Éphrem le Syriaque, diacre et théologien.

Éphrem le Syriaque ou Éphrem de Nisibe (en syriaque : ܐܦܪܝܡ ܣܘܪܝܝܐ / ʾafrēm suryāyā ou ʾafrēm suryoyo ; en grec ancien : Ἐφραίμ ὁ Σῦρος, Ephraím ho Syros ; en latin : Ephraem Syrus), né vers 306 à Nisibe (Turquie) et mort en 373 à Édesse (Turquie), était un diacre de langue syriaque et un théologien du IVe siècle dans la région de l’Assyrie. Plusieurs dénominations chrétiennes, dont les Églises orthodoxes et catholique, le vénèrent en tant que saint, Père de l’Eglise et il est reconnu depuis 1920 en tant que Docteur de l’Église par l’Église catholique. Il est l’auteur de plusieurs hymnes et poèmes.

Le diacre Éphrem était chargé de l’École théologique de Nisibe lorsque surgirent les Perses. Il se réfugia avec ses élèves à Amida puis à Édesse en 363 où il demeura jusqu’à sa mort en 373. Il mena une vie de contemplation, qu’il a entretenue par une austérité extrême. C’est de cette flamme intérieure que jaillit ce lyrisme qui a fait de lui la « cithare du Saint-Esprit » ou la « harpe du Saint-Esprit », selon les traductions.

Il est fêté le 28 janvier par les Églises de rite byzantin, et le 9 juin par l’Église latine. De plus, il est fêté le 7e samedi avant Pâques par l’Église syriaque orthodoxe, le 18 juin par les Églises maronite, chaldéenne et latine, selon l’ancien calendrier ainsi que le 22 juillet dans l’Église copte orthodoxe.

Diacre, théologien et auteur prolifique d’hymnes en langue syriaque, il est important autant pour l’Église latine que pour les Églises orientales. Il fut reconnu comme Docteur de l’Église catholique. Il est vénéré comme un saint par les chrétiens du monde entier, mais particulièrement parmi ceux de Syrie.

Éphrem a écrit avec la plus grande variété des hymnes, des poésies et des homélies en vers, aussi bien que des commentaires bibliques en prose. Il s’agissait pour ces derniers d’ouvrages de théologie pratique pour l’édification de l’Église en des temps troublés.

Ses œuvres étaient si populaires qu’elles étaient lues à l’office au titre d’écritures inspirées8, comme on le fit un certain temps pour Le Pasteur d’Hermas et les Épîtres de Clément Romain, et que durant des siècles après sa mort, des auteurs chrétiens rédigèrent sous son nom des centaines d’ouvrages pseudépigraphiques.

Les écrits d’Éphrem témoignent d’une expression de la foi chrétienne encore primitive mais vibrante, peu influencée par les modes de pensée européens et plus enracinée dans les façons de parler de l’Orient.


Éphrem naquit vers 306, dans la ville de Nisibe (aujourd’hui Nusaybin en Turquie, à la frontière syrienne).

En se fondant sur l’hymnologie d’Éphrem, la critique interne suggère que ses deux parents faisaient partie de la communauté chrétienne croissante de la ville, bien que plus tard des hagiographes aient écrit que son père était un prêtre païen qui, de colère en voyant son fils converti, l’aurait chassé de sa maison. On parlait de nombreuses langues à Nisibe au temps d’Éphrem, surtout des dialectes araméens. La communauté chrétienne se servait du dialecte syriaque. Diverses religions païennes, le judaïsme et quelques-unes des premières sectes chrétiennes rivalisaient entre elles pour gagner les cœurs et les esprits du peuple. C’était une époque de grande tension religieuse et politique.

En 298 l’empereur romain, Dioclétien avait signé avec son homologue de Perse, Narseh, un traité qui transférait Nisibe aux Romains. La persécution violente et le martyre de chrétiens sous Dioclétien étaient un souvenir vivace de l’Église nisibienne dans la jeunesse d’Éphrem.

Jacques, le premier évêque de Nisibe, fut nommé en 308 et Éphrem grandit alors qu’il dirigeait la communauté. Jacob de Nisibe est signalé comme un des signataires au premier concile de Nicée en 325. Éphrem fut baptisé quand il était jeune homme et, presque certainement, il est entré dans l’ordre des « fils de l’alliance », une forme inhabituelle du proto-monachisme syriaque. Jacob le nomma professeur (en syriaque malp̄ānâ, titre qui est toujours très respecté chez les chrétiens syriaques). Il fut ordonné diacre, soit à l’occasion de son baptême, soit plus tard.

Il commença à composer des hymnes et écrire des commentaires bibliques dans le cadre de ses fonctions éducatives. Dans ses hymnes, il parle quelquefois de lui-même comme d’un « berger de brebis » (`allānâ), de son évêque comme d’un « pasteur » (rā`yâܪܥܝܐ) et de sa communauté comme d’un « bercail » (dayrâܕܝܪܐ). La tradition populaire voit en Éphrem le fondateur de l’école de Nisibe, qui dans les siècles suivants fut le centre éducatif de l’Église orientale.

En 337 mourut l’empereur Constantin, qui avait favorisé le christianisme dans l’Empire romain. Saisissant cette occasion, Chapour II de Perse commença une série d’attaques dans le Nord de la Mésopotamie romaine. Nisibe fut assiégée en 338, 346 et 350. Éphrem affirme que, pendant le premier siège, c’est l’évêque Jacob qui a défendu la ville par ses prières. Cet évêque pour lequel Éphrem avait beaucoup d’affection mourut peu après et Babou dirigea l’Église dans ces temps troublés, remplis d’escarmouches de frontière. Lors du troisième siège, en 350, Chapour détourna le cours de la rivière Mygdonius pour faire crouler les murs de Nisibe. Les Nisibéniens réparèrent rapidement les murs tandis que la cavalerie d’éléphants de l’armée perse s’embourbait dans la terre humide. Éphrem célébra le sauvetage miraculeux de la ville dans un hymne où il la comparait à l’Arche de Noé flottant en sécurité au-dessus de l’inondation.

Un important lien physique avec le temps où vécut Éphrem est le baptistère de Nisibe. L’inscription dit qu’il fut construit en 359 sous l’évêque Vologèse. C’était l’année où Chapour recommença à ravager la région. Les villes autour de Nisibe furent détruites l’une après l’autre et leurs habitants tués ou expulsés. L’Ouest de l’Empire romain était l’objet de graves préoccupations tandis que Constance et Julien luttaient pour le pouvoir. Finalement, après la mort de Constance, Julien se mit en marche vers la Mésopotamie. Il s’avança dans une campagne imprudente vers la capitale perse, Ctésiphon, au cours de laquelle, submergé par le nombre, il fut contraint à une retraite immédiate. Julien périt à cette occasion et l’armée élut Jovien comme nouvel empereur. À la différence de son prédécesseur, Jovien était chrétien nicéen. Les circonstances le contraignirent à demander à Chapour un armistice et à céder Nisibe à la Perse, avec la clause que la communauté chrétienne de la ville pourrait partir. L’évêque Abraham, successeur de Vologèse, conduisit ses fidèles en exil.

Éphrem se retrouva au milieu d’un grand nombre de réfugiés qui avaient fui vers l’ouest, d’abord à Amida (Diyarbakır), et qui s’étaient installés finalement à Édesse (ܐܘܪܗܝ aujourd’hui Şanlıurfa) en 363. Éphrem, vers la fin de la cinquantaine, se remit au travail dans sa nouvelle Église et semble avoir continué à enseigner, peut-être à l’école d’Édesse. Au cœur du monde de langue syriaque, cette ville abritait un grand nombre de philosophies et de religions rivales. Éphrem remarque que les chrétiens fidèles à l’orthodoxie nicéenne étaient simplement appelés « palutiens » à Édesse, d’après le nom d’un ancien évêque. Les différentes sectes : ariennes, marcionites, manichéennes, bardaisanites et gnostiques, se proclamaient chacune comme la vraie Église. Dans cette confusion, Éphrem écrivit un grand nombre d’hymnes pour défendre l’orthodoxie nicéenne, et chanter la Vierge Marie, l’Église et l’Incarnation. Un auteur syriaque tardif, Jacques de Saroug, a écrit qu’Éphrem utilisa des chœurs entièrement féminins pour faire chanter sur le forum d’Édesse ses hymnes adaptées aux mélodies populaires syriaques. Après avoir résidé dix ans à Édesse, et alors qu’il avait dépassé la soixantaine, Éphrem succomba à la peste pendant qu’il prodiguait ses soins spirituels aux malades. La date la plus probable pour sa mort est le 9 juin 373.

Source : Wikipédia.

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