botero réalise de nombreuses œuvres en mémoire de son fils décédé.

Entre 1976 et 1977, Botero s’adonne essentiellement à la sculpture, avec pour résultat la réalisation de vingt-cinq œuvres. En 1976, à la suite d’une rétrospective de son œuvre au musée d’art contemporain de Caracas, il se voit décerner la médaille Andrés Bello par le président du Venezuela. L’année suivante, il épouse Sophía Vári et, en reconnaissance des services rendus à la Colombie, reçoit la Croix de Boyacá par le gouvernement régional d’Antioquia.

En septembre 1981, il est invité par Vogue Paris à illustrer les collections de couture : il réalise une série de quinze peintures et douze dessins. Deux ans après, Fernando Botero réalise une série d’illustrations pour Chroniques d’une mort annoncée de Gabriel Garcia Márquez qui paraît dans le premier numéro de Vanity Fair et part installer un atelier à Pietrasanta en Italie, connue pour la qualité de ses fonderies, afin de pouvoir travailler sur ses sculptures. À partir de 1984, il peint presque exclusivement des scènes de tauromachie pendant deux ans. Ses tableaux intitulés La Corrida vont être exposés dans de nombreux pays tels que l’Allemagne (Munich, Brême), l’Espagne, l’Italie (Milan, Naples), le Japon ou le Venezuela.

Le 10 juin 1995, lors d’un attentat à Medellín qui cause la mort de 28 personnes et en blesse 217 autres, la sculpture de bronze de Botero, L’Oiseau, est détruite. En guise de message de paix, l’artiste fait don à la ville d’une nouvelle sculpture destinée à être placée près de celle qui a été pulvérisée.

En 2004, Fernando Botero s’insurge contre les mauvais traitements subis par les prisonniers de la prison d’Abou Ghraib en Irak et entreprend une série d’œuvres inspirées de ces faits. En 2008, il est nommé docteur honoris causa par l’universidad autónoma de Nuevo León où il présenta une exposition de ses œuvres polémiques sur Abou Ghraib.

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Sources : Wikipédia, YouTube.

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