Eino Leino, écrivain.

Eino Leino de son vrai nom Armas Einar Leopold Lönnbohm (né le 6 juillet 1878 à Paltamo en Finlande et mort le 10 janvier 1926 à Tuusula) est un des écrivains finlandais les plus célèbres. Eino Leino est considéré par beaucoup comme le plus grand poète finnois de son époque.


Arrivant à Helsinki, Eino Leino trouve une communauté spirituelle au  journal Päivälehti du Parti jeune finnois. Fondé en 1889 par Eero Erkko, Juhani Aho et Arvid Järnefelt le journal milite pour le droit de vote et l’élargissement des droit politiques et s’oppose à la génération fennomane précédente dans ses positions idéologiques de nationalisme romantique, linguistique et de conservatisme religieux.

Le début du conflit politique en Russie concerne le Grand-duché de  Finlande et le journal défend la position constitutionnaliste. En 1898, Eino Leino y devient critique littéraire et théâtral régulier. Lorsque les autorités russes interdisent le Päivälehti en raison de ses positions radicales, on crée à sa place Helsingin Sanomat, et Eino Leino y écrit sous le pseudonyme Teemu.

En 1905, année de la grande grève, il écrit une centaine d’articles où l’on flagelle les agences et les fonctionnaires pro-russes, ceux qui étranglent la liberté religieuse, les mouchards du gouvernement et le système policier, ainsi que le raconte L. Onerva dans sa biographie d’Eino Leino. Les satires piquantes valent à Eino Leino à la fois la célébrité mais aussi des ennemis.

Eino Leino a appris le métier de journaliste auprès de son frère Kasimir à la revue Nykyaika (parue en 1897–1899). Dans la revue qu’ils ont fondée, les deux frères se donnent l’objectif de présenter et commenter les courants artistiques européens émergents. Eino Leino y défend l’éducation esthétique, exige des traductions de haut niveau des œuvres classiques en finnois et y combat pour l’idéal d’une patrie commune indivisible et libre des conflits linguistiques. Il voit dans les presse, un moyen de parler directement au peuple finlandais.

Sa production journalistique n’empêche pas Eino Leino de se concentrer sur la poésie avec la même frénésie. Il publie des recueils de poèmes Sata ja yksi laulua (1898), Ajan aalloilla (1899), Hymyilevä Apollo, Päivän  poika, Hiihtäjän virsiä (1900).

Son amitié avec les représentants de la génération émergente de musiciens et d’artistes finlandais Akseli Gallen-Kallela, Jean Sibelius, Robert Kajanus, Pekka Halonen et Emil Wikström donne naissance à un nouveau type d’expression artistique. Dans le courant du Carélianisme néoromantiste Eino Leino commence à approfondir les thèmes du Kalevala. Les poèmes dramatiques du Tuonelan joutsen (1898) et de Sota valosta (1900) sont considérés comme précurseurs du Symbolisme finlandais. La tendance artistique paneuropéenne, opposée au Réalisme et au Naturalisme, s’intéresse aux mythes et aux récits ancestraux, qui sont censés refléter les sentiments universels et les idées de l’humanité. C’est ainsi qu’Eino Leino cherchera à trouver dans le Kalevala des éléments permettant d’interpréter son époque.

Cette aspiration culmine dans son recueil Helkavirsiä paru en 1903, qui est considéré comme l’une des œuvres majeures de la poésie finlandaise. Au delà de la forme, sa poésie d’interroge sur les questions fondamentales de l’humanité moderne: les relations de l’individu à l’inconnu et à la mort, la liberté individuelle et les limites de la connaissance. Helkavirsiä a été interprété comme reflétant l’éthique individualiste d’Henrik Ibsen et la réflexion philosophique de Nietzsche sur la capacité humaine à défier son propre destin. L’histoire en vers Simo Hurtta, parue en 1904, décrit les événements de Carélie du Nord au temps de la grande colère en langue vernaculaire.

Au début du XXe siècle, Eino Leino tombe amoureux de la fille de sa propriétaire, la traductrice Freya Schoultz, une, femme d’une beauté exotique au tempérament orageux. l l’épouse en 1905. Cet amour est devenu un puissant stimulant créatif pour lui et débute une période de vie turbulente et de créativité. de leur union naît leur fille Eya Helka10 qui sera son seul enfant. Dans son recueil Talviyö (1905), Eino Leino publie son célèbre poème d’amour Nocturne sur le mysticisme des nuits d’été.

Après un long voyage en commun a Paris et Berlin les relations du couple se refroidissent. L’idylle familiale n’a pas duré longtemps. Leino ne pouvait pas s’habituer à la vie bourgeoise et au printemps 1908, Eino Leino quitte le foyer conjugal et s’installe au Länsi Ranta. Sa vie entière était caractérisée par le fait qu’il était constamment parti, n’emportant avec lui que les choses les plus indispensables. Dans une lettre adressée à son ami Otto Manninen le 1er juillet 1908, il écrit : “J’ai tout laissé, à l’exception de ma bibliothèque et de mes papiers, et je suis parti avec une valise à la main.” Le chagrin et la culpabilité d’avoir quitté sa fille ont poursuivi Leino toute sa vie.

La désintégration de sa famille avec Freya Schoultz est manifestement causée par le fait qu’avant même le divorce, Leino avait déjà rencontré la poétesse L. Onerva. Leur relation durera jusqu’à la mort de Leino, relation au début violente et passionnée, qui, avec le temps, se transformera progressivement en amitié.

En août 1908, Eino Leino quitte la Finlande pour l’Italie grâce à un acompte versé par la Société de littérature finnoise pour la traduction en finnois de la Divine Comédie de Dante. Après avoir passé quelques mois en Allemagne, il s’installe à Rome et se lance dans des études intensives de la langue italienne. Après des mois passés en Allemagne L’hiver 1908–1909, il fréquente les écrivains finlandais L. Onerva, Aarni Kouta, Santeri Ivalo, Onni Okkonen, Liisi Karttunen et Henry Biaudet vivant à Rome. À côté de sa traduction de Dante, Eino Leino écrit aussi des récits de voyage dans Turun Sanomat. Au printemps 1909, il part avec L. Onerva pour la Finlande, mais ils s’arrêtent en route à Berlin.

Dans les années 1910, Eino Leino devient une figure littéraire de bohème, de flâneur travaillant dans les restaurants, et un compagnon avec un réseau social étendu. En 1914, Eino Leino épouse la harpiste Aino Kajanus mais, dès l’année suivante, il abandonne à nouveau le style de vie établi. Pendant ce temps, sa productivité littéraire semble s’accélérer. Sa traduction de la Divine comédie de Dante parait en 1912–1914, et de nouveaux recueils de poésie se succèdent. Après son voyage de Rome, Eino Leino commence à écrire des essais littéraires où il cartographie les nouvelles tendances littéraires nationales et internationales et présente divers auteurs  représentant ces tendances.

À partir de ses portraits d’écrivains finlandais parues dans Helsingin Sanomat, il publie l’ouvrage Suomalaisia kirjailijoita (1909). Ses  descriptions habiles de l’environnement mental et culturel de différentes époques, ainsi que sa description pertinente des caractéristiques de différents écrivains ont fait de ce livre un essai classique.

Dès novembre 1917, Eino Leino avait prévenu avec tristesse dans Sunnuntai, que le pays était à l’aube de la guerre civile, et critiqué férocement les socialistes “pour avoir conduit leurs affaires avec le sang des citoyens et avec les baïonnettes du conquérant étranger” (nro 40–41/1917). La  situation politique aggravée par la guerre civile est une expérience amère pour Eino Leino, qui a toujours défendu la tolérance et apprécie le mouvement ouvrier où il a de bons amis. Il vit les événements du printemps dans l’Helsinki rouge et il décrit son expérience dans le roman Helsingin valloitus (1918). Quand la division de la Baltique pénètre dans le sud de la Finlande et conquiert Helsinki, il salue les libérateurs par un poème. Cependant Eino Leino militera plus tard pour une amnistie générale pour les prisonniers qui ont combattu du côté des rouges et demandera l’abandon de la peine de mort. En avril 1918, Eino Leino publie une série d’articles destinée au peuple du travail dans lesquels, en sa qualité d’écrivain impartial du prolétariat civilisé, il demande fermement la paix et la compréhension mutuelle. Il y écrit que la social démocratie n’aura plus d’avenir en Finlande si elle n’est pas capable d’intérioriser les idéaux éternels de la légalité, de la démocratie et des libertés civiles. Il décrit aussi les événements de la guerre civile dans son roman Punainen sankari (1919) et ses poèmes épiques Vanha pappi (1921).

En juillet 1918, le quarantième anniversaire d’Eino Leino est célébré lors d’un dîner organisé par des amis. La même année, il obtient la retraite d’Etat pour les écrivains.

Au début des années 1920, les forces physiques et mentales d’Eino Leino commencent à faiblir et il doit passer de longues périodes à l’hôpital. Cet état résulte d’une longue période de vie irrégulière avec changements de maisons d’hôtes, de dortoirs et de restaurants. L’état d’esprit de Leino passe des lamentations à l’inquiétude, il en est de même pour ses attitudes et ses opinions. De partisan de la candidature de Carl Gustaf Emil  Mannerheim à la présidence, Eino Leino devient admirateur de Kaarlo Juho Ståhlberg. Dans ses poèmes d’alors, il écrit des éloges aussi bien de l’internationale de la paix, des jeunes artilleurs de la république que des guerres pour les peuples frères.

Au cours de l’été 1921, Eino Leino se rend en Estonie pour une tournée littéraire organisée par ses amis finlando-estoniens Aino et Gustav Suits. Avec ses soirées de poésie, ses présentations et ses fêtes à Tartu et Tallinn, le voyage est couronné de succès. Eino Leino est reçu partout comme un grand poète.

Après son voyage en Estonie, il épouse sa troisième compagne Hanna Laitinen. Cette tentative désespérée de recherche de soutien et de sécurité aboutit presque immédiatement à la séparation des époux.

En 1921, il veut abandonner sa nationalité finlandaise. Il écrit au président Kaarlo Juho Ståhlberg et au chef d’État estonien Konstantin Päts et demande d’obtenir la citoyenneté estonienne. Eino Leino est fatigué par le manque de bourses et par les critiques qu’il subit.

Pendant ses dernières années, Eino Leino rédige ses mémoires Elämäni kuvakirja (1925). Son dernier lieu de résidence est Nuppulinna à Hyvinkää (aujourd’hui Tuusula).

Eino Leino meurt le 10 janvier 1926 à 47 ans. Il est inhumé aux frais de l’état et le président Lauri Kristian Relander assiste à son enterrement. Eino Leino est enterré dans la tombe U21-15-22 de la zone nouvelle du cimetière d’Hietaniemi à Helsinki. Le mémorial, représentant Eino Leino, est sculpté par Ville Vallgren.

Source : Wikipédia.

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