Ernest Solvay, chimiste et industriel.

Ernest Solvay, né le 16 avril 1838 à Rebecq-Rognon et mort le 26 mai 1922 à Ixelles, est un chimiste et un industriel belge, fondateur de la Société Solvay & Cie et grand mécène de la recherche scientifique de son époque.


Passionné très tôt par la physique, la chimie et l’histoire naturelle, Ernest est pourtant entravé dans sa quête de connaissance lorsqu’une grave maladie l’empêche d’entrer à l’université. Il reçoit toutefois une bonne formation scientifique du frère Macardus, diplômé de l’École des Mines de Mons, professeur de sciences de l’institut des Frères de la Doctrine Chrétienne à Malonne où Ernest Solvay a suivi sa formation secondaire2. Autodidacte, il commence à travailler à 21 ans dans l’usine à gaz de son oncle en y apportant maints perfectionnements, notamment la  récupération de l’ammoniaque. Au cours d’une expérience, il découvre un procédé révolutionnaire de fabrication de la soude. Conscient du parti qu’il peut tirer de cette découverte, le jeune homme fait breveter une première fois en 1861 une méthode économique de son invention pour fabriquer du carbonate de soude trop rare à l’état naturel, un procédé à l’ammoniac qui permet la fabrication industrielle du carbonate de sodium (Na2CO3) à partir de chlorure de sodium et de calcaire, connu depuis lors sous le nom de procédé Solvay. Le carbonate de sodium est un composé essentiel dans de nombreuses applications industrielles, notamment la fabrication du verre, la métallurgie et la détergence.

Solvay, carte maximum, Belgique, 1955.

C’est à Couillet en 1863, où il installe sa première usine, qu’Ernest Solvay jette avec son frère Alfred et leur associé, l’avocat Eudore Pirmez, les bases de ce qui allait devenir un empire de la chimie. Après un départ difficile, la Société Solvay & Cie prend progressivement une dimension internationale et devient l’un des géants de l’industrie chimique. De 200 kg en 1865, la production journalière passe à 3 tonnes en 1867. En 1900, 95 % de la production mondiale de soude provient du « procédé Solvay ». Son entreprise Solvay & Cie devient, à la fin du XIXe siècle, une référence mondiale de l’industrie chimique.

Parce que dans la conjoncture favorable, il entrevit les intérêts d’une union avec les sciences, il cofonda en 1900 avec Ernest Bichat l’Institut électrotechnique de Nancy, devenu en 1948 École nationale supérieure d’électricité et de mécanique de Nancy.

Son procédé nécessite du calcaire, de la houille et du chlorure de sodium. Tout naturellement, Solvay implante des usines là où il rencontre les matériaux de base, d’abord en Lorraine française, notamment à Dombasle, qui deviendra le principal centre de production de carbonate de sodium mondial à la fin du XIXe siècle).

En 1896, Solvay & Cie installe une exploitation de calcaire dans la calanque de Port-Miou, juste avant Cassis. Le site s’y prête à merveille, Port-Miou est une calanque profonde de plus d’un kilomètre, taillée comme un fjord. De ses hautes parois rocheuses, son calcaire d’excellente qualité était concassé sur place avant d’être embarqué sur des eaux toujours calmes5 pour l’usine de soude de Salin-de-Giraud, distante d’une centaine de kilomètres. Une centaine d’ouvriers furent embauchés, et grâce à une automatisation toujours plus perfectionnée, la production annuelle, passée de 80.000 à 100.000 tonnes, ne nécessita plus qu’une douzaine d’hommes. Jusqu’à sa fermeture en 1981, 6 à 7 millions de tonnes de roches furent extraites de ses flancs. Pourtant, si depuis 1810, ce n’était pas la première fois qu’une industrie était implantée dans les calanques sans que personne ne s’en émeuve, cette exploitation-là, contemporaine de la loi du 21 avril 1906, la première en France destinée à la protection des espaces naturels, souleva très tôt de vaines mais vives protestations, comme celle du 13 mai 1910, orchestrée par les instances les plus disparates, des Félibriges au conseil municipal de Cassis, en passant par les excursionnistes marseillais, le syndicat des pêcheurs de Cassis, les adeptes du naturalisme de l’époque.

Solvay, entier postal, Tchéquie.

Le brevet Solvay est ensuite exploité en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis, en Autriche. C’est tout un empire industriel et commercial qui est créé, novateur aussi dans ses méthodes : collaboration étroite entre les diverses usines, contrôles stricts à chaque stade de la fabrication. Il est fondateur de l’entreprise chimique et pharmaceutique Solvay SA et de l’École de commerce Solvay (renommée Solvay Brussels School of Economics & Management en 2008) de l’université libre de Bruxelles.

Grand capitaine d’industrie, il prend également des initiatives sociales peu communes pour l’époque en étant le précurseur de la législation sociale dans ses usines, où il a intégré un système de sécurité sociale : une pension pour les travailleurs dès 1899, la limitation du temps de travail avec la journée de 8 heures en 1908, l’instauration des congés payés en 1913, le recyclage professionnel…

Il dessine ainsi les contours d’une structure sociale fondée sur l’organisation du marché du travail, sur l’égalité des chances et sur l’implication de l’État. Politiquement engagé, Ernest Solvay continue son combat pour les droits des travailleurs au Sénat (de 1892 à 1894 et de 1897 à 1900) avant d’être nommé ministre d’État en 1918. Il crée également de nombreuses œuvres sociales comme, en 1914, le Comité national de Secours et d’Alimentation qui joue un rôle considérable dans le ravitaillement de la Belgique pendant la Grande Guerre.

Il est le mécène principal de l’université libre de Bruxelles (ULB) où il fonde l’Institut de physiologie (1895), l’Institut de sociologie (1894) et l’École de commerce Solvay (1903). Son soutien au développement des sciences sociales joua un rôle significatif dans la naissance de l’École de Bruxelles. Grand promoteur des sciences, sa passion s’exprime encore au travers de la création de l’Institut international pour la physique et la chimie à Bruxelles (1894). Il crée avec le soutien de différentes personnalités de l’époque, scientifiques et banquiers, une cité scientifique destinée à abriter ces différents instituts dont les bâtiments, construits par des architectes de renom, sont toujours visibles, disséminés dans le parc Léopold. C’est là que se tiennent tous les 3 ans les fameux Conseils Solvay (ou Congrès Solvay). Pendant une semaine, un Conseil d’une vingtaine de spécialistes discute d’un problème d’actualité soigneusement préparé par d’éminents rapporteurs. La première édition, en 1911, réunit onze prix Nobel dont notamment Marie Curie, Albert Einstein, Paul Langevin, Max Planck, Ernest Rutherford, Henri Poincaré et le duc Maurice de Broglie comme secrétaire-rapporteur. (Cf. The Solvay Science Project [archive](Exposition et base de données)

Le groupe Solvay occupe à peu près 30 000 personnes et compte plus de 400 établissements dans 50 pays.

Ernest Solvay était convaincu que le bonheur des hommes ne peut provenir que de la diffusion du savoir.

En 1893, il achète au baron Antoine de Roest d’Alkemade le château de La Hulpe construit en 1842 par le marquis Maximilien-Guillaume de Béthune.

Il a été choisi comme un des Cent Wallons du siècle, par l’Institut Jules Destrée, en 1995.

Il est inhumé au cimetière d’Ixelles à Bruxelles. C’est une tombe signée Victor Horta.

Voir aussi cette vidéo :

Sources : Wikipédia, YouTube.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.