Ettore Bugatti, industriel et inventeur.

Ettore Bugatti (pour l’état civil Ettore Arco Isidoro Bugatti), né le 15 septembre 1881 à Milan, Italie, et mort le 21 août 1947 à Neuilly-sur-Seine, France, est un industriel et inventeur italien naturalisé français peu avant son décès. C’est un des fondateurs de l’industrie automobile de luxe et de compétition avec les automobiles Bugatti en Alsace. Il est le père de Jean Bugatti et le frère du sculpteur Rembrandt Bugatti. Aujourd’hui encore, il est considéré comme un des pionniers de l’automobile.


Ettore Bugatti est un ingénieur d’instinct plus que de formation, animé par une incessante quête du beau, qui donne naissance à de nombreux chefs-d’œuvre. Inventif et visionnaire de génie, avant-gardiste au goût de grand luxe artistique, il dessine des plans qui constituent les bases pour ses ingénieurs qu’il choisit parmi les meilleurs et les plus talentueux. Il dépose avec son fils plus de 1 000 brevets, ce qui représente en fait près de 475 inventions différentes. La devise de sa vie sera « Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher ».

En 1909, son premier fils Jean Bugatti naît le 15 janvier. Ettore fonde sa propre marque, Bugatti, en décembre à Molsheim-Dorlisheim en Alsace, alors allemande, à 20 km à l’ouest de Strasbourg et s’installe dans une somptueuse villa.

En 1910, Bugatti remporte un vif succès au Salon de l’automobile de Paris grâce à des caractéristiques techniques avancées, une haute qualité de finition, un haut niveau d’esthétique, de design et de prix. Il poursuit et enchaîne les modèles de course et de luxe avec la Bugatti Type 13 de 1 327 cm3, quatre cylindres et 95 km/h, qui remporte plus de quarante courses en quatre ans malgré sa faible cylindrée grâce à son poids plume et sa tenue de route exceptionnelle. Il en vendra cinq exemplaires.

En 1911, alors qu’il a vendu soixante-quinze Bugatti en Europe, il s’associe avec Peugeot et conçoit la Peugeot Bébé dont 3 095 exemplaires sont vendus. De 1914 à 1918, pendant la Première Guerre mondiale, Ettore Bugatti quitte l’Alsace pour s’exiler à Milan puis rentre à Paris, en France, pour qui il conçoit des moteurs d’avion de 16 cylindres en deux rangées de huit. L’aviation américaine acquiert la licence de ce moteur exceptionnel pour en fabriquer 5 000. Elle en fabrique finalement cinquante en raison de la fin du conflit. À l’issue de la guerre, il retourne à Molsheim, devenue française, et ouvre une fabrique sur l’ancien site.

En 1924, il présente en août sa fameuse Bugatti Type 35 au Grand Prix automobile de France à Lyon. Une voiture aux performances d’avant-garde dotée d’un compresseur pilotée par des pilotes d’usine et privés qui remportent avec ses variantes plus de 2 000 victoires en compétition (record inégalé à ce jour) et qui lui apporte la gloire et la prospérité. Parallèlement les modèles routiers bénéficient des enseignements de la compétition et adoptent l’arbre à cames en tête et trois soupapes par cylindres.

Jean Bugatti travaille très tôt au côté de son père au bureau d’étude de l’usine qu’il est destiné à pérenniser. Il se révèle rapidement doté au moins du même génie d’artiste designer que son père en dessinant les carrosseries les plus élégantes qui aient jamais habillé un châssis Bugatti. Il fait preuve également de génie en mécanique et contribue à l’innovation des voitures produites par son père qu’il stimule.

En 1926, Ettore et Jean conçoivent les Bugatti Type 37 et Bugatti Type 40 ainsi que l’extraordinaire Bugatti Type 41, la « Royale ». Construite pour l’élite des monarques et chefs d’état de la planète, son moteur développe 300 chevaux pour une cylindrée de 12 763 cm3 et est proposée à un prix de 500 000 Francs. C’est un échec commercial cuisant, aucun monarque ne l’achète ; la démesure ainsi que quelques problèmes de mise au point font que ce fut un échec. Sur les six exemplaires fabriqués, trois seulement seront vendus et les trois autres sont conservés à l’usine, dont le coupé Napoléon personnel d’Ettore. Ettore commence alors à se détacher de Bugatti et confie de plus en plus de responsabilité à son fils Jean.

En 1927, Ettore et Jean conçoivent les Bugatti Type 43 (8 cylindres, vitesse hallucinante pour l’époque de 170 km/h), les Bugatti Type 44 avec plus de 1 000 exemplaires vendus, et Bugatti Type 45 en 1929, 16 cylindres, 48 soupapes, double compresseurs dessinés par Jean. De 1929 à 1936 sort la série Bugatti Type 46 ou « Petite Royale », dernier modèle conçu par lui-même, équipée de 8 cylindres de 5,3 litres, vendue à 500 exemplaires. Les suivantes sont toutes conçues par Jean Bugatti, toujours plus belles et plus fiables : Bugatti Type 49, Bugatti Type 50 avec compresseur, double carburateur, deux soupapes par cylindre en V. Puis Bugatti Type 55 toujours équipés de 8 cylindres avec un double arbre à cames en tête.

En 1931, Ettore Bugatti sauve son usine de la faillite dans les années noires de l’après crise de 1929 en fabriquant 80 autorails très lucratifs à base des moteurs de Bugatti Royale Type 41 de 12,7 litres couplé par quatre pour une vitesse record en 1934 de 192 km/h. Il tente de concevoir également un avion De Monge-Bugatti qui ne vola jamais à cause de la Seconde Guerre mondiale.

La même année, il est victime d’une sortie de route à bord du prototype de sa Bugatti Royale après s’être endormi au volant. Gênant pour l’image de la marque, l’incident est rapidement étouffé et le modèle (la Coupé du Patron) est reconstruit. Le modèle accidenté disparaîtra durant de nombreuses années jusqu’à sa reconstruction, à partir du châssis d’origine, en 2016.

En 1934, les Bugatti Type 57, parmi les voitures les plus luxueuses des années 1930, sont produites à 700 exemplaires avec différentes variantes : berline Galibier, coupé Atalante, coach Ventoux, cabriolet Stelvio de 140 à 200 chevaux avec compresseur pour 210 km/h. Les Bugatti Type 51 sont produites pour la compétition, évolution des célèbres Bugatti Type 35 en plus puissantes grâce aux double arbre à cames en tête qui permettent au moteur d’atteindre 180 chevaux.

Bugatti remporte deux fois les 24 Heures du Mans avec les derniers pilotes français d’usine Jean-Pierre Wimille associé avec :

  • Robert Benoist au volant d’une Bugatti Type 51 en 1937 ;
  • Pierre Veyron au volant d’une Bugatti Type 57G en 1939.

    Pilote d’essai à l’occasion, Jean Bugatti se tue le 11 août 1939 à l’âge de 30 ans au cours des essais d’une Bugatti Type 57C à Duppigheim à 10 km à l’est de l’usine. C’est une catastrophe pour la marque, car Ettore Bugatti ne se remettra jamais de ce drame.

De 1939 à 1945, durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine « est confisquée par les Allemands, pour ensuite disparaître ». En 1945, Ettore Bugatti se bat pour récupérer son usine de Molsheim saisie par l’administration française à la Libération. Il obtient gain de cause et tente de redémarrer malgré les dettes et le manque de moyens. Les études des Bugatti Type 73 et Type 78 n’aboutissent malheureusement pas et l’entreprise vivote.

Bugatti, carte maximum, Portugal, 15/11/1991.

Le 21 août 1947, à l’âge de 65 ans, Ettore Bugatti meurt d’épuisement des suites d’une congestion cérébrale à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. En 37 ans, il avait déposé 1 000 brevets et fabriqué près de 7 500 voitures de grand luxe ou de course, toutes entrées dans la légende et devenues des objets cultes de riches collectionneurs. Bugatti est détenteur d’un palmarès sportif jamais égalé avec plus de 10 000 victoires et 37 records. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (97e division) avant d’être transporté à Dorlisheim le 5 mai 1955.

Le décès d’Ettore Bugatti, la Seconde Guerre mondiale, les difficultés économiques de l’après guerre ont entraîné la disparition de la marque entrée dans la légende des pionniers de l’automobile d’élite.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.