Ferenc Puskás, footballeur international.

Ferenc Puskás, né Ferenc Purczeld Biró, le 1er avril 1927 à Budapest en Hongrie et mort le 17 novembre 2006 dans la même ville, est un footballeur international hongrois, généralement considéré comme le meilleur joueur de l’histoire de la Hongrie. Naturalisé espagnol en 1961, il joue jusqu’à l’âge de 40 ans en 1967 puis poursuit sa carrière comme entraîneur. Durant sa carrière, Ferenc Puskás a évolué au Budapest Honvéd puis au Real Madrid. En 1995, il a été reconnu comme le meilleur buteur de première division du XXe siècle par l’IFFHS avec 511 buts en 533 matches.

En 85 matches disputés sous les couleurs de la Hongrie, il inscrit 84 buts, un record qui tiendra jusqu’en novembre 2003, seulement dépassé par l’Iranien Ali Daei puis par le Portugais Cristiano Ronaldo en 2018. Son nom est donné en 2002 au stade Ferenc-Puskás de Budapest (qui sera remplacé en 2019 par la Puskás Aréna). Le prix Puskás, attribué au plus beau but de l’année depuis 2009 par la Fédération internationale de football association (FIFA), commémore son talent légendaire de buteur hors norme.

Ferenc Puskás naît le 1er avril 1927 à Budapest, la capitale de la Hongrie, dans une famille allemande. Sa mère, Margit Biró (1904-1976), était couturière. Il grandit à quelques pas du Kispest Athletic Club dans le quartier du même nom. Sa passion pour le football est évidente et il marche très tôt sur les pas de son père, joueur puis entraîneur du club voisin.

Trop jeune jusqu’à ses douze ans pour être affilié, il joue dans l’équipe juniors sous la fausse identité de Miklós Kovács afin de contourner la règle de l’âge minimum. Mais il ne tarde pas à faire parler de lui sous son véritable nom, parmi ses premiers coéquipiers figure son ami d’enfance et futur coéquipier en sélection, József Bozsik. Il a fait sa première apparition chez les seniors du Kispest Football Club en novembre 1943 lors d’un match contre le Nagyváradi AC.

À l’âge de 16 ans, le petit attaquant fait déjà partie des titulaires indiscutables du Kispest FC. Son ambition et sa volonté de fer sont évidentes. À seulement 18 ans, il effectue ses grands débuts en équipe nationale à l’occasion d’un match contre l’Autriche. Cette rencontre, la première disputée par la Hongrie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, marque le début d’une carrière exceptionnelle au niveau international.

Ferenc Puskás joue un rôle clé dans son club. En 1949, le club est repris par le ministère hongrois de la défense et l’équipe devient par la même occasion celle de l’armée hongroise. Elle est rebaptisée Budapest Honvéd et les joueurs reçoivent alors des grades militaires. Ferenc Puskás devient major (en hongrois : Őrnagy), ce qui explique son fameux surnom de Major galopant, en référence à son grade militaire. En tant que club de l’armée, le Budapest Honvéd utilise la conscription pour acquérir les meilleurs joueurs hongrois. Cela conduit par la suite au recrutement de Zoltán Czibor et Sándor Kocsis8. Ferenc Puskás poursuit sa carrière avec le Budapest Honvéd jusqu’en 1956. En 1950, lors de la première saison sous le nouveau statut du club, Ferenc Puskás marque 50 buts et remporte le premier de ses quatre championnats hongrois avec le Budapest Honvéd. Le Budapest Honvéd étant techniquement amateur, Ferenc Puskás peut participer aux Jeux olympiques.

Le 20 août 1945, il a fait ses débuts avec l’équipe de Hongrie et marque lors d’une victoire 5-2 contre l’Autriche. Il a ensuite joué 85 matchs et a marqué 84 buts pour la Hongrie. Son palmarès international comprend deux triplés contre l’Autriche, un contre le Luxembourg et un quadruplé lors d’une victoire sur le score de 12 buts à 0 contre l’Albanie. Avec Zoltán Czibor, Sándor Kocsis, József Bozsik et Nándor Hidegkuti, il forme le noyau du Onze d’or qui restera invaincue pendant 32 matchs consécutifs. En 1952, Ferenc Puskás est capitaine de l’équipe qui remporte la médaille d’or olympique aux JO d’Helsinki Il devient champion en battant la Yougoslavie sur le score de 2 buts à 0 en finale. Durant ce tournoi, Ferenc Puskás marque à quatre reprises. Il déclare quelques années plus tard : « Nous formions déjà une bonne équipe mais c’est au cours de ces Jeux que nous avons vraiment trouvé notre style. Nous avons, en quelque sorte, inventé l’ancêtre du football total des Néerlandais. Nous étions libres de nos déplacements et quand nous avions le ballon, tout le monde participait au jeu, les défenseurs comme les attaquants. Nous sommes rentrés en train. À partir de Prague, nous nous arrêtions à chaque station pour que les gens puissent nous saluer. Nous avons assisté à des scènes incroyables à la gare Keleti de Budapest. Les rues étaient noires de monde ! Plus de 100 000 personnes étaient venues faire la fête avec nous. Nous étions fous de joie. C’était notre première grande victoire et nous étions si jeunes ».

Leur victoire la plus célèbre reste sans doute celle obtenue le 25 novembre 1953 dans le stade de Wembley. À cette époque, l’Angleterre ne s’y est encore jamais inclinée face à une équipe qui ne fasse pas partie du Royaume-Uni. Cela n’empêche pourtant pas Ferenc Puskás et ses coéquipiers de s’imposer largement sur le score de 6 buts à 3 au cours d’un match qui reste dans l’histoire comme l’un des plus passionnants du siècle. Devant plus de 100 000 spectateurs, les Hongrois infligent une véritable leçon de football aux Anglais, variant à l’envi le jeu court et le jeu long. Cette équipe hongroise, bâtie autour de Ferenc Puskás, pratique alors un football totalement inédit. Il est le maître à jouer de cette formation qui, en un seul match, réduit à néant la réputation d’invincibilité dont jouit le football anglais partout dans le monde. Au cours de cette rencontre, Ferenc Puskás marque par deux fois tandis que Nándor Hidegkuti, son partenaire idéal en attaque, réalise le coup du chapeau. Moins de six mois plus tard, les Anglais reçoivent une nouvelle correction à Budapest, cette fois-ci sur le score de 7 buts à 1.

La Hongrie pratique à l’époque un jeu résolument offensif, basé sur le trio Sándor Kocsis – Nándor Hidegkuti – Ferenc Puskás. La puissance et la précision du pied gauche de Ferenc Puskás causent des dégâts dans toutes les défenses d’Europe. Le petit attaquant est à l’origine de tous les mouvements offensifs de son équipe. En véritable meneur de jeu, il fait circuler la balle avec précision et le football international lui fournit régulièrement l’occasion de faire la démonstration de ses talents.

Lorsque les Magyars magiques (en hongrois : Mágikus Magyarok) arrivent en Suisse pour disputer la Coupe du monde de 1954, ils sont invaincus depuis quatre ans et sont du coup les grands favoris. Le fameux onze d’or possède la meilleure attaque au monde et il ne lui faut guère de temps pour faire parler son extraordinaire potentiel offensif. La Corée du Sud est ridiculisée 9-0 d’entrée de jeu, au terme d’un festival de buts ouvert et clôturé par Ferenc Puskás. Le Major galopant fait à nouveau trembler les filets contre l’Allemagne de l’Ouest, qui s’incline lourdement sur le score de 8 buts à 3. Mais le prix de cette victoire s’avère particulièrement élevé. Ferenc Puskás se fracture de la cheville alors qu’il se dispute le ballon avec l’Allemand Werner Liebrich. Il doit déclarer forfait pour les quarts et les demi-finales, au grand dam de ses partenaires. Malgré son absence, la Hongrie remporte les deux rencontres suivantes (contre le Brésil et l’Uruguay) sur le même score de 4 buts à 2.

Pour la grande finale, tous les yeux se tournent vers Ferenc Puskás. Cette rencontre, qui constitue incontestablement le sommet de sa carrière, le meneur de jeu hongrois ne veut la manquer à aucun prix. Alors que sa blessure le fait encore souffrir, Ferenc Puskás décide de jouer quand même. Les Magyars magiques débutent idéalement la rencontre. Ferenc Puskás semble devoir faire taire les critiques en ouvrant le score dès la 6e minute de jeu. Deux minutes plus tard, la Hongrie fait le break en inscrivant un nouveau but. Mais les Allemands ne s’en laissent pas conter. Sous la pluie battante de Berne, ils parviennent à revenir au score avant la mi-temps à force de volonté. À sept minutes du coup de sifflet final, Helmut Rahn donne l’avantage aux Allemands. L’infatigable Ferenc Puskás trouve toutefois le temps de faire parler la poudre une dernière fois, mais son but est refusé pour hors-jeu. À la surprise générale, l’Allemagne de l’Ouest remporte la Coupe du monde et met fin à la série d’invincibilité de 31 rencontres de la Hongrie, ne laissant à Ferenc Puskás que ses regrets malgré son titre de meilleur joueur du tournoi. En 2010, une étude commandée par le Comité olympique allemand a révélé que les joueurs avaient été dopés à la pervitine, une méthamphétamine connue aussi comme la « drogue du soldat ». Mais il n’a jamais été question de retirer son premier titre à l’Allemagne de l’Ouest (cf. article Le Monde du 27 juin 2014). En dépit de la déception de Berne, le Onze d’or hongrois poursuit sa série, alignant 18 nouveaux matches sans défaite, avec notamment la première défaite infligée à l’équipe d’Union soviétique en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

De retour au Budapest Honvéd, Ferenc Puskás devient encore plus connu en Europe de l’Ouest en voyageant à l’étranger avec son club pour des matchs amicaux. En décembre 1954, ils viennent au Molineux Stadium où ils sont battus sur le score de 3 buts à 2 par des Wolverhampton Wanderers à leur apogée. La victoire conduit le directeur des Wolves, Stan Cullis, à annoncer que son équipe est « championne du monde ».

Ferenc Puskás poursuit sa carrière au Budapest Honvéd, sans se douter qu’elle est sur le point de prendre un tournant décisif. Il se rend à Bilbao, en Espagne, avec son équipe pour le compte de la Coupe des clubs champions européens 1956-1957, une rencontre qui aura des conséquences historiques. Alors que la Hongrie connaît une grave crise politique, Ferenc Puskás et ses coéquipiers décident de ne pas rentrer au pays et de s’exiler à l’ouest. Après quinze mois sabbatiques passés en Autriche au cours desquels Ferenc Puskás semble totalement oublier le football, il décide de revenir à la compétition. Mais, pour beaucoup, le jeune trentenaire est un joueur fini.

Le 4 novembre 1956, les chars russes entrent dans Budapest pour mater l’insurrection hongroise. À ce moment-là, Ferenc Puskás et ses coéquipiers du Budapest Honvéd se préparent à une nouvelle tournée en Europe. Malgré les évènements, les joueurs se rendent quand même en Europe, à la demande de Imre Nagy. Lorsque celui-ci est destitué, le nouveau gouvernement exige que les fuyards reviennent au pays. Ferenc Puskás choisit alors de rester en Occident. Il apprend que sa femme et sa fille ont clandestinement gagné Vienne, la capitale autrichienne, à pied, et il part les y retrouver.

À la demande de la Fédération hongroise, Ferenc Puskás est suspendu dix-huit mois par la Fédération internationale de football association (FIFA). Privé de travail, il survit dans un camp de réfugiés en Autriche avec pour seules ressources des mandats envoyés par son ancien coéquipier László Kubala, qui joue au FC Barcelone depuis 1951. Le Major galopant sombre dans l’alcool et grossit d’une vingtaine de kilogrammes.

Sourd aux critiques qui assaillent l’ancien meneur de jeu hongrois, Emil Oesterreicher, l’ancien secrétaire financier de Ferenc Puskás lors de ses dernières années au Budapest Honvéd, décide de le faire venir, à 31 ans, au Real Madrid pour le faire jouer aux côtés de l’Argentin Alfredo Di Stéfano, du Français Raymond Kopa et de l’Espagnol Francisco Gento. Son arrivée suscite la surprise de toute l’Espagne. On pense alors qu’un homme à un âge si avancé et quelques kilos en trop n’a pas sa place dans une équipe du calibre du Real Madrid, composée de stars. Mais Ferenc Puskás fait rapidement taire les critiques11. L’ancienne icône hongroise perd dix-huit kilogrammes en six semaines et entame le deuxième volet de sa magnifique carrière. Le duo madrilène devient rapidement l’un des plus célèbres d’Europe, pour le plus grand plaisir des supporters du stade Santiago-Bernabéu.

Sa première année est difficile, la barrière de la langue l’empêchant de s’adapter rapidement à la vie espagnole. Il n’est pas présent en finale de la Coupe des clubs champions européens 1958-1959 contre le Stade de Reims, à Stuttgart, en Allemagne de l’Ouest. Le gouvernement allemand refuse alors de lui délivrer un visa, n’ayant toujours pas pardonné à l’ex-major les allusions au dopage qu’il émettait pour expliquer la victoire allemande à Berne, accusation qui sera vérifiée en 2010 par une étude universitaire allemande assurant que plusieurs joueurs de l’équipe d’Allemagne de l’Ouest auraient été dopés à la méthamphétamine, une substance figurant depuis sur la liste des produits dopants.

La saison suivante, Ferenc Puskás explose littéralement devenant le meilleur buteur du Real Madrid dans les trois compétitions. Il inscrit 49 buts en 36 rencontres. Pour Ferenc Puskás, la consécration vient en finale de la Coupe des clubs champions européens 1959-1960, lorsque le Real Madrid inflige une sévère correction à l’Eintracht Francfort dans le stade du Hampden Park, en Écosse, devant plus de 130 000 spectateurs. Même le grand Alfredo Di Stéfano, pourtant auteur d’un triplé en finale, est éclipsé par Ferenc Puskás, qui marque à quatre reprises contre les Allemands. Cette saison, en plus d’une victoire historique, le Hongrois totalise pas moins de 35 buts en 39 matches sous les couleurs du Real Madrid. Sur la saison 1959-1960, il inscrit 60 buts. Un record qui ne sera dépassé qu’en avril 2011 par l’Argentin Lionel Messi. À la fin de la saison, Ferenc Puskás et ses coéquipiers remportent la première Coupe intercontinentale mise en jeu contre les uruguayens du CA Peñarol. Après un nul 0-0 au stade Centenario de Montevideo, en Uruguay, Ferenc Puskás signe un doublé au stade Santiago-Bernabéu dans les dix premières minutes du match suivi par Alfredo Di Stéfano, Jesús Herrera et Francisco Gento pour une victoire sur le score final de 5 buts à 1.

En 1962 à Amsterdam, aux Pays-Bas, Ferenc Puskás dispute une nouvelle finale européenne avec le Real Madrid. Il inscrit trois buts mais perd contre le Benfica Lisbonne sur le score de 5 buts à 3. Deux ans plus tard à Vienne, en Autriche, Ferenc Puskás et le Real Madrid perdent une nouvelle fois en finale de la Coupe d’Europe, contre l’Inter Milan sur le score de 3 buts à 1.

Sélectionné en équipe d’Espagne contre le Maroc en septembre 1961, Ferenc Puskás participe sous ses nouvelles couleurs à la Coupe du monde de 1962 disputée au Chili. Malheureusement, ce mondial n’est pas une réussite puisque la Furia ne remporte qu’une seule rencontre. La sélection quitte donc logiquement l’Amérique du Sud à la fin de la phase de groupes. Ferenc Puskás dispute son quatrième et dernier match en juin 1962 lors d’une défaite face à la Tchécoslovaquie sans avoir retrouvé le chemin des filets.

En 1965, Ferenc Puskás inscrit le 200e but du Real Madrid en Coupe des clubs champions européens. Ferenc Puskás porte encore le maillot du Real Madrid jusqu’en 1967 avant de mettre un terme à sa carrière à l’âge de 40 ans. Il totalise 242 buts en 262 rencontres sous les couleurs des géants espagnols11. Sous l’égide du Hongrois, le club de la capitale espagnole décroche cinq titres de champion et deux Coupes des clubs champions européens. Ferenc Puskás laisse un souvenir gravé dans l’histoire du Real Madrid. Encensé par les supporters madrilènes pour sa générosité, sa sympathie, son amabilité et ses brillantes prestations, il bat tous les records de buts en tant qu’avant-centre, et gagne le surnom de Pancho, ou Cañoncito pum. Il est l’un des meilleurs attaquants de l’histoire et le meilleur gaucher à avoir foulé la pelouse du stade Santiago-Bernabéu.

En 2012, Ferenc Puskás fait partie de la meilleure équipe de l’histoire du Real Madrid élue à l’occasion des 110 ans du club. D’après la Rec.Sport.Soccer Statistics Foundation (RSSSF), Ferenc Puskás est le troisième meilleur buteur de l’histoire du football avec 806 réalisations inscrites en 793 matchs officiels. Tout au long de sa carrière de joueur, il a joué 1271 matchs et marqué plus de 1571 buts. Il est le joueur avec le plus de passes décisives dans l’histoire du football avec 404 passes.

Sa carrière de joueur s’arrête en 1967 pour laisser place à celle d’entraîneur. Le Major galopant se fait la main au Hércules de Alicante durant la saison 1966-1967 avant de s’envoler aux États-Unis pour entraîner les Golden Gate Gales de San Francisco (1967) puis les Royals de Vancouver (1968). De retour en Espagne, il dirige durant la saison 1968-1969 le Deportivo Alavés avant d’être appelé, en 1970, par le club grec du Panathinaïkós.

La légende veut qu’à son arrivée en Grèce, au moment de signer son contrat, Ferenc Puskás demanda quelle serait sa prime s’il parvenait à emmener son équipe en finale de Coupe des clubs champions européens. La probabilité de retrouver le club grec à ce niveau était tellement infime que les dirigeants grecs ajoutèrent sans trembler un alinéa au contrat, stipulant une énorme prime en cas de finale. Pourtant, le miracle est en marche. À la tête d’une formation composée de joueurs semi-professionnels, de travailleurs et d’étudiants, Ferenc Puskás se lance à la conquête de l’Europe. Les Luxembourgeois de La Jeunesse d’Esch sont facilement écartés (2-1, 5-0), puis c’est au tour du ŠK Slovan Bratislava, vainqueur de la Coupe de l’UEFA en 1969, de subir les foudres du Panathinaïkós (3-0, 1-2). En quarts de finale, les Grecs éliminent Everton (1-1, 0-0), mais leur plus grosse performance a lieu lors des demi-finales. À Belgrade, en Serbie, le Panathinaïkós est balayé par l’Étoile rouge (4-1). « Si Dieu s’endort pendant quelques instants, peut-être que nous avons une chance de nous qualifier » déclare alors Ferenc Puskás à ses joueurs avant le match retour. Nul ne sait si le Tout-Puissant s’est effectivement assoupi, mais toujours est-il que le Panathinaïkós s’impose sur le score de 3 buts à 0, validant par la même occasion son billet pour la finale. Le Panathinaïkós allait pourtant réussir cet exploit, accédant à la surprise générale en finale de la Coupe des clubs champions européens 1970-1971, où il est battu par l’Ajax Amsterdam à Wembley. Pancho reste en Grèce jusqu’en 1974. Son humilité et sa générosité naturelle en font quelqu’un de très apprécié, dans le vestiaire comme en dehors. De retour dans la capitale hellénique en 1978-1979, pour y coacher l’AEK Athènes FC, l’entraîneur hongrois est démis de ses fonctions deux semaines avant la fin du championnat22.

En dehors de ce coup d’éclat, la carrière d’entraîneur de Ferenc Puskás ne décollera jamais vraiment. Ses différents contrats en Espagne, au Chili, en Arabie saoudite, en Grèce, en Égypte, au Paraguay et en Australie lui permettront de voir du pays mais ne rempliront pas son palmarès. En 1993, il est appelé au chevet d’une sélection hongroise tombée au plus bas. Il dirige l’équipe durant quatre matches, dont trois défaites. Le 16 juin 1993, le Major galopant met un terme de façon définitive à sa carrière d’entraîneur.

Ferenc Puskás rentre définitivement en Hongrie au début des années 1990. Après son échec à la tête de la sélection, le gouvernement de Viktor Orbán le nomme ambassadeur du sport hongrois dans le monde. Au début des années 2000, le vieillissant Népstadion devient le Puskàs Ferenc Stadion. Le sociologue Tamás Dóczi raconte : « Quand il est rentré au pays, il a été bien accueilli. Sa mort a été un événement tragique pour la Hongrie ».

Au même moment, Ferenc Puskás est diagnostiqué comme atteint par la maladie d’Alzheimer et sa santé se dégrade. En septembre 2006, Ferenc Puskás est hospitalisé. Il meurt deux mois plus tard d’une pneumonie, à l’âge de 79 ans. Il laisse alors derrière lui sa femme de 57 ans, Erzsébet, et leur fille, Anikó. Une journée de deuil national est décrétée le jour de ses funérailles. Comme le monde du football, le Premier ministre de Hongrie Ferenc Gyurcsány rend hommage au Major galopant : « Le plus connu des Hongrois du XXe siècle nous a quittés, mais la légende restera toujours avec nous ». La Fédération internationale de football association (FIFA) l’honore en 2009, en donnant son nom au prix récompensant le plus beau but de l’année.

Les obsèques de Ferenc Puskás ont lieu en présence du président de la République de Hongrie László Sólyom et du Premier ministre de Hongrie Ferenc Gyurcsány. Le drapeau hongrois est mis en berne devant le Parlement, en présence des chefs de l’État et du gouvernement. Des dizaines de milliers de Hongrois sont attendus au Puskàs Ferenc Stadion pour un service religieux solennel. Sont attendus pour les cérémonies : le président de la FIFA, le Suisse Sepp Blatter, le candidat à la présidence de l’Union des associations européennes de football (UEFA), le Français Michel Platini, l’Allemand Franz Beckenbauer ainsi que d’anciens joueurs du Real Madrid. Après la cérémonie au stade, un défilé a lieu à travers la ville et s’achève à la Basilique Saint-Étienne de Pest où Ferenc Puskás est enterré. En 2012, les cendres de Sándor Kocsis, ancien coéquipier de Ferenc Puskás, sont rapatriées dans la même crypte de la Basilique Saint-Étienne de Pest de Budapest, où le Major galopant avait été enterré en décembre 2006.

Source : Wikipédia.

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